•  actualisé le 10 juin 2018

    A Paimpol et Ploubazlanec, la délégation au Souvenir des marins de la France Libre a organisé un hommage aux jeunes gens partis pour l’Angleterre les 18 et 19 juin 1940 depuis Paimpol, et tout particulièrement à Georges Ménage (FNFL), l’un des derniers témoins vivants de cette journée du 18 juin 1940.

     

    Georges Ménage


    Le général (2s) François Budet, délégué de la Fondation pour les Côtes d’Armor a évoqué le Concours national de la Résistance et de la Déportation 2017-2018, dont le sujet "S'engager pour libérer la France" concerne particulièrement ce lieu d’où sont partis plusieurs dizaines d’élèves de l’Ecole d’Hydrographie de Paimpol pour rejoindre la France Libre.

    Il a annoncé que la lauréate des classes de troisième (épreuve individuelle) était une élève du collège de Chombart de Lauwe de Paimpol, ce qui a ravi les 150 participants à cette journée. 

    Après la projection d’un entretien avec le vice-amiral (2s) François Flohic (qui âgé de 98 ans, n’avait pu se déplacer), évoquant son départ mouvementé sur l’Albert-Faroult, plusieurs élèves des classes préparatoires aux concours de la marine marchande du lycée Kersa La Salle de Ploubazlanec ont pu lire des extraits de témoignages. Il y a 78 ans, ces jeunes gens n’ont pas hésité à s’embarquer pour « ne pas se soumettre à la loi de l’envahisseur », comme l’a rappelé le capitaine de frégate (h) Georges Ménage (97 ans).

    Ce dernier, qui a publié il y a un an Odyssée d'un marin de la France Libre   aux Editions Récits, a échangé avec les élèves du lycée sur les valeurs de liberté qui l’avaient animé lui et ses camarades, en leur rappelant « qu’il a fallu beaucoup de courage et d’abnégation à ceux de la marine marchande de la France Libre pour assurer et continuer, au péril de leur vie, à approvisionner l’Angleterre durant les trois premières années de la guerre ».

     

    Puis il a dévoilé une plaque installée sur le mur de l’ancienne école d’hydrographie qui porte le texte suivant :
    « Depuis ce quai, plusieurs dizaines de jeunes (dont des élèves de l’école d’hydrographie de Paimpol), refusant de se soumettre à la loi de l’envahisseur, ont rejoint l’Angleterre, puis les Forces Navales Françaises Libres : le 18 juin 1940 sur le bateau-pilote  Albert Faroult  le 19 juin 1940 sur le yacht  Manou et le bateau-pilote Geoges Leverdier  , tous trois, navires de la Flotte française de la Liberté". (Fondation de la France Libre – Délégation au Souvenir des Marins) 

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

    Crédit photo : M-F Baffert

     

    La Manou

    Albert Faroult, bateau-pilote de Seine (Rouen-Le Havre)

     

    Puis au cours de la cérémonie tenue au monument national des marins marchands et des pêcheurs de la France libre, Michel Bouchi-Lamontagne, délégué de la Fondation pour le souvenir des marins, a rappelé que « la contribution de la flotte de commerce de la France Libre à l’effort de guerre aura été essentielle. Avec ses 4 000 marins et ses 66 navires, sa présence à la mer s’avèrera constante tout au long du conflit, au cours duquel elle connaîtra les plus lourdes pertes de la France Libre, avec près de la moitié de ses bâtiments perdus ».

     

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

     

    L’après-midi, à Ploubazlanec, un hommage a été rendu à François Flohic (FNFL), également parti de Paimpol le 18 juin 1940 sur  l’Albert Faroult  pour rejoindre l’Angleterre, puis la France Libre. Claudie Saliou-Legoff, fille de Jean Saliou (FNFL) a retracé avec émotion le parcours de cette figure de la France Libre.

     

     

    Claudie Saliou-Le Goff


    La journée s’est poursuivie par une visite des vestiges du point d’appui du Mur de l’Atlantique et de l’artillerie lourde de grande puissance, assortie de témoignages, sous la conduite de Yann Lapicque, fils du FNFL Georges Lapicque (également parti sur le Manou), et auteur du livre "Le village de l'Arcouest en Côtes d'Armor sous l'occupation".

    Le 17 Juin 2018 aura lieu un rassemblement en l'honneur de Gilles Ménage. Vous pouvez écouter un extrait de l'interview de Georges Ménage, élève à l'Ecole d'Hydro de Paimpol, 1939-1940, parti rejoindre l'Angleterre en juin 1940 par ce   LIEN

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

    POUR EN SAVOIR PLUS sur les départs de Paimpol les 18 et 19 juin 1940 de l’Albert-Faroult et du Manou et sur la Marine marchande de la France Libre, télécharger le pdf ici.

