• Condensé concernant la deuxième bataille d'Erstein-Krafft 

    communiqué par

    Association

    " Vieil-Erstein.Alsace "

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

     


    1DFL - Ordre de marche


    Le 1e janvier le BM 21 est chargé de relever les éléments de la 2e DB et de s’installer en position défensive face au sud-est à ERSTEIN, OSTHOUSE et KRAFT le long de l’lll et du canal de décharge de l’lll au Rhin , étiré sur 11 km.

     

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945
    (
    Photo M. Bollinger)


    Le 4 janvier, la situation étant critique au nord de l’Alsace, le Bataillon modifie son dispositif et se déploie face au nord, mais reprend le 6 ses positions face au sud où l’ennemi s’agite depuis la poche de COLMAR.

    Effectivement, l’attaque ennemie venant du Sud se produit le 7 janvier. Dépassant les points d’appui du BIMP et du BM 24, les colonnes blindées ennemies arrivent en fin de matinée devant le pont d’ OSTHOUSE tenu par la 3e Compagnie du Capitaine MULLER .

    Bloqué devant ce pont, l’ennemi défile à la recherche d’un passage devant ERSTEIN et jusqu’à KRAFT solidement tenu par la 2è Compagnie du Capitaine LAFAURIE , appuyée par les armes lourdes de la CA et de la Compagnie de Canons de la Brigade. Kraft tient ; la route de Strasbourg est fermée.
    Du 8 au 16 janvier l’ennemi maintient sa pression sur les trois points d’appui du Bataillon à OSTHOUSE, à ERSTEIN et surtout à KRAFT dont la garnison est fortement éprouvée par de durs bombardements. mais le front du Bataillon tient. L’ennemi s’acharnera sur les points d’appui du BIMP à HERBSTEIN et ROSSFELD et du BM 24 à OBENHEIM qui sera pris le 10 janvier.

    Mais l’offensive allemande est à bout de souffle et s’arrête.
    Le 18 janvier le Bataillon est relevé par la 3e DIA et est porté à SELESTAT où il relève le BM4.

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    Ligne de défense francaise Axe de l’offensive allemande


    LA CONTRE OFFENSIVE DE JANVIER 1945

    Après avoir subi pendant 4 ans le régime hitlérien, Erstein est libérée le 28 novembre 1945.
    Mais malgré la joie collective et les rues pavoisées, le soulagement et la liesse populaire, on craint encore des attaques allemandes. Et la France ne veut pas perdre l'Alsace, car l'attachement à l'Alsace du cœur de la France est très fort, comme en témoigne l'extrait de cette discussion entre Churchill, Eisenhower et de Gaulle:

    "Le recul en Alsace livrerait à l'ennemi des terres françaises, plaide de Gaulle,. Pour la France ce serait un désastre national. Car l'Alsace lui est sacrée ... Je vous demande de reconsidérer votre plan et de tenir ferme en Alsace;
    -Pour que je change mes ordres militaires, rétorque Eisenhower, vous invoquez des raisons politiques.

    - Les armées, reprend De gaulle, sont faites pour faire la politique des Etats;... Or, pour le peuple et les soldats français, le sort de Strasbourg est d'une extrême importance morale. Pendant la discussion, Churchill écoute, observe, et ... fume un cigare.

    -' Eisenhower se tourne enfin vers lui et sollicite son avis.
    -Toute ma vie, observe le lieux lion, j'ai pu voir quelle place l'Alsace tient dans le sentiment des français. Je crois donc comme de Général De Gaulle que ce fait Erstein Gerstheim Osthouse Krafft doit entrer dans le jeu.

    -Mais enfin, rétorque Eisenhower, à votre avis, quel est le plus important ? Alors Churchill, désignant la carte, pointe son cigare en direction de Strasbourg et laisse tomber sans l'ombre d'une hésitation : -C'est ça !".

    Tout le monde est content, et surtout les Strasbourgeois , touchés par cette décision importante pour leur défense personnelle.
    Parallèlement, on essaie de mobiliser le plus d'hommes possible. Le général Schwartz, en particulier, alors gouverneur militaire de Strasbourg, lance le 5 janvier 1945 un appel aux Alsaciens restés jusqu'à présent chez eux.

    Citons aussi le général de Gaulle:
    "La France a besoin de chacun de ses enfants." Toutefois, dans le rang des Alliés, on s'attend à des représailles de la part des Allemands. Et, le 7 janvier 1945, par -20°C, la contre-offensive allemande a lieu. La panique gagne les troupes alliées. Du côté des Allemands, tout est soigneusement préparé. Cet extrait du " Kriegtagesbericht "(KTB) (Journal de marche) de la 19 ème armée allemande du 06.01.1945 nous le montre bien:

    KTB de la 1ère armée du 8 janvier 1945

    L'opération "SONNENWENDE-SOLSTICE" est ordonnée pour le 7 janvier 1945. L'attaque est à conduire avec deux groupes de régiments à partir du secteur Nord de Bindernheim et Hilsenheim.

    • 1er but : ligne, à l'ouest de Herbsheim et Benfeld, Kogenheim avec protection simultanée des passages sur le canal et sur l'Ill, entre Benfeld et Kogenheim...

    • Après avoir atteint ce ter but, le groupe de chars est à faire passer, pour avancer dans le secteur à l'ouest d'Erstein et prendre possession des ponts.

