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    * Hommage à René Bloch ce grand homme au service de la France.



    Le 3 décembre 2016 à l'âge de 93 ans, décédait l'ingénieur général René Bloch, ancien de la 1re DFL, grand officier de la Légion d'honneur. Retour sur la vie de ce grand homme.

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    * Hommage à René Bloch ce grand homme au service de la France.

    René Bloch (1923-2016)

    (photo Association du Souvenir des Français Libres)

     

    Né le 18 février 1923 à Francfort sur le Main en Hesse  (Allemagne).
    - Il a été élève de l’EEA de Cherchell le 5 mai 1943 après son admission à l’Ecole polytechnique en 1943 (promotion 1943A).
    A l'issue de cette formation,
    - Il est affecté au GDCAA comme aspirant au 1er avril 1944. Le GDCAA devient le 21e groupe antillais de DCA le 1er juin 1944. - Il est affecté à le 3e batterie, 2e section.

    - 1er mai 1944 embarque à Bizerte, débarque à Naples ; campagne d’Italie

    - 11 août 1944, embarque à Tarente, débarque à Cavalaire ; campagne de France
    - 10 novembre 1944, quitte la zone des combats pour rallier l’Ecole polytechnique.

    Il fut ingénieur du Génie maritime, spécialiste des avions de l’Aéronautique navale, fut le père de l’avion de patrouille maritime Br 1150 Atlantic, fut le premier directeur des Affaires internationales du ministère de la Défense, dirigea le Centre d’essais des Landes de 1969 à 1981, fut membre puis président de l’Académie de marine et décéda à Paris le 3 décembre 2016.  

     

    Biographie un peu plus détaillée 


    Texte du site des Français Libres

    Né en 1923 à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), pilote militaire de l’Aéronautique navale (2 900 heures de vol), est ancien élève de l’École polytechnique (promotion 1943 A), licencié ès sciences de l’Université de Paris (1946), Master of Arts (Engineering Sciences and Applied Physics) de l’Université de Harvard (1947), ingénieur du génie maritime (1949), ingénieur diplômé de l’École nationale supérieure de l’Aéronautique (1950), diplômé du Centre de perfectionnement dans l’administration des affaires de Paris (1950), et de l’Advanced Management Program, Harvard Business School (1968).

    En 1942, il est engagé volontaire dans les Forces françaises libres. En 1942-1943, il assure la liaison avec la Royal Navy pendant la campagne de Tunisie. En 1944, avec la première Division française libre, il participe à la campagne d’Italie (Cassino, Rome, Montefiascone, Radicofani), au débarquement en Provence et à la campagne de France (Cavalaire, Toulon, Lyon, Belfort).
    Après avoir achevé ses études en 1945-1950, il est en 1950-1952, à la Direction des constructions et armes navales, à Toulon, ingénieur responsable de l’organisation générale de la section Aéronautique et de la révision des équipements de bord des avions. Il est aussi officier de liaison auprès des amiraux commandant la sixième flotte américaine et la flotte méditerranéenne britannique.

    De 1952 à 1961, au Service technique aéronautique, il est chef de la section Marine, responsable de la définition et de la mise au point des programmes Aquilon, Zéphyr, Alizé, Étendard et Atlantic, ce dernier étant le premier programme de coopération OTAN dirigé par un comité directeur international, auprès duquel il est représentant français (et périodiquement président) de 1959 à 1973.


    De 1961 à 1964, à la Direction technique et industrielle de l’Aéronautique, il est adjoint au directeur pour les questions internationales, responsable des programmes de coopération et des contacts avec les gouvernements utilisant du matériel aéronautique français.


    De 1964 à 1966, il est directeur des Affaires internationales au ministère des Armées. Il définit et exécute la politique de défense en matière de coopération et d’expansion (reprise du programme Concorde, accord franco-britannique du 17 mai 1965, accords avec l’Afrique du Sud, le Pakistan, etc.). À ce titre, il est co-président des comités de coopération franco-américain, franco-britannique, franco-canadien et tripartite (franco-germano-italien). De 1967 à 1968, il est, au ministère des Armées, à la disposition du ministre.

    De 1969 à 1981, il dirige le Centre d’essais des Landes : installation des emprises principales et des six stations annexes, essais et mise au point des engins balistiques et tactiques français. À ce titre, il est co-président de la commission franco-portugaise chargée du développement des Açores. Parallèlement, en 1973-1974, il est conseiller du premier ministre pour le programme Concorde.
    Après avoir été, de 1981 à 1984, à la disposition du ministre de la Défense, il est depuis 1984 ingénieur-conseil. Il est à ce titre conseiller spécial du président de United Technologies Corporation (coordination avec les gouvernements et les industriels d’Europe occidentale des activités des six divisionS du groupe), de 1984 à 2002, et conseiller des présidents des sociétés Raychem (1985-1996), Aeroleasing (1990-1991), Raytheon (1991), Mécachrome (1992-1995), STN-Atlas Elektronik (1993-1996).

    Il est l’auteur de L’Aéronautique navale américaine : étude de son organisation opérationnelle, technique, logistique et financière (1951), L’Atlantic, premier-né de l’OTAN (conférence sir Henry Royce, Derby, 1962), L’industrie aéronautique dans l’Europe de demain (conférence Louis Blériot, Londres, 1963), Techniques de pointe et unité européenne (conférence Otto Lilienthal, Berlin, 1971), d’un rapport au gouvernement sur Concorde (1973) et de Économie de Défense et coopération (conférence OTAN, Saint-Louis, 1975).


    Il est membre émérite de l’Association aéronautique et astronautique de France, membre de l’Institute of Electrical and Electronic Engineers (États-Unis), fellow de la Royal Aeronautical Society (Londres) et de l’American Institute of Aeronautics and Astronautics, membre (ancien président) de l’Académie de Marine, membre de l’Institut Charles-de-Gaulle, du Tomato (Paris) et des Vieilles Tiges (Paris).


    René Bloch était commandeur de la légion d’honneur, décoré de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la médaille de la France libre, de la médaille de l’Aéronautique, officier du Mérite agricole, grand officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, grand officier de l’ordre militaire d’Aviz du Portugal, commandeur de l’ordre royal militaire d’Orange-Nassau des Pays-Bas, commandeur de l’ordre royal de Léopold Ier de Belgique, commandeur de l’ordre de la Solidarité italienne… et Pingouin d’honneur de la Marine. 
    Après la Libération, il devient Ingénieur général du Génie maritime, ayant rang d’Amiral.

     

    * Hommage à René Bloch ce grand homme au service de la France.

