• L’Ordre de la Libération a la grande tristesse de nous faire part de la disparition de monsieur Daniel CORDIER

     

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    Daniel Cordier, " l'avant-dernier Compagnon de la Libération", secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale, est mort à l'âge de 100 ans ce vendredi 20 novembre, à Cannes. Il est l'un des tout premiers Français à avoir rallié les Forces françaises libres en juin 1940. 

     

    * Décès de  Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération

    (Photo Franceinfo)

     

     * Décès de  Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération

    Elevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur
    par le président de la République le 18 juin 2018


    (Photo Ordre de la Libération) 


    "Daniel Cordier, le résistant, le secrétaire de Jean Moulin, s’en est allé. Quand la France était en péril, lui et ses compagnons prirent tous les risques pour que la France reste la France. Nous leur devons notre liberté et notre honneur.
    Nous lui rendrons un hommage national."

                                                             Emmanuel Macron

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    Né le 10 août 1920, le Bordelais Daniel Cordier est un jeune militant maurrassien et monarchiste qui est sur le point d'être incorporé dans l'armée lorsque le maréchal Pétain annonce l'armistice. Révolté par ce discours, il décide de rallier sur le champ les Forces françaises libres (FFL). Il embarque le 21 juin 1940 à Bayonne, direction Londres.


    "Je suis le fils de la guerre de 1914. Mon enfance, ce sont les monuments aux morts, les mutilés, etc. Alors, en 1940, quand la France a perdu la guerre qu'elle avait gagnée vingt ans plus tôt, ça a été pour moi insupportable."

                                                                                              Daniel Cordier

     

    Biographie
    Texte Ordre de la Libération

    Alias : BIP W - BX10 - Alain - Michel - Benjamin- Talleyrand - Toussaint - Charles Daguerre - Dandinier

    Daniel Bouyjou-Cordier est né le 10 août 1920 à Bordeaux (Gironde) dans une famille de négociants.

    Il fait ses études dans plusieurs collèges catholiques ; militant de l'Action française, il fonde à 17 ans à Bordeaux le Cercle Charles Maurras.

    Il n'a pas encore 20 ans et attend son incorporation prévue le 10 juillet, lorsque, près de Pau où réside sa famille, il entend l'annonce de demande d'armistice faite à la radio par le maréchal Pétain le 17 juin 1940.

    Révolté par ce discours, il décide de continuer la lutte, et rassemble 16 volontaires, parmi lesquels son ami Philippe Marmissolle-Daguerre, avec lesquels il embarque le 21 juin depuis Bayonne sur un navire belge, le Leopold II, pour l'Afrique du Nord. Dérouté vers l'Angleterre, il atteint Falmouth le 25 juin.

    Daniel Cordier s'engage avec ses camarades dans la "Légion de Gaulle" le 28 juin 1940. En transit pendant quelques jours à l'Olympia Hall, il y est affecté au Bataillon de Chasseurs alors en formation. Il arrive début juillet à Delville Camp, où il suit un entraînement jusqu'à la fin du mois. Le Bataillon de Chasseurs est ensuite installé à Camberley puis au camp d'Old Dean où Daniel Cordier poursuit sa formation militaire.

    Le Bataillon étant dissous, il est affecté à un peloton d'élève officier. Promu aspirant en août 1941, alors que le départ prévu pour le théâtre d'opérations africain ne se concrétise pas, il brûle de passer à l'action et obtient d'être affecté, à l'été 1941, au service "Action" du Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), c'est-à-dire les services secrets de la France libre à Londres.

    Pendant un an, il suit un entraînement spécial dans les écoles de l'Intelligence Service sur le sabotage, la radio, les atterrissages et parachutages. Daniel Cordier, sous le nom de code de Bip W, est parachuté en France près de Montluçon le 26 juillet 1942, comme radio et secrétaire de Georges Bidault, chef du Bureau d'Information et de Presse (BIP), agence de presse clandestine.

    A Lyon, le 1er août, il rencontre pour la première fois Rex, alias Jean Moulin, représentant du général de Gaulle et délégué du Comité national français, qui l'engage pour organiser son secrétariat à Lyon. Il met sur pied un état-major clandestin, sans moyen ni personnel - surtout au début - avant d'être assisté par Laure Diebold, puis par Hugues Limonti notamment.

    En mars 1943, Daniel Cordier organise et dirige à Paris, selon les directives de Jean Moulin, son secrétariat de zone nord.

