• * Page souvenir - Noël BERRIOT -  Ancien du B.M.5 - 1ère DFL

      

    Noël BERRIOT

     

    * Page souvenir - Noël BERRIOT -  Ancien du B.M.5 - 1ère DFL

    Noël Berriot en 1941

     

    Né le 22 décembre 1923, Noël BERRIOT fait partie des FFI à partir de mai 1944. En octobre 1944, à 20 ans, il entre dans la 1ère DFL comme Engagé Volontaire en temps de guerre. Il est affecté à la Compagnie Lourde d'Accompagnement du BM 5, spécialité antichars.

    Noël BERRIOT est décédé le 1er septembre 2018.

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    Pour rendre hommage à son grand-oncle ancien du B.M.5, Mme Christine Moutte, sa petite-nièce, a rassemblé en un livret les mémoires de Noël Berriott sur la 1ère DFL dans lesquelles il témoigne sur son vécu dans les combats dans l'Illwald.
     
    "j'avais tenu à retranscrire ses mémoires en respectant cette manière simple et personnelle de raconter".
                                                                          Christine Moutte

     

     

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    Copie de la couverture du livret

     

    Fin janvier 1945 : la Bataille pour Colmar

    Sélestat / Bas-Rhin (67)

    On reste en cantonnement quelques jours à la sortie de Sélestat, on loge dans une maison, on attend. Et puis vient un ordre un soir : on doit dormir avec le sac sur le dos, couverture roulée, on doit être prêts à partir, on attend le rush. On dort avec le sac sur le dos, le sac sert d'oreiller. On ne sait rien, y'a que le sergent qui sait. Dans la nuit, on nous réveille, "Allez debout les gars, on y va". Là, y'a plus un mot, on se lève, on est prêts, on démarre. On sait que tout le monde ne redescendra pas, on nous l'a déjà dit.

    Passage du canal

    Attaque

    Lors de l'attaque sur Colmar, on devait passer l'Ill -c'est une rivière qui est plus ou moins parallèle au Rhin côté français. Mais avant, il fallait passer un canal. Les Boches ne pouvaient pas faire sauter les écluses du canal car ça aurait tout noyé et eux, ils devaient garder la possibilité de se barrer.

    On utilisait le camion anti-char toujours après les attaques, en cas de contre-attaque. Donc là, on ne prend pas notre camion anti-char, mais des mitrailleuses lourdes. Quand on a des pièces lourdes avec nous -mitrailleuses, caissons de cartouches- on les emmène en jeep aussi loin que possible près du front. Tout est monté dans les jeeps. Nous, on suit à pied avec tout notre barda sur le dos. Tout à coup, les jeeps s'arrêtent, elles ne peuvent pas aller plus loin et on nous dit : "ça y est les gars, on vous lâche là, alors salut les gars, faites attention hein! les gars".

    On est chargés avec tout notre fourbi sur le dos, il y a de la glace partout, ça glisse pour traverser sur les passerelles des écluses. Les gars chargés du déminage nous tiennent pour qu'on ne tombe pas dans l'eau glacée du canal, on est obligés de se cramponner.

    "Allez Berriot fais gaffe" je me dis. J'ai ma cartouchière pleine, 80 cartouches, j'ai 6 grenades, 3 de chaque côté dans mes bretelles, et je porte aussi la culasse de la 12,7 en plus de mon sac, ma couverture, mon fusil et tout, j'étais chargé comme une bourrique.

    Et là, on passe l'un après l'autre. C'est tout un bataillon qui marche, tout un bataillon, mais t'entends pas un bruit, t'entends rien, pas un bruit.

    On marche un peu, on tombe sur une petite route, et là, ça commence à flinguer. On est au contact. "Couchez-vous, bon Dieu! Couchez-vous!" Le capitaine était debout sur la route. "PORTMANN, couchez vous!" PORTMANN, il se couche pas, il reste debout comme le capitaine. "PORTMANN, couchez vous ou je vous botte le cul!". J'étais avec Mimile et un autre gars blessé. J'étais à l'abri d'un buisson à monter la mitrailleuse, et là, il nous tombe un obus, BAOUM !, et PORTMANN était encore débout ; je le regarde : "Oh la vache, il a rien eu!". Le sergent-chef Roger MORIN est blessé : un éclat dans le ventre. Le grand PORTMANN reste avec lui pour s'en occuper. MORIN, soigné, nous rejoindra plus tard à Menton, il avait eu tout le ventre ouvert, il m'a dit qu'ils lui avaient tout sorti du ventre avant de refermer.

