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    Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA 

    Crédit photo : Ordre de la Libération

    Fils unique -  son père est notaire, Pierre Brisdoux Galloni d'Istria est né le 20 octobre 1914 à Alger. 

    Il fait ses études au lycée d'Alger puis à l'Ecole des Roches en Normandie. Docteur en droit, il est licencié de chimie générale et de mathématiques.

    En 1936, il passe son brevet de pilote civil à l'Ecole Henriot de Bourges. Sursitaire, il est appelé au service militaire en septembre 1939 et versé à sa demande dans l'armée de l'air. Affecté comme EOR à la base d'Avord, il est nommé sous-lieutenant en janvier 1940.

    En mars 1940 il est muté à Chartres, à la Base aérienne 122 qui se replie en juin 1940 à Cazaux. Il tente de rejoindre l'Angleterre le 18 juin, échoue et est démobilisé à Perpignan le 9 août 1940.

    Il se replie alors dans la propriété familiale de Saint-Fargeau et, après avoir fait ses adieux à ses parents,  le 20 novembre, avec un camarade, l'aspirant Louchet, traverse la ligne de démarcation pour rejoindre Marseille. Là, les deux hommes obtiennent un sauf-conduit pour l'Algérie.

    Fin décembre 1940, il quitte Colomb-Béchar, en camion, il tente de rejoindre les Forces françaises libres. Arrêté comme « déserteur » à Niamey, il est reconduit à Colomb-Béchar fin janvier 1941.

    Avec quelques camarades, le capitaine Lanusse, les aspirants Bernard Louchet et Henri Jourdain et trois soldats marocains, il gagne le Tchad, par le Sahara, le nord du Niger, le désert du Ténéré et le Tibesti tout en étant poursuivi par des groupes de méharistes vichystes.

    Un incroyable parcours de plusieurs milliers de kilomètres, dont 400 à dos de chameau et 500 à pied réalisé en deux mois qui lui vaut d'être condamné à mort pour trahison par le tribunal militaire de Dakar.

     

     

    Le 5 mai 1941, le sous-lieutenant aviateur BRIDOUX GALLONI D'ISTRIA et ses trois compagnons font une arrivée sensationnelle à Zouar au nord du Tchad. Voici ce que notait le jeune aviateur dans la dernière page de son journal :

    " Nous étions malades, décharnés, dysenteriques depuis des mois, assoiffés, mais bien contents d'être arrivés à Zouar et d'avoir la chance d'y rencontrer le Grand Chef sous les ordres duquel nous venions coninuer la lutte.

    Nous apprîmes par la suite que le Groupe Nomande du Niger avait pénétré au Tchad pour nous prendre, mais il avait abandonné la poursuite. A un moment donné, il était probablement à trois heures de marche derrière nous. 

    En résumé, parti de Paris le 20 novembre 1940, après pluseurs tentatives d'évasion manquées, j'ai rejoint les Forces Françaises Libres au Tchad le 5 mai 1941, après avoir fait environ 12 000 kilomètres dont environ 8000 de désert et de brousse.

    Après avoir traversé le Sahara du Nord au Sud, du Sud au Nord, de l'Ouest à l'Est, après avoir traversé un bout du Niger, ''être promené en Libye, après avoir traversé le désert du Ténéré et le Tibesti... le général de Gaulle considérant que nous avions été hors la loi sur les territoires de Vichy dès notre départ, décréta que notre engagement aux FFL serait daté du 10 janvier 1941.

    Cette randonnée depuis le départ de Colomb-Béchar jusqu'à l'arrivée à Wour (Tibesti) fut faite sans guides et sans boussole, grâce aux exceptionnelles qualités du commandant Lanusse, notre camarade d'aventure et notre chef d'expédition. Notre nourriture, à partir du meoment où nous avions quitté In-Ezzane, consistait en une ration de quelques dattes chaque jour et une cuillérée de farine."

    Le général  de Gaulle se déplace en avion de Fort-Lamy  à Zouar pour les accueillir en mai 1941. Envoyé en stage à l'Operationnal training Unit n°71 à Ismaïlia en juin 1941, il est ensuite affecté au 73 Squadron de la Royal air Force.

    Pierre Brisdoux rejoint  le Groupe de chasse Alsace dès sa création en septembre 1941 et participe à la défense des côtes de Syrie et de Palestine.