    • A.K. profitant de l'obscurité de la nuit, rompre, tôt le matin du 7 janvier, la ligne de front principale de l'ennemi entre le canal du Rhône et il importe de battre l'ennemi au Sud-Ouest de Benfeld ... jusque dans le secteur à l'Ouest de Krafft et au sud d'Erstein pour isoler l'ennemi stationné entre l'Ill et le Rhin et le couper de ses communications vers l'arrière.

    C'est alors que le 7 janvier 1945, aux heures livides de l'aube, dans le brouillard glacé, que les avant-postes, échelonnés au sud des villages de Rhinau, Friesenheim, Neunkirch et Witternheim entendent venir sur eux le bourdonnement caractéristique des chars allemands et bientôt, voient surgir sur une ligne continue les "Tigre" et les "Panther" accompagnés des habituels voltigeurs de protection.
    Ils donnent l'alarme, et, selon les ordres, se replient sur les villages où est préparée la résistance. Car il ne faut pas que les Allemands puissent prendre Strasbourg.
    La brigade cuirassée Feldhermhelle qui fonce des deux côtés du Canal du Rhône au Rhin, néglige les villages organisés.
    A 13h, le peloton de tête des Panther arrive à Krafft après avoir parcouru 20km d'une traite dans les terres françaises. Mais à Krafft, depuis le 2 janvier, les compagnies ont amélioré la défense en prévision de l'attaque en amorçant des charges destinées à faire sauter le pont du village.
    Cependant, ce n'est pas terminé et le 7 au matin, la 2ème compagnie alertée de l'attaque allemande termine la besogne au-dessus du canal qui a fortement monté.
    Trois points peuvent être franchis par l'ennemi : Osthouse, Erstein et Krafft; les Allemands ont déjà atteint Osthouse et Erstein à 10h30 et 12 h. Ils arrivent à proximité de ce dernier. Les Panther forcent la vitesse vers le pont. Heureusement, la section Raibaud est là pour retarder leur irruption.
    A 13 h, les chars arrivent à l'entrée de Krafft. L'ennemi est à 200 m. Il faut absolument le retarder. Pour cela, il reçoit une pluie de projectiles de la part des mitrailleuses lourdes cachées au milieu des maisons. Il faut aussi l'intimider car le pont n'a pas encore sauté.
    Enfin, les derniers préparatifs achevés, le sapeur du Génie; sur ordre du capitaine Lafaurie, appuie sur le bouton de mise de feu. Le pont de Krafft vole en éclats tandis qu'au milieu de la fumée de l'explosion, la section Raibaud décroche en courant et traverse le canal sur l'écluse.

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    Char allemand, mis hors de combat devant Kraft en janvier 1945

     

     Les chars ennemis viennent de buter sur le canal très profond qu'il ne peuvent franchir. Il y a là 6 chars "Panther" et "Tigre" accompagnés de véhicules chenillés chargés d'infanterie qui rôdent comme des bêtes sauvages.
    A 14 h, après une bataille où il y a des pertes des deux côtés, la partie est perdue pour les Allemands. Les chars ennemis casseront toutes les façades des maisons et à 17 H, se sentant bloqués et découragés, ils se retireront car la 2ème compagnie du BM 21 veillait.
    Le lendemain, les Allemands ordonnèrent de faire sauter tous les ponts de l'Ill, dans leur procès verbal.

    PV radio du 8 janvier 1945 de la 19ème Armée allemande

    La brigade des Panzers se trouve près de la sucrerie, au sud de Krafft. Elle a reçu l'ordre d'attaquer vers le Nord, mais elle est tombée sur une forte résistance. Routes et passages dans le secteur Erstein- Osthouse sont barrés et leur défense assurée. Le déroulement de la journée du 8 janvier n'est pas satisfaisant. J'ai l'impression que le commandement de la 198è D.I. n'est pas en ordre...
    Le système de communication ne fonctionne pas.
    Je suis très mécontent parce que le secteur de l'Ill n'a pas été atteint et qu'on n'ait pas réussi à couper l'ennemi de ses communications arrières. De toute façon, une percée de l'ennemi est à éviter, afin que nos troupes près de Krafft ne soient pas isolées.

    La 19ème armée, le 7 janvier 1945.

    Notre intention est maintenant de percer et de fermer le front du Rhin, de créer à l'ouest de Krafft et près d'Erstein une tête de pont. Le régiment de grenadiers 308, ira à 5h30 le long du canal du Rhône au Rhin vers le Nord. Résultat de la 1ère journée de combat.
    L'attaque a progressé énergiquement vers le Nord, mais, vers l'Est, l'Ill n'a pas été atteinte. En ce qui concerne la suite des opérations, il est de la plus haute importance de savoir s'il est possible d'opérer la jonction avec les troupes qui opèrent au Nord de Strasbourg.
    Pour le 8.01 sont ordonnées les opérations suivantes : Au pis-aller, percer à côté de Herbsheim, atteindre l'Ill, dans le secteur Sand-Benfeld et créer une tête de pont; les autres ponts de l'Ill sont à faire sauter.

    La contre-offensive française

    Les Allemands sont maintenant stoppés. Ils ne peuvent atteindre Strasbourg immédiatement. Mais dans la matinée du 8 janvier, dans les premières heures de l'après-midi, la pression de l'ennemi s'accentue, surtout sur Osthouse, Rossfeld et Herbsheim mais sans succès pour lui. Les Français ne pouvant rester immobiles après les évènements de la veille déclenchent une contre-attaque qui débouche en deux colonnes:

    • la première sur l'axe Nordhouse-Gerstheim

    • la seconde sur l'axe Sand-Obenheim.