    Après l'arrestation de ce dernier le 21 juin 1943 à Caluire, il poursuit sa mission en zone nord comme secrétaire de la Délégation générale en France auprès de Claude Bouchinet-Serreulles, successeur par intérim de Jean Moulin.

    A son poste jusqu'au 21 mars 1944, pourchassé par la Gestapo, il s'évade par les Pyrénées. Interné en Espagne, à Pampelune puis à Miranda, il est de retour en Angleterre fin mai 1944 et est nommé chef de la section des parachutages d'agents du BCRA.

    Intégré à la Direction générale des Etudes et Recherches (DGER) en octobre 1944, il dépouille, avec Vitia Hessel, les archives du BCRA pour permettre la rédaction, dont se charge Stéphane Hessel, du Livre blanc du BCRA.

    Chef de cabinet du colonel Passy, directeur de la DGER, il démissionne après le départ du général de Gaulle en janvier 1946.

    Après la guerre, Daniel Cordier désire consacrer sa vie à la peinture et commence une collection d'art contemporain.

    En 1956, il ouvre une galerie d'art à Paris et à New York jusqu'en 1964. En 1979, il est nommé membre de la commission d'achat du Centre Georges Pompidou auquel, en 1989, il fait don de sa collection dont une partie se trouve au Musée d'Art Moderne de Toulouse, "Les Abattoirs".

    Depuis le début des années 80, Daniel Cordier s'est fait historien pour défendre la mémoire de Jean Moulin ; abandonnant ses activités artistiques, il se consacre à des recherches historiques sur Jean Moulin dont il publie depuis 1983 une colossale biographie en six tomes.

    Daniel Cordier est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis septembre 2005. En octobre 2017, il est nommé chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération.


    • Grand Croix de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
    • Croix de Guerre 39/45
    • Membre de l'Ordre de l'Empire britannique

     

     

    * Décès de  Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération

     

     La Fondation B.M.24 Obenheim
    présente ses sincères condoléances à sa famille.

     

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim        

    * Décès de  Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération

     

     

     

     


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  • Le traditionnel "coup de canon" à Nice :

    son histoire et sa résonance dans la Libération

     

    * Le traditionnel "coup de canon" à Nice : son histoire et sa résonance dans la Libération

    (Crédit photo  Régions - Provence-Alpes-Côte d'Azur)

    (Photo internet)

    Certains d'entre vous auront été étonnés d'entendre le tir du canon à la fin de la cérémonie d'hommage aux victimes de l'attentat  qui se déroulait ce matin à Nice.
    En effet, un coup de canon tiré depuis la colline du château, résonne chaque midi dans les rues de Nice, sauf le 14 juillet (en mémoire des attentats de 2016). Ce retentissement provient d’une bombe de feu d’artifice, un marron d’air, tiré par un artificier. Ce 7 novembre 2020, il a retenti trois fois en hommage aux trois victimes tuées à la Basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice.
    L’origine de cette tradition n’est pas militaire, comme l’expliquait en 2018 l’artificier Philippe Arnello, qui est en charge de ce tir : « En 1862, l’Ecossais Sir Thomas Coventry mangeait chez lui avec ses officiers. Comme sa femme était souvent en retard, il utilisait ce coup de canon comme signal pour qu’elle lui fasse à manger, explique-t-il. Quand il est rentré chez lui dans son château d’Edimbourg, il a laissé une somme d’argent à la mairie de Nice pour que ce rituel perdure. C’est ensuite Malaussena qui a fait voter un arrêté municipal pour que cette tradition perdure ».
    Lorsque, le 7 mai 1945 l'armistice est signé à Reims, la 1ère DFL est à Nice. Le gros de ses unités cantonne dans les villes et les villages des alentours. Le jour de la victoire, elle salue l'événement de 101 coups de canon, et participe aux festivités organisées à Nice et à Cannes. Ses troupes défilent sous les acclamations de la foule, tandis que retentissent toutes les sirènes et que sonnent à pleine volée toutes les cloches de la région.
    On peut imaginer que c’est en lien avec cette tradition que le 1er Régiment d’Artillerie FFL, qui venait de participer aux derniers combats victorieux dans le massif de l’Authion, tira le 8 mai 1945 ces coups de canon sur la Place Massena à Nice
     
     
    * Le traditionnel "coup de canon" à Nice : son histoire et sa résonance dans la Libération
    (Crédit photo Florence Roumeguere)
     
     
    Malheureusement, son créateur et commandant, Jean-Claude Laurent-Champrosay, ne put vivre cet évènement : il était décédé le 18 juin 1944 des suites de ses blessures pendant la Campagne d’Italie.
     