     

    * L'épopée sans retour de l'aviateur Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA (1914-1944)

    Ciel de sable. Claude Raoul-Duval

     

    "LE FEU DE LA POLITIQUE" (Claude Raoul-Duval, Ciel de sable)

    (...)  Je rapporte mon parachute, mon casque et ma combinaison de vol à la salle des pilotes et me dirige lentement vers le mess, faisant fuir au passage deux petites gerboises beiges qui filent de toute la vitesse de leurs longues pattes nerveuses pour se blottir derrière une touffe d'herbe. A cette heure, l'air sec et léger garde encore quelques traces de la fraîcheur nocturne : le désert s'accorde un dernier répit avant de s'embraser sous le soleil. Sur le seuil du mess, je m'arrête pour regarder les  Pionniers  élargir un coin de la piste. Une demi-douzaine de chameaux attelés de front tirent une grande herse qui arrache les touffes d'herbe, et déterre les grosses pierres. Derrière eux, une équipe de terrassiers du génie nivellent le terrain, aplatissant les bosses et bouchant les creux. L'activité des hommes, leurs gestes rapides, toute cette agitation bruyante contrastent vivement avec la lenteur majestueuse des chameaux qui avancent d'un air réprobateur et triste, tels de grands seigneurs réduits en esclavage et condamnés à profaner une terre vouée depuis des millénaires à l'immobilité et au silence.

    A l'intérieur du mess, j'entends la voix de Brisdoux :

    - Mon vieux, je ne peux plus regarder une de ces bestioles-là sans avoir le mal de mer. Quand j'étais petit, toute la semaine j'attendais le jeudi pour aller faire un tour sur le chameau du Jardin des Plantes d'Alger. Ça coûtait deux francs. J'aurais embrassé celui qui m'aurait promis qu'un jour je ferais cinq cents kilomètres, perché sur un chameau au trot. Charmant paradis ! Ces sales bêtes ont l'habitude de se dévisser complètement la tête et de te regarder, toi assis sur leur dos, avec les deux yeux. Quand tu es mourant de soif, grelottant de dysenterie, ça te fiche un coup. Tu crois que c'est le diable lui-même qui te regarde.

    Pour rejoindre la France Libre, Brisdoux a erré avec Louchet pendant cinq mois à travers le Sahara et parcouru douze mille kilomètres en voiture, à dos de chameau et à pied. Nous lui arrachons le récit de cette aventure par bribes, quand il est de bonne humeur.

    J'entre dans le mess. A côté de Brisdoux, Millet, les deux coudes sur la table, remue le sucre dans son bol de café. Il sourit et me demande gentiment : - Il paraît que ton moulin à café était enrayé. Pas de bobo ?

    Brisdoux lève à peine la tête et me jette un coup d'œil rapide. Il ressemble à la photo que Tulasne a prise de lui quelques jours auparavant : longue « gueule » aux yeux rapprochés, aux lèvres fines, serrées. Tout en se beurrant une tartine il grommelle : - Avec ces outils-là, on va finir par jouer au sous-marin.

    Je demande une boîte de bière à notre barman et la fais servir à la table de mes camarades.

    - Imagine, dit Brisdoux, quand nous arrivons à Niamey, à la nuit tombante, en douce pour ne pas se faire remarquer, que voit-on tout autour de la ville, bien alignés, qui nous attendaient ?... des tirailleurs. On s'approche prudemment. Les gars nous disent qu'il y a la fièvre jaune et que la ville est en quarantaine. J'ai l'impression d'être ramené au Moyen Age et de lire un chapitre de Mallet et Isaac sur « les grandes épidémies ». Je regarde autour de moi pour voir s'il n'y a pas de lépreux agitant leurs clochettes. Mais non. Nous entrons quand même. Je me dis que cette fièvre jaune est un* aubaine, qu'on va passer inaperçus, et qu'on va pouvoir refaire le plein pour partir plus loin. C'est mal connaître les commissaires de police. A peine entrés, on nous saute dessus, on nous questionne... d'où venez-vous ?... où allez-vous ?... et avant que j'aie le temps de dire ouf, on m'annonce que je suis placé en résidence surveillée.

    Mon vieux, les gens mouraient comme des mouches dans la ville, mais ces types de la police étaient frais et roses, toujours prêts à faire leur sale petit boulot. Moi qui suis Corse je les connais, les gendarmes. J'ai toujours préféré les voleurs.

    - Que veux-tu, dit Millet qui a l'esprit d'équité, ils font leur devoir, ces gens-là.

    Les yeux de Brisdoux lancent des flammes.

    Leur devoir... Dis plutôt que le commissaire de police avait peur de perdre sa place, son trou soigneusement grignoté dans le fromage, en vrai " chef " qu'il était.