    SOUILLAT et moi, on continue, les autres suivent. On fait environ 1 km, on traverse des clairières en courant, mais on ne court pas vite, on est fort chargés.

    Je vois un ancien qui semble danser en se marrant, je regarde mieux, il envoyait du sang à 3 mètres, il avait apparemment une artère coupée à la jambe, il faisait des ronds, il tournait sur lui-même, ça m'étonnerait qu'il s'en soit sorti.

    Il y avait un petit pont pas très haut pour passer un chemin en zone inondée, c'était bourré de morts et de blessés, y'avait du sang partout. Et d'autres qui n'étaient pas blessés que t'arrivais pas à faire sortir, tellement ils avaient peur !

    C'était terrible. Certains avaient bu de la goutte avant de partir pour se donner du courage.

    On continue à avancer. Tant qu'on n'a pas percé, on s'en prend plein la gueule, les Allemands nous attendaient. Il faut passer, faut passer, y'a rien à faire ; entre les bois, on court. Mais on ne peut pas courir beaucoup, on est tellement chargés! et dans la neige, on n'avance pas!

    Bien sûr, y'en a beaucoup qui avaient vraiment peur, morts de trouille, mais finalement, faut arriver à maîtriser la peur, et puis c'est tout. On était là pour ça, moi je n'avais pas peur. C'est pour ça que le capitaine il me considérait, il disait que BERRIOT, c'était quelqu'un.

    Les Allemands ont contre-attaqué avec des troupes qui descendaient de Norvège et qui étaient super équipées, tout habillées en blanc et tout. Alors que nous, on n'avait même pas de snow boots. C'est surtout un autre Bataillon de Marche qui a encaissé, ils ont fini tous prisonniers ou tués, ils ont résisté jusqu'au bout. Et pour les prisonniers, il parait que les Boches ont fait une haie d'honneur de chaque côté et leur ont présenté les armes, pour les honorer car ils avaient bien résisté.

    Quand on a fait cette attaque là, on voyait que des points noirs dans la neige : c’était tous les obus qu'on avait pris. Et que des points rouges : c’était tous ceux qui étaient blessés ou morts. 


    Passage de l'Ill

    Attaque de la forêt de l'Illwald

    On passe la rivière de l'Ill sur des canots pneumatiques qui permettent de faire passer deux personnes. Un canot avait déjà été crevé par les éclats d'obus. Je passe avec un copain sur un autre pneumatique, on nous tirait de la rive opposée avec une corde. Et là, ça se met à canarder. J'arrive en haut du talus de l'autre côté de la rivière. Tellement ça claque de partout, je m'abrite derrière un cadavre pour me protéger. On avance un peu. On arrive dans le bois de l'Illwald, une forêt de 8 kms sur 7. On doit faire une percée. Les obus qui s'abattent sont des obus fusants, ils éclatent dès qu'ils touchent une branche, donc ça éclate dès que ça touche les têtes d'arbres et ça sulfate tous ceux qui sont en dessous.

    J'essaye de dégeler ma mitrailleuse, elle est démontée, j'aurais bien voulu avoir une boite de ration à allumer et faire du feu pour faire fondre la glace de la mitrailleuse, je suis à quatre pattes dans la neige, je ne fais plus attention aux explosions, je ne fais plus attention à rien d'autre, je ne tremble pas, je me dis que si j'arrive à la faire péter, elle va réussir à se réchauffer. Mon copain Lucien SOUILLAT de la Côte d'Or me dit "Oh Berriot, je reste pas à côté de toi, tu vas te faire tuer". Il s'éloigne pour se mettre derrière un arbre, il prend un éclat dans le dos. Un autre à côté de moi - un jeune de 19 ans de Bucy-les-Pierrepont - il se retrouve avec la cuisse ouverte. Le capitaine braille : "Tirez bon Dieu Berriot, tirez!". Je hurle : "Elle est gelée, bon sang, donnez-moi autre chose!". Il n'a plus rien dit.

    Il me crie : "Occupe-toi de Souillat qui est blessé" SOUILLAT est tombé à plat ventre, on lui coupe ses habits jusqu'à la peau, tout ce qu'il a sur le dos : de la capote jusqu'au maillot de corps pour ouvrir tout en 4 pour mettre le premier pansement dans le dos. Le jeune de 19 ans blessé par un éclat dans la cuisse est au pied d'un arbre et appelle sa mère en pleurant, je lui dis "ça va, arrête, je suis là". On lui a découpé son pantalon jusqu'en haut de la jambe pour le soigner, il avait les panards à l'air, et il geignait : "Mon pantalon, mon pantalon". Il a été évacué lui aussi.

