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    Crédit photo Pierre Simonet

    Adieu au Compagnon Pierre Simonet,

    La Fondation BM 24 Obenheim  présente ses condoléances à l'ensemble de sa famille, particulièrement attristée de perdre celui qui fut le  Parrain de "Villes et Villages Libres avec la DFL" et dont nous souhaitions l'anniversaire voici quelques jours seulement (Lien)

    Avec pour ma part l'expression d'une grande mélancolie dans la disparition du dernier frère d'arme de mon père au 1er Régiment d'Artillerie , et auquel  j'adresse ma reconnaissance pour les précieux moments partagés lors de la rédaction de sa biographie.

    Dans le ciel, Pierre Simonet, vous volez de nouveau avec vos chères Ailes de la Liberté...

    Florence Roumeguère

     

    L'annonce du décès de Pierre SIMONET a été émise voici deux heures  par la Délégation du Var de la Fondation de la France libre :

    " Triste nouvelle ! In memoriam !

    Disparition du dernier compagnon de la Libération de Toulon et Français libre de la 1ère DFL Pierre Simonet !

    Nous fêtions par la pensée le mardi 27 octobre, son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire !

    Ce vétéran de Bir-Hakein et de la grande épopée de la 1ère DFL était toujours d'une grande modestie et gentillesse ....

    C'est donc une très grande tristesse d'apprendre par la famille que Pierre s'est éteint ce jeudi 5 11 2020 après-midi dans son sommeil , auprès de ses enfants, à son domicile de Toulon.

    La Fondation de la France libre perd un de ses derniers vétérans de la Seconde guerre mondiale ayant rejoint très tôt le général de Gaulle.

    La famille indiquera vendredi 6 novembre 2020 le lieu du recueillement à Toulon car Pierre sera inhumé dans le caveau familial, dans la Drôme.

    Un.parcours exceptionnel : Pierre Simonet est le fils de Gilbert Simonet, polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées en Indochine. Ce dernier, après avoir été mobilisé en France lors de la Première Guerre mondiale, retourne en Indochine, où naît Pierre Simonet.

    Après des études secondaires au lycée Thiers de Marseille, puis au lycée Albert-Sarraut à Hanoï, Pierre Simonet rentre en France en 1939 pour ses études supérieures. La France et l'Angleterre viennent alors de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie.

    Trop jeune pour être mobilisé, il poursuit ses études au lycée Montaigne à Bordeaux, en classe préparatoire de mathématiques spéciales.

    En 1945, après la guerre, Pierre Simonet se marie avec Lucienne Ragain à Saïgon. Elle est née et a passé son enfance en Indochine, où ils se sont connus. Du couple naîtront cinq enfants.

    Seconde Guerre mondiale : Le 17 juin 1940, lorsque le maréchal Pétain annonce à la radio la défaite de l'armée française et demande l'armistice à l'Allemagne, Pierre Simonet est profondément choqué. Il a 18 ans et décide de se révolter. Le lendemain, 18 juin 1940, il prend connaissance de l'appel du général de Gaulle lancé depuis Londres. Il décide de s'engager à ses côtés.

    Le 24 juin 1940, il parvient à embarquer clandestinement sur le dernier cargo, Le Baron Kinaird qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les ressortissants britanniques. Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle, le 1er juillet 1940.

    Il voulait choisir l'aviation mais cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études de mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création, au camp de Cove (Surrey). Il y commence son entraînement, encadré par des officiers et sous-officiers de l'armée française qui ont rejoint le général de Gaulle et ont décidé de continuer la guerre. Ils sont en tout 2 000 volontaires « français libres », civils et militaires, qui constituent l'embryon des FFL.

    Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du corps expéditionnaire qui, à Dakar, a pour mission de rallier l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre (opération Menace).

    Puis, son unité stationne au Cameroun en Afrique équatoriale française (AEF), où il poursuit son entraînement jusqu'en janvier 1941. Il prend part à la campagne de Syrie en juin et juillet 1941, à la suite de laquelle est officiellement créé, à Damas, le 1er régiment d'artillerie des FFL (1er RAC).

    Affecté à la deuxième batterie du 1er RA et nommé brigadier, il est chargé des transmissions et de l'observation. Avec la 1re brigade française libre du général Koenig, il participe à la campagne de Libye de janvier à juillet 1942.