    Le but recherché est de, rétablir la liaison avec les garnisons de Gerstheim et d'Obenheim.

    La lutte est vive, et si la colonne du nord parvient à atteindre le canal (qu'elle ne peut d'ailleurs pas franchir) la colonne du sud accrochée dès le départ et prise à partie par des chars lourds ennemis, ne peut pratiquement pas déboucher. A la nuit,les deux colonnes se replient sur l'III. L'opération a échoué. On ne peut pourtant pas aider le BM 24 encerclé par l'ennemi en raison de la force puissante (chars, etc....)

    Les ordres restent cependant inchangés "Résister partout sur la place et reprendre le terrain perdu".
    Le 9 janvier, on reprend la contre-attaque échouée la veille, mais sur l'axe sud Sand Obenheim.
    Dans la nuit du 8 au 9, l'ennemi lance à nouveau une violente attaque sur Rossfeld qui échoue encore pour lui. A16h, il lance encore une attaque, mais sur la garnison d'Herbsheim cette fois. Il ne peut cependant se maintenir que dans les quelques maisons qu'il a réussi à occuper. Après de vaines tentatives de sauver le BM 24 toujours encerclé, celui-ci voit la fin le lendemain.

    En effet , les Allemands concentrent leurs efforts sur la malheureuse garnison d' Obenheim. Dès le matin, ils lancent-des tracts aux villageois pour leur demander leur capitulation. Puis ils attaquent le village avec une attaque concentrée sur la localité, qui aboutit à la prise de la place du village à 21h, malgré la défense héroïque des Français. Ils ont notamment fait plusieurs morts et blessés. Les survivants furent pas nombreux.

    Le 10 janvier, les survivants se font prendre. A la nuit, des combats s'opèrent avec succès. L'opération débute tard dans la soirée, mais elle est menée à bien.

    La journée du 11 est calme. La DFL a causé de grosses pertes du côté de l'ennemi qui est épuisé. L'ennemi déclenche encore une attaque, mais nous sommes plus fort et après avoir fait sauter un pont et combattu avec vigueur, nous nous replions dans la nuit.

    Le 12- les ponts qui sautent arrêtent l'ennemi. On craint encore une attaque. Rien. L'élan offensif des Allemands est définitivement arrêté.

    La DFL a gagné la partie, elle a réussi à garder Strasbourg, but que l'ennemi s'était fixé. Le général Garbay reçoit alors un message de Leclerc, qui donne du baume au coeur des soldats encore vivants: "Bravo, mon vieux. En somme, la 1ère DFL aura probablement sauvé Strasbourg après que la 2ème DB l'ait prise. J'espère que cela ne t'a pas coûté trop cher. Félicite tout le monde de notre part."

    La bataille est maintenant gagnée. Mais les soldats sont en très mauvais état de santé. Voici ce qu'écrit le Docteur Ehrenberg (médecin des armées allemandes) le 9 janvier :

     

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    Fin de la bataille de Krafft 

    (Photo M. Bollinger)

     

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    21eme BM

    (Photo M. Bollinger-Schwaab )

     

    Rapport concernant l'état de santé des troupes

    Dû au froid persistant et au temps humide, l'état de santé des troupes s'est aggravé.

    • Les soldats ont contracté des-maladies aux pieds dues à la perméabilité des bottes et au manque de changement de chaussures qui sont en très mauvais état.

    • La troupe citée auparavant n'a pas eu l'occasion de se laver ne serait-ce que superficiellement et ceci pendant des jours. De ce fait,les maladies de peau ont également augmenté.

    • Les plaies infectées sont nombreuses. Beaucoup d'infections sont dues à l'invasion de poux.

    • De l'impétigo dû à la saleté est apparu en tant qu'infection secondaire.

    • Les grenadiers qui étaient en service pendant des semaines sans relève donnent une impression d'épuisement et d'empathie.

    • Souvent, ils ne peuvent "dormir" qu'appuyés aux arbres à cause de l'humidité de la terre. Les maladies intestinales bénignes en elles- même ont aussi augmenté étant donné que les soldats reçoivent froid les repas habituellement servis chauds, ceci pour cause de, circonstances dues à la guerre.

    La liste des malades du 11 novembre au 17 décembre comportait 935 hommes (sans compter la 269ème division d'infanterie. Rapport du médecin chef Dr. Ehrenberg (en remplacement)
    Du côté français, au lourd bilan des hommes vivants mais malades s'ajoute celui des morts, des blessés et des armes perdues, document issu des rapports allemands :

    • Prisonniers allemands :781 (dont 26 officiers) Morts : 1025 (environ) Pris à l’ennemi :

    • 328 carabines

    • 55 pistolets mitrailleurs

    • 1 pistolet • 10 bazookas

    • 41 mitrailleuses légères 39 mitrailleuses lourdes

    • 9 canons anti-chars moyen calibre 6 canons anti-chars lourds 16 mortiers moyens

    • 3 obusiers 10,5 cm

    • 8 chars détruits

    • 4 chars endommagés

    • 2 SPW dont 1 détruit

    • 2 appareils Radio

    • 1 blindé de. reconnaissance détruit

    • 2 chasseurs bombardier abattus

    • 10 camions et autres véhicules motorisés intacts 31 camions détruits

    Malheureusement, tout n'était pas fini. A Erstein , il y eut encore des tirs d'obus :

    Rapport de M. Albert Fassel témoin oculaire des évènement du 17 janvier 1945.