    Le mot " chef " sort dans une moue insultante.

    Brisdoux tient des raisonnements d'anarchiste d'extrême droite et ses affirmations tranchantes relèvent d'un sectarisme à peine soutenable. Hier au cours du repas, il a conclu par une phrase méprisante le débat qui l'opposait à Préziosi.

    - Nos chefs ? Quels chefs ? nous n'en avons pas.

    Le commandant Pouliquen l'a regardé avec sévérité et Préziosi s'est contenté de siffloter sur trois notes différentes. Le dialogue en est resté là.

    Ce matin, devant l'œil inquiet et dérouté de Millet, je trouve amusant de relancer la controverse.

    - Alors... on pend toujours les chefs ?

    Brisdoux hausse les épaules ; j'insiste :

    - Tu ne regrettes pas ce que tu as dit, hier soir ? Il s'arrête brusquement de mâcher : - Si.

    Sa réponse me surprend, mais, il enchaîne aussitôt :

    - Je dis ça parce que Pouliquen était là et que c'est un type bien. A dire vrai, nous avons des chefs mais ce sont tous des vendus.

    L'œil de Millet s'indigne. Je suis aux anges :- Vendus à qui ?

    - Ecoute, Raoul-Duval (il m'appelle par mon nom dans les circonstances graves...) ils n'en savent rien eux-mêmes. Tu comprends, la politicaillerie, ça n'a pas de visage... On se prostitue à des mains qui donnent de l'argent ou des grades, mais on ne voit jamais les yeux... La démocratie n'a pas de regard, puisqu'elle n'a pas de tête...

    Millet proteste : - Ça, c'est ton point de vue !

    La réponse de Brisdoux tombe , tranchante : - Non, celle d'un socialiste, Marcel Sembat. Relis tes classiques. Il a écrit : la République est une femme sans tête.

    Il doit se délecter à prononcer des mots comme ceux-là, à injurier le camp auquel il s'est donné corps et âme, mais nous savons tous quelle insatisfaction, quelle exigence de perfection se cachent derrière ce ressentiment.

    - Ce sont pourtant les démocraties qui luttent contre l'Allemagne, Pierre... avec ou sans tête...

    Il me regarde, goguenard :

    - Continue comme ça... Dans cinq minutes, tu crieras : Vive Staline.

    Millet me regarde, complètement dérouté.

    - Et pourquoi pas ?

    Brisdoux ricane : - Ecoute-le.

    Je dis flegmatiquement : - Dans quelque temps nous crierons peut-être tous : Vive Staline !... la roue tourne.

    Brisdoux se lève. Il attrape sa veste de pilote, ses gants, son casque et repousse le banc pour contourner la table

     Claude Raoul-Duval, permettez-moi de vous dire que lorsqu'on a bénéficié de l'éducation et de l'instruction que vous avez reçues, on ne prononce pas de si grosses conneries avant le lunch..."

     

    Lieutenant en mars 1942, Pierre BRISDOUX prend part à la campagne de Libye.  Malheureusement, et à leur grand dam, les Aviateurs français ne furent pas autorisés par la RAF à venir au secours de Bir Hakeim assiégé, ce qui occasionna de vives tensions au sein des équipages comme le recontait Claude Raoul-Duval :

    " Un pas précipité me fait me retourner. Posnanski entre en trombe sous la tente. Je le suis. Son visage est grave. Il se laisse tomber sur son lit de camp et me regarde :

    —  Tu parles d'une bande de caves ! Bir Hakeim est plus encerclé que jamais !

    —  Quoi !

    —  Le commandant du Wing a téléphoné. Pouliquen s'est renseigné. La victoire de Kœnig, annoncée à la radio, était un bobard ! On peut défaire les valises, crèvera ici !

    D'un coup de pied, il envoie sa cantine par terre. Elle s'ouvre ; le contenu se répand sur le sol. J'esquisse un mouvement pour le ramasser, Kiki arrête mon geste :

    —  Laisse. Tu ne vois pas que je me trouve des occupations ?

    Je sors pour aller demander confirmation à Pouliquen. On ne laisse pas s'engloutir tout un continent sans chercher à construire des digues. Je m'approche de sa tente devant laquelle flotte un petit fanion à croix de Lorraine. Littolff y pénètre en trombe, sans prendre la peine de s'annoncer. Son visage est sanglant, sa chemise déchirée. Qu'est-il donc encore arrivé ?

    De l'intérieur, la voix furieuse du capitaine Littolff s'adressant à Pouliquen m'apporte l'explication :

    —  Mon commandant, regardez dans quel état m'a mis le lieutenant Brisdoux !