    Alors, j'avais ma mitrailleuse 12,7 gelée qui ne voulait pas tirer. Mais même si ma mitrailleuse n'avait pas été gelée, je n'aurais pas pu tirer, sinon j'aurais tué nos gars. Parce qu'il y avait tous les gars qui se trainaient l'un et l'autre, ils étaient tous blessés et ils redescendaient du front et ils me passaient devant en traversant la forêt. J'en vois un qui était de Sissonne, tout le côté droit de son visage était comme râpé, comme s'il avait été traîné sur la route, sûrement qu'il avait eu une mine qui lui avait éclaté à la figure, et avec la terre, il avait tout le côté du visage perlé et il tenait dans ses mains sa carabine cassée en 2 -ça a dû lui passer tout près à lui aussi!- et il me dit "Allez Berriot, toi tu restes là, moi je vais être évacué".

    On prend des abris que les Boches avaient fait faire par les civils alsaciens. La forêt avait été abattue et ils avaient mis des perches pour soutenir de la terre, tout était rempli de terre et c'était construit en pointe, et les Boches étaient retranchés derrière. Alors au départ de l'attaque, on en prend plein la gueule.

    On se retrouve avec 2 mitrailleuses en action, donc 2 fois 7 personnes. Mais pour la
    3ème mitrailleuse, il nous faut 7 autres gars, sauf qu'on n'a plus personne à mettre pour tirer... Alors on est obligés de laisser la mitrailleuse.

    Un Boche muni d'un fusil à lunette est perché dans un arbre et descend tous ceux qui approchent. Un grand vigneron d'Epernay se met à essayer de le trouver dans la forêt et il réussit à voir où il est, le Boche essaye de se sauver en sautant de l'arbre, il se prend une rafale. L'arme à lunette lui a été prise et a été embarquée par les officiers car on n'en avait jamais vu de pareille.

    A la sortie du bois, on se retrouve en bordure de plaine, là, on y voit plus clair, on a fait reculer les Allemands, ça ne canarde plus. Je n'arrête pas de marcher à la lisière du bois. Les autres se sont mis dans un abri en lisière et ne bougent plus tellement ils ont eu peur, certains sont terrifiés. On est restés six  jours dans cette forêt de l'Illwald. Les Allemands se sont retranchés dans un bois en face. Impossible de traverser la plaine sans se faire dérouiller aussitôt. Les Allemands nous guettent de l'autre côté.

    Un char essaie de passer sur un pont à moitié sauté, le pont résiste, le char passe. Il est demandé à l'artillerie de pilonner la position des Allemands, tout ça pour faire du bruit et pour permettre aux chars de traverser la plaine sans que les Allemands entendent les moteurs. C'est ainsi que les chars ont réussi à tomber sur le dos des Allemands et ils ont découvert un arsenal pas possible : que des canons en face, on n'aurait pas pu passer!

    Un soir, il fait nuit noire, mais il ne fait pas noir/noir puisqu'il y a de la neige partout, je suis de garde et j'entends : "Tirez pas, tirez pas". J'attends que ça sorte du noir et je vois un gars qui débouche. Il venait chercher un lieutenant qui avait été tué. Alors voilà : le lieutenant on venait le chercher le soir, mais mes petits copains, il neigeait, ils sont restés cinq jours par terre! ça m'a dégouté.

    Pour nos gars à nous, les morts avaient gelé tels qu'ils étaient tombés, dans n'importe quelle position. Ils étaient chargés sur les jeeps comme des bottes de paille, tous entassés pêle-mêle, puis chargés dans un camion avant d'être emmenés à l'abri dans les églises pour qu'ils puissent dégeler et qu'on puisse les mettre dans les cercueils.

    Dans les contre-attaques de nuit, nos lignes sont enfoncées et les gars attaqués s'éparpillent un peu partout. Et après la contre-attaque, les gars s'appellent dans la nuit noire, on entend des braillements dans l'obscurité. Parce que les gars qui ont été éparpillés ont peur que nous, on leur tire dessus, car s'ils s'approchent d'un poste, on a ordre de tirer sans sommation. Après les contre-attaques de nuit, les infirmiers qui venaient chercher les blessés, criaient "Tirez pas! Tirez pas!", ils avaient peur qu'on tire.