    A partir du 7 janvier 1945, les troupes allemandes se trouvaient à nouveau aux portes d'Erstein.
    Les ponts dynamités et effondrés du canal de décharge avait bloqué leur avance vers Erstein et Krafft. A partir de ce moment-là, les chars allemands ont effectué des tirs de harcèlement depuis l'actuelle D 468 et la ville fut soumise tous les jours à ces bombardements d'obus. 75% de la population avait quitté Erstein pour des endroits moins exposés.

    Par-contre, les Sapeur-Pompiers tous volontaires et bénévoles étaient restés sur place . Leur moyenne d'âge était d'environ 55 ans. Leur équipement était très rudimentaire; des dévidoirs à pied, pas de conducteur pour le fourgon Opel (la totalité des jeunes pompiers titulaires du permis de conduire ayant été mobilisée dans l'armée allemande).
    En plus les conditions climatiques de cet hiver 44/45 étaient exceptionnellement rigoureuses. Après d’importantes chutes de neige (50 cm) des rues non déblayées et des températures oscillant entre -10° et -20°, il est facile de comprendre que les interventions des pompiers se faisaient dans des conditions exécrables.

    En cette journée du 17 janvier, l'équipe de permanence se trouvait dans l'actuel poste de police. Elle se composait de :

    • l'Adjudant : André WIEDENKELLER
    • le Sergent : Alex FISCHER
    • -le Caporal : Joseph BUSCHE
    • -les Sapeurs : Aloyse OTT, Honoré SCHOEN, Antoine KLEIN,
        Félix BOEHRER, Joseph WEINGARTEN
    • -le Secouriste : Charles BOHNERT.

    Après un tir de réglage de deux obus dans le centre de la ville, l'Adjudant Wiedenkeller est sorti pour ouvrir les portes du dépôt d'incendie. Un 3ème obus, fusant celui-là a explosé juste au-dessus de la cour. Quelques instants après la déflagration, le Sergent Fischer appela au secours.

    Je me trouvais opportunément avec le lieutenant Langolf à la Mairie, qui faisait fonction de Maire, et à ce moment-là, nous nous sommes précipités dehors et nous avons vu l'Adjudant Wiedenkeller gisait à terre. II gémissait et paraissait grièvement blessé dans le dos. J'ai couru jusqu'à la ferme Ringeisen dans laquelle se trouve la permanence ambulancière du 7ème RTA.
    Un brancardier est venu immédiatement, avec le secouriste Charles BOHNERT, ils ont prodigué les premiers soins. L'ambulance militaire le prit en charge pour l'emmener à l'hôpital d'Obernai, celui d'Erstein étant entièrement hors fonction.
    Malheureusement l'Adjudant Wiedenkeller est décédé des suites de ses blessures avant son arrivée à l'hôpital.

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    Beaucoup d'ouvrages d'art qui ont aussi été détruits, soit par explosion afin de stopper l'ennemi, soit se sont écroulés tout seuls en raison du poids des chars furent reconstruits après la libération, le pont de Krafft dont l'explosion avait sauvé Strasbourg a été remplacé par un pont provisoire dès le printemps, en mars, et l'inauguration avait donné lieu à de grandes festivités.


            L'inauguration du pont provisoire de Krafft le 25 mars 1945

     (Photos M. Bollinger)

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

     


    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945
     

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

     

     Photos de l’exposition qui y a été consacrée en janvier 2015

    et lien vers le très beau site qui relate la 

    Bataille du Ried

    Association

    « Le vieil Erstein - Ersteiner Kanton ».

     

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

     

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim      

    * Évocation de la Bataille du Ried - La bataille d'Erstein-Krafft - Janvier février 1945

     

     

     

     


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    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

     

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

    (Photo Armée de terre)

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

    Du 6 au 9 janvier, 102 soldats du 1 régiment de spahis se sont lancés dans un raid de 70 kilomètres entre Alençon et Argentan. En traversant la Normandie, nos spahis ont rendu hommage à leurs anciens qui, du 12 au 15 août 1944, combattaient aux côtés de la 2 division blindée.
    70 kilomètres de marche sous la fine pluie Normande pour se rendre au mémorial de Montmorel, lieu de la bataille de «La poche de Falaise». 

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

     

     

    * En hommage à leurs anciens - Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

    (Photo Armée de terre)

      

    C’était le programme de nos 102 spahis. Objectif du raid ? Forger l’esprit guerrier de l’escadron par son histoire et renforcer la cohésion autour de la préparation opérationnelle du groupe.
    Lors de ce raid tactique, les spahis ont traversé la Normandie en marchant dans les pas de leurs aînés. Le niveau de précisions de l’exercice a permis aux soldats de s’identifier à leurs prédécesseurs : contexte, lieu, ordre d’opération, etc. Au-delà du symbole
    historique, l’élaboration de la tactique de combat a rappelé à tous le côté opérationnel de l’exercice, le but étant aussi de se préparer à leur prochaine mission.

    La veille du raid, l’ordre d’opération était transmis aux chefs de pelotons. Analyse du contexte, préparation des tactiques de combat, choix de manoeuvre, l’opération demandait aux militaires de traverser les lieux emblématiques de l’histoire où le 1er RS a évolué lors de l’épopée de la 2e DB.

    «Au fur et à mesure du raid, nous avons revu la tactique des combats menés en 1944 pour en tirer des enseignements» explique le capitaine Romain.