    Au cours d'une Jock column (en) dans le désert, le 16 mars 1942, pendant une forte attaque de chars ennemis, il assure sa mission jusqu'au bout, et ne quitte sa position qu'après avoir replié son matériel et être allé rechercher son camion de munitions à un endroit particulièrement exposé.

    Enfin, il participe à la bataille de Bir-Hakeim du 27 mai au 10 juin 1942 comme téléphoniste et observateur, et fait partie de ceux qui sortent de vive force le 11 juin. Il reçoit ses deux premières citations. Sa brigade est ensuite engagée dans l'offensive de la seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942, et poursuit avec la huitième armée britannique l'Afrika Korps du général Rommel en retraite jusqu'à Takrouna, en Tunisie.

    Il est alors admis au cours d'aspirant en Tunisie, et est promu à ce grade fin 1943.

    À partir de la campagne d'Italie, d'avril à juin 1944, Pierre Simonet est affecté au peloton d'observation aérienne du 1er RAC, en qualité d'officier observateur sur avion léger Piper Cub.

    Toujours volontaire, il n'hésite pas, à maintes reprises, à s'aventurer profondément dans le dispositif ennemi pour obtenir les renseignements demandés. Son unité est engagée dans l'offensive du 8 mai 1944 qui brise les lignes Gustave et Hitler, libère Rome et poursuit les divisions allemandes jusqu'aux abords de Sienne, en Toscane. Pendant le débarquement en Provence le 16 août 1944, il poursuit son action d'observateur en avion.

    Entre le 20 et le 25 août 1944, il remplit de nombreuses missions de guerre dans la région d'Hyères et de Toulon.

    Le 21 août, au-dessus de la Farléde, puis le 23 août au-dessus de La Valette, il n'hésite pas à survoler les lignes ennemies à basse altitude pour repérer les pièces antichars allemandes.

    Le 24 août, grâce à un réglage très précis, il arrête le tir d'une batterie ennemie située dans la presqu'île de Saint-Mandrier.

    Après la Provence, lors de la remontée vers le nord, il participe aux combats de Belfort et à ceux du sud de Strasbourg.

    Pendant la campagne d'Alsace, du 7 janvier au 2 février 1945, il rend les services les plus précieux en prenant part à la destruction de plusieurs chars et en repérant deux batteries.

    Nommé sous-lieutenant, il participe en avril et mai 1945 à la dernière offensive de la 1re DFL, qui s'empare du massif de l'Authion, pénètre en Italie du Nord et libère Cuneo.

    Le 18 juin 1945, lors de la prise d'armes et du défilé des troupes sur les Champs-Élysées, il est dans l'un des trois piper-cub qui passent sous la tour Eiffel.

    Vie professionnelle : en 1946, il suit une formation à l'École nationale de la France d'outre-mer et est nommé administrateur de la France d'outre-mer. En 1948, il sert en Indochine au cabinet du général Xuan, chef du gouvernement provisoire du Vietman sud.

    En 1949, il suit à Paris les cours de l'école d'application de l'INSEE et obtient le certificat de l'institut de statistique de l'université de Paris.

    Il exercera ensuite au Cameroun comme chef de service des statistiques en 1951-1952, puis comme administrateur dans différents postes (Mora, Meiganga, Ngaoundere, Yaoundé).

    En 1957, il est nommé chef de région de Ntem à Ebolowa. Il participe à la mise en place de la politique de décolonisation et à la passation de pouvoirs aux autorités camerounaises. En 1958, il fait ses débuts de fonctionnaire international en Asie du Sud-Est en qualité d'économiste statisticien, pour la première mission de la FAO (Food and Agricultural Organisation) sur le développement des pays riverains du Mékong.

    En 1959-1960, il est affecté par les Nations Unies en Iran comme conseiller en statistiques économiques.

    De retour en France, détaché au ministère des finances, il obtient le diplôme du centre d'études des programmes économiques, CEPE.

    En 1962, il intègre comme économiste l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris . En 1964, il intègre le Fonds monétaire international (FMI).

    De 1973 à 1977, il exerce les fonctions de représentant résident du FMI en Haïti et en El Salvador. En 1981, il part pour trois ans comme expert du FMI aux Comores et au Lesotho.