    On reste six jours là, en bordure de la forêt de l'Illwald, le froid est terrible, moins 25 degrés, on dort dehors, on ne peut pas faire de feu ; si tu fais du feu, tu te fais bombarder. On se coupait des petits morceaux de boeuf gelé qu'on réussissait à faire dégeler un peu et on les mangeait crus. On touchait des rations mais on n'avait pas de feu, on a mangé des spaghettis à la glace, les spaghettis étaient déjà cuits mais on n'arrivait pas à planter la fourchette dedans!

    On dormait dehors avec une couverture pour nous couvrir, elle ne nous tenait pas fort chaud .... on a eu quand même plus de 500 pieds gelés dans notre division! Mais certains ne se déchaussaient pas. Nous, on se déchaussait. Il fallait se déchausser pour que le pied ne soit pas tout le temps serré : le pied est un peu libre, il se réchauffe un peu. Malgré la neige, on se déchaussait pour dormir. On se disait "On arrivera bien à remettre nos godasses". Les godasses, c'étaient des buvards, en plus du froid, les pieds restaient au frais. C'est le sergent GREBECQUE (ou VERBEQUE) qui nous avait dit de nous déchausser.

    On faisait des abris avec des perches et des branches pour dormir ; une nuit, il neige tellement que tout cède sous le poids de la neige, on se retrouve engloutis dans la neige. On était crevés, vraiment crevés, on n'en pouvait plus.

    Si on avait été équipés comme les Américains, il n'y aurait pas eu de pieds gelés. On avait des godasses en cuir et on avait les pieds trempés dedans, les chaussures se transformaient en buvard. J'étais avec le grand lorrain PORTMANN, et avec CHAUVIN ; une fois, je dis "Tu sais Mimille, mon pied, je le sens plus trop". Il me répond "Allez déchausse toi!" Ils font des boules de neige et ils me frottent et frottent mon pied avec la neige, CHAUVIN avait de l'alcool à 90 degrés, il m'en a mis dessus. Et je me suis rechaussé. Et je n'ai pas été évacué. Vers la fin, on nous a quand même équipés avec des snow boots.

    Alors là, avec les snow boots, on était les rois! On n'avait plus froid aux pieds, on mettait les snow boots par dessus nos chaussures, ça nous faisait des sacrés tatanes!

    La capote pesait lourd, pas besoin de porte-manteau, elle tenait debout toute seule. On dort serrés dans les abris, on dort à cinq de front, ça fait à peu près la largeur d'une couverture, alors on peut mettre cinq couvertures l'une sur l'autre, les autres aimaient bien se mettre à côté de moi parce que je tenais chaud.

    L'attaque terminée, on nous amène notre camion anti-char, au cas où les Allemands fassent une contre-attaque avec des chars. Notre camion traverse deux cours d'eau grâce à des passerelles spéciales. Quand il a fallu repartir, on ne pouvait plus passer, les passerelles avaient été retirées, on était bloqués entre deux cours d'eau. Alors je dis aux copains "Maintenant, si on est attaqués, il va falloir se barrer à la nage!". Heureusement, les passerelles ont été ramenées, on a pu partir.

    Sur l'Alsace, ça a été une grosse bataille, avec de très grosses pertes dans la 1ère Armée. Nous, on a perdu du monde, mais on est passés. La ville de Colmar a été libérée.

    On part pour Marckolsheim avec le camion anti-char. A la sortie de Colmar, il y a des cadavres de Boches dans tous les sens, plein, plein... les gars n'étaient pas ramassés.

    A Marckolsheim, au sud de Sélestat, le pont sur le Rhin qui relie la France à l'Allemagne avait sauté. Marckolsheim vient d'être libéré, on arrive sur les bords du Rhin. A Marckolsheim, une grand-mère sort de chez elle. Il y a un petiot gars qui dort sur notre canon et la grand-mère se met à pleurer en nous voyant, nous les gamins, dans cet état. Ah c'était terrible, ah la vache ! on en avait chié quand même !

    Moi ça allait, je suis allé à la chasse aux lapins et aux faisans. Avec PORTMANN, on a aussi pêché à la grenade dans la rivière ; on jetait la grenade, c'est long à péter, et ensuite on récupérait plus loin les poissons le ventre en l'air. On était logés chez la grand-mère, on épluchait les légumes et elle faisait la popote. On dormait dans une chambre, on ne montait plus la garde. On était drôlement affaiblis. Il fallait la regonfler un peu la division !