    Le 1er RS hérite des traditions du 1er régiment de marche de spahis marocains, créé pendant la Seconde Guerre mondiale par les Forces françaises libres. En 1942, ce régiment est placé sous les ordres du colonel Jean Rémy.

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

    (Photo Ordre de la Libération)

    Ils deviennent le régiment de reconnaissance de la 2e DB. Le 1er RMSM combat en France et en Allemagne, s’illustrant
    à de nombreuses reprises et remportant de nombreux combats.

    (Intervention du 1er RMSM avec la 2ème DB lors de l'opération Nordwind à Achen dans l'Est Mosellan en janvier 1945 - Lien Opération Nordwind. Association Historique de Kalhausen )

    Article et photo 

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim   

    * En hommage à leurs anciens -  Le 1er Spahis traverse l’histoire et la Normandie lors d’un raid unique

     

     

     

     


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    La plupart de ces documents provient de  l'Association de Français Libres de Douarnenez, publiés  sur leur page Facebook 

     

    * En souvenir de Paul-Edouard PAULET (1er RA), disparu après Bir Hakeim dans le torpillage du Nino Bixio

    Blog DFL

    * En souvenir de Paul-Edouard PAULET (1er RA), disparu après Bir Hakeim dans le torpillage du Nino Bixio

     DZ 39-45

    * En souvenir de Paul-Edouard PAULET (1er RA), disparu après Bir Hakeim dans le torpillage du Nino Bixio

     

     

    DZ 39-45

    * En souvenir de Paul-Edouard PAULET (1er RA), disparu après Bir Hakeim dans le torpillage du Nino Bixio

    En veste claire Le Compagnon Constant ENGELS et à droite Alexis Le GALL - Blog DFL

     

    * En souvenir de Paul-Edouard PAULET (1er RA), disparu après Bir Hakeim dans le torpillage du Nino Bixio

     

    DZ 39-45 

    Son épouse Marguerite était artiste peintre.

    " En juin 1940 Paul-Edouard Paulet passe en Angleterre ; la séparation est brutale, définitive. Paul-Edouard Paulet n’avait pas été mobilisé. C’est l’un des très rares civils d’âge mûr a faire l’effort volontaire decrejoindre la France Libre. Il participera à toutes les campagnes jusqu'à Bir-Hakeim ; de là, capturé, son sort est mêlé à celui des prisonniers convoyés par mer vers l’Italie. Il ne survit pas au naufrage du navire assurant ce transport.

    Marguerite attendra longtemps avant d’être certaine de son état de veuve. Ce sont pour elles des années très douloureuses. Puis ses enfants grandissent et l’entourent. Une amitié nouvelle avec laromancière Yvonne Chauffin élève ses préoccupations. Mais elle est en deuil à jamais ; sa peinture se fait plus rare, plus sombre. Elle ne s’est jamais considérée comme une professionnelle, pourtant elle expose à la galerie Saluden. Elle s’écarte parfois de l’aquarelle pour l’huile ou de grandes toiles traitées à l’encre de Chine. Brodant des tapisseries d’art, elle est d’une méticulosité incroyable dans le choix des couleurs. Sa vie s’écoule désormais entre la maison de Quimper, la vieille demeure de Quimperlé et des séjours à Douarnenez. Atteinte d’une lourde maladie qui l’handicape physiquement, elle préserve sa vivacité d’esprit et s’éteint en 1979".

    « Marguerite_Paulet.pdf » (Blog DFL)

     


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    * Parution littéraire - La 13e demi-brigade de Légion étrangère un livre d' André-Paul Comor et Ludovic de La Tousche paru aux éditions Pierre de Taillac

     

    La 13e demi-brigade de Légion étrangère

     

    André-Paul Comor et Ludovic de La Tousche

     

    Format : 22,3 x 30 cm

    Nombre de pages : 192 pages

    Illustrations : Plus de 800 photos inédites

    ISBN : 9782364451490

    Prix : 39,00 €

     

     

     

    Les auteurs : 

    André-Paul Comor est maître de conférences honoraire à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, auteur de nombreux travaux importants sur l'histoire militaire et notamment la Légion étrangère.

    Ludovic de La Tousche est officier de cavalerie.

     

    " De Narvik à Diên Biên Phu, de Bir Hakeim au Mali, cela fait 80 ans que les légionnaires de la "13" servent la France sur tous les théâtres d'opérations. Découvrez l'histoire de cette prestigieuse unité grâce à plus de 800 photos..."

    Bonne lecture,

    Pierre de Taillac

     

    * Parution littéraire - La 13e demi-brigade de Légion étrangère un livre d' André-Paul Comor et Ludovic de La Tousche paru aux éditions Pierre de Taillac

     

     

    Autres livres parus aux Editions Pierre de Taillac

     

    * Parution littéraire - La 13e demi-brigade de Légion étrangère un livre d' André-Paul Comor et Ludovic de La Tousche paru aux éditions Pierre de Taillac

    Pour visiter le site de l’Éditeur veuillez cliquer sur cette entête. 

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim    

    * Parution littéraire - La 13e demi-brigade de Légion étrangère un livre d' André-Paul Comor et Ludovic de La Tousche paru aux éditions Pierre de Taillac

     

     

     

     


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    Les combats de Grussenheim sont particulièrement représentatifs des opérations conjointes de la D.F.L et de  la 2e D.B. au sein du Groupement VEZINET durant la campagne d'Alsace. 