     
    Ainsi se perpétue cette tradition, associée au quotidien des Niçois et aux évènements de son histoire, infiniment tristes en ce jour.
     
     

    * Le traditionnel "coup de canon" à Nice : son histoire et sa résonance dans la Libération

     Armoiries de la ville de Nice et du comté de Nice.

     

     


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    * Décès de l’un des trois derniers compagnons de la Libération.  Pierre Simonet nous a quitté.

     

     

    Il avait rejoint les Forces françaises libres (FFL) en 1940 avant de combattre en Afrique du nord, de participer au débarquement en Provence et de participer à la libération de la France.

    Ce vétéran de Bir-Hakein et de la grande épopée de la 1ère DFL était toujours d'une grande modestie et gentillesse ....C'est donc une très grande tristesse d'apprendre par la famille que Pierre s'est éteint ce jeudi 05 /11/ 2020 après-midi dans son sommeil, auprès de ses enfants, à son domicile de Toulon. La Fondation de la France libre perd un de ses derniers vétérans de la Seconde guerre mondiale ayant rejoint très tôt le général de Gaulle.

     

     

    * Décès de l’un des trois derniers compagnons de la Libération.  Pierre Simonet nous a quitté.

    Pierre Simonet

    (photo ordre de la Libération) 

     La famille indiquera vendredi 06 novembre 2020 le lieu du recueillement à Toulon car Pierre sera inhumé dans le caveau familial, dans la Drôme.

     

    (Article Le Figaro avec AFP)

    Pierre Simonet, l'un des trois derniers compagnons de la Libération, est mort jeudi à l'âge de 99 ans, a annoncé l'Élysée. Emmanuel Macron a rendu hommage à «cet homme animé du souffle de la liberté qui, par-delà les risques et les frontières, fut toujours guidé par son immense amour de la France», a précisé la présidence dans un communiqué. Seuls deux compagnons de la Libération lui survivent - Daniel Cordier et Hubert Germain, tous deux centenaires -, sur les 1.038 distingués par le général de Gaulle pour leur engagement au sein de la France libre pendant l'Occupation allemande. Son décès fait suite à celui d'un autre compagnon, d'Edgard Tupët-Thomet, décédé le 9 septembre à l'âge de 100 ans. 

    Pierre Simonet est étudiant en mathématiques à Bordeaux quand, le 17 juin 1940, il entend à la radio l'annonce de la défaite française. L'appel du général de Gaulle, le lendemain, le convainc de le rejoindre. Le 24 juin, il embarque sur le dernier cargo qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les résidents britanniques vers l'Angleterre. Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL). Il voudrait choisir l'aviation, mais il n'a que 18 ans et cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études de mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création.

    Il est envoyé en Afrique et stationne avec son unité au Cameroun jusqu'en janvier 1941. Il part pour Damas où est formé le 1er régiment d'artillerie des FFL. Nommé brigadier, il est chargé de l'observation et des transmissions. Il prend part aux batailles de Bir-Hakeim, d'El Alamein et de Takrouna puis prend part, à partir d'avril 1944, à la campagne d'Italie. Il réalise son rêve de devenir aviateur: nommé «observateur sur avion léger», il prend place à bord de petits piperclub et survole les lignes ennemies pour collecter des renseignements. Il signale les emplacements des pièces d'artillerie et des chars allemands : «Pendant la campagne d'Alsace, du 7 janvier au 2 février 1945, il rend les services les plus précieux, faisant démolir plusieurs chars et repérant deux batteries», écrit l'Ordre de la libération dans sa biographie officielle. À l’issue de ces campagnes, «son compteur affichait 250 heures de vol et 137 missions de guerre, qui lui valurent 5 citations et sa désignation comme Compagnon de la Libération le 27 décembre 1945», selon l'Élysée.

    En piper sous la tour Eiffel

    Le 8 mai 1945, jour de la Victoire, les petits avions se posent sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux. «Pour nous, les rebelles de la première heure, il fallait faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire», raconte Pierre Simonet dans une interview en 2015. «Je suggère : et si on passait sous la tour Eiffel ?» «Le plan de vol est organisé: prendre en rase-mottes l'esplanade du Trocadéro, le pont d'Iéna, passer sous l'immense voûte de fer, survoler le champ de Mars et redresser sur l'école militaire. Il y a de la place à revendre», raconte-t-il. «Il y a peu de monde; un soldat américain tout étonné nous photographie en vol (...) Il fallait plus de culot que d'adresse, nous n'avions demandé la permission à aucune autorité.»