     

    Délégation Souvenir des Marins de la France Libre

    Souvenir des Marins de la France Libre est sur Facebook

     

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    Pour prolonger cet article :

    Parcours de Jean Saliou (jeune élève de l'école d'hydrographie, parti sur le bateau-pilote Albert Faroult) Lien

    Parcours de Jean Prigent (parti sur le bateau-pilote Georges Leverdier) Lien

    Fondation BM 24-Obenheim 


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    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (1) de la conférence de Claude J. Cornuel " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein"

    Claude J. Cornuel

          Pour célébrer le 76e anniversaire de la Bataille de Bir Hakeim, nous avons choisi de vous présenter trois séquences extraites de la Conférence que donna à Alexandrie en 1981, Claude CORNUEL, qui fut l'un des vétérans de la 3e Batterie du 1er Régiment d'Artillerie à Bir Hakeim. 

    Les témoignages choisis, en accord avec sa fille, Marie Barat, focalisent sur les circonstances de l'engagement de son père à partir de Beyrouth (Mai-Juillet 1940), sur la vie quotidienne à Bir Hakeim avant le siège , et se termineront par la relation de sa Sortie de Bir Hakeim le 11 Juin 1942, lorsqu'il fut l'un des témoins directs de la mort du capitaine  René Gufflet, commandant de sa Batterie .

    Le texte intégral de la Conférence de Claude Cornuel sera publié (PDF)  le 11 Juin 2018. 

    Tous nos remerciements à Marie Barat.

     

    I. Les circonstances de l'engagement

     

    " Par quel chemin suis-je arrivé à Bir Hakim et surtout dans les Forces Françaises Libres ?

    J'habitais l'Egypte depuis 1933. J'y fus mobilisé en septembre 1939. Incorporé à Beyrouth après un court passage au tribunal militaire comme greffier et interprète d'allemand, je fus envoyé sur ma demande dans un peloton d’EOR, lequel en quatre mois devait nous envoyer à Saumur pour faire de nous des aspirants.

    A fin février 1940 j'étais Maréchal des logis, avec un Brevet de chef de section. Un dimanche, je décidai avec un camarade, lui aussi d'Alexandrie, le Maréchal des logis MEJEAN, de déserter le Mess et de nous payer un repas chez Lucullius, un restaurant situé face à la mer, non loin de Saint Georges.

    Nous y rencontrâmes un de mes camarades de Faculté André MOTTET, fondé de pouvoirs du Crédit Lyonnais au Caire. Mottet était secrétaire du Capitaine Gasser, l'officier d'ordonnance du Général Weygand, Commandant en chef du T. O. M. O. (Théatre d'Opération de la Méditerranée Orientale). Mottet, me confia qu'on recherchait un militaire de toute urgence, connaissant très bien l'allemand et l'anglais susceptible d'être employé à l'Etat-major. Quelques jours plus tard, après ma rencontre avec Mottet, je fus convoqué à l'Etat-major en vue d'un examen. Je passai l'examen sans aucune difficulté.

    C'est ainsi qu'après une enquête de moralité auprès de mon chef de corps, en l'occurrence le Commandant du 29ème train, je fus admis au 2ème Bureau, section du Chiffre du T. O. M. O. Dans l'ordre ascendant, mes chefs étaient (je leur donne le grade qu'ils possédaient à l'époque) :  Capitaine Breveté d'Etat-major BOISSEAU, chargé de la section ; Chef de bataillon LELAQUAI, Chef du 2ème Bureau ; Colonel de LARMINAT, Chef d'Etat-major ; Général d'Armée WEYGAND, Commandant le T. O. M. O.

    Dans le Bureau du Chiffre, " le saint des saints ", nous étions trois officiers et trois sous-officiers ; nous les sous-officiers, nous assumions la dactylographie des messages codés, traduits en clair, et unanimement nous étions tous capables de chiffrer à nouveau, à l'aide d'autres codes, les messages à diffuser aux échelons inférieurs sous contrôle des officiers. Nous couchions dans nos bureaux, sauf les jours où exceptionnellement nous n'étions pas de service. Notre nourriture nous était apportée par de plantons. Le régime de la Grande Trappe. A l'entrée du couloir menant à nos bureaux, une sentinelle baïonnette au canon veillait à notre tranquillité. Tous les télégrammes codés étaient incinérés après le déchiffrage. Mes deux camarades et moi-même avions prêté serment que les documents que nous aurions à connaître du fait de notre emploi devraient demeurer "Top secret". Nous n'avions pas à parler à l'extérieur de ce que nous voyions et entendions.

    A notre travail de chiffrement et de déchiffrement des messages envoyés et reçus, s'ajoutait un travail de traduction des messages interceptés en allemand, italien, anglais. Deux officiers et moi-même avions la responsabilité des messages en allemand. Les autres s'occupaient des écrits anglais et en italien. A une période antérieure de désœuvrement succède une période de suractivité, cela n'était pas mal. Les codes dont nous nous servions étaient immédiatement remis en place après usage dans un coffre-fort dont seul l'officier le plus élevé en grade avait la combinaison.

    D'abord à Beyrouth, rue de Phénicie, dans les locaux du T. O. M. O., ensuite après le départ du Général Weygand rappelé en France, dans les bureaux des écoles italiennes réquisitionnées après l'entrée en guerre de l'Italie ;  sous le commandement du Général MITTELHAUSER,   j'appartenais au 2ème Bureau.