     

    Les honneurs militaires lui sont rendus dans la cour des Invalides mardi 6 décembre 2016.

    En présence de

    • Gérard Chédeville (Délégation de la Fondation de la France Libre pour les Hauts-de-Seine)
    • Thierry Terrier, Secrétaire Général de la Fondation de la France Libre
    • Olivier Dassault, député de l’Oise
    • Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle.

     

    * Hommage à René Bloch ce grand homme au service de la France.

    * Hommage à René Bloch ce grand homme au service de la France.

    (Photos de la cérémonie des honneurs) 

     

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    Fondation B.M 24 Obenheim      

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  • A l'invitation de Mesdames Saint-Martin et Justine Guerin, enseignantes en Histoire-Géographie, la Délégation de la Fondation de la France Libre du Havre est intervenue le 12 mars auprès des élèves de 3e du Lycée professionnel Jeanne d'Arc dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2019.

    Cette intervention faisait suite à celle de David FOUACHE le mois dernier, sur les Résistants de l'intérieur du Havre, victimes de la répression et de la déportation par la police vichyste et la Gestapo du Havre.

    Madame Janine Buhot, soeur de Bernard SAVARY, très émue, a témoigné du destin tragique de son frère Bernard dans les rangs de la France Libre puis de la Résistance en Lorraine. Elle a notamment  lu la poignante lettre que Bernard  adressait à ses parents le 27 Août 1940, leur annonçant sa décision de s'engager dans la France Libre  pour continuer le combat aux côtés des Britanniques sur le front du Moyen-Orient.

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    Ismaïlia le 27 août 1940


    « Bien chers parents
    Quand vous recevrez cette lettre, je serais certainement porté disparu dans les noms des hommes qui font actuellement partie du 1er BIM d’Infanterie de Marine. Aussi je veux vous mettre au courant de tout ce qui s’est passé depuis le 27 juin.
    Vous savez aussi bien que moi que la France a signé cet odieux pacte que signifiait l’Armistice.
    Qu’auriez-vous fait à ma place ! Le vôtre aussi, pour l’avoir fait. Je ne dois pas rester inactif. Non, je ne devais pas laisser ces Boches (…).
    À ma place tu en aurais fait tout autant, et toi Maman tu m’approuves, j’en suis sûr.
    Aujourd’hui nous nous apprêtons à partir pour la Libye pour combattre les Italiens.
    Ah je vous assure que nous partons avec un moral formidable. Et si l’on revient, je crois que j’aurais fait avant tout ce que je devais faire.
    C’est pourtant un engagement qui vous soucie aujourd’hui.
    Cette lettre vous parviendra par les soins de M et Mme M., des Français du Havre que j’ai rencontrés ici.
    Remerciez-les car ils m’ont accueilli comme leur enfant. J’ai été reçu chez eux et je me croyais chez nous.Car ils ont fait tout pour me rendre gai le jour où j’avais le cafard, les mains sur ma Normandie…
    Non je ne devais pas accepter le régime hitlérien, placé sous les ordres de ce salaud et obéir à ces grognards.
    Je ne veux pas certes mourir de honte alors que je peux faire quelque chose, une bien petite chose, pour aider nos amis les anglais, non pas les amis anglais mais nos frères les anglais, à gagner cette guerre pour permettre à la France d’être un jour libre à nouveau et retrouver cette liberté que nous avons perdue.
    Aussi le 27 juin je passais avec 80 de mes camarades avec armes et bagages en Palestine.
    Puis le 28 juillet je partais pour l’Égypte, pays duquel je vous écris cette dernière lettre.
    J’espère et je crois que vous m’approuvez, Toi Papa…
    Je voudrais aussi que vous voyiez tous mes amis : Monsieur Tacaud, Monsieur Guillaumette, Barthe, pour leur dire que si j’ai cessé de leur écrire c’est parce que j’y étais forcé.
    Et puis à Janine, dites-lui que son grand frère, son parrain a fait son devoir de vrai français, qu’il est mort en vrai français et que si la France est tout pour moi, elle avait une part de vous dans mon cœur.
    Et pour Gérard, élevez-le comme vous avez fait pour moi. Dans les principes que vous m’avez donnés, et faites-lui comprendre qu’avant tout, tout doit s’effacer, rien ne doit plus compter quand la Patrie est en danger et que lui aussi fasse toujours son devoir de Français.
    Et toi Papa, je sais que tu m’approuves et que tu es fier pour moi. Je ne suis peut-être pas grand-chose mais tu m’as élevé dans des principes qui maintenant m’ont en tout dicté mon devoir.
    Je me souviens que je n’ai pas donné toujours satisfaction mais quand on est gosse, on ne se rend compte de rien, mais si tu pouvais savoir comment je regrette maintenant tout ce que j’ai fait.
    Ah ! Tu sais, on ne pense pas assez à ses parents, mais dans le fond du cœur, ils trouvent eux aussi une grande place.
    Quant à toi ma petite Maman Chérie, je t’ai souventes fois fait pleurer pour des bagatelles, et depuis deux mois, tu dois te rendre malade de ne plus avoir de nouvelles de moi, mais je t’en prie, je t’en supplie, approuve moi, approuve ce que j’ai fait et dis-toi que partout où j’irai ma pensée sera imprégnée de toi.
    Pardonne-moi tous les tourments que je t’ai causés, que je te cause, pour ne plus songer qu’à notre France qui sera et que vous verrez à nouveau libre de faire ce qu’il lui plaira sans demander comment à Hitler.
    Je vous quitte mes chers parents en vous demandant pardon pour la peine que je vous cause. Et je vous embrasse de tout mon cœur. Embrassez bien pour moi Janine et Gérard.
    Votre gars qui vous aime et vous embrasse de tout son cœur.
    Vous trouverez ci-joint ma plus récente photo.
    Bernard. »

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

     

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    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

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    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

    CNRD 2019 : témoignage sur Bernard SAVARY (BIM, 1ère DFL) auprès d'élèves de 3e de l'établissement professionnel Jeanne d'Arc au Havre

     

     

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  • Merci à la famille de Jean Fruhauf pour tous ces précieux documents, le journal de Jean Fruhauf que nous a gentiment retranscrit  sa nièce  madame Françoise Brideau avec l'aide de son père Henri Fruhauf. Ce journal nous  apporte tellement d'informations, il est à intégrer à l'hommage à Jean Fruhauf que "les enfants du blog" ont
    mis en ligne sur ce blog le 1er février 2019.