    Je n'entends pas la réponse. Je me hâte vers la piste. Devant la tente des pilotes, la tension des visages me confirme l'encerclement définitif de Bir Hakeim. Mais cet événement passe momentanément au second plan au profit de l'éternelle querelle Littolff-Brisdoux.

    L'adjudant Castelain agite son bras valide — l'autre est demeuré raide à la suite d'une blessure reçue à Tobrouk et s'écrie :

    —  Dire qu'ils s'entendent comme larrons en foire et qu'ils passent leur temps à se disputer ! Une bonne bagarre avec les Boches et tout sera oublié...

    Je demande des explications.

    —  Littolff et Brisdoux se sont traités réciproquement de dégonflés, me dit Boizot en haussant les épaules ; Littolff qui s'est couvert de gloire et Brisdoux qui a traversé le Sahara : à pied, à chameau et en voiture.

    —  Mais pourquoi ?

    —  Brisdoux proposait qu'on enfreigne les ordres et qu'on parte tous au-dessous de Bir Hakeim. Littolff a répondu qu'avec les coucous que les Anglais nous donnaient nous ne serions d'aucun secours et qu'il ne tenait pas à mourir bêtement. Il a conseillé à Brisdoux d'y aller tout seul... bref, ça s'est envenimé. On se croirait au lycée de filles.

    Millet désapprouve Brisdoux :

    —  Je ne sais qui avait tort ou raison, mais on ne frappe pas un supérieur.

    Ezanno éclate de rire :

    —  Ne me fais pas rigoler... Et un inférieur... Est-ce qu'on frappe un inférieur ?

    Millet ne voit pas se préparer la réplique suivante et répond dignement : Pas davantage. Ezanno conclut :

    —  Alors Littolff a aussi tort que Brisdoux... Et, de toute manière, ça se traduira par quoi ? Par une nouvelle démission de Littolff... un point, c'est tout, d'ailleurs il va partir".

     

    * L'épopée sans retour de l'aviateur Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA (1914-1944)

    La Brigade Française Libre de passage à Fuka après la sortie de Bir Hakeim

    Ciel de sable. Claude Raoul-Duval

     

    A ses heures perdues, Pierre Brisdoux  exerçait ses talents de dessinateur en caricaturant ses camarades.

     

    * L'épopée sans retour de l'aviateur Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA (1914-1944)

    Ciel de sable. Claude Raoul-Duval

    L'Ami de Pierre,  Bernard Louchet, trouve la mort le 27 juin 1942 dans un combat aérien inégal contre six avions ennemis.

    Pierre Brisdoux fut ensuite envoyé en Grande-Bretagne où il parvient en mars 1943, après un voyage de trois mois.

    Livre d'Or des Français Libres

    Après un stage à l'OTU n° 52, il est affecté en juillet 1943 au 340 Squadron Ile-de-France , il assure la défense des côtes de Grande-Bretagne et remplit des missions offensives sur le nord de la France.

     

    * L'épopée sans retour de l'aviateur Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA (1914-1944)

    Revue Icare n° 143 1992

     

    * L'épopée sans retour de l'aviateur Pierre BRISDOUX GALLONI D'ISTRIA (1914-1944)

    Revue Icare n° 143 1992

     

    Le 6 juin 1944, il participe aux opérations aériennes du débarquement et peut enfin embrasser le sol de France  le 25 juin 1944. 

    Après un nouveau passage en OTU où il se familiarise avec le Typhoon, il est affecté, à la fin du mois d'août 1944,  sur recommandation de Yves Ezanno, commandant du 198 Squadron (la fameuse escadrille anglaise Killer Squadron).

     

    198 Squadron Typhoons on airfield B10/Plumetot, France, in July 1944.

    Flt.Lt. B.J. Daventry, Royal Air Force  photograph  from the collections of the Imperial War Museums

     

    C'est au cours d'une mission sur le quartier général allemand de l'Organisation Todt à Hoevelaken près d'Utrecht (Hollande), à bord du Hawker Typhoon 91/TPS°S,  qu'il est abattu le 8 décembre 1944 par la Flak, alors qu'il piquait à travers l'intense barrage de DCA qui protégeait le site.

    Capitaine, il a accompli plus de 700 heures de vol, dont 200 de vol de guerre au cours de 80 missions offensives.

    D'abord inhumé au cimetière hollandais d'Amersfoort, son corps est ensuite définitivement transféré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

    Pierre BRISDOUX est fait Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945.