     

    * Page souvenir - Noël BERRIOT -  Ancien du B.M.5 - 1ère DFL

     

    Noël BERRIOT est décoré de :

    - la Croix du Combattant
    - la Croix du Combattant Volontaire de la guerre 1939/1945
    - la médaille de la Reconnaissance de la Nation avec barrette

     

     

    * Page souvenir - Noël BERRIOT -  Ancien du B.M.5 - 1ère DFL

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim    

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  • * Page souvenir - Pierre CECILLON - Ancien de la 1ère DFL

      

    Pierre CECILLON

    * Page souvenir - Pierre CECILLON - Ancien de la 1ère DFL

    il y a 8 ans, le 26/03/12, mon grand père nous quittait.

                                                                                              ( Jérémie Cecillon )

     

    HOMMAGE DE SON PETIT-FILS JÉRÉMIE

    Comme beaucoup de jeunes de son age à cette année 1944, Pierre est intégré aux chantiers de jeunesse de Bourg en Bresse de février à juin 1944. Dès sa sortie, et malgré la réticence de sa famille, il brûle de rejoindre l’armée pour participer à la fin de la guerre.

    L’arrivée de la 1e Division Française Libre à Lyon en septembre 1944 sera l’occasion pour lui de rejoindre l’armée. Il a alors 20 ans.

    Il est intégré à la première compagnie du Bataillon de Marche n°24. Dès lors et sans aucune formation militaire, il participe avec son bataillon à la bataille de Vosges contre des troupes allemandes aguerries. Les escarmouches et les prises de villages se succèdent, les pertes sont lourdes, les hommes connaissent alors la pluie, la boue, la peur. Pierre n’est dans l’armée que depuis 2 mois. En décembre 1944 une courte pause leur est accordée en Gironde mais le Bataillon de Marche 24 est rappelé d’urgence en Alsace le jour de Noël pour faire face à la contre attaque allemande sur Strasbourg.

    Après la pluie et la boue des Vosges, ce sera la neige et le froid polaire de l’Alsace de cet hiver 1944-1945.

    Stationné à Obenheim, le Bataillon à pour mission de défendre sa position sans reculer. C’est avec son groupe de combat, aux abords du canal du Rhône au Rhin, que Pierre est l’un des premiers à prendre contact avec les troupes allemandes et leurs terribles chars Tigre.

    * Page souvenir - Pierre CECILLON - Ancien de la 1ère DFL

    La mairie d'Obenheim après les combats

    La bataille d'Obenheim - Historique 

    Rapidement encerclés, la nourriture et les munitions viennent à manquer. Pierre et ses camarades n’ont que leurs fusils à opposer aux chars, mais ils résistent ! Ils résistent plusieurs jours, quand les munitions sont épuisées, le combat continue à la baïonnette dans chaque maison de village. Finalement écrasé sous le nombre, Pierre, comme les autres survivants du bataillon, est fait prisonnier jusqu’à la fin de la Guerre.

    Pour ces faits d’armes, son abnégation au combat, et l’exemple qu’il suscita chez ses camarades, Pierre recevra la croix de Guerre et la médaille militaire.

    Cette volonté de ne jamais abandonner, d’aller jusqu’au bout de ce qu’il entreprenait l’anima non seulement durant tout le temps qu’il passa sous les drapeaux, mais également pour tout le restant de sa vie.


      ( Jérémie Cecillon )


    Biographie militaire de Pierre Cecillon

    Documents 1ERE DFL

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    Pour lire l’intégralité du texte de Jérémy Cecillon,

    veuillez cliquer sur le lien

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    * Page souvenir - Pierre CECILLON - Ancien de la 1ère DFL

     

    * Page souvenir - Pierre CECILLON - Ancien de la 1ère DFL

    *  22 Avril 1924 

    26 mars 2012

     

     Fondation B.m.24 Obenheim   

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    * Page souvenir - Hommage à  Benjamin Josset - Force Française Libre

     

    Benjamin Josset 

    * Page souvenir - Hommage à  Benjamin Josset - Force Française Libre

     (Photo SMLH)

    Article du site "La société des membres de la Légion d'Honneur" 

    Né le 4 septembre 1924 en Syrie, dans le territoire français des Alaouites alors sous mandat français, Benjamin JOSSET rejoint l'Argentine avec ses parents.