    Le fait que j'étais à peu près le seul dans ce bureau à avoir une pratique courante de l'anglais me permit d'avoir souvent à faire avec la liaison britannique et de me trouver en contact avec le chef de mission : le Brigadier général SALISBURY-JONES. Je revis plus tard après la guerre Salisbury Jones à Paris à l'ambassade de Grande-Bretagne et nous évoquâmes notre relation à Beyrouth.

    C'est à cette époque que je fis également la connaissance de "Bob", le Capitaine de cavalerie Robert de KERSAUZON, notre officier de liaison à Jérusalem. Je retrouverai Bob plus tard à Vannes, comme Commandant-Général du Réseau.

     

    * * *

     

    Je m'éloigne de Bir Hakim, pensent mes auditeurs, mais si je n'avais pas été au 2ème Bureau à Beyrouth, dans les circonstances que j'évoque, je ne me serais peut-être jamais, jamais retrouvé dans les rangs de la France Libre.

    Je m'explique. Les renseignements qu'il m'était donné d'obtenir du fait du poste occupé me permirent très tôt de savoir où était ce que je considérais être mon devoir, dans les premières circonstances où mon pays allait être appelé à demander l'armistice. J'étais aux premières loges.

    A partir de mai 1940, j'appris par le détail ce qui se passait en France et ce que les journaux tendaient à nous cacher (je parle surtout des grands quotidiens d'information). Le déferlement des blindés allemands à travers la Belgique par la trouée de Sedan. Je connaissais particulièrement les lieux :  Dinant, la vallée de la Meuse,  Bouillon, la vallée de la Semoy, de nouveau Sedan sur la Meuse, point principal de la percée allemande vers l'ouest - c'est dans cette région que j'avais passé mes vacances d'été, quelques années auparavant avant de joindre mon poste en Egypte. Les chars de GUDERIAN conduits par ROMMEL s'avançaient à travers la France. Tandis que les Allemands pénétraient à l'intérieur du pays sans rencontrer de résistance organisée, les civils en débandade refluaient vers le Sud, au milieu d'une armée en retraite, dans certains cas même, abandonnée par ses chefs. Les uns gênant les autres.

    Du 15 au 28 mai 1940, capitulation des armées hollandaise et belge. Retraite des britanniques vers Dunkerque et leur ré-embarquement frisant la catastrophe.

    Pour vous donner une idée de l'étendue du désastre, permettez-moi d'emprunter à l'excellent ouvrage de J. R. Tournoux : Pétain de Gaulle,  le passage suivant :

    Du grand quartier général, tout au long des journées et des unités, un capitaine téléphone à de GAULLE, nommé général à titre temporaire et sous-secrétaire d'état à la guerre dans le gouvernement Paul Reynaud le 7 juin 1940.

    " Mon Général les allemands ont atteint tel et tel endroit ".

    " Ce n'est pas vrai".

    " Mais, mon Général, je vous informe, c'est la triste vérité "

    " Ce n'est pas vrai, vous n'avez pas le droit de dire cela ".

     

    * * *

     

    Pendant ce temps à Beyrouth, l'armée du Levant, dans son ensemble ne parvenait pas à se rendre compte de l'étendue de la catastrophe. Ceux à qui j'en parle me rappellent Gallieni, la défense de Paris, les taxis de la Marne...

    Malheureusement les Allemands sont entrés à Paris le 14 juin 1940.

    A Beyrouth, je touche un revolver modèle 92 au magasin d'armement. Il n'y a pas de munitions pour ce modèle. C'est une antique pétoire, digne tout au plus à figurer dans une panoplie d'armes anciennes.

    " Pourquoi pas un pistolet à armoiries " demandai-je à l'armurier ?

    " Il faut laisser croire que vous êtes armé ", me répondit-il.

    Le 10 juin, l'Italie avait déclaré la guerre à la France et à la Grande Bretagne. Les Libanais chez qui j'avais pris une chambre et chez qui j'entreposais les objets et les vêtements que je ne pouvais conserver dans mon bureau, me regardaient avec compassion. Ces braves gens avaient à mon encontre l'attitude que l'on a à l'égard d'une personne qui vient de perdre un être cher et sans rien dire me montraient qu'ils souffraient pour moi.  Chers Libanais, vous n'étiez plus jeunes quand j'habitais chez vous. Selon toute probabilité vous êtes morts maintenant, mais par votre attitude vous m'avez réconforté, je n’étais pas seul. Le Liban c'était un peu la France. Vous saviez par expérience ce qu'avait été une domination étrangère. De tout cœur je vous remercie de votre sympathie au sens propre du terme.

    Le 17 juin, Pétain demande l'armistice.

    Le 18 juin, c'est le fameux appel du Général de GAULLE.

    A vrai dire je n'avais pas écouté la radio, ce jour-là je n'étais pas de service et j'avais été me promener, seul, du côté de la grotte aux pigeons. Le jour était radieux. J'étais presque honteux de ma sécurité en face de l'insécurité des êtres qui m'étaient chers. J'étais sans nouvelles de ma famille restée en France depuis le début de mai.