    Démobilisé, Pierre Simonet, né à Hanoï où son père était ingénieur des travaux publics, entre en 1946 à l'École nationale d'outre-mer, qui forme les administrateurs des possessions coloniales françaises. Il est affecté en Indochine, puis suit les cours de l'institut de statistique de Paris avant de partir au Cameroun, où il termine sa carrière comme administrateur de la région du Ntem. En 1958, il entre dans la fonction publique internationale : il est envoyé par l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) dans le bassin du Mékong. Il entre ensuite à l'ONU, qui l'envoie en 1959 et 1960 en Iran comme conseiller en statistiques économiques. Il entre ensuite à l'OCDE puis, en 1964, au Fonds monétaire international qui l'envoie en Haïti, au Salvador, aux Comores et au Lesotho avant de prendre sa retraite en 1985.

    Pour Emmanuel Macron, «Pierre Simonet était bien un héros: il avait beau refuser ce titre, il en possédait tous les attributs - le courage, la force morale, le sens du devoir»«Le pays tout entier se souviendra de son courage, de sa ténacité et de sa modestie», ont réagi la ministre des Armées Florence Parly et la ministre déléguée Geneviève Darrieussecq.

    Père des FFL, Charles De Gaulle avait créé l'Ordre de la Libération dès novembre 1940 pour «récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et son empire». L'Ordre est forclos en 1946. Quelque 1.038 personnes, dont six femmes, se verront attribuer le titre de compagnon de la Libération, ainsi que 18 unités militaires et cinq communes françaises: Nantes, Grenoble, Paris, le village martyr de Vassieux-en-Vercors et l'Île de Sein.

    L'un des deux derniers compagnons encore en vie, Daniel Cordier, qui a été secrétaire de Jean Moulin, a célébré son 100e anniversaire le 20 août. Emmanuel Macron lui avait alors téléphoné, le remerciant «pour l'exemple donné» durant la guerre et après. Hubert Germain, ancien légionnaire, est centenaire depuis le 6 août. Il est prévu que le dernier des compagnons qui décédera sera inhumé au Mont Valérien, le principal lieu d'exécution de résistants et d'otages par l'armée allemande durant la Seconde guerre mondiale. Charles de Gaulle y a inauguré en 1960 le Mémorial de la France combattante.

     

    * Décès de l’un des trois derniers compagnons de la Libération.  Pierre Simonet nous a quitté.

     

    " Nous fêtons aujourd'hui, mardi 27 octobre 2020, le quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire de Pierre Simonet , Compagnon de la Libération 

    Pierre est en forme, c'est super. Je suis si heureuse de lui téléphoner et d'échanger avec lui. Nous parlons du bon vieux temps !!!! Bon courage pour souffler tes bougies ce soir, mais tu auras de l'aide. Gros bisous ! "

                                                       
                                                           ( Blandine Bongrand Saint Hillier)

     

     La Fondation B.M.24 Obenheim

    présente ses sincères condoléances à sa famille

     

    Fondation B.M.24 Obenheim 

    * Décès de l’un des trois derniers compagnons de la Libération.  Pierre Simonet nous a quitté.

     

     

     


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    Crédit photo Pierre Simonet

    Adieu au Compagnon Pierre Simonet,

    La Fondation BM 24 Obenheim  présente ses condoléances à l'ensemble de sa famille, particulièrement attristée de perdre celui qui fut le  Parrain de "Villes et Villages Libres avec la DFL" et dont nous souhaitions l'anniversaire voici quelques jours seulement (Lien)

    Avec pour ma part l'expression d'une grande mélancolie dans la disparition du dernier frère d'arme de mon père au 1er Régiment d'Artillerie , et auquel  j'adresse ma reconnaissance pour les précieux moments partagés lors de la rédaction de sa biographie.

    Dans le ciel, Pierre Simonet, vous volez de nouveau avec vos chères Ailes de la Liberté...

    Florence Roumeguère

     

    L'annonce du décès de Pierre SIMONET a été émise voici deux heures  par la Délégation du Var de la Fondation de la France libre :

    " Triste nouvelle ! In memoriam !

    Disparition du dernier compagnon de la Libération de Toulon et Français libre de la 1ère DFL Pierre Simonet !

    Nous fêtions par la pensée le mardi 27 octobre, son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire !

    Ce vétéran de Bir-Hakein et de la grande épopée de la 1ère DFL était toujours d'une grande modestie et gentillesse ....

    C'est donc une très grande tristesse d'apprendre par la famille que Pierre s'est éteint ce jeudi 5 11 2020 après-midi dans son sommeil , auprès de ses enfants, à son domicile de Toulon.

    La Fondation de la France libre perd un de ses derniers vétérans de la Seconde guerre mondiale ayant rejoint très tôt le général de Gaulle.

    La famille indiquera vendredi 6 novembre 2020 le lieu du recueillement à Toulon car Pierre sera inhumé dans le caveau familial, dans la Drôme.

    Un.parcours exceptionnel : Pierre Simonet est le fils de Gilbert Simonet, polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées en Indochine. Ce dernier, après avoir été mobilisé en France lors de la Première Guerre mondiale, retourne en Indochine, où naît Pierre Simonet.

    Après des études secondaires au lycée Thiers de Marseille, puis au lycée Albert-Sarraut à Hanoï, Pierre Simonet rentre en France en 1939 pour ses études supérieures. La France et l'Angleterre viennent alors de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie.

    Trop jeune pour être mobilisé, il poursuit ses études au lycée Montaigne à Bordeaux, en classe préparatoire de mathématiques spéciales.

    En 1945, après la guerre, Pierre Simonet se marie avec Lucienne Ragain à Saïgon. Elle est née et a passé son enfance en Indochine, où ils se sont connus. Du couple naîtront cinq enfants.

    Seconde Guerre mondiale : Le 17 juin 1940, lorsque le maréchal Pétain annonce à la radio la défaite de l'armée française et demande l'armistice à l'Allemagne, Pierre Simonet est profondément choqué. Il a 18 ans et décide de se révolter. Le lendemain, 18 juin 1940, il prend connaissance de l'appel du général de Gaulle lancé depuis Londres. Il décide de s'engager à ses côtés.

    Le 24 juin 1940, il parvient à embarquer clandestinement sur le dernier cargo, Le Baron Kinaird qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les ressortissants britanniques. Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle, le 1er juillet 1940.

    Il voulait choisir l'aviation mais cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études de mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création, au camp de Cove (Surrey). Il y commence son entraînement, encadré par des officiers et sous-officiers de l'armée française qui ont rejoint le général de Gaulle et ont décidé de continuer la guerre. Ils sont en tout 2 000 volontaires « français libres », civils et militaires, qui constituent l'embryon des FFL.

    Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du corps expéditionnaire qui, à Dakar, a pour mission de rallier l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre (opération Menace).

    Puis, son unité stationne au Cameroun en Afrique équatoriale française (AEF), où il poursuit son entraînement jusqu'en janvier 1941. Il prend part à la campagne de Syrie en juin et juillet 1941, à la suite de laquelle est officiellement créé, à Damas, le 1er régiment d'artillerie des FFL (1er RAC).

    Affecté à la deuxième batterie du 1er RA et nommé brigadier, il est chargé des transmissions et de l'observation. Avec la 1re brigade française libre du général Koenig, il participe à la campagne de Libye de janvier à juillet 1942.

    Au cours d'une Jock column (en) dans le désert, le 16 mars 1942, pendant une forte attaque de chars ennemis, il assure sa mission jusqu'au bout, et ne quitte sa position qu'après avoir replié son matériel et être allé rechercher son camion de munitions à un endroit particulièrement exposé.

    Enfin, il participe à la bataille de Bir-Hakeim du 27 mai au 10 juin 1942 comme téléphoniste et observateur, et fait partie de ceux qui sortent de vive force le 11 juin. Il reçoit ses deux premières citations. Sa brigade est ensuite engagée dans l'offensive de la seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942, et poursuit avec la huitième armée britannique l'Afrika Korps du général Rommel en retraite jusqu'à Takrouna, en Tunisie.

    Il est alors admis au cours d'aspirant en Tunisie, et est promu à ce grade fin 1943.

    À partir de la campagne d'Italie, d'avril à juin 1944, Pierre Simonet est affecté au peloton d'observation aérienne du 1er RAC, en qualité d'officier observateur sur avion léger Piper Cub.

    Toujours volontaire, il n'hésite pas, à maintes reprises, à s'aventurer profondément dans le dispositif ennemi pour obtenir les renseignements demandés. Son unité est engagée dans l'offensive du 8 mai 1944 qui brise les lignes Gustave et Hitler, libère Rome et poursuit les divisions allemandes jusqu'aux abords de Sienne, en Toscane. Pendant le débarquement en Provence le 16 août 1944, il poursuit son action d'observateur en avion.