     

    "En hommage à mon Frère, mon Oncle 
    Jean FRUHAUF"

     

    * Trésors d'archives... le journal de Jean Fruhauf ancien du B.M 21 de la 1 ere DFL

     

     

    * Trésors d'archives... le journal de Jean Fruhauf ancien du B.M 21 de la 1 ere DFL

    Journal de route en mode PDF

    Journal de route

     

    Mercredi 4 octobre 1944  

    Au soir, à l'appel de 4h ½ , j'entends appeler mon nom. Enfin, depuis 10 jours que l'on nous fait traîner à la caserne Carnot, le départ est proche.

    Adieux à tout le monde.

    Jeudi 5 octobre

    4h du matin : lever et à 5 h30 départ par le train. Nous sommes environ 150. Il fait bon et le voyage se termine à Dijon à 9h1/2 avec 1 heure de retard. A Perrigny, on passe au pas et je peux constater les dégâts qui déjà sont un peu réparés : trous de bombes, démolitions, wagons sautés, rien n'y manque sur 4 kms. A Dijon, il pleut et nous avons quartier libre de 10h à 4h ½. J'en profite pour aller voir madame Finat avec Jean Delhoume. Nous sommes retenus à dîner, bien que nous n'ayons plus guère faim, ayant déjà reçu un casse-croûte restreint.

    J'en profite aussi pour aller prendre des nouvelles de Jojo Durieux : il s'est engagé depuis 15 jours dans une formation sanitaire et sa mère nous reçoit très aimablement.

    Chez Finat, Suzon est malade depuis 8 jours avec 40° de fièvre. Je revois avec plaisir Monsieur Finat et Malon que je n'avais pas vus depuis 8 ou 9 ans. Tous vont bien et nous gâtent comme des rois. Le tantôt, comme il pleut à flots, nous renonçons à faire visite à la tatan Alice et nous causons jusqu'à 4 h, heure à laquelle nous regagnons la caserne du 27 R.I.

    Appel puis distribution du casse-croûte puis départ vers la gare de Dijon ville, si gare il y a : plus que des carcasses calcinées et des ruines. Mais malgré tout la vie renait.

    18h30 nous partons vers Besançon où nous arrivons à 21h15. Nous couchons dans les wagons, tant bien que mal : il fait un peu froid, il pleut finement.

    Vendredi 6 octobre

    Réveil à 7h, toilette rapide. Un détail : baraquement en bois dans la gare. Nous descendons à Besançon à 10 h où nous nous installons pour la journée à la caserne x....déjà occupée par des sénégalais et des algériens bien sympas. Nous récoltons cigarettes, chocolat, biscuits ….

    Corvée de pluches matin et tantôt. Défense de sortir tout l'après midi. Il est question que nous partons pour Villersexel. 17H, les camions ne sont toujours pas là... Ils ne viendront pas ce soir. Aussi à 17h30, souper : soupe aux nouilles, morceau de jambon, patates sautées et biscuits, puis quartier libre. Je vais au coiffeur puis chez madame Drey, très sympa, jusqu'à 8h ½. Je rentre avec peine à la caserne car il fait noir et toutes les rues se ressemblent. Enfin, je trouve et à 9h ¼ au lit avec trois couvertures car les carreaux sont absents.

    Samedi 7 octobre

    Réveil après une nuit fameuse à 7h ½. Café et biscuits puis j'attends...les nouvelles. Nous devons partir à midi, toute la matinée nous attendons. A 11h ½ déjeuner copieux puis les camions étant là, nous embarquons. Sur 6 camions, il en part 5, sauf évidemment le nôtre, qui n'étant pas de notre convoi, refuse de partir. Nous attendons puis à 2h brusquement, départ pour pas loin, place de la halle où nous attendons les ordres.

    A 4h ½ nous avons été voir un film «  les pirates du rail » qui n'est guère compréhensible. Retour à 10h avec la pluie.

    Dimanche 8 octobre

    Réveil à 7h. Bruits de départ. Après examen, il n'est pas forcé que nous partions ce matin, vraisemblablement à 3h cet après-midi. Quartier libre : nous allons essayer de trouver une messe.

    L’adjudant ne veut pas que nous sortions, aussi nous ne sortons pas. A midi, casse-croûte. Les camions arrivent à 3h 1/2.

    Départ vers l'inconnu. Nous quittons Besançon et nous filons par Villersexel, Lure et nous arrivons à 6h ½ à Magny, un petit coin plein de boue et de trous. Nous cantonnons dans une grange où nous passons une bonne nuit malgré la canonnade que nous entendons toute la nuit ; nous ne sommes qu'à 6 km des boches.

    Lundi 9 octobre

    Réveil à 7h et nouveau départ en 6 roues vers Frotey-lès-Lure, à 6 km de Lure. Nous arrivons vers 10h. On prend les renseignements et on distribue le ravitaillement. Nous mangeons chaud à 11h  ¼. Nous allons cantonner dans une grange au-dessus d'une étable où nous aurons certainement bien chaud. Je suis toujours avec Jean Delhoume mais j'ai perdu tous les autres ...ils ont essaimé en cours de route : Bi, Guillet, Drot et Bon....

    Mardi 10, mercredi 11 octobre

    On continue de bien manger et de ne pas trop faire grand-chose. On touche les rations américaines. On commence de faire l'exercice avec le fusil : démontage et exercice, exercices de visée. Mais il n'y a toujours pas de fusils pour tous.

    Mercredi soir il fait soleil. Depuis dimanche il flottait.

    Le bruit court ( encore ) que la division serait descendue au repos vers Paris. Nous aussi on le suppose mais c'est tout.

    Il descend des obus un peu partout autour de nous et à n'importe quel moment.

    Jeudi 12 octobre

    Ce matin jus et biscuits comme d'habitude. Nous touchons 1 paire de godasses, 1 veste de treillis, 1 veste de drap et 1 couverture. Le reste par la suite.

    Il fait beau, la vie est belle !

    L'après-midi, exercice.

    Le soir je dois être de garde mais le cabot ne se réveille pas, aussi je reste avec les autres, ce qui nous exempte d'exercice pour le lendemain matin.

    Vendredi 13 octobre

    Jour de veine : d'abord pas d'exercice puis ensuite, l'après-midi on nous appelle au bureau : je suis affecté à la CB ( compagnie de bataillon qui comprend infirmiers, brancardiers, chauffeurs, transmissions et bureau ). On attend toujours. On doit rejoindre notre compagnie demain.

    Samedi 14 octobre

    Non, nous ne sommes pas partis.

    Ce matin, visite d'engagement. On attend. Le médecin me dit que je dois aller passer la visite à Lure ou Villersexel.

    Dimanche 15 octobre

    A 8h ¼ nous partons avec le cuistot et un adjudant indigène pour Lure puis Villersexel où nous ne trouvons personne. Un major anglais nous fait dire de revenir lundi car il n'y a personne aujourd'hui.