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les combats de Grussenheim

    Après l'abandon du Bois d'Elsenheim par les Allemands le 27 janvier 1945, le général du Vigier, venu à Scherwiller au P.C. du général Garbay (commandant de la 1ère DFL), lui prescrit de pousser en direction de Grussenheim .

    Il fallait prendre GRUSSENHEIM pour couvrir l'action principale de la 3ème D.I. américaine à Jebsheim et  permettre de foncer sur le RHIN pour isoler les Allemands encore au Nord, jusqu'à Strasbourg. 

    Le général Garbay détache alors au 2ème sous groupement du G.T. Vésinet du Lieutenant-colonel PUTZ le seul bataillon disponible : le 1er Bataillon de Légion Etrangère, qui tient Illhaeusern depuis le 24. Les deux détachements mixtes formés par PUTZ démarrent leur attaque le 27 depuis le carrefour 177...

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

     

    Le 27, ouvrir la voie, la mission du Génie

    Il fut assigné aux Sapeurs du Génie la mission suivante :  "franchir la BLIND de vive force devant GRUSSENHEIM... ; nous disposerons d'un important matériel Treadway que la division américaine voisine doit mettre à notre disposition. La 1ère section, commandée par le Lieutenant  ARNAUD, est chargée d'assurer  à l'infanterie le  passage de la rivière sur bateaux pneumatiques".

    Le Génie de la D.F.L. commence à travailler et, brutalement, à 22h30 un déluge de fer et de feu s'abat sur leur chantier. Les tirs d'automoteurs, de mortiers et d'une batterie d'obusiers ainsi que ceux des mitrailleuses lourdes convergent vers le pont.

    Dès les premières rafales, la section du GENIE est anéantie. 10 tués dont le Lieutenant ARNAUD,  mort dans les bras du « toubib », le Dr LEVY-LEROY, l'Adjudant-chef LELONG et le Sergent BRUT, 30 blessés, 2 Sapeurs indemnes dont notre camarade et ami Louis GIRAUD.(...)

    ... Mal protégés par leur parapet de neige, nos fantassins sont durement touchés et, pour mettre un comble à la confusion, des Allemands restés terrés, dissimulés dans les buissons le long de la berge, se relèvent et tirant dans le dos des hommes de la Légion et du Tchad en poussant des hurlements pouvant faire croire à un assaut, créent un début de panique enrayée à peine née.

    Pendant près d'une heure le tir allemand continue causant aux Compagnies de lourdes pertes en hommes et en matériel. L'antenne médicale est en effervescence, les médecins du  13ème Bataillon médical (2ème D.B.) et ceux de la 1ère D.F.L. se multiplient sans le moindre souci du danger et nos ambulances vont rouler toute la nuit  pour évacuer les blessés. Puis, le silence revient...

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

     

    Le 28, le jour se lève, une autre section du Génie de la D.F.L. assure le lancement d'un pont TREADWAY au cours d'une manoeuvre rapide qui a lieu dans les meilleures conditions, sans aucune réaction de l'ennemi. 

    Vers 10h le Lieutenant-Colonel PUTZ donne ses ordres. L'attaque de GRUSSSENHEIM se fera par l'Ouest. La C.A. 3 (Capitaine DUAULT) du III/R.M.T. renforcée de 2 chars de la 1ère Section de la 2ème Cie du 501 R.C.C. fera, sur l'axe JEBSHEIM-GRUSSENHEIM, une attaque de diversion.

    L'action principale sera commandée par le Commandant DEBRAY qui disposera de deux colonnes.

    AU NORD : aux ordres du Commandant de SAIRIGNE, la 1ère Cie de Légion (Capitaine LANGLOIS) renforcée d'une section de mitrailleuses lourdes de la Légion, de la 11ème Cie du R.M.T. (Lieutenant BACHY) et la 3ème section de la 2ème Cie du 501 R.C.C. (Lieutenant LA BOURDONNAYE), qui n’a plus que 3 chars.

    AU SUD : aux ordres du Capitaine de WITASSE, la 2ème Cie de Légion (Capitaine LANGLOIS), la 12ème Cie du R.M.T. (Capitaine de CASTELLANE) et la 2ème Section (2 chars) du 501ème R.C.C. (Aspirant RICHARDEAU). - La 3ème Compagnie de Légion (Capitaine MATTEI) gardera le pont. - Les Tanks-Destroyers du 2ème Peloton du 2ème Escadron du R.B.F.M. de l'Aspirant MAYMIL (qui sera mortellement blessé peu après) - appuieront l'opération principale.

    L'Artillerie doit effectuer un tir de 155 sur objectif et préparer l'attaque de 12h30 à 13h. L'heure du débouché est fixée à 13 heures....

     

    Le récit de Pierre DEBRAY, 501e RCC

    " L'un et l'autre, SAIRIGNE comme WITASSE n'avaient plus à donner des preuves de leur bravoure, et comme moi ils devaient méditer sur notre mission .....

    vers 12h40 n'y tenant plus, sans avoir pu se concerter ils venaient me trouver pour me dire "ce n'est pas possible, personne n'arrivera à Grussenheim" et tous les trois nous allâmes trouver   PUTZ   que    nous  ébranlâmes.

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

    Lieutenant colonel Putz, Compagnon de la Libération

     

    Mais sur ces entrefaites arriva le chef État-major du G.T.V., le commandant PUIG, un artilleur colonial frais émoulu du cours d'E.M. et, bien sûr, sans expérience du combat rapproché.