     

     Monument Pierre Brisdoux à Leusden, sur le lieu de sa disparition

     

    photo Jacques Brisset - Livre d'Or des Français Libres

     

    Les  camarades qui s'étaient évadés ensemble à travers le désert, les aviateurs Pierre Brisdoux, Bernard Louchet (27 juin 1942) et Henri Jourdain (12 octobre 1943) furent tousles trois  tués  au cours de la Guerre.

    • Chevalier de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
    • Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
    • Médaille de la Résistance avec rosette
    • Médaille Coloniale avec agrafe " Libye "
    • Médaille des Evadés

     

     Sources bibliographiques et iconographiques

    Biographie de l'Ordre de la Libération LIEN

    Journal de Pierre Brisdoux : Revue de la France Libre en  VII volumes. Ephéméride année 1941 page 3118.

    Récit INTEGRAL de Pierre Brisdoux "de Paris au Tchad" publié dans Cap sans retour de Germaine L'Herbier Montagnon (pages 107 à 123)  LIEN

    Livre d'Or des Français Libres Lien

    Ciel de sable. Claude Raoul-Duval. Editions France-Empire

    Revue Icare n° 143, 1992/4


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    ANNUAIRE DES ANCIENS DE LA DFL - Octobre 2019

    Jacques Vanotti 

     

         Il est des travaux de recherche un peu obscurs, dévoreurs de temps, opérés par des personnes discrètes et fidèles. Je veux parler de la mise à jour de l'Annuaire des Anciens de la DFL. Cet outil créé il y a des années nécessite aujourd'hui un toilettage pour supprimer ou remplacer  les liens devenus obsolètes, compléter  les noms manquants à partir du Livre d'or des FFL ou des corrections qui nous parviennent ... 

    26.382 noms ont été recensés à ce jour...

    Bien avant que ce chiffre n'ait été atteint, Roger Nordmann l'évaluait de son côté  à 25.000...

    C'est une très belle avancée et une belle surprise de constater l'importance numérique des Anciens de la DFL.

    Pascal Vanotti, contributeur fondateur du Blog est aux commandes de l'Annuaire, c'est lui qui  en a fait évoluer la structure .

    Aujourd'hui il nous adresse une photographie  de son Papa Jacques Vanotti, dit Narcisse (BM 21) , dont le sourire nous dit combien l'attention des "enfants de la DFL" est importante et nous encourage tous à poursuivre la transmission de mémoire de nos Anciens.

    Un grand bravo et un grand merci à Pascal, et nous embrassons Jacques affectueusement.

    ANNUAIRE DFL à télécharger sur  la page suivante

     

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    Pierre Le Goffic, Ordre de la Libération

     

    Le Télégramme

    Perros-Guirec Cérémonie. Hommage à Pierre Le Goffic

    Publié le 24 septembre 2019

     

    En présence des membres de sa famille, les autorités civiles et militaires ont honoré la mémoire de Pierre Le Goffic

    Dimanche matin, les autorités civiles et militaires et la famille de Pierre Le Goffic étaient réunis pour une cérémonie d’hommage à sa mémoire.

     

    Le Télégramme

    Pierre Le Goffic est né le 2 janvier 1912. Fils de marin, très jeune, il s’engage dans la marine et choisi la spécialité de fusiliers marins.

    Dès ces premiers pas à l’école de Lorient, le second maître s’illustre. Quand les Allemands pénètrent dans Lorient, il embarque sur un canot à la tête d’un groupe de matelots (ses élèves) emportant la fourragère rouge de la Légion d'honneur, les décorations fixées sur le drapeau que le maréchal Foch avait remis à l’unité en 1918. Sur leur route, ils rencontrent un cargo qui les emmène en Angleterre et rejoint ainsi la France Libre.

    Quelques jours plus tard en juillet 1940, il est un des premiers à se présenter à Portsmouth au lieutenant de vaisseau Detroyat et devient un des piliers du bataillon fusiliers marins de la France Libre. C’est à ce pionnier des premiers jours que reviendra devant la tombe d’Amyot D’inville à Viterbo-Montefiasconte de faire l’appel aux morts du bataillon.

    A l’issue de la campagne d’Italie, il est fait compagnon de la libération et promu officier.

    Pierre Le Goffic décède le 20 août 1944 près du village de la Crau d’une balle en plein cœur sur son char léger, tourelle ouverte, alors qu’il commandait un peloton de chars en soutien de l'escadron.