    Entre le 20 et le 25 août 1944, il remplit de nombreuses missions de guerre dans la région d'Hyères et de Toulon.

    Le 21 août, au-dessus de la Farléde, puis le 23 août au-dessus de La Valette, il n'hésite pas à survoler les lignes ennemies à basse altitude pour repérer les pièces antichars allemandes.

    Le 24 août, grâce à un réglage très précis, il arrête le tir d'une batterie ennemie située dans la presqu'île de Saint-Mandrier.

    Après la Provence, lors de la remontée vers le nord, il participe aux combats de Belfort et à ceux du sud de Strasbourg.

    Pendant la campagne d'Alsace, du 7 janvier au 2 février 1945, il rend les services les plus précieux en prenant part à la destruction de plusieurs chars et en repérant deux batteries.

    Nommé sous-lieutenant, il participe en avril et mai 1945 à la dernière offensive de la 1re DFL, qui s'empare du massif de l'Authion, pénètre en Italie du Nord et libère Cuneo.

    Le 18 juin 1945, lors de la prise d'armes et du défilé des troupes sur les Champs-Élysées, il est dans l'un des trois piper-cub qui passent sous la tour Eiffel.

    Vie professionnelle : en 1946, il suit une formation à l'École nationale de la France d'outre-mer et est nommé administrateur de la France d'outre-mer. En 1948, il sert en Indochine au cabinet du général Xuan, chef du gouvernement provisoire du Vietman sud.

    En 1949, il suit à Paris les cours de l'école d'application de l'INSEE et obtient le certificat de l'institut de statistique de l'université de Paris.

    Il exercera ensuite au Cameroun comme chef de service des statistiques en 1951-1952, puis comme administrateur dans différents postes (Mora, Meiganga, Ngaoundere, Yaoundé).

    En 1957, il est nommé chef de région de Ntem à Ebolowa. Il participe à la mise en place de la politique de décolonisation et à la passation de pouvoirs aux autorités camerounaises. En 1958, il fait ses débuts de fonctionnaire international en Asie du Sud-Est en qualité d'économiste statisticien, pour la première mission de la FAO (Food and Agricultural Organisation) sur le développement des pays riverains du Mékong.

    En 1959-1960, il est affecté par les Nations Unies en Iran comme conseiller en statistiques économiques.

    De retour en France, détaché au ministère des finances, il obtient le diplôme du centre d'études des programmes économiques, CEPE.

    En 1962, il intègre comme économiste l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris . En 1964, il intègre le Fonds monétaire international (FMI).

    De 1973 à 1977, il exerce les fonctions de représentant résident du FMI en Haïti et en El Salvador. En 1981, il part pour trois ans comme expert du FMI aux Comores et au Lesotho.

    Retraite : En 1985, il quitte complètement les affaires et se retire à Toulon avec son épouse qui l'a suivi dans toutes ses affectations.

    En 1999, il devient membre du conseil de l'ordre de la Libération. Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le premier ministre britannique Boris Johnson annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération, Edgard Tupët-Thomé, Hubert Germain, Daniel Cordier et Pierre Simonet, sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique La décoration est remise à Pierre Simonet par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, chez lui à Toulon, le 7 juillet 2020[).

    Il etait au 5 novembre 2020, un des trois derniers compagnons survivants.

    Adieu compagnon ! "

     


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  • La Bataille du désert, racontée dans ce film des années 50 (ou 60) par trois témoins français, britannique et allemand, comporte des images édites de la Brigade française Libre.

     

     

    Quelques remarques sur le contenu : la 1ère Brigade de la DFL n'a pas inclus les hommes de Leclerc- images inédites fugaces de la campagne d'Erythrée de 41 en rappel - Images inédites du franchissement de la dépression de Qattara par le BM 11 - Important témoignage du commandant Jean Martinelli, Légionnaire de la 13 DBLE : les déplacements, l'eau, le vent de sable, la chaleur (excellente séquence sur l'omelette !), les mouches... Lily Marlène...

    Témoignage de Jean Simon, commandant de compagnie de la 13 DBLE à Bir Hakeim (compagnon de la Libération) - Images des fusiliers marins - El Alamein et la mort du Capitaine de Légion Amilakvari, raconté par Martinelli. 

     

     


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