    Lundi 16 octobre

    Pas de camion pour Villersexel. Exercice sous la pluie.

    Mardi 17 octobre

    Départ de la CB. Donc ma visite à Villersexel tombe à l'eau.

    Nous arrivons à Ronchamp. Je ne sais toujours pas comme quoi je suis affecté. Je passe devant le capitaine et je suis affecté comme secrétaire au PC du bataillon à cause de ma vue.

    Le pays est souvent bombardé. Les 88 boches tombent assez près. Les oreilles tintent.

    Mercredi, 18, jeudi 19

    Je me mets au courant. On commence à toucher les rations. J'ai vu et revu avec plaisir le chewing-gum, les caramels, les biscuits, le café, le cacao, le beurre, le jus de fruits, la confiture, les cigarettes, le vin, le kirsch, le saumon, le pain blanc...

    Les obus pleuvent. Hier matin 19, avec un copain des chars, il nous est tombé 2 obus qui n'ont pas explosé à 10 m. Sinon, où serions-nous !

    Il est à remarquer que pas mal d'obus allemands, perforants ou fusants ou explosifs, n'explosent pas.On en a même trouvé un qui n'a pas sauté et dans le culot duquel il y avait un bout de papier disant que «  celui-là ne vous fera pas de mal » et daté 1944. Les ouvriers français font vraiment du bon travail en Allemagne.

    On évacue Ronchamp par les civils .

    Vendredi 20 octobre

    Il nous pleut des 88 et 105 en pagaille. J'ai oublié de dire que le jour de mon arrivée, le soir même, l'adjudant de Bon Remo s'est fracturé la jambe. ( collision de jeep avec un 6 roues d'1 tonne ½ ) Cogniet conduisait ( Maurice )

    Samedi 21 octobre

    RAS ; obus comme toujours. Le mouchard tourne à 4 ou 5 fois au-dessus du village. Depuis 2 jours le PC doit être repéré. Il est tombé un obus sur la maison du PC, dans une chambre. Rien eu.

    Dimanche 22 octobre

    RAS sauf un travail fou. Il pleut de la paperasse. Eu la messe à 9h, dite par le père du régiment. Le soir, été à Malbouhans avec Scherri. 65 miles à l'heure ( 100 à l'heure ).

     

    Lundi 23 octobre

    RAS ; je passe cuisinier au lieu d'homme de propreté et magasinier. Il va falloir se  (démerder) débrouiller.

    Mardi24, mercredi 25, jeudi 26, vendredi 27 octobre

    Il pleut un peu moins d'obus ces temps-ci. Jeudi les avions alliés ont été bombarder à 2 km de là. C'était intéressant à voir.

    Je suis promu cuistot. Félicitations. Je fais des haricots, des nouilles, du poisson, des rôtis, des beefsteaks...

    Hier, toujours jeudi, avons failli avec Scherri, nous faire emboutir par une voiture FFI. C'est elle qui a culbuté, mais c'était moins une.

    Vendredi : ce matin , un obus est tombé devant le PC. Le tir se raréfie quand même.

    Jusqu'au vendredi 31 (nb : erreur c'est donc un mardi !)

    RAS sauf quelques obus de temps à autre .

    1er novembre

    Toussaint. Messe à 9h à la quincaillerie par le père René. Il y avait beaucoup de jeunes.

    2 novembre

    Les morts : il faut penser à eux. Ce soir je n'écris pas, je me remémore ceux que j'ai connus : Dechaut, un mortier, et ce pauvre Genevier, un éclat de 88 ramassé bêtement, au garage. Il ralait sur son brancard. Il est décédé en arrivant à Spears. Pauvre gars, il est à Villersexel maintenant. Nous ne sommes que peu de chose, on s'en rend compte. Ce matin, il y avait grande cérémonie tout autour : La Cote, Villersexel, Lure etc …

    Ce sont jours de fête ailleurs ; ici on travaille, et il pleut pour changer un peu de ce temps froid de ces jours. Autre chose, j'ai une chevelure formidable : le coiffeur est absent du pays comme tout le monde. Hier j'ai fait cuire un poulet, ma foi il n'était pas trop mauvais. On se perfectionne. Bertola a été blessé à l'épaule.

    Maurice va s'en aller à Paris défiler  avec la 1ère DFL.

    Les bobards circulent de plus en plus et à «  tout bout de champ » pour dire l'expression.

    Avant-hier les avions s'en sont donné à cœur joie : ils profitaient des derniers beaux temps pour canarder par là. Si seulement ils étaient plus nombreux.

    Ce soir en revenant de Malbouhans avec Scherri, j'ai rencontré Berthaut, qui était avec moi à Frotey. Je ne sais où est Jean Delhoume. Régulièrement, il devrait être avec lui.

    Ce matin j'ai causé un peu avec Sounda Martin, un adjudant indigène catholique. Cela m'a paru drôle de l'entendre chanter des cantiques en français. Les pères en Afrique font vraiment du bon boulot.

    J'oubliais : le jour de la blessure de Bertola, l'obus est tombé à 6 m de nous dans le jardin de la maison dans laquelle je préparais le dîner. Naturellement, il n'y a plus de carreaux. Un adjudant noir à coté de moi était en train de lire : un éclat a traversé le journal. Personne n'a rien eu et pourtant nous étions au moins 12 là dedans et l'obus est tombé à 6 mètres.

    Mektoub, il faut ne pas s'en faire.

    10 novembre 1944

    Les tirailleurs nous ont quitté : Moussa Yerro, Tsouda, Blagné, Djibril De Gaulle, tous sont partis. Ting est ordonnance du commandant.

    Le génie commence de consolider la cave où nous sommes. C'est un cirque à ne plus s'y reconnaître.

    12 novembre

    Le génie a fini et nous allons nous réinstaller. La relève n'arrive pas vite. Je vais à Malbouhans avec Cogniet, sans pare-brise, ni capote. Ça nous cingle drôlement.

    J'ai reçu une lettre sympa de Gribouille. OK tout va bien.

    13 novembre

    Nous nous installons, le poêle marche bien. Malgré cela, la porte est tout le temps ouverte, il ne fait pas bien chaud. Le Central s'est installé avec nous. Berthaut est secrétaire, moi dactylo.

    L'artillerie lourde est tout près à Malbouhans 

    14 novembre

    Ce matin à 11 h 30, les 155 sont mis en action. Ça claque sec.

    Hier nous avons fait un déjeuner  avec Scherri, Ting, Maurice, Chassaing, Dejean, Berthaut, Luareb et moi. Au menu...en résumé, excellent repas.