     

    Biographie de Pierre Le Goffic 


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    Marc Monkowiki est né en 1926 à Paris et décédé en 2010

    Ancien élève de l’Ecole nationale des beaux-Arts de Paris et de Nancy, Marc a rejoint les Forces Françaises Libres, en Afrique du Nord en 1943, après avoir franchi les Pyrénées et avoir été incarcéré en Espagne.

    Il s’est engagé au Bataillon de Marche n°11 de la première Division Française Libre. Il a fait la campagne d’Italie et le Monte Cassino. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France, jusqu’en Alsace.

    Après la guerre, il exerce tous les métiers, tout en ne cessant pas de peindre, et décide en 1972, de se consacrer uniquement à la peinture.

    Peintre Officiel de la Marine : 1981 - Peintre Officiel de l’Armée : 1994

    Distingué par de nombreux prix en France et à l’étranger

    Chevalier de la Légion d’honneur

    Officier de l’ordre National du Mérite

     

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    LES FUSILIERS MARINS vus PAR UN "MARSOUIN" ou  L'HOMMAGE D'UN "BIFFIN" AUX FUSILIERS MARINS (illustrations de l'auteur) - Paru en 1994 dans Bir Hakim l'Authion

    Italie, Juin 44.

    En bordure de la route de Montefiascone, en Italie, marche d'approche harassante sous un soleil implacable.

    Encore une explosion, sur la droite un geyser de gravats et de fumées retombe sur une "jeep" soulevée de terre, vite estompée par l'opacité de la poussière. Encore quelques pas, des silhouettes s'agitent, courent, des éclats de voix me parviennent : "C'est le commandant... c'est l'Astuce (surnom d'AMYOT D’INVILLE)...".

     

    * Marc MONKOWICKI (1926-2010), ancien du BM XI, peintre de marine rend hommage aux Fusiliers-marins

     

    Ainsi, le hasard me fait assister à la fin tragique d'Amyot d'Inville, "Pacha" du 1er Régiment de Fusiliers Marins, unité de reconnaissance prestigieuse de la 1ère Division Française Libre.

    Au cours d'un déjeuner récent, auquel j'ai eu le privilège d'être invité en présence du Commandant de Cofusma (Commandement des Fusiliers Marins) et du Commandant de l'Ecole des Fusiliers Marins, ce dernier ne s'est pas douté de l'émotion qu'il m'a procurée en annonçant à la tablée avoir donné pour nom à son chien, le même patronyme qu'Amyot d'Inville employait pour le sien.

    Cette attention ancre, s'il fallait le prouver, le lien existant entre le 1er RFM et l'Ecole des Fusiliers Marins, détentrice du glorieux drapeau de ce Régiment. Il ne m'en fallait pas plus pour déduire que le temps n'a pas prise sur les générations de soldats.

    Avant de continuer, je crois utile d'expliquer l'attirance, voire l'affection que je porte aux Fusiliers Marins.

    Après un séjour forcé dans les geôles espagnoles, un des passages obligés pour apporter sa contribution à ceux qui ont su maintenir l'honneur depuis juin 40, mon engagement au 2ème Régiment de Parachutistes à Manchester a été contrecarré par les remous du conflit Giraud-de Gaulle qui secouaient ave passion l'Afrique du Nord de cette époque.

     

     Espagne. Marc Monkowicki

     

    Par répercussion, je fus affecté pour mes 17 ans à la 6ème Compagnie du BM XI (Bataillon de marche n° 11) de la 1ère Division Française Libre, division au passé glorieux, qui avait pour singularité, entre autres, d'être composée de volontaires rassemblés sous le signe de la Croix de Lorraine.

    J'appris alors l'existence au sein de la Division d'un régiment de Fusiliers Marins en formation (1) à Bou Ficha puis près de Nabeul (2) où nous bivouaquions. Ayant pris contact avec les marins, avec lesquels je m'étais fait de nombreux amis, notamment au Sème Escadron, j'ai posé plusieurs demandes de mutation restées sans effet.

    Quelques mois plus tard, les combats meurtriers des lignes Gustav et Hitler en Italie ont été suffisamment absorbants pour me faire une raison et m'intégrer au cadre qui était dorénavant le mien ; par contre, j'appréciais l'apport moral et pratique dispensé par ceux que j'avais espéré rejoindre et auxquels je dois d'être sorti plusieurs fois d'un mauvais pas.

    J'en reviens à mon sujet.

    Pour nous, qui nous confondions avec la terre, l'apparition des blindés légers, piquetés de pompons rouges, était le plus souvent synonyme d'offensive et, de fait, nous étions vite plongés dans le vacarme des armes mêlé aux rugissements des moteurs emballés. C'est dans le fracas des explosions, environnés de fumées d'où émergeaient d'élégantes arabesques de traceuses que nous nous sentions (en ce qui me concerne) le plus confiant et ragaillardis pour un nouveau bond en avant.