    En rentrant à l'Etat-major, j'apprends par mes camarades que CHURCHILL a proposé l'union de la France avec la Grande Bretagne. Je leur dis " C'est un bobard !"  Non, pas du tout, disent-ils. C'est vrai. Cela n'a pas l'air de les enchanter. Je tombe sur le Capitaine BOISSEAU en sortant du Bureau, il me demande en me voyant surexcité : " Qu'avez-vous ? Quelle catastrophe allez-vous m'annoncer en plus de ce que nous savons déjà ?  ".

    Il me poussa dans son bureau, me fit asseoir. Malgré la différence de grade, je croyais pouvoir lui parler d'homme à homme. Je lui dis que je voulais continuer la guerre avec les Anglais, avec n'importe qui, ajoutai-je, contre les Allemands. Il en savait assez sur moi pour me demander si j'avais un passeport en règle. Je lui répondis " Oui ". Il ajouta : " Allez le plus rapidement possible au consulat d'Angleterre, sans vous faire voir de vos camarades et sans leur en parler ; je vais moi, voir nos amis anglais. Quand vous serez au consulat, demandez un visa pour la Palestine, je puis vous assurer que vous l'obtiendrez". " Bonne chance" reprit-il. " Ici nous ne nous reverrons plus, mais certainement plus tard ".

    Au consulat on me fit attendre, mais on me délivra mon visa assez facilement, sans que j'eusse à fournir d'amples détails.

    Je fus muté le lendemain au contrôle postal en attendant ma démobilisation. Le 25 juin l'armistice était signé.

    Je fus démobilisé le 4 juillet, vu que je venais d'un pays limitrophe et que ma classe 1927/2 était déjà ancienne. En uniforme que j'avais payé de mes propres deniers -  je n’avais pas assez d'argent pour me procurer des vêtements civils convenables, d'ailleurs qu'en aurais-je fait, ma détermination étant de rester combattant. Sans répit, ayant ôté mes écussons et mes insignes des grade, j'avais conservé une somme d'argent suffisante pour prendre un taxi avec des civils qui se rendaient à la frontière. J'arrivai à Ras el Nakoura, poste frontière de la Palestine. Le chef de poste consultant mes papiers me demanda mon adresse en Palestine. C'est la seule chose que j'avais oublié de préciser sur ma feuille de démobilisation. Je répondis que je désirais m'engager dans l'armée anglaise. Il téléphone à la garnison la plus proche, St Jean d'Acre pour expliquer le cas. Il fut répondu qu'on me conduise au poste, qu'un véhicule passerai me prendre.

    Avais-je bien fait ? A un certain moment, j'ai eu peur. Peur d'être refoulé.

    Enfin deux heures après, une voiture militaire avec un officier anglais et deux soldats de la M. P. (Police Militaire) affublés de leur fameuse casquette rouge vinrent me chercher. Je fus conduit auprès d'un major à qui j'expliquais mon cas et je citais comme référence le Brigadier-Général SALISBURY-JONES, qui avait quitté Beyrouth quelques jours auparavant, ses fonctions à l'Etat-major du T.O.M.O. ayant pris fin. Une demi-heure d'attente, le major téléphonait au Quartier Général de Jérusalem et tachait d'atteindre le Brigadier-Général ou quelqu'un de son entourage. Quelques minutes après il reparaissait dans l'antichambre où j’avais été " remisé ".  Il s'avança vers moi, me tendant mon passeport qu'il avait conservé et me dit en souriant : " You are welcome. I checked with the person you mentioned. It is OK. now ".

    Maréchal des logis chef, ce qui était à l'époque mon grade français inscrit sur mes papiers militaires, faisait illusion. Ma vareuse de toile kaki, faite sur mesure, ma culotte saumur, bien coupée, mes bottes bien cirées brillent comme des miroirs, ma cravate et ma chemise bien repassée, surtout mon anglais correct, le tout laissant supposer que j’étais un gentleman, m'avait dédouané. Chose étonnante je n'avais pas encore transpiré, ce qui peut paraître étonnant quand on pense à l'inconfort de la tenue réglementaire du militaire français en pays chaud et à la tenue sport et chemise manches retroussées de son équivalent britannique.

    Je fus envoyé à Haiffa dans la voiture de l'Etat-major de St Jean d'Acre, dans un camp de transit avec les Polonais, qui étaient passés sous obéissance anglaise. Je pris un repas au mess, débarrassé de mes soucis et fut conduit dans une assez vaste tente à deux lits de camp. Je devais rester seul sous cette tente.

    Le lendemain matin le R. T. O. me fit mander par un caporal et me remit un billet de chemin de fer pour Ismaïlia (Egypte), ainsi qu'un ordre de mission pour Moascar Camp où, parait-il, il y avait déjà des Français : un bataillon d'infanterie colonial venant de Chypre, un escadron de Spahis marocains venant d'Alep, le reste du bataillon français de Chypre venant de Tripoli.