    Ils habitent la ville de San Miguel de Tucumán, au pied de la cordillère des Andes, là même où en 1816 les congressistes argentins ont proclamé l'indépendance des Provinces Unies de l'Amérique du Sud et l'éviction définitive de l'Espagne de ces régions.

    Ce 14 juin 1940, Benjamin Josset a 16 ans. Comme tous les soirs après les cours au collège technique, il effectue un crochet par le journal local « La Gaceta » qui affiche sur ses panneaux les dernières nouvelles du front européen. «Les troupes allemandes sont entrées dans Paris.»

    La petite foule est frappée de stupeur. Bercé dans la légende des personnages des poèmes épiques latino-américains et dans «l'idéal français», Benjamin est, lui, assommé, désespéré.

    Le 4 juillet 1940, il apprend qu'un « Comité de Gaulle pour la Libération de la France » a été créé à Buenos Aires. Il entre en contact avec ce comité et signe son engagement le 28 août 1940.

    En octobre, il rejoint Buenos Aires après avoir laissé un mot à ses parents :
    « Je pars pour libérer la France », il embarque clandestinement sur un navire britannique pour rallier les Forces françaises libres (FFL) en Angleterre. Les mers grouillent de sous-marins ennemis. Son périple le conduit vers les îles du Cap-Vert, les Bahamas, la Nouvelle-Ecosse, Terre-Neuve, les côtes islandaises.

    A son arrivée en Angleterre, en décembre 1940 le lieutenant Ratard, qui commande la 2e compagnie de chars, recherche des hommes pour armer son unité.

    Benjamin Josset se porte volontaire dans une langue bizarre mélangeant des mots de consonance espagnole et des mots de breton que le jeune volontaire, pensant apprendre le français, vient d'apprendre auprès de ses compagnons de chambrée tous bretons !

    Il est affecté aux transmissions car il avait acquis lorsqu'il était en Argentine une formation de radiotélégraphiste morse.

    Mais qu'importe le langage, avec son unité il rejoint l'Afrique puis intègre à sa création à Brazzaville la 2e Division Blindée du général Leclerc. Il est alors affecté comme radio-chargeur sur le « Friedland ». Avec ce char, il participe aux combats de Normandie et entre à Paris dans la soirée du 25 août 1944 après avoir subi une panne qui le retarde quelque peu au moment des combats pour libérer la capitale.

    Ce Paris occupé, ce mythe brisé, qui l'a arraché à la pampa. Paris dans lequel il pénètre enfin aux commandes de son char, par la Porte d'Italie, vers minuit.

    «C'était, dit-il, le bonheur du rêve accompli mêlé au désespoir d'avoir vu tant de camarades tombés durant la bataille de Normandie.
    Oui, il y avait beaucoup de monde dans les rues.
    Oui, les gens jetaient fleurs et baisers et le bourdon de Notre Dame annonçant à tous la libération résonne encore dans ma tête »

    Le 30 août, il est désigné pour prendre les fonctions de chef du char
    « Auerstredt ». Avec son engin, il participera à tous les engagements de la 2e compagnie dans les Vosges et en Alsace, notamment aux combats de Grussenheim, les 27 et 28 janvier 1945, où elle sera particulièrement éprouvée.

    * Page souvenir - Hommage à  Benjamin Josset - Force Française Libre

    (Photo SMLH)


    À la mi-avril, Leclerc obtient du commandement américain la participation de sa division aux opérations en Allemagne

    La 2e DB pénètre le 4 mai au soir dans Berchtesgaden. Le drapeau français est hissé sur la demeure favorite d'Hitler au Berghof. L'épopée de la 2e DB se termine dans ce lieu symbolique.


    La division, regroupée non loin de Dachau, découvre l'horreur des camps de concentration " Rien n'approche cette abomination. Il faut que le monde sache et n'oublie jamais. " et participe à l'aide aux déportés.
    Benjamin Josset sera démobilisé au cours de l'été 1945.

    Lorsqu'il évoque cette épopée, il éprouve des sentiments mêlés de liesse et de tristesse. Victoires et morts de ses compagnons d'armes. Dachau où il va retrouver des «hommes suppliciés et mourants qui râlaient "on a gagné, on a gagné».

    «La guerre c'est d'abord une odeur particulière: celle des chars et de la chair qui brûlent. On voudrait payer, expier l'honneur d'avoir survécu.»