    Retraite : En 1985, il quitte complètement les affaires et se retire à Toulon avec son épouse qui l'a suivi dans toutes ses affectations.

    En 1999, il devient membre du conseil de l'ordre de la Libération. Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le premier ministre britannique Boris Johnson annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération, Edgard Tupët-Thomé, Hubert Germain, Daniel Cordier et Pierre Simonet, sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique La décoration est remise à Pierre Simonet par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, chez lui à Toulon, le 7 juillet 2020[).

    Il etait au 5 novembre 2020, un des trois derniers compagnons survivants.

    Adieu compagnon ! "

     


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  • * Décès de M. Marcel Misert - ancien du B.M.24


    Marcel
     MISERT

                                                                           1926 - 2020

    La route fut longue et pas toujours facile. Le 18 septembre 2020,

    à l'âge de 94 ans, Marcel a lâché nos mains pour accomplir le grand

    voyage et retrouver ses chères bien-aimées.

    Il repose désormais en terre d'Alsace, au cimetière de Heiligenberg

    où il a été inhumé en toute intimité, accompagné par ses proches.

     

     

    * Décès de M. Marcel Misert - ancien du B.M.24

    Décès survenu le vendredi 18 septembre 2020
    à l'âge de 94 ans. 

     Marcel a rejoint le B.M.24 lorsque celui-ci marchait sur Obenheim,
    alors qu'il venait d'avoir 19 ans.


    * Décès de M. Marcel Misert - ancien du B.M.24

     Le 18 mai 2014 lors du traditionnel rendez-vous des membres
    de la Fondation B-M 24 Obenheim.

    Marcel et son épouse, lors de la messe, en l'église catholique d'Obenheim

     

    * Décès de M. Marcel Misert - ancien du B.M.24  

    Photo de groupe avec ses amis lors d'un rendez-vous B.M.24 à Obenheim. 

    (Crédit Photos B.M.24 Obenheim)

     

     

    * Décès de M. Marcel Misert - ancien du B.M.24

     

    La fondation B.M.24 Obenheim
    présente à sa famille ses plus sincères condoléances.

     

     

     

     


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  • De la part de Eric Minotti

    Lien source (sur La 1ère France Tv info la 1ère) - Eric Cintas

    * Le destin extraordinaire de Louis Kasni Warti, dernier Calédonien survivant du Bataillon du Pacifique

    Le dernier Calédonien du Bataillon du Pacifique • ©Eric Cintas

     

     

    On a envie d'avoir un grand-père comme lui, racontant de belles histoires, héroïques et tragiques, des hommes qui ont fait la guerre et se sont battus pour la liberté. Ecouter Louis Kasni Warti c'est plonger dans la vie d'un Volontaire du Pacifique, avec fascination et respect.

     

    La commémoration du 80ème anniversaire du raliement de l'Océanie à la France Libre (la Polynésie le 2 septembre, la Nouvelle-Calédonie le 19 septembre), nous permet une visite chez le dernier survivant Calédonien du Bataillon du Pacifique. Dès qu'on rentre dans son petit appartement de Brunoy dans l'Essonne, qu'il partage avec sa femme Monique, on ne peut pas rater la grande photo de deux périodes de sa vie. 1945 et 2019, l'année de l'armistice du 8 mai 1945 dans une photo aux côtés de Jean Tranape, Compagnon de la Libération, et une autre, l'année de ses 100 ans.

    Car Louis Kasni Warti est né le 1er Novembre 1919 à Nouméa. Il passe sa jeunesse dans le quartier de la vallée des colons. Le 1er Avril 1940 il s'engage avec le Bataillon d'infanterie coloniale à Nouméa, sous le matricule 2045 comme soldat de deuxième classe, il a alors 21 ans. Puis il intègre les Forces Françaises Libre (FFL) le 12 février 1943 et enfin dans le désert Libyen et sera rattaché au Bataillon d'Infanterie et de Marine du Pacifique, le fameux BIMP. Il est volontaire et fait partie du deuxième contingent du corps expéditionnaire, après le premier parti en 1941. Louis embarque à bord du croiseur USS Helena le 4 mars 1943 à 6 h 30 du matin, pour voguer vers son destin, fier de s'engager : " C'était normal, j'ai été élevé dans une école française, à l'Européenne, tous les jours avant de rentrer en classe on chantait la Marseillaise. Je me suis engagé car notre but c'était de libérer la France, notre mère nourricière. On n'en avait rien à foutre de Pétain, on était un peu comme des mercenaires et de Gaulle a fait appel à des Français libres." 