     

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    Défilé du BIM au camp de Moascar

    C'est seulement en arrivant à Ismaïlia que j'appris ce qui venait de se passer à Mers el Kébir : une escadre française à l'ancre avait refusé l'alternative des Anglais : continuer la lutte contre l'Allemagne ou se laisser désarmer. Ayant refusé, elle avait été coulée par la flotte anglaise et 1 300 marins français avait trouvé la mort.

    " Le sort en étais jeté ". Malgré la peine que je ressentais de la perte éprouvée par notre marine et surtout de la mort de 1 300 de mes compatriotes dans ce désastre, je ne reculerai plus. L'Empire français subsistait, il ne tarderait pas à nous rejoindre. Je me trompais évidemment, comme l'avait dit de GAULLE, ce général dont j'avais lu deux livres. La France avait perdu une bataille mais il me semblait impossible qu'elle ait perdu la guerre. J'aurais conclu un pacte avec le diable pour me battre contre l'Allemagne nazie, malheureusement le diable c'était Hitler. J'avais à régler une affaire personnelle avec les Allemands : j'avais perdu mon père tombé le 3 septembre 1914, mon oncle le 6 juin 1915, tous deux morts au champ d'honneur.

     

    Je signai mon engagement aux F. F. L., contresigné par les autorités britanniques le 6 juillet 1940.

    De 1940 à 1942 je pris part à la campagne d'Erythrée avec le 1er B.I.M. (Bataillon d’Infanterie de Marine) qui combattit sous les drapeaux français et britannique, mais mon échelon maintenu en réserve fut retenu à Port-Soudan pour des raisons administratives : l'arrivée des bataillons noirs venus d'Afrique équatoriale avec le commandant de BOISSOUDY - plus tard général grièvement blessé à Damas - fit que je ne pus être mêlé à la bataille.

    De même, pendant la campagne de Syrie en 1941 avec les Australiens contre les Vichystes, je fus privé de me battre avec mes compatriotes attachés à Vichy. Il ne pouvait être question pour moi de me battre contre une armée à laquelle j'avais appartenu : mon rôle fut donc jusqu'à Avril 1942 d'aider à garder sous l'autorité française des territoires qui lui avaient été confiés par le Traité de Versailles.

    A moi s'offrait maintenant l'occasion de lutter contre des Allemands dont les conceptions aussi bien politiques que métaphysiques s'opposaient diamétralement aux miennes.

    Je ne voulais pas manquer cette opportunité. Comme me l'avait promis le Général KOENIG, j'allais bientôt être servi. (...)

     

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    Quatre moments forts , avec nos Anciens dans le Lot et Garonne,  en Bretagne et en Basse-Normandie, et par la transmission de mémoire au Havre en Seine-Maritime. 

     

    Francis Ruffier-Monet (1er RA de la 1ère DFL) à Villeneuve-sur-Lot (Lot et Garonne)

     

    * Commémoration de la VICTOIRE du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

     

    * Commémoration de la VICTOIRE du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    Recueillement de Alexis LE GALL (BM 5 de la 1ère DFL) à Douarnenez

     

    * commémoration de la Victoire du 8 Mai dans nos régions...

     de Jean-Yves Lebot Facebook Le Finistère dans la Guerre 

     

    Leon GAUTIER (Commando Kieffer) à Colleville-Montgomery

     

    * commémoration de la Victoire du 8 Mai dans nos régions...

     

    Facebook Colleville-Montgomery

     

    Hommage à l'escadrille "Le Havre" du Normandie Niemen au Havre

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

    Inauguration d'une plaque à l'initative du mémorial Normandie Niemen

     

    Le Normandie Niemen évoqué par le président du Memorial à l'Hôtel de Ville du Havre

     

     

    En présence d'une délégation russe

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

     Facebook L'Odyssée France Libre du Havre

     

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     PARIS, Musée de l'Ordre de la Libération , le 8 Mai... 

    Le Général de division (2S) Christian Baptiste, délégué national, a été interviewé en direct de la place de l'Etoile juste avant que Vladimir Trouplin, conservateur du Musée soit en direct sur France 2. Il y a présenté trois objets: le manuscrit original de l'affiche " A tous les Français " du général de Gaulle, le pistolet silencieux Welrod du Compagnon André Jarrot et le lion en peluche offert par les Britanniques au Général Koening. Ces objets sont conservés et présentés au musée de l'Ordre de la Libération.

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    Cette peluche, fabriquée en Angleterre, fut offerte par les Britanniques au général Koenig après la bataille de Bir-Hakeim. Le général Koenig -dont le nom signifie "roi" en allemand- devenait ainsi symboliquement le "roi des animaux" (le lion) face au "renard du désert", surnom du général allemand Rommel. 

    © Musée de l’ordre de la Libération 

    Facebook Ordre de la Libération

     


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  • Merci de soutenir la pétition à l'initiative de Lynn Burman et de Tania Szabo pour qu'une journée commémorative des agents du SOE soit instituée en Grande-Bretagne  LIEN

     

    * "Violette SZABO, sachez-le, je ne l'oublierai jamais".