    15, 16 novembre

    RAS

    17 novembre

    Commencement de préparation d'artillerie.

    Les boches répondent encore, mais un peu moins.

    18 novembre

    Quelques rares obus boches : ils ont du décrocher.

    19 novembre

    Grand branle-bas : départ de Ronchamp à 10h, pour Champagney où nous arrivons à 15h. La route est pleine de trous d'obus, et le village est rasé : on s'est battu pendant 1 mois ½ dedans. Les maisons sont éventrées et tout est dehors. Plus de tuiles, rien que les murs.

    20 novembre

    Départ de Champagney et nous n'allons pas loin : à la sortie du village où nous arrêtons jusqu'à 13h. Le génie doit déminer devant nous et nous passons entre 2 fils blancs. Ailleurs ce n'est pas déminé. Nous prenons ensuite des chemins de forêt pleins de boue rouge, qui nous ramènent à Ronchamp. Puis nous filons sur Plancher Bas et nous arrivons enfin à  Evette. Nous apprenons la prise de Belfort presque certaine.

    Couché à  Errevet. Le soir le général Brosset se tue en jeep au pont de Champagney.

    Il était toujours en short, et c'est lui qui conduisait. A toute vitesse, il a embouté le pont. Lui ne s'en est pas tiré. C'est une perte pour les anciens et pour tout le monde. Je ne l'avais vu que 4 ou 5 fois, toujours en culotte courte, au volant et annonçant à coups de sirène son passage. Il était bien sympathique et représentait vraiment l'armée française : dynamique, courageux et entraînant.

    J'ai revu sur la route, à pied, Delhoume. Je n'ai causé que quelques minutes en vitesse. Tout va bien.

    21 novembre

    Nous devions partir à 6h ½ : réveil à 5h pour tout préparer et départ remis à plus tard.

    Le soir je m'embourbe avec Scherri et je couche dehors. Avec de la boue jusqu'aux genoux, un froid de canard et pas de couverture. Brrr...J'ai claqué des dents durant  toute la nuit.

    Il faut 6 bœufs pour nous sortir à 11h. Enfin, c'est fini, on n'en parle plus. Dans ce pays, on flotte dans 20 cm de boue .

    22 novembre

    Départ et étape jusqu'à Sermamagny. Nous couchons chez une brave dame à l'accent alsacien fortement accentué.

    Il tombe encore des 88 allemands et les éclats volent .

    En allant chercher de l'eau, un 88 tombe à 10 mètres et j'entends les éclats sur le toit.

    23 novembre

    Bonne nuit.

    La bonne dame nous offre la choucroute.

    Mulhouse est pris et tout un EM boche a été choppé . Giromagny est pris.

    Je ne suis toujours pas allé au coiffeur. J'ai une perruque formidable.

    J'ai fait sécher mes godasses. Les 155 tirent tout près de nous. Les vitres tremblent et les volets secouent.

    24 novembre

    La pluie s'est arrêtée. RAS.

    25 novembre

    Départ de Sermamagny à 7h en pleine nuit.

    Passage à Giromagny, Grosmagny et Petitmagny. Nous arrivons à Rougemont à 12h 30 où nous sommes accueillis par une violente fusillade : FM, mortiers et fumigènes.

    On annonce que le dernier fort de Belfort est tombé.

    Nous attendons jusqu'à 16h pour aller atterrir à l'église de Rougemont.

    26 novembre

    Dimanche. J'ai la grand-messe à l'église de Rougemont. La 1 ère messe depuis 3 semaines. Suisse, orgue et sermon tout à fait de circonstance.

    Il fait un soleil et un temps magnifiques.

    Les chars passent à une cadence accélérée.

    Revu Pelletier qui est à la CCI.

    Hier au cours de l'étape Sermamagny-Rougemont, temps épouvantable : pluie, boue, vent, mines, ponts sautés, ruisseaux anti-chars et tout et tout.

    27 novembre

    Gros boulot toute la journée, citations à taper.

    Le commandant va nous quitter, avec Scherri et Ting.

    Reçu une lettre de Denise et un message de Gribouille.

    Je couche dans un lit bien au chaud.

    Les obus boches tombaient encore en pagaille ce soir à 19h.

    28 novembre

    Prises d'armes pour le départ du commandant Fournier. C'est le capitaine Oursel qui prend le bataillon en mains.

    Vu Guillet à cette occasion, Bi n'est pas malade.

    29 novembre

    RAS. Trouvé un Routier, chauffeur du capitaine Oursel : Baudin.

    Vu le général De Lattre de Tassigny qui est passé en voiture.

    30 novembre

    Départ à 7h de Rougemont. Nous repassons par Champagney, Ronchamp, Lure et finalement arrivée à Noroy le Bourg à 14 km de Vesoul et 13 km de Villersexel.

    Installation dans un café, tables, poêles et cuisine, gens bien sympas.

    1er décembre 1944

    Soleil splendide. Paye - sac marin. Mon linge que j'avais lavé à Ronchamp et mis dans le sac marin en vrac n'a pas moisi.

    Entendu un grillon dans le four du boulanger.

    Toujours temps formidable.

    2 décembre

    RAS

    3 décembre

    Messe à 8h ½ par le père René.

    Eglise sans vitraux, ni chaises.

    4 décembre

    RAS  pluie et vent.

    5 décembre

    Beau temps doux.

    6 au 10 décembre

    RAS

    11 décembre

    Grosse émotion, nous partons ces jours. Berthaut est parti ce matin pour Autun, Guéret, Limoges, et la bonne ville de Cognac par la suite.

    Maurice et l'adjudant chef s'en vont en jeep, transformée en tente à 3 par l'adjonction de toiles de contreplaqué : une véritable « house ». Il n'y manque que l'eau chaude. Tous ces jours le boulanger nous a fait des tartes drôlement maison. De quoi rassasier toute une famille.

    Le fait est que nous sommes ici en famille : des gens bien chics, «  à la bonne franquette » et sans façon.

    Hier messe à 11h avec chants et harmonium . Vraiment bien pour un petit pays comme Noroy.

    Il y a 3 ou 4 jours, une bonne douche chaude à Lure nous a tous remis d'aplomb.

    J'ai revu Guillet et Blanc avec la clique.

    Tout va bien, malgré une pluie et un vent à décorner des bœufs.

    12 décembre

    Départ de Noroy de Maurice et l'adjudant-chef  Chassounie.

    13 décembre

    Réveil à 6h ½ et départ à 7h de Noroy pour Vesoul où nous faisons étape à pied, 15 km, arrivée à 10h à Vesoul.