     

    Jusqu'à flanc de coteau, malgré un barrage d'artillerie, les ordres et les imprécations tonitruantes de l'E.V. MILLET juché hors de la tourelle, nous parviennent distinctement, haranguant et entraînant comme un beau diable le peloton, droit devant. Il ne saura jamais combien sa voix était réconfortante.

    Une fois, étant à court d'eau, ce qui était fréquent, l'équipage d'un tank destroyer est arrivé à point pour remplir nos gourdes d'un délicieux vin blanc de Frascati, encore tout frais et pétillant !

    Sous l'effet conjugué de la chaleur et de la fatigue, il ne m'a pas fallu longtemps pour en ressentir les effets ; si bien qu'étant occupé aux opérations de pointage d'un mortier de 60, je sentis inconsciemment à quelques mètres sur le côté une présence se profiler et avant même de réaliser le danger et pouvoir esquisser un geste, l'Allemand vidait son chargeur de MP 40 en ma direction.

    Malgré le vacarme, j'enregistrais simultanément le tintement clair des impacts sur l'affût du mortier et les détails de la face blême de mon agresseur ; au même instant, un violent coup porté à la tête illuminait l'engourdissement dans lequel j'étais plongé. Je crus pendant ces fractions de seconde qu'il n'était pas si désagréable de passer de vie à trépas. Puis, en images saccadées, j'ai vu les braves Fusiliers Marins riposter de leur char et abattre le téméraire adversaire qui tentait de s'enfuir. Je m'en tirais tout de même avec une imposante ecchymose sur le front, une balle ayant endommagé et fait pivoter le casque sur le côté.

     

    Il y eut aussi cette montée sur le sol argileux, dans la semi-pénombre du petit matin, l'apparition d'un scout-car achevant de brûler : les pneus léchés de flammèches et le métal chauffé à blanc dégageaient une odeur âcre et nauséabonde devenue hélas familière. A l'intérieur, la forme d'un corps affalé sur le volant, attisée par les souffles d'air printanier, se consumait lentement.

    Des toiles de tente servent de linceul collectif aux équipages de chars, dont seules les chaussures identiques aux nôtres, émergent alignées comme pour une parade. C'était encore des Fusiliers Marins après l'attaque du 13 mal.

    Alentour  de MONTEFIASCONE, peu après la disparition d'Amyot d'Inville, la vision au débouché d'un cheminement : un tank destroyer déchenillé avec un trou dans la tourelle, des hommes en treillis vert en jaillissent, le visage noirci, les mains levées par la douleur des brûlures, se dirigent vers nous, ils sont pris pour cible par nos tirailleurs...

    Les anciens qui lisent "Le Lien" n'ont probablement pas oublié les cantonnements anglais de Calabre où nous étions regroupés pour le débarquement : c'était un vaste terrain désertique, plat et cahoteux, cuit par le soleil, ressemblant davantage à la Tripolitaine qu'à l'Europe. Après les combats, il était courant de s'enquérir sur le sort des camarades des bataillons voisins. C'est en m'engageant au bivouac des Fusiliers Marins que je fus témoin d'un accident regrettable : le chuintement caractéristique d'une balle contrariée, perçu par tout le camp, m'accueillit ; puis, quelques minutes plus tard, je croisais, porté par deux camarades un matelot blafard se vidant de son sang. La balle oubliée dans le canon de la carabine qu'il nettoyait lui a été fatale ; incident navrant survenu deux semaines avant le débarquement tant espéré.

    Et puis, à TARENTE  où la population nous était franchement hostile, cette marche vengeresse et spontanée, après l'assassinat de 4 Fusiliers Marins, stoppée in extremis à l'entrée de la ville par notre Général BROSSET qui avait, comme nous tous, un faible pour nos "Sakhos". Sa seule présence et sa détermination ont évité des drames aux conséquences désastreuses (constatation non perçue sur le moment).

    Cavalaire, jour J+1.  Encore trempés après notre passage sur un LCI, nous avons savouré notre première nuit en France couchés dans un champ de vigne (j'ai appris par la suite qu'il était miné).

    Tôt le matin, regroupement pour notre première "promenade allégée" munis d'armes individuelles, nos sacs sont restés sur le bateau avec le gros du matériel ; c'est alors qu'apparaissent comme pour nous narguer de fringants officiers de marine juchés sur de magnifiques chevaux, caracolant le long de notre colonne pédestre, la remontant et descendant au galop avec force gestes amicaux. Ah ces marins ! Mais attention, les nôtre seulement !