     

    Bob MALOUBIER (FFL) : « Violette Szabo, sachez-le, je ne l’oublierai jamais. Nous étions du même âge. Elle était née à Paris en 1922, d'une mère française. Violette, une beauté aux cheveux de jais, a été considérée comme un bon candidat pour travailler avec la résistance française. Ses supérieurs, toutefois, étaient très préoccupés par son désir urgent de se mettre en danger, peut-être une réaction psychologique à la mort de son mari. Ils craignaient qu'elle risque sa vie avec une passion suicidaire, mais ils l'ont tout de même affectée. Violette a été placée avec un ancien correspondant de nouvelles Havas qui s’appelait Philippe Liewer. Parachutée en France pour déterminer le nombre de forces de la résistance qui étaient en place, elle a établi la communication entre les dirigeants et les forces souterraines de renseignement britanniques. La Gestapo a exécuté Violette en Avril 1945".

    * "Violette SZABO, sachez-le, je ne l'oublierai jamais".

    La biographie de Violette par Jacques Darondeau :

    Violette, naît à Paris le 26 juin 1921 d'un père britannique, Charles Bushell, et d'une mère française, Reine Leroy. Les premières années de sa jeunesse se partagent entre la France et la Grande Bretagne. A l'été 1932, la famille s'installe définitivement dans le quartier de Brixton, au sud de Londres. Violette impressionne ses professeurs par sa forte personnalité et ses qualités physiques au-dessus de la moyenne. A l'âge de quatorze ans, consciente des difficultés familiales, elle demande à quitter l'école afin de se mettre au travail.
    Violette ne semble pas trop concernée par la guerre. Mais fin mai 1940, l'offensive allemande et le dramatique débarquement de Dunkerque sont douloureusement ressentis chez les Bushell. Le Nord de la France, pays natal de Mme Bushell, est à nouveau envahi. Violette envisage de rejoindre les forces féminines.

    Apprenant que les soldats français rescapés de Dunkerque allaient défiler pour le 14 juillet, Madame Bushell propose d'inviter l'un deux à passer la soirée en famille. Etienne Szabo, un lieutenant français de la Légion Étrangère, se retrouve à la table familiale. Né à Marseille, ayant perdu très tôt ses parents, il s'est engagé dans la Légion dès qu'il l'a pu. Si bien qu'à trente ans il a baroudé un peu partout, en Afrique du Nord, Syrie, Indochine. Activités guerrières qui ont laissé à Etienne Szabo deux ou trois blessures et une brochette de décorations. En mai, il a participé à l'expédition de Narvik avec les chasseurs alpins. Rapatrié en Angleterre, il a choisi de rester avec les « Français Libres ».
    Le coup de foudre est si intense qu'Etienne Szabo ne tarde pas à demander Violette en mariage. Les parents sont plus que réservés : leur fille n'a même pas vingt ans. Violette, toujours fougueuse, menace de se passer de leur consentement. Et la cérémonie a lieu le 21 août 1940 à Aldershot.

     

    * "Violette SZABO, sachez-le, je ne l'oublierai jamais".

     

    * "Violette SZABO, sachez-le, je ne l'oublierai jamais".

     

    Livre d'or des Français Libres

     

    Mais Churchill l'a déclaré solennellement, la guerre doit se poursuivre. Le lieutenant Szabo reçoit bientôt sa feuille de route. Il part en Abyssinie combattre les Italiens. Il obtient une permission d'une semaine après un an de campagne. Violette lui fait part de son désir de s'engager dans les forces féminines.
    En septembre l941, elle est recrutée dans les ATS (Auxiliary Territorial Service). Après une formation accélérée, elle est intégrée dans une batterie de DCA. Énergique et infatigable, tant au travail que pour les distractions (sport et soirées dansantes), Violette attend le mois d'avril 1942 pour demander un congé de maternité. Sa fille Tania naît à Londres le 8 juin 1942. Le papa est informé, mais la situation militaire ne lui permet pas de demander une permission dans le cours de l'été 42. A l'automne, les Alliés reprennent l'avantage. Etienne Szabo participe à la grande bataille d'El Alamein(au sein dela 13 DBLE de la 1ère Division française Libre) , et meurt au combat en octobre 42 sans avoir vu sa fille. 
    La nouvelle ne parviendra en Angleterre que plusieurs semaines après. Violette est veuve à vingt et un ans. Elle reste enfermée plusieurs jours, puis assoiffée de vengeance, déclare à ses parents qu'elle désire faire beaucoup plus dans cette guerre.

    Quelques jours plus tard, elle est contactée par un recruteur du SOE. Violette est parfaitement bilingue, ses qualités physiques et morales sont bien connues et ont certainement été signalées au SOE. Officiellement, elle est admise dans le corps des volontaires féminines FANY. Même ses parents doivent ignorer qu'elle entre au SOE.
    En septembre 1943, Violette Szabo commence à suivre les différents stages qui font d'elle, après plusieurs mois d'efforts, un agent opérationnel. Au cours d'un saut en parachute lors d'un entraînement à Ringway, elle se blesse la cheville et est contrainte au repos. En février 1944, elle fait connaissance avec le capitaine Staunton (de son vrai nom Philippe Liewer), son futur chef.