    PUTZ se tourna vers lui pour lui faire part de nos objections qu'il balaya catégoriquement "La mission c'est la mission, ça n'a déjà que trop traîné". Il nous prévint cependant qu'on signalait vers ELSENHEIM une forte concentration de chars allemands qui probablement nous contre-attaqueraient, et pour y parer nous allions recevoir un escadron de T.D (Tank Destroyers) du 8ème  Régiment de Chasseurs d'Afrique, commandé par le Capitaine PERIQUET qui d'ailleurs se présentait au moment où SAIRIGNE, WITASSE et moi, n'ayant plus rien à apprendre, saluions et repartions.

    Ma Jeep n'avait pas parcouru 200m que ma radio grésillait « ici MAUNOURY (c'était l'officier de transmission du III/R.M.T.) le colonel PUTZ tué revenez tout de suite ».

    Je bondis pour trouver trois cadavres : un obus tombé en plein milieu de leur petit groupe avait tué PUTZ, PUIG, PERIQUET...

    Je saluai et sans tarder suspendis l'attaque des fantassins tant de SAIRIGNE que de WITASSE. 

    Presque tout de suite un message de DUAULT rendait compte que, « sans coup férir, il était arrivé au carrefour Sud de Grussenheim ».

    C'était capital et immédiatement je donnai l'ordre à la 11ème Compagnie de remonter sur ses half-tracks, à WITASSE de les prendre sous ses ordres et avec ses chars de rejoindre DUAULT en passant par JEBSHEIM.

    Pendant que ce mouvement se préparait, mais c'était forcément long, je cherchai à faire préciser par DUAULT s'il était parvenu au carrefour Sud de GRUSSENHEIM, c'est à dire à l'extérieur, ou au carrefour Sud, c'est à dire dans GRUSSENHEIM.

    WITASSE par son chef de peloton, le Lieutenant MICHARD, qui était avec DUAULT, eut confirmation que le détachement avait bien pénétré dans GRUSSENHEIM.

    Pendant tout ce temps et sans que j'y prisse bien garde le scout-car radio du G.T.V. qui avait accompagné PUIG avait envoyé au P.C. un message annonçant que nous avions atteint notre objectif. C'est GUILLEBON, rentré de Paris, et reprenant son commandement qui reçut le message ; et suivant sa bonne habitude il sauta dans son command-car pour venir sur place.

    Il arriva rayonnant, surpris de voir que je faisais pâle figure. En effet je venais de recevoir un message de WITASSE demandant des instructions car, au moment où il débouchait de JEBSHEIM, il se heurta au petit détachement DUAULT bousculé et rejeté de GRUSSENHEIM par les blindés et fantassins allemands.

    Il était près de 16h - sous peu ce serait la nuit - et déjà le jour tombait. GUILLEBON - et je lui en garde une grande reconnaissance - me dit « mon cher DEBRAY, quelle que soit la décision si ça tombe juste vous n'en aurez pas forcément la gloire, mais si ça foire c'est bien à vous qu'on le reprochera, alors je vous laisse décider » - et il s'éloigna. Ma réflexion fut brève, c'était tout le sous- groupement qui était à pied d'œuvre et j'ordonnai à WITASSE de poursuivre la mission « prendre Grussenheim » - ce qui fit dire à GUILLEBON, en me quittant « vous avez un sacré culot ».

    En fait j'eus raison. Le Colonel ROBLIN qui commandait un sous-groupement de la 5e D.B. tenant le pont du Moulin de JEBSHEIM fit exécuter par ses chars un tir de fumigènes protégeant WITASSE des coups que, sur sa droite, les Allemands en lisière de bois auraient pu lui porter.

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

    Jacques DE WITASSE, à gauche sur le char

     

    Et vers 16h30 par l'artilleur THIOLLIERE qui le sut par son D.L.O., je sus que la 11ème Compagnie était dans GRUSSENHEIM.

    Dans la Jeep avec THIOLLIERE,  je fonçai vers le village. Il faisait nuit noire quand nous parvînmes au fameux carrefour au Sud dans le village - il faut bien dire que c'était assez pagailleux - comme toujours en pareil cas.

    Ça tiraillait un peu dans tous les azimuts et au centre du carrefour, le grand BACHY, le Lieutenant commandant la 11e, essayait de mettre de l'ordre. Je l'orientai vers un quartier, CASTELLANE et sa 12e vers un autre. Je leur fixai l'emplacement provisoire de mon P.C. et leur prescrivis de me tenir informé au fur et à mesure qu'ils auraient atteint les lisières extérieures et nettoyé les bâtiments des Allemands pouvant y être réfugiés.

    C'est vers 19h qu'il me fut rendu compte que tout était fini, et que le Bataillon SAIRIGNE lui aussi avait rejoint d'Ouest en Est.

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

    Gabriel Brunet de Sairigné, 13 DBLE, Compagnon de la Libération

     

    Je réunis alors les divers commandants d'unité leur donnant à chacun, y compris à la section du Génie, un morceau de lisière à défendre et renforçant certains points d'appui d'un char ou d'un T.D. puis avec les artilleurs nous mîmes au point un plan de feux et ... je changeai de P.C. pour m'installer à peu près au centre du village dans le bâtiment qui paraissait le moins abîmé et assez vaste pour abriter mon P.C. et celui de l'artilleur.