     

    Que ce soit à Tahiti ou en Nouvelle Calédonie, nous étions des soldats engagés pour défendre la mère patrie. Et on a formé le Bataillon du Pacifique, Tahitiens et Calédoniens, même si moi je suis arrivé plus tard au moment de la création du BIMP. 

    Louis Kasni Warti


    Et Louis de nous entonner une Marseillaise extraordinaire (à son arrivée en France, il a fait partie d'une chorale en tant que baryton). Papi Louis a encore une voix magnifique et surtout un enthousiasme débordant quand il entame l'hymne national. Regardez le reportage d'Outre-mer la 1ère :

     

     

    Désert Torride

     

    Le 16 juin 1943 il rejoint enfin Tripoli en Lybie, affecté à la 3e compagnie du BIMP. Il découvre le désert et la guerre contre l'Afrika Korps de Rommel, les premières souffrances aussi. Le deuxième contingent vient renforcer le premier qui a subi de lourdes pertes dans le désert suite à la bataille de Bir-Hakeim. Les survivants s'en sont sortis miraculeusement avec ce qu'on a appelé " la sortie de vive force " en pleine nuit, à travers les lignes ennemies Italo- Allemandes, sur l'azimut 43.

     

    * Le destin extraordinaire de Louis Kasni Warti, dernier Calédonien survivant du Bataillon du Pacifique

     

    Une position française dans le désert • ©Leemage via AFP

     

    Mais les conditions de vie dans le désert étaient difficiles pour tous les hommes qui souffraient de la soif et du vent du désert, le sirocco. Louis n'y échappe pas. " Le sirocco était terrible, et il a fait beaucoup de mal. On buvait de l'eau rouillée des camions qui étaient touchés. Alors l'eau rouillée oui c'est bon, un peu d'eau ferrugineuse ça ne peut pas faire de mal non plus. " 

    " Dans le désert, on avait peur de mourir, mais avant l'assaut on avait un prêtre qui célébrait la messe, alors on y allait. En Italie aussi à Cassino c'était terrible, nos avions avaient tout bombardé, et on pensait avoir réduit en cendres les positions des Allemands. Mais ils continuaient à nous tirer dessus. Je m'en suis sorti en faisant un roulé-boulé car j'étais dans la visée d'un tireur allemand. On éprouvait le besoin de passer à travers, on était courageux oui ! "


    La mort ne le choisit pas

    Louis est blessé par un tir de mortier le 12 mai 1944 près du mont Girofano, lors de la deuxième offensive de Monte-Cassino, à l'assaut de la ligne Gustav. Il est évacué, d'abord à dos de mulet : " J'ai vu certains de mes camarades tomber, quel courage avaient les brancardiers pour aller chercher les morts et les blessés de cette façon."

     

    * Le destin extraordinaire de Louis Kasni Warti, dernier Calédonien survivant du Bataillon du Pacifique

    Le débarquement en Provence en août 1944 • ©Leemage via AFP


    Mais il reprend le combat pour débarquer à Cavalaire, en Provence, sur le sol de cette France qu'il aime tant. Le 17 août, à 3 heures du matin, il l'atteint enfin, et manque d'y perdre la vie. " C'est un copain qui m'a pris par les épaules et m'a sauvé, il m'a ramené sur la plage. Car avec ma petit taille, 1m58, j'ai pensé que j'étais foutu, pensez-vous ! Je ne pensais pas en revenir, comment voulez-vous nager  avec les bottes pleines d'eau, les poches pleines de grenades ? D'autant qu'il fallait tenir le fusil au-dessus de nos têtes, sinon, mouillé, il ne pouvait plus servir, " se souvient-il avec précision.

    Il combat pour la libération d'Hyères non sans avoir donné un coup de main avec sa 3ème compagnie aux Américains qui étaient bloqués sur la plage d'Alpha Beach : " Comme nous, les Calédoniens et Tahitiens, on courrait vite, on est allé les aider et on les a sorti de là, ils ont pu continuer leur progression, " se rappelle-t-il avec fierté.