    Et puis bien entendu, l'inoubliable souvenir de la libération de Paris. Basé sur le parvis de l'Hôtel de Ville, Benjamin Josset passe une semaine à sillonner les points chauds de la capitale, il est présent lorsque De Gaulle descend les Champs-Élysées.

    C'est là qu'il fait connaissance d'un homme en fauteuil roulant qui s'approche de son char.
    Quatre mois plus tard, aux portes de Strasbourg, Benjamin reçoit une longue lettre de cet homme qui aimerait le revoir et l'invite à Paris.

    Après la guerre, Benjamin se rend à son invitation, retrouve l'homme au fauteuil roulant et se fiance avec la fille de son hôte. Il repart alors en Argentine où il reste près d'un an avant de rejoindre définitivement la France et de l'épouser.

    Après la guerre, Benjamin JOSSET intègre l’Association des Anciens de la Division Leclerc au siège de laquelle il occupera longtemps des fonctions importantes comme bénévole. Il restera jusqu’à ses dernières heures un de nos membres au sein de l’Association des Anciens du 501e RCC bien que ne pouvant plus participer aux cérémonies et réunions. Jusqu’à son décès, il n’aura cessé d’incarner l'« Esprit Leclerc ».

    Monsieur Benjamin Josset a été nommé chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 24 novembre 1984 il a été promu Officier de la Légion d'Honneur par décret du 11 juillet 1997.

     

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    Benjamin JOSSET, FFL, ancien de la 2e compagnie de chars,
    est décédé le 14 août 2017. Benjamin repose à Villenauxe-la-Grande (10370).

     

    Fondation B.M.24 Obenheim      

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    * Donnez moi des nouvelles de la Fondation BM 24 Obenheim  Gérard Grandfond

     

    Lettre d'un fils de vétéran du BM 24
    aux enfants des combattants du BM 24

     

    * Lettre d'un fils de vétéran du BM 24 aux enfants des combattants du BM 24.

                                              Gérard Grandfond

    Je viens de passer à Obenheim et Kogenheim un merveilleux weekend parmi quelques vétérans, de moins en moins nombreux hélas, du fait de l’éloignement, de la maladie et des décès.

    J’ai fait mon premier voyage en Alsace pour y emmener mon père qui était le plus ancien vivant de l’unité en 1991 et j’ai été très ému en voyant ce dernier tomber dans les bras de « Moustique » Amédée Saulnier et de Lucien Papillon  qui étaient sous ses ordres pendant la guerre.

    J’ai assisté depuis aux assemblées générales, aux distributions des prix offerts aux enfants de l’école. Pour sauvegarder la légalité de la Fondation je suis devenu vérificateur aux comptes.. Ces comptes sont tenus par la très compétente et dévouée Brigitte Pefferkorn, une enfant d’Obenheim.

    * Lettre d'un fils de vétéran du BM 24 aux enfants des combattants du BM 24.

                                                    Brigitte

                                              *  22 juin 1950
                                           + 7 Novembre 2017

    Tout au long de ces années, j’ai trouvé auprès de nos anciens qualité de rapports rare, convivialité et amitié. Ils m’ont accepté parmi eux et après le décès de mon père m’ont considéré comme un des leurs. J’en suis honoré et les en remercie.

    Je les respecte et les admire car je sais leur sacrifice, je sais la souffrance dont certains portent encore les séquelles. Ils ont ravivé en moi le sens des mots « Honneur » et « Liberté », «  Courage » et « Patrie ». Exemple à suivre.

    Mais comme je l’ai écrit plus haut, leurs rangs s’éclaircissent et c’est là, si vous le pouvez que votre rôle peut commencer pour que l’avenir de la Fondation B.M. 24 reste serein. Plusieurs possibilités s’offrent à vous :

    -  Comment me direz vous ? Tout d’abord en adhérant à la Fondation (10 euros/an)

    -  Ensuite, si vous êtes courageux, venez à Obenheim. Pour ma part, je viens de Perpignan (1000 km) et je suis toujours étonné par la qualité de l’accueil dans cette belle région.

    -  Certains anciens viendraient, mais redoutent le trajet. Amenez-les avec vous. Il y a de très bons hôtels où l’on se sent chez soi et il y a aussi……la cuisine alsacienne.

    Pour cela, il vous faudra sacrifier un week-end et peut être prendre sur vos congés pour effectuer ce voyage, mais il faut au moins vivre ces rares instants, une fois. Moi, ça fait dix huit fois.