    Jusqu'à 2h , je cause avec Guillet, Delhoume, Grépet et Gudefin ( qui me demande si il me répare bientôt le chauffage central ). A 2h départ en wagons à bestiaux. Nous passons à Gray, Dijon, Chagny ( dans la nuit ) puis Montchanin, Paray le Monial où nous arrivons à 7h ½ le 14/12.

    Étape à Roanne, St Germain des Fossés à 10h ¼. Gannat 11h ½. 2 heures : nous sommes à Montluçon à 5h ½. Je sème mon portefeuille avec mes photos et tout. C'est la guerre. Limoges à 23h 15 où nous nous arrêtons un assez long moment. Gare magnifique. Depuis Guéret nous sommes en traction électrique.

    15 décembre

    Angoulème à 8h. Coutras et St Christoly de Blaye à 40 km de Bordeaux. Nous sommes arrivés.

    Le PC est là mais pas encore installé. Je passe la nuit dans un lit boche.

    Le vin blanc du pays est fameux, aussi il y en a pas mal qui sont sous la table. Je résiste bien. Le pays est gentil et fait petite ville-poste, pharmacie, jeunes filles bien chics, garage et photographe.

    16 décembre

    On installe le PC. Berthaut est chauffeur maintenant.

    J'ai trouvé une chambre assez sympa, chez des gens bien chics.

    Je vais voir ce soir, lorsque j'irai manger.

    17 décembre

    J'ai couché dans un bon lit bien au chaud et j'ai si bien dormi qu'à 8h la brave femme a dû me réveiller. Toilette au lavabo. On se croirait chez soi.

    18,19,20 décembre

    RAS : c'est la vie de famille : petit déjeuner, déjeuner, dîner, viande à profusion, vin blanc et rouge à discrétion. Il y en a même de trop car tous les soirs, c'est une ivresse perpétuelle pour beaucoup.

    Hier soir 19/12 grosse émotion : les GMC sont arrivés pour nous emmener à Reignac, soi-disant pour épidémie. Le colonel arrange ça et nous restons : quel soulagement . On est si bien ici qu'il serait dur de s'en aller tout de suite.

    20 décembre

    Ce matin madame Lambert va expédier 2 colis de 500 gr pour moi. J'espère qu'ils arriveront. Ce matin piqûre TDT

    21 décembre

    RAS le matin

    A 14h, Cretin vient me voir et nous discutons tout le tantôt sur le centre, sur la vie militaire. Il est ordonnance du lieutenant et s'est déjà bagarré. Dunand a été descendu. Dunand avec qui j'avais été en classe et qui s'est engagé à Chalon avec moi. Il était avec Cretin : Gilbert en est tout bouleversé. Il a été tué à Ronchamp. Les copains tombent, on apprend de mauvaises nouvelles tous les jours. On en apprend aussi de bonnes. Ce soir au courrier, 7 lettres : tout le courrier resté en panne ces 15 derniers jours est enfin là. Chacun a de quoi lire pendant 2h au moins.

    La visite de Gilbert m'a bien fait plaisir. Vraiment il ne m'a pas oublié et il est toujours resté le même.

    22 décembre

    Bonne nouvelle ce matin : le capitaine Müller est le cousin de madame Kretzschmar. Il est bien chic. Autre part RAS.

    15h : vu le capitaine Müller qui me dit et rapporte bien des choses de chez nous.

    Mauvaise nouvelle : on parle de camions organiques, de liste de personnel à transporter, on supprime provisoirement les permissions.

    Mauvais, mauvais, on va faire mouvement.

    On était si bien là. Dieu il faut partir

    Ce soir les bruits se précisent, départ demain 6h soi-disant.

    Dommage, la séance promettait d'être au poil. C'est la guerre.

    24 décembre

    Nous n'avons pas eu d'ordres pendant la nuit. Pour quand le départ ?

    La CCI et la CAC sont passées ce matin. Mauvais.

    L'offensive boche a donné, voilà pourquoi.

    25 décembre

    NOEL, NOEL de guerre mais fête pour nous, malgré l'éloignement de nos parents, le souci du départ imminent.

    Ce matin un gai et chaud soleil illumine tout. C'est vraiment magnifique.

    Cette nuit nous avons consciencieusement dîné jusqu'à 10h avec Levy Simons qui nous a fait tordre de rire. Veillée jusqu'à 1h du matin. Puis messe de minuit, la 1ère depuis 5 ans. La clique est là au complet. Vu Guillet et Blanc. Le colonel est là aussi emmitouflé dans sa canadienne de cuir.

    Chants par les soldats et les filles de la paroisse. Clique et à l'élévation sonnerie de trompettes et clairons qui résonne longuement dans la petite église archi-bondée.

    Puis ensuite de 2h à 5h ½, réveillon avec le même Levy : à en mourir de rire.

    Bref, ce matin à 9h, madame Lambert m'apporte le café au lit. Il est temps de se lever. Mais il ne faut surtout songer à ces profits matériels : l'esprit aussi doit profiter de cette fête si simple et qui nous donne une leçon d'humilité, d'après le sermon du père René ( celui-ci a des sermons standards je crois : celui qu'il a fait ici ressemblait un peu à celui de Noroy, les fêtes changées ) Enfin c'est la guerre.

    Le soleil change tout et la vie ce matin paraît merveilleuse OK.

    26 décembre

    Ce matin à 5h ½ le convoi auto est parti : même itinéraire qu'en venant. Le convoi train doit partir demain matin.

    A 2h ½, départ brusque : je quitte madame Lambert avec regret. Elle aussi d'ailleurs et je lui promets de retourner à Etauliers une fois la guerre finie. Ce sont vraiment des gens sympas : pour Noël, elle m'a offert un flacon de parfum et au moment de partir j'ai dû encore accepter 1000 F, des gâteaux, une médaille de Lourdes, un mouchoir...C'était vraiment la belle vie.

    Etape à pied : Etaulier- St Christoly ( 15 km ) sous un beau soleil.

    Embarquement à St Christoly à 20h 45. Angoulème.

    27 décembre

    Limoges 11h. Montluçon 8h ½. Attente de 3 à 4 heures entre Montluçon et Gannat.

    28 décembre

    Gannat 2h ½. Paray le Monial 10h Montchanin. Chagny. Dijon.

    29 décembre

    Langres. Toul 10h ½. Liverdun Nancy 11h ½ : 3 types roulent sous le train.

    Lunéville à 2h ½. Débarquement, étape de 25 km jusqu'à Remenoville, un trou perdu aux habitants pas sympas. Je passe une nuit sur la paille.