    En mars 1944, Philippe Liewer et Bob Maloubier s'apprêtent à rentrer en Normandie quand le Quartier général du SOE reçoit un message d'un autre réseau prévenant que de nombreuses arrestations, y compris celle de Claude Malraux l'adjoint de P.Liewer, ont été opérées à Rouen. Une mission de reconnaissance est décidée. Violette est désignée pour partir avec Liewer. On lui donne une carte d'identité au nom de Corinne Reine Leroy (nom de jeune fille de sa mère), née à Bailleul (59) et domiciliée au Havre.
    A la pleine lune d'avril 1944, un Lysander dépose les deux agents quelque part dans la campagne entre Orléans et Chartres. Le lendemain ils prennent le train pour Paris. Violette se rend seule à Rouen. Elle s'en félicite quand elle découvre des portraits de Liewer et Maloubier placardés sur les murs. Elle commence ses vérifications et comprend vite que le réseau Salesman est grillé. Puisqu'il y a peu de chose à faire à Rouen, elle décide d'essayer de pénétrer au Havre. Elle constate combien on travaille à renforcer les défenses du port et rapporte des plans précieux pour le prochain débarquement*. Le 30 avril 1944, c'est le retour en Angleterre.

    Dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, Violette, Liewer alias Staunton, Maloubier alias Mortier et un radio américain parlant français sautent près de Sussac en Haute-Vienne. Dès le lendemain, Staunton, chef de la mission, fait le point. Il constate que s'il y a beaucoup de monde dans la forêt de Châteauneuf, les jeunes gens sont aussi enthousiastes que peu organisés et mal armés. Il se propose de rester sur place avec Maloubier et demande qu'on emmène Violette prendre contact avec les maquis de Dordogne. Il espère, en particulier, qu'elle pourra joindre le capitaine Jacques Poirier, du réseau Digger.
    Le samedi matin 10 juin, Jacques Dufour (pseudo Anastasie), un jeune chef de la région dont la valeur est reconnue des Allemands puisqu'ils offrent une forte prime pour sa capture, le résistant Bariaud et Violette vêtue d'un tailleur, chaussée de souliers à talons plats, prennent la route. Violette amène avec elle, en plus de sa valise, une mitraillette Sten et huit chargeurs. Dufour, lui aussi, s'est muni d'une mitraillette.
    Ils roulent sans crainte vers Pompadour, terme du voyage, ignorant que les Allemands sont revenus en force à Tulle et ont exercé des représailles féroces la veille au soir: 99 martyrs ont été pendus aux arbres d'une place, aux réverbères, aux balcons de certaines maisons. Ils ne savent pas non plus que dans un hôtel de St Junien, 60 km à l'ouest, quelques Allemands sont en train de préparer pour l'après-midi ce qui sera le plus horrible crime de guerre commis sur le sol de France : le massacre de 642 habitants, hommes, femmes et enfants d'Oradour sur Glane. Et ils ignorent également que depuis la veille, une compagnie de la division Das Reich, qui fait mouvement de Montauban vers la Normandie, s'est installée en flanc-garde dans Salon la Tour.
    Arrivés à Salon la Tour, Jacques Dufour qui est né là, et ses amis font face à un barrage routier. Dufour comprend. S'il essaie de battre retraite, les Allemands vont ouvrir le feu et ils ne leur laisseront aucune chance. Il stoppe, prend son arme, descend tranquillement... et commence à tirer. Violette est sortie aussi et la Sten entre en action. Bariaud qui n'a pas d'arme saute dans le fossé et s'enfuit dans une campagne qu'il connaît bien. Dufour et Violette lâchent des rafales, les Allemands répliquent. Au bruit de la bataille, des renforts arrivent, y compris deux véhicules blindés. Les deux jeunes gens reculent, cherchent l'abri des haies et des bouquets d'arbres. Mais Violette doit s'arrêter, trahie par sa cheville blessée lors d'un saut d'entraînement à Ringway. La douleur est trop vive pour avancer. A Jacques Dufour qui veut la charger sur son dos, elle ordonne de se sauver pendant qu'il est encore temps. Abritée derrière un arbre, elle continue à tirer rageusement jusqu'à épuisement des munitions. Elle est alors capturée par les Allemands. Dufour, d'une haie à l'autre, finit par échouer dans une cour de ferme où les habitants le cachent jusqu'au départ des troupes. Violette est transférée à Limoges le soir même.

    Dès le soir du 10 juin, Staunton et Mortier sont informés par Bariaud de la capture de Violette. Ces hommes d'action, en plein accord avec les résistants de Limoges qui savent ce qui se passe dans la prison, envisagent une action pour libérer la jeune femme. Mais le 16 juin, alors même que le commando se prépare à intervenir, Violette est transférée à Fresnes.