    Louis se souvient aussi de la bataille du Golf Hôtel, à Hyères, un terrible affrontement dans ce labyrinthe de béton avec plusieurs niveaux,
    " On y allait au lance-flammes pour déloger les Allemands, ce n'était pas beau à voir mais on n'avait pas le choix ". Il garde aussi en tête une image spectaculaire, comme dans un scénario de film, avec la jeep du général Brosset qui montait sur l'escalier de l'hôtel, conduite par son aide de camp, l'acteur Jean-Pierre Aumont.

    Il va avec le BIMP jusqu'aux Ardennes, où il combattra dans le froid. Puis il est démobilisé en novembre 1944 pour rejoindre, comme de nombreux Volontaires du Pacifique, la caserne tranquille et douillette de Latour-Maubourg, à Paris. De Gaulle les félicitera tous. Un grand moment pour le petit Louis. Il terminera la guerre comme voltigeur de première classe.


    Français, enfin !

    Après la guerre il revient en Nouvelle Calédonie où il reste un an sans travailler, il décide alors de repartir en métropole. II obtient d'abord sa nationalité Française le 9 août 1946. Puis il travaille aux studios photos et films d'Epinay-sur-Seine, puis dans une compagnie d'assurance. Né de parents javanais Louis s'est toujours senti un peu seul et même abandonné pendant cette guerre. " Je ne recevais pas de colis, je n'avais pas de famille qui m'en envoyait. Les autres, oui et ça me faisait bizarre." Ceci explique peut-être son deuxième départ de Nouméa.

     

    * Le destin extraordinaire de Louis Kasni Warti, dernier Calédonien survivant du Bataillon du Pacifique

    Louis Kasni Warti, à gauche, aux côtés de Jean Tranape, caserne de La Tour-Maubourg, 1945 • © Collection Tranape


     

    Je m'en suis sorti mais j'ai eu de la chance, il fallait sauver sa peau, et partant de là on devient un peu un héros. Mais il faut aussi avoir l'âme guerrière et aimer sa patrie.

    Louis Kasni Warti

    Légion d'Honneur en 2010

    La France lui décerne la Légion d'Honneur en 2010.  Louis aura 101 ans le 1er novembre prochain, il est le dernier survivant calédonien du Bataillon d' Infanterie et de Marine du Pacifique, alors que quatre Polynésiens sont encore en vie, dont Ari Wong Kim qui vient de recevoir la Légion d'Honneur. Il est titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre 39-45 avec citation, de la médaille de la Résistance et de la médaille des blessés de la France libre.

    Ce fervent gaulliste parle encore de cette mère patrie qui lui a tout donné, et face à la camera, il est là, debout et salue, avant de confier :
    " Tout ce que j'ai fait, j'en suis fier parce qu'en plus de ça, après la guerre j'ai souvent lu l'appel du général de Gaulle dans les commémorations où j'étais invité. A chaque fois c'était poignant. "

     

    * Le destin extraordinaire de Louis Kasni Warti, dernier Calédonien survivant du Bataillon du Pacifique

     

    Le salut de Louis Kasni Warti • ©Eric Cintas

     

    A ce moment de la discussion Louis Kasni Warti a les yeux qui s'embuent, l'émotion est soudainement trop forte pour lui, il a du mal à parler, mais parvient à délivrer ces derniers mots en guise de conclusion :
     

    C'est la destinée, on a la chance de s'en sortir, d'autres ne s'en sortent pas, voilà. Louis nous montre sa dernière fierté, une photo de lui avec son petit-fils Mathieu, officier dans l'armée de l'air, de la base aérienne 133 à Saint-Dizier. Puis il nous accompagne jusqu'à l'ascenseur, avec son petit sourire malicieux et ses yeux qui pétillent à nouveau.

    On sent chez cet homme toute la fierté qu'il a de raconter son histoire. On le sent aussi en paix avec lui-même. Portant sa Légion d'Honneur côté cœur, et son insigne du Bataillon du Pacifique côté droit, calot sur la tête, ce grand petit bonhomme nous adresse un dernier signe en guise d'au-revoir.