    Et quelle belle récompense de voir le sourire des anciens, de leurs épouses car elles sont là, elles aussi. Il est impressionnant le recueillement de ces soldats devant la stèle d’Obenheim et devant les tombes des camarades « Morts pour la France ». Mort pour nous en fait.

    Nous commémorerons, les 10 et 11 janvier 2010 le 65e anniversaire de la Bataille d’Obenheim. Il serait bon de donner à ces journées un  éclat particulier et quel bonheur ce serait de compter certains d’entre vous parmi nous.

    On parle beaucoup de la libération de Strasbourg, mais c’est le sacrifice du B.M.24, de cette poignée de héros qui ont permis que la capitale de l’Alsace soit libre et de hâter la fin de la guerre. Nous leur devons de marcher la tête haute.

    Vaincus, mais couverts de gloire, ils ont connu le Stalag. D’autres ont rougi le sol alsacien de leur sang et certains reposent à tout jamais en Alsace.

    Voilà pourquoi il faut que la Fondation B.M. 24 vive et perdure. Nous devons préparer aujourd’hui son avenir. Pour le 60e anniversaire, mes deux fils étaient là. Mon petit-fils n’a pu venir, sinon c’était trois générations qui étaient présentes.

    Votre adhésion ou votre visite seront les garants de la continuité de notre action où le maître-mot est « Mémoire ». Pour que jamais ne s’éteigne cette belle amitié et que jamais ne  tombe dans l’oubli ce haut fait de l’histoire  qui a été mis en vers par l’académicien Maurice Druon « Obenheim, nom à jamais illustre dans l’Histoire de l’Alsace». Honorons nos pères comme ils le méritent. Je vous salue enfant de Héros et vous donne rendez-vous à Obenheim.

     

    Grandfond Gérard, 

    fils de vétéran du B.M.24, vérificateur aux comptes de la Fondation B.M.24 - Obenheim


    Fondation B.M.24 Obenheim     

    * Lettre d'un fils de vétéran du BM 24 aux enfants des combattants du BM 24.

     

     

     

     

     

     

     


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    * Hommage à un Français Libre - Gustave Joseph Petrus Monier


    Gustave Joseph Petrus Monier

     

    Point de départ vers la France Libre : Moyen Orient

    Engagement dans la France Libre : Liban en juillet 1941

    Affectation principale : Terre DFL - Moyen Orient / genie

    Grade atteint pendant la guerre : lieutenant

    Ce qu'a su faire, pour la France, la 1ère Division française Libre, Ce qu'elle a su faire par le cœur, le corps, les armes, de ceux qui en étaient, Ce qu'elle a su faire avec ses Chefs, KOENIG, BROSSET, GARBAY, ses officiers et ses soldats, C'est un des plus beaux morceaux de notre grande Histoire, C'est un rocher que les vagues du temps ne pourront détruire jamais. C'est, pour toujours, un défi lancé à ceux qui doutent de la France.

    Charles De Gaulle - 27 février 1946


    * Hommage à un Français Libre - Gustave Joseph Petrus Monier

     

     

    * 3 aout 1918  à Ha-Tinh, Viet Nam

    +  3 juin 2009

     

    Souvenirs de Maurice Gilles sur la campagne d'italie

    Après un court voyage maritime, sans histoires, de Bône à Naples (sur le S/S Durban Castle) nous voilà à quai à Napoli... Nous y sommes le 21 avril 1944 à 17h00... Et il pleut très fort... Ce qui nous fait regretter notre beau soleil tunisien et les orangeraies merveilleuses d'Hammamet...
    J'appartiens à la 1" compagnie du Génie, sous les ordres du capitaine Riou et commande la 3e section (la 1ère section est commandée par le sous-lieutenant MONIER et la 2e par le sous-lieutenant Dufour)...
    À 21 h 00 ce 21.04.1944, notre compagnie se dirige vers Albanova et le reste de notre bataillon (1" bataillon du Génie) commandé par le chef de bataillon Tissier dans la région d'Aversa où se rassemblent les autres unités de la 1™ Division française libre sous les ordres de notre général Brosset... La 1ère DFL a un effectif global de 18 347 hommes à la veille des opérations que l'on devine proches.
    Peu à peu notre division s'intègre dans le dispositif du CEF déjà en place (2e DIM, 3e DIA, 4' DMM) sous les ordres du général Juin..."

     

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim     

    * Hommage à un Français Libre - Gustave Joseph Petrus Monier

     

     

     


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