    Vers minuit ... Roulés dans nos couvertures, à même le sol, notre entassement nous tenant chaud, nous dormîmes malgré les bruits extérieurs des camions ravitaillant toute la nuit les unités en carburant, vivres et munitions - avec en accompagnement, un ou deux obus fritz de temps en temps.

     

    Brusquement, à 6h la cadence s'accéléra brutalement, me réveillant, et je secouai les autres prévoyant que ce devait être le signal d'une attaque. En effet presque aussitôt un, puis deux, puis tous les points d'appui, signalèrent qu'ils étaient tâtés et bientôt ce fut l'attaque générale, et même l'assaut.

    Vers 8h30 le Colonel ROBLIN me fit savoir qu'il arrivait et déjà ses premiers éléments, l'Escadron de chars de St Germain, sa Compagnie d'Infanterie, venaient appuyer les nôtres que protégeaient admirablement, comme six semaines plus tôt à WITTERNHEIM, les feux des artilleurs.

    Outre son groupe, TRANIE disposait des feux de sept groupes tant français qu'américains et il les appliqua avec sa maîtrise habituelle, au point qu'on entendit les fantassins, à la radio, crier leur admiration « bravo les artilleurs ».

    Les Allemands attaquaient avec la rage du désespoir - beaucoup tombaient quelques-uns passaient - à la porte arrière de notre ferme P.C. Nos chauffeurs et même les radios durent faire le coup de feu et CASTELLANE devait plus tard me montrer les Allemands tués à la baïonnette alors qu'ils escaladaient des appuis de fenêtre.

    Cet acharnement rendit plus étonnant le silence qui d'un coup, à 10h30 tomba comme une chape ...... les Allemands cessaient le combat : plus d'obus - plus de blindés - et dans les hangars à moins de 100m des lisières Est, 250 prisonniers furent ramassés qui un quart d'heure plus tôt donnaient l'assaut en hurlant.

    Il me paraît probable que l'évacuation de leur poche vers STRASBOURG terminée, les Allemands jugèrent inutile de continuer les frais.

    Pour nous aussi le prix était élevé.

    Nous avions gagné, mais comment ne pas pleurer tous ceux tombés pendant ces trois jours, au R.M.T., au 501e et au XI/64, à la 13e 1/2 de SAIRIGNE et au sous-groupement ROBLIN de la 5 e D.B.

    Vers midi la relève par le colonel ROBLIN était terminée et nous reprenions en sens inverse la route vers SELESTAT. Au passage du Moulin de JEBSHEIM je fus touché d'être invité par le lieutenant-colonel RENAUDEAU D'ARC, de la 5 ème D.B. à me restaurer, touché surtout de ses compliments pour ce que nous avions réussi ».

    Commandant Pierre DEBRAY

    Extraits des Souvenirs de Pierre Debray, libérateur de Grussenheim, combattant de la 2 ème D.B., Colonel de Cavalerie, Commandeur de la Légion d'Honneur (né le 15 octobre 1907 à Charenton, décédé le 25 Janvier 1995 à Senlis, Inhumé à Cure (Yonne).

    Souvenirs publiés dans l'ouvrage de Jean-Philippe STRAUEL « La bataille de Grussenheim"

     

     

    La fin de l'Enfer pour les habitants de Grussenheim, par Jeanne HETZLER

    29 Janvier 1945

    « La nuit passée au Bunker du 28 au 29 janvier 1945 avait été relativement calme, et n'étant plus du tout habitués à ce calme, nous nous sommes hasardés hors du Bunker. Et ce n'est qu'à ce moment-là, que nous avons pleinement réalisé que nous étions libérés. Il y avait des Français et des Américains partout, qui tous après cette terrible bataille, avaient peine à croire qu'il pouvait y avoir encore des êtres humains dans ces tas de ruines. Ce n'est qu'à ce moment-là, que nous leur avons parlé vraiment, les touchant pour voir s'ils étaient bien réels, en pleurant et bafouillant, tellement l'émotion était grande, nos nerfs mis à rude épreuve pendant tous ces jours de tirs d'obus, de fracas, de hurlements, de peur, nos maisons en ruines, les bêtes brûlées ou tuées, nos morts. Et surtout la vue de tous ces militaires tués ou morts de froid, qui jonchaient les abords de la Blind, car il ne faut pas oublier que GRUSSENHEIM était une tête de pont pour la traversée du Rhin. On ne trouve pas de mots pour décrire ce carnage, cet enchevêtrement de corps, de bras, de jambes, d'éclats d'obus, de blessures ouvertes où le sang était figé, ces visages rigides, souvent les yeux encore ouverts sur l'horreur.

    Les militaires nous donnèrent du ravitaillement et nous pouvions enfin une fois manger à notre faim.(...) 

     

    LE RETOUR  DU GENIE A GRUSSENHEIM  LE JOUR DE LA FETE DE LA LIBERATION (1946)

     

    * Fin de la campagne d'Alsace (27-31 janvier 1945)  : 1ère DFL et 2e DB unis dans les combats de Grussenheim

     

    Col. Marcel PARTOUCHE

    * Fin de la campagne d'Alsace (27-31 janvier 1945)  : 1ère DFL et 2e DB unis dans les combats de Grussenheim

     

     POUR ALLER PLUS LOINTOUS LES TEMOIGNAGES RELATIFS A LA BATAILLE DE GRUSSENHEIM

     

    * Fin de la campagne d'Alsace : 1ère DFL et 2e DB unis dans les rudes combats de Grussenheim

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