    30 décembre

    Il fait un clair de lune et il gèle fort. Plusieurs camions ont le radiateur gelé. Les bruits de départ à nouveau circulent. On partirait demain matin : c'est le cirque. 4 jeeps en panne, camions en rade, ravito peu abondant. C'est la guerre.

    Il fait beau malgré cela. Un froid sec mais sain. Cela a l'air d'être général. Depuis le départ, soleil continu. Ce matin 3 détonations : ça doit être des bombardements. On va recommencer à s'habituer au bruit. Au poil.

    Bruits de mouvement : 100 km à faire en GMC et en lignes. On ne sait pas où.

    31 décembre

    Je pars en précurseur avec l'adjudant-chef et Maurice. Nous devions partir à 9h ½ et il est 11h lorsque nous démarrons enfin.

    Il nous faut remettre de l'eau tous les 50 km.

    Lunéville. Blamont. Sarrebourg. Saverne et nous atterrissons à 5 km du Rhin à Erstein, à 20 km au sud de Stasbourg.

    La petite ville est gentille ( 6500 habitants ) et bien alsacienne. Les maisons et les gens. Tout d'abord, on cause plus alsacien que  le français. Cela fait dôle.

    1er janvier 1945

    En ce jour de l'an, nous passons une bien pauvre journée. D'abord tout le matin à se geler sur la voiture de Maurice sans pare-brise, à mettre des flèches. Dîner chez des gens où nous avons couché la première nuit.

    A 3h, coup de foudre : le capitaine Oursel engueule Maurice et il nous faut recommencer le jalonnement.

    Nous rentrons à la nuit complètement gelés. On se réjouissait d'aller dîner encore chez nos hôtes. Nous y étions déjà quand Jacostin vient nous chercher : ordre de ne pas quitter le PC.

    Adieu au bon dîner et nous allons tous nous coucher.

    2 janvier

    Nous nous installons, c'est un vrai château : chauffage central. Le plus ennuyant c'est qu'il n'y a pas de cuisine.

    3 et 4 janvier

    RAS

    5 janvier

    A minuit patrouille boche. La CCI tire et nous prenons la garde pour doubler les sentinelles.

    6 janvier

    Cette nuit j'ai pris la garde.

    Ce tantôt reçu 8 lettres : le colis est bien arrivé. 2 d'Etauliers, une de Dany et l'autre des frangins. J'ai des colis en route mais ils ne sont pas encore arrivés.

    7 janvier

    Dimanche. C'est formidable ce que le temps passe vite. On en arrive à ne plus savoir le nom du jour, ne plus savoir si c'est lundi, mardi ou plus tard.

    Mauvais. Le secteur est toujours aussi calme. Aujourd'hui c'est lEpiphanie : il a fallu que j'aille à la messe pour m'en apercevoir que c'était fête. Messe avec diacre, sous-diacre et orgue. Jolie petite église.

    A la sortie, désagréable surprise. Il faut rejoindre les cantonnements. Les boches ont attaqué. Les obus sifflent et les civils évacuent. On fait les malles pour être prêt à tout et nous restons là. La 2ème et la 5ème DB sont arrivées. Heureusement, sans cela les 3 tigres auraient pu faire du dégât. Tout l'après-midi les civils ont évacué. C'est triste.

    Cette nuit garde. La jeep à Cogniet est foutue.

    Aviation toute la nuit.

    8 janvier

    Ce matin, secteur plus calme. J'entends quand même pour la première fois le Katioucha ou 6 tubes. Mauvais. Les renforts sont là.

    Cette nuit il a neigé et ce matin tout est blanc. Il fait quand même soleil.

    9 janvier

    Les boches attaquent sans répit. On ramène des morts.

    Monté la garde à la jeep de radio. Cela va mieux que de passer la nuit dehors.

    10 janvier

    Le BM24 est encerclé. Mauvais. : la situation est grave. On parle d'encerclement. Le BM24 a été ravitaillé par parachute.

    2 radios ont été portés disparus.

    11 janvier

    Toujours au même endroit : il fait froid. Je reçois 3 colis : un de MT, un d'Etauliers et mon portefeuille. Malheureusement ce n'est pas le mien. Le colis de MT est moisi : au panier, c'est la guerre.

    12 et 13 janvier

    RAS sinon une recrudescence de l'activité boche. Il tombe des pruneaux sur la ville mais nous sommes toujours au même endroit. Il monte des russes. Le BM24 a disparu en partie et le 1er BLE s'est dégagé après avoir fait sauter tout son matériel.

    14 janvier

    Pas de messe ce matin. Nettoyage de chambre. Hier soir l'électricité a été coupée. Les obus ont plu un peu toute la soirée et la nuit.

    Ce matin il fait chaud.

    15 janvier

    L’électricité est coupée par les obus. Il en arrive assez souvent des obus.

    J'ai oublié de dire que nous sommes dans l'ex PC du général Leclerc. Une maison sympathique.

    16 janvier

    RAS jusqu'à 6h. Avec Baudin à 6h nous partons pour l'OD. Vers l'église nous recevons une dégelée de 105 ou 155. Nous n'avons que le temps de nous enfiler dans une maison. Le carrefour est haché. Pellegrin est blessé et Aubert tué. Nous sortons de notre cave dans une fumée noire et nous nous dépêchons d'évacuer les lieux. Nous restons 10 mn à l'OD.

    Et en sortant, nous nous faisons accueillir par une rafale. Nous revenons au PC en longeant les murs et en guettant les sifflements. Ouf. Nous voilà rendus. Nous nous couchons.

    Il n'y a plus d'eau et nous allons recommencer à vivre comme à Ronchamp, peut-être en plus mal.

    Cette nuit à 11h 15 je prends la garde et quand Rollais me cède sa place les sifflements recommencent. Il en tombe un à gauche, à droite du PC et 3 sur le PC. Les éclats sont tombés partout. Je n'ai que le temps de rentrer dans le couloir pour ne pas me faire allumer. Cela se calme un peu jusqu'au matin.

    17 janvier

    Réveil en fanfare : une nouvelle décharge. Le secteur devient malsain : il va falloir déménager car les civils doivent renseigner.

    Le tantôt, rafales de mortiers. Il est temps d'évacuer. Nous partons soi-disant au repos mais nous relevons le BM4 à Selestat.

    Départ dans la nuit à 11h. Arrivée à Matzenheim à 4 km où nous couchons la nuit.

    18 janvier

    Départ à 11h. Nous passons par Dambach, Niedernai et arrivons à Selestat à 5h. La ville a beaucoup souffert. Le soir j'en profite pour conduire un peu avec André.