    Repos soldat, merci Monsieur Kasni Warti.

     


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  • Yacine Benhalima est l’arrière-petit-fils de William Grand, qui s’est engagé avec son frère Walter en septembre 1940. Le premier fut l’ordonnance de Félix Broche, premier chef de corps du Bataillon du Pacifique, mort à Bir Hakeim. William Grand a été rapatrié sur Tahiti fin 1943, Walter Grand a suivi le BP et le BIMP jusqu’à la fin du conflit et est rentré avec ses camarades survivants au printemps 1946. Etudiant en deuxième année de Master de recherche en Histoire à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales, Yacine Benalima vient de soutenir son Mémoire sur le sujet du Bataillon du Pacifique. Il prépare maintenant l’agrégation d’Histoire à Paris 1, avant de poursuivre en doctorat. Nous le remercions pour l’autorisation qu’il nous donne aujourd’hui de partager avec vous son travail de Mémoire, et nous lui souhaitons une excellente réussite dans son parcours d'historien.

     

    Le Mémoire peut être téléchargé en cliquant sur l'icone de téléchargement (Download)....

     

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  • Inauguration 'une stèle en l'honneur du capitaine JOURDIER, compagnon de la Libération (1er Spahis marocains)

    Le mardi 30 juin, un détachement de spahis, déployés en opération au Sud-Liban, a commémoré le 80e anniversaire du ralliement des spahis marocains à la France Libre.
    Sur les hauteurs du Jourdain (appelée « Hasbani » au Liban), au niveau de l’ex- frontière libano-palestinienne, le 1er régiment de spahis, unité Compagnon de la Libération, a inauguré une stèle commémorative en l’honneur du capitaine Jourdier, Compagnon de la Libération.
    Ils étaient une cinquantaine de spahis à se réunir autour de cette stèle commémorative pour rendre hommage, avec admiration, à l’acte fondateur du capitaine Jourdier en 1940. (Facebook Ordre de la Libération)
     
     
     
    Article du Dauphiné Lien
    Dans le cadre de l’opération Daman, près de 700 militaires français et une compagnie d’infanterie finlandaise contribuent à la force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en armant une partie de son état-major et la Force Commander réserve de l’opération. Cette unité de réserve et d’intervention réalise ses missions sur l’ensemble de la zone du Sud-Liban en étroite coopération avec les forces armées libanaises.  (Photos Armée de terre)

    La cérémonie a commencé par l’évocation du choix du capitaine Jourdier. En juin 1940, la France signait l’armistice avec l’Allemagne. À cette même date au Liban, le capitaine Jourdier, à la tête du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains, a refusé d’accepter cette défaite et a décidé, avec 72 de ses hommes, de rejoindre les troupes britanniques en Palestine.

    Inauguration 'une stèle en l'honneur du capitaine JOURDIER, compagnon de la Libération (1er Spahis marocains)

    Comment les spahis prirent-ils leur décision ?

    80 ans plus tard, après avoir remis quatre médailles de la défense nationale à des spahis méritants, le colonel Charles-Emmanuel Daviet, chef de corps, s’est interrogé : « Aujourd’hui encore, on est saisi d’admiration devant l’audace et la clairvoyance de ce geste fondateur. Comment les spahis prirent-ils leur décision ? Est-ce l’instinct, l’éducation ou l’inconscience qui les poussèrent à refuser la défaite ? L’essentiel est que demeure vivace l’élan qui jaillit du plus profond d’eux-mêmes. » En 1940, à la suite du capitaine Jourdier, les spahis ont reconstitué le 1er régiment de marche des spahis marocains et participé à toutes les campagnes de la France libre, du Soudan à l’Érythrée, de la Libye à la Tunisie, avant de débarquer en Normandie en 1944…

    Le 1er régiment de marche de spahis marocains recevra la croix de la Libération le 23 août 1945 à Fontainebleau.

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    • Histoire de l'Escadron Jourdier (Blog DFL) Lien
    • Biographie de Paul Jourdier Ordre de la Libération
    • Paul Jourdier a été honoré en 2016 à Nevers (Blog DFL) Lien
    • Parcours de Michel Abalan, Compagnon de la Libération des Spahis (Blog DFL) Lien
     

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