    Extraite de la prison de Fresnes le 8 août, elle commence un voyage infernal vers l'Allemagne. C'est un petit convoi de blessés allemands auxquels on a ajouté une cinquantaine de prisonniers, dont trois femmes. Le commandant Yeo Thomas du SOE est du voyage. Dans son livre de souvenirs « Le Lapin blanc », il mentionne la présence de « l'indomptable Violette Szabo » et raconte que, le train ayant été attaqué par deux chasseurs-bombardiers, les déportés masculins, couchés sur le plancher, « eurent honte en voyant arriver Violette Szabo et une autre femme qui rampaient jusqu'à eux pour leur porter de l'eau ».
    La locomotive étant endommagée, les prisonniers sont transférés dans deux camions qui arrivent à Buchenwald pour les hommes et Ravensbrück pour les trois agents britanniques féminins, Denise Bloch, Liliane Rolfe et Violette Szabo. Elles subissent les conditions inhumaines des camps de travail, vêtues de vêtements d'été en plein hiver. Dans l'aube glaciale du 26 janvier 1945, Violette Szabo, seule valide, et ses deux camarades transportées sur un brancard, écoutent la sentence tombée de Berlin. Elles sont exécutées d'une balle dans la nuque.

    Le 28 janvier 1947, les Bushell sont reçus à Buckingham. Le roi Georges VI épingle lui-même sur la robe de Tania, la George Cross qui a été décernée le mois précédent à sa maman. Violette est la première femme à être décorée de la Croix de St George et de la Croix de Guerre française.

     

    Jacques Darondeau

    « La Voix de la Résistance », no 249, juin 2008 

     

    Page de Etienne SZABO (13 DBLE) sur Le Livre d'Or des Français Libres

     

     

    * "Violette  SZABO, sachez-le, je ne l'oublierai jamais".

     

     

     

     

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    * Carnets de guerre de Maurice MEHAUT(BIMP) - 1 - L'Evasion par l'Espagne

    Maurice Mehaut 

     

    Maurice MEHAUT, né le 5 Mars 1926 à Verdun, est âgé de 14 ans lorsque la France est envahie par les Allemands au Printemps 1940.

    Deux ans plus tard, en Mai 1942, il tente une première évasion pour rejoindre la France Libre. C’est le début d’un long et douloureux périple qu’il raconte sobrement dans un courrier retrancrit par son fils Gilles Mehaut.

     

    L’EVASION PAR L’ESPAGNE ET L’ENGAGEMENT DE MAURICE MEHAUT EN TUNISIE

     

    Pemière tentative d’évasion en Mai 1942

    « Départ de Verdun.

    Arrêté par les Feldgendarmes à Sainte -Menehould, à l’époque frontière de la Lorraine.

    Passé à tabac à la Kommandantur, relâché après 48 heures avec deux dents en moins et le nez cassé.

    La Feldgendarmerie m’avait remis dans le train en direction de Verdun, je descendais à la première station et repassais la limite dans la nuit dans la forêt des Islettes, avec les chiens au derrière.

    Trois jours après, je traversai le Cher à la nage, en crue, près de Vierzon, pour arriver en zone non occupée.

    Passage de la frontière espagnole en haute montagne près de Luchon.

    Arrêté sur le versant espagnol et emprisonné à Venasque environ 3 semaines.

    Refoulé en France vu mon jeune âge (j’avais 16 ans), la Gendarmerie française me plaça dans un camp de compagnons de France à Toulouse.

     

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

    Monument commémoratif au Col de Vénasque

     

    La seconde évasion, réussie, en  Février 1943

    Avec deux camarades Belges et deux Français, nous avons quitté en fin Février 1943 les Compagnons de France en chapardant un peu d’habillement et de nourriture.

    Nous avons mis sept jours pour franchir la frontière au- dessus des lacs d’Espingo et d’Oô. Pendant trois jours nous avons mangé de la neige.

    Quand les Espagnols nous ont arrêtés, aucun d’entre nous ne pouvait se tenir sur ses jambes ni même parler. Conduits à la prison de Barbastro et internés jusqu’en Juillet 43. 

     

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

    La prison de Barbastro :  la flèche indique l'emplacement de la cellule de Maurice Mehaut

     

    Passage réglementaire au Portugal  en Août 1943, par train, avec tout un groupe de Français.

    Embarquement à Cétubal pour Casablanca.

    Dirigé sur ma demande à la 1ère Division Française Libre en Tunisie et versé au Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique ».

     

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

    Collection Blandine Bongrand-Saint Hillier 

     

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    La suite du parcours de Maurice MEHAUT vous sera proposée à partir de la semaine prochaine, à travers le carnet de route qu’il a tenu entre Avril 1944 et Avril 1945, du Girofano à l’Authion.

    Nos remerciements à Gilles Mehaut qui nous a confié sa transcription de ce carnet ainsi que de nombreuses photographies de son Père qui est décédé prématurément dans un accident de la route en 1970. 

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

     

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

     

    * Carnet de route de Maurice MEHAUT (BIMP) - 1 - Ses deux tentatives d'évasion par l'Espagne pour rejoindre la France Libre

     

     


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