    Massif des MAURES, La CRAU, HYERES, La VALETTE, La GARDE... pris à parti par les 88 (3)  les obus visant les véhicules miaulent et rugissent affreusement à hauteur d'homme.

    Croisons des scouts cars immobilisés.

    Sous le soleil d'août, avance par saccades, sur les bas-côtés de la route, une colonne de half track4 nous dépasse. L'un d'eux s'arrête à notre hauteur et les marins nous distribuent, plaisir suprême, des canettes de bière anglaise chaudes mais délicieuses.

     

    L'entrée dans Lyon.  Marc Monkowicki

     

    A l'orée des Vosges, automne lumineux ponctué de brouillards matinaux avant les pluies persistantes ; au moulin de LOMONTOT, du haut de la tourelle d'un tank destroyer, un OM (5) harangue dans leur langue avec un haut-parleur, les Allemands disséminés et cachés dans les fourrés.

    Comme rien ne bouge, il arrose à la 12,7, faisant jaillir quelques vert de gris hébétés, aussitôt fait prisonniers sans ménagement par nos tirailleurs sénégalais.

    Pour conclure. Ils, nos Fusiliers Marins du 1er RFM, ont été à la pointe de tous les combats, rien ne semblait arrêter leurs véhicules, ni les terrains jugés impraticables, ni la boue et la neige des Vosges, ni la glace et le blizzard d'Alsace, ni les pistes juchées à plus de 2000 mètres comme ce fut le cas dans les contreforts des Alpes, témoins des tout derniers et meurtriers combats. Combats qui ont fixé la 1 ère DFL dans ce secteur, la frustrant de son entrée en Allemagne et qui plus est, ont coûté fort cher pour beaucoup de rescapés de Bir-Hakeim.

    Le "Biffin" intimement lié à ces campagnes salue en ces lignes ses camarades "Sakhos" avec lesquels il a partagé maintes fois les peines, l'adversité, parfois les joies, sur un fond d'idéal commun.

    Qu'ils veuillent bien accepter l'hommage à leur bravoure.

    Quarante ans après à Lorient, j'ai eu la surprise et le plaisir de retrouver chez les Fusiliers Marins le même esprit, les mêmes gens et, lorsque maintenant je franchis l'enceinte de l'école, un dédoublement se produit, le temps est aboli, je suis avec mes camarades...

    MONKOWICKI Peintre des Armées - Section Marine.

    Les rapports qui sont évidents pour nous étalent à l'origine adressés aux jeunes FM qui sont notre relève.

    1.            Par formation, j'entends familiarisation avec le nouveau matériel américain en remplacement de l'équipement anglais dont la Division était dotée au sein de la ème Armée Britannique.

    2.            Bou Ficha et Nabeul situés au Cap Bon en Tunisie.

    3.            83 : canon à tout faire, redoutable.

    4.            Half track : véhicule blindé demi-chenille.

    5.            Officier marinier.

     

    * Marc MONKOWICKI (1929-2010), ancien du BM XI, peintre de marine rend hommage aux Fusiliers-marins

    le telegramme.fr

    * Marc Monckowiki


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    Délégation Var de la Fondation de la France Libre 

    Marie Hélène Châtel
    Fondation de la France Libre
    Déléguée thématique « Mémoire de la 1èreDivision Française Libre»
    tel: 06 22 71 68 35 marie-helene.chatel@wanadoo.fr


    "La“Mémoire de la 1ère D.F.L.’ sous l’égide de la Fondation de la France Libre, organise un ‘pèlerinage Vosges-Alsace’, du 14 au 17 novembre 2019. 

    Veuillez trouver en attaché le programme, accompagné des modalités d’inscription au plus tard le 20 octobre 2019.

    Vous serait il possible de faire part de ce voyage aux membres de vos délégations, soit par mail soit par courrier afin que nous soyons nombreux à vivre ce 75ème anniversaire ?

    Restant à votre disposition et en vous remerciant chaleureusement,

    Amicalement

     

    Marie Hélène Châtel

    déléguée “Mémoire de la 1ère D.F.L.”

    Programme 

    Bulletin d'inscription


    [Photo  : collection Délégation Var de la Fondation de la France Libre du 75ème Anniversaire de la Libération du Débarquement et de la Libération de la Provence avec la Délégation mémoire de la 1ère DFL de la Fondation de la France Libre ]


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