    Nous trouvons une popote. Les gens causent toujours alsacien et je me perfectionne en allemand. Les mots reviennent un à un.

    19 janvier

    RAS

    20 janvier

    Ce soir il y a au moins 10 cm de neige et les camions font connaissance avec le fossé. Dans le bureau il fait une chaleur étouffante.

    21 et 22 janvier

    RAS

    23 janvier

    Déclenchement de l'artillerie à 2h. Toute la matinée cela dure : les vitres tremblent.

    Pendant la nuit, une trentaine d'arrivées boches.

    Les coups ne sont pas loin : le PC est encadré et je vois les lueurs des éclatements. Les éclats ricochent un peu partout.

    14h :  la préparation d’artillerie dure encore.

    24 janvier

    Elle dure encore toute la journée.

    25 janvier

    Je vais à l'échelon C changer une lunette. Promenade donc à Rethau : 70 km ; 150 en tout.

    26, 27, 28  janvier

    RAS sinon de la neige en quantité ahurissante : 45 cm.

    29 janvier

    Un soleil magnifique illumine tout : la neige est un miroir. Je remercie Dieu de toutes ces beautés. Ce soir à 7h arrivent des huiles : ce sont les Tabors qui nous relèvent. Probablement départ dans la nuit car nous recevons des camions à 3h 30 du matin. Objectif : 10 km vers le Rhin.

     

                   ------------------------------------------------

    La date du 30 janvier a été notée en avance, hélas elle ne sera jamais complétée, Jean trouvant la mort ce même jour,
    vers le moulin d'Elsenheim.

     

    * Trésors d'archives... le journal de Jean Fruhauf ancien du B.M 21 de la 1 ere DFL

     

    Et à la fin du cahier :

    Si vous trouvez ce cahier, voulez-vous l'envoyer à

    Jean Frühauf

    CB- SP 82404

    par BM5

     

    * Trésors d'archives... le journal de Jean Fruhauf ancien du B.M 21 de la 1 ere DFL

     

     

    Fondation BM 24  Obenheim       

    * Trésors d'archives... le journal de Jean Fruhauf ancien du B.M 21 de la 1 ere DFL

     

     

     


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  • PARUTION : LA CATHEDRALE DES SABLES. BIR HAKEIM (26 Mai-11 Juin 1942). François BROCHE. Belin éd., 440 p. ill. 25 euros

    LIEN

     

    * PARUTION : LA CATHEDRALE DES SABLES. BIR HAKEIM (26 Mai-11 Juin 1942) par  François BROCHE

       

      Paru hier, le dernier ouvrage de François Broche fera date dans l’historiographie de Bir Hakeim.

    L’auteur est le fils du commandant du Bataillon du Pacifique, le lieutenant-colonel Félix Broche, tué le 9 juin 1942 dans le bombardement de son PC :  « entre 1968 et 2018, j’aurai passé, en tout, cinquante ans à Bir Hakeim. Au début, je voulais savoir comment mon père était venu mourir dans ce coin perdu du désert de Libye. Le premier à m’en parler fut le général Pierre-Marie Koenig, que j’ai souvent rencontré dans son bureau des Invalides et qui avait gardé pour « le gars Broche », une vive affection ».

    Au fil des décennies, François Broche étudie la bataille de Bir Hakeim à laquelle il consacre plusieurs ouvrages tout en accumulant les souvenirs et les confidences des combattants. En 2012, pour le 70e anniversaire, il est conseiller historique du tout premier documentaire sur le sujet : « Bir Hakeim, quand la France renait » (Timothy Miller, France3). Mais il demeure toujours habité par l’impérieux désir de transmettre la saga des Hommes de la 1ère Brigade Française Libre : ce sera cette « somme » historique et humaine, la mise en lumière de cette « Cathédrale des sables », à laquelle il s’est attaché depuis deux ans.

     

    Il fallait à l’historien tout le talent de l’écrivain pour conter l’indicible vécu par ces Volontaires de la France Libre, officiers comme simples soldats : « l’œil ne voit plus rien mais la mémoire a eu le temps de graver le film qu’elle s’est mille fois projeté : les hommes qui se dressent, les canons qui crachent le feu, les avions qui piquent en hurlant, les bombes qui creusent sans cesse de nouveaux trous, la fumée qui enveloppe tout ce qui bouge, les rafales sans fin dans la nuit, les hommes qui tombent, les membres brisés, les crânes fracassés, et qui meurent ». 
    Sur la pellicule de ce « film », les récits des témoins sortis vivants de l’enfer se conjuguent pour ressusciter, au jour le jour, l’abnégation et le courage absolus de ces hommes fraternellement unis dans la Résistance de Bir Hakeim. 
     

    Un hommage aux 900 disparus de la Brigade (blessés, tués, disparus ou prisonniers) qui comme Félix Broche, étaient prêts au sacrifice de leur vie pour que la France renaisse. L'histoire devait donner raison à leur foi et à leur espoir : au lendemain de la Sortie de vive force le 11 Juin 1942, la France Libre était pour la première fois reconnue et célébrée à travers le monde.

     

    Notre famille est infiniment touchée par la dédicace de l’auteur à Jacques Roumeguère, dont les mots prononcés au cours d’un pèlerinage à Bir Hakeim lui ont inspiré le titre du livre : « Nous étions les derniers défenseurs d’une cathédrale assiégée ».

     

    Florence Roumeguère


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  • * Madame Betty RIPAILLE née LE ROYER ancienne de la 1ère DFL nous a quitté.


    La délégation de La Fondation de la France Libre du Gers et son délégué Eric Foinet ont le regret de nous annoncer le décès de Madame Betty RIPAILLE née LE ROYER.
    Elle était née le  30/07/1924.
    Décédée à Auch, à l'âge de 94 ans.

     

    Ancienne de la 1ère DFL ayant servi à la 13ème DBLE.
     
    Elle avait participé à la campagne de Cyrénaïque,
    Monte Cassino et le débarquement de Provence. 
    Plus tard en Indochine.

     



    La cérémonie religieuse sera célébrée le jeudi 7 mars 2019, à 10 h 30, en la chapelle de l'EHPAD Les petites 
    Soeurs des Pauvres, à Auch, suivie de l'inhumation au cimetière d'Auch.
    La délégation de la France Libre, L'ordre National de la Légion d'Honneur et la Première Division Française Libre seront représentés pour accompagner Madame Ripaille .
                          Nos Condoléances a sa Famille .

     

     

     

    Fondation B.M 24 Obenheim    

    * Madame Betty RIPAILLE née LE ROYER ancienne de la 1ère DFL nous a quitté.

     

     

     

     

     


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