• L’ordre de la Libération a la grande tristesse de nous faire part de la disparition du colonel (h) Fred Moore, chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération, survenue dans la nuit du 16 au 17 septembre 2017, à l’Institution nationale des Invalides. 


    Le général de division (2S) Christian Baptiste, délégué national, et monsieur Dominique Salvert, maire de l’Ile-de-Sein et co-président du conseil national des communes « compagnon de la Libération »,

    vous informent que les honneurs militaires funèbres seront rendus au colonel (h) Fred Moore, chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération,

     

    le vendredi 22 septembre 2017 à 16h30  

    dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.

    * Décès du colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération
    (Photo - 14/05/2014 / © AFP - F. Fife)

     

    Français libre de la première heure, Fred Moore quitte la France depuis Brest pour rallier l’Angleterre dès le 19 juin 1940. Il participe ensuite à l’épopée africaine de la France libre à Dakar, en Afrique du Nord et au Levant au sein d’une unité de spahis marocains. Le lieutenant Fred Moore débarque en Normandie le 2 août 1944 avec la 2ème division blindée du général Leclerc. Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il prend une part active à la prise de l'Ecole Militaire. Par la suite, dans les Vosges, en Alsace, sur le front de La Rochelle et enfin en Allemagne, il participe jusqu’en mai 1945 à tous les combats. Il est nommé compagnon de la Libération en novembre 1945 avant de rejoindre la vie civile.

    Fred Moore avait un profond attachement à l’institution militaire à travers, notamment, son engagement dans la réserve qui lui a valu le grade le plus élevé de colonel honoraire.

    Son implication au sein du conseil de l’ordre de la Libération aboutit à sa nomination de chancelier en 2011, puis de premier délégué national du conseil national des communes « compagnon de la Libération » en novembre 2012.

    Fred Moore ayant demandé à être déchargé de ses fonctions, le général de division (2S) Christian Baptiste lui succède, comme délégué national, en janvier 2017. Fred Moore est alors nommé chancelier d’honneur le 4 mai 2017.
    Il reste aujourd’hui 10 compagnons de la Libération vivants.

     

    * Décès du colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération

    (Photo Ordre de la Libération)

    GRCA
    1er Régiment de Marche de Spahis Marocains

    La biographie complète de Fred Moore : 
    http://www.ordredelaliberation.fr/…/les-comp…/680/fred-moore


    Fred Moore est né le 8 avril 1920 à Brest. Son père, ancien officier de la Royal Navy, naturalisé français en 1926, est commerçant à Amiens dès 1921.

    Après ses études au Lycée d'Amiens, Fred Moore entre à l'Ecole Nationale d'Optique à Morez dans le Jura.

    Trop jeune pour être mobilisé, il s'engage comme volontaire en mai 1940 au titre du Bataillon de l'Air n° 117 stationné à Chartres, mais ne peut rejoindre son unité.

    Il rejoint Brest où ses parents et son frère se réfugient après avoir évacué Amiens. Refusant la défaite, le 19 juin 1940, il quitte la France en bateau à voile en compagnie de son jeune frère et, de Bretagne, atteint l'Angleterre où, le 1er juillet 1940, il s'engage dans les Forces Françaises Libres au titre des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL).

    Titulaire de son permis de conduire depuis 1938, il est, pour cette raison, finalement affecté à la 1ère Compagnie du Train avant de prendre part à l'expédition de Dakar en septembre 1940.

    Désigné pour suivre, en décembre 1940, les cours d'élève aspirant au camp Colonna d'Ornano à Brazzaville, il est nommé aspirant le 14 juillet 1941 et dirigé sur Beyrouth pour servir aux troupes du Levant.

    Le 1er septembre 1941, il est affecté chez les Spahis Marocains, comme chef du 2ème Peloton du 1er Escadron du Groupe de Reconnaissance de Corps d'Armée (GRCA) à Damas, où il s'entraîne en vue de participer à la campagne de Libye.

    En avril 1942, il passe en Egypte avec son unité qui devient bientôt le 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains. Il participe dès lors, à la tête du 2ème peloton de reconnaissance, à toutes les campagnes avec le 1er Escadron du 1er RMSM. Il combat en Egypte puis en Libye.

    En 1943, il se distingue en Tunisie, notamment le 6 mars, au combat de l'Oued Gragour où il engage résolument son peloton face à des engins blindés ennemis en nombre supérieur et les stoppe à deux reprises. Par cette action retardatrice, il permet au gros des troupes d'intervenir à temps et de mettre en échec l'ennemi. En avril, il participe aux combats autour du Djebel Fadeloun avec la Force L du général Leclerc.

    En juillet 1943, Fred Moore est affecté pendant un mois et demi à la Garde d'Honneur du général de Gaulle à Alger avant de rejoindre le 1er RMSM au Maroc où se constitue la 2ème Division Blindée.

    Le 10 avril 1944, Il embarque à Oran avec son unité à destination de l'Angleterre.

    Promu au grade de lieutenant en juin 1944, il débarque en Normandie, à Grandcamp, le 2 août 1944 avec la 2ème D.B. A la tête du 2ème Peloton du 5ème Escadron du 1er RMSM - il s'agit en réalité du 1er Escadron rebaptisé 5ème Escadron - le lieutenant Moore combat en Normandie. Du 15 au 29 août 1944, il met hors de combat avec son peloton trois canons antichars allemands, capture plus de cent prisonniers et un important matériel, ne perdant que deux hommes au cours de ces opérations.

    Lors de la libération de Paris le 25 août 1944, il prend une part active à la prise de l'Ecole Militaire, puis, le 27 août, à la bataille de Dugny - Le Bourget en Seine-Saint-Denis.

    S'ensuit la campagne des Vosges où avec audace et initiative, il prend sous ses feux la route Luneville-Strasbourg, le 23 septembre 1944 à Buriville dans les combats de la forêt de Mondon, et inflige à l'ennemi d'importantes pertes en matériel et en hommes.

    Durant la campagne d'Alsace, il participe activement au combat de Mittellbron devant Sarrebourg le 20 novembre et à la libération de Strasbourg le 23 novembre, puis à la prise de Plobsheim, Krafft et Gerstheim les 28, 29 et 30 novembre.

    En avril 1945, le lieutenant Moore prend part aux opérations sur le front de La Rochelle avant de faire route sur l'Allemagne où il participe aux derniers combats.

    Démobilisé en avril 1946, il crée une affaire d'optique à Amiens.

    Promu au grade de capitaine de réserve en 1950, Fred Moore est rappelé à l'activité en mai 1956 et affecté au 6ème Régiment de Spahis Marocains. Il sert en Algérie jusqu'en novembre 1956, commandant le 4ème Escadron.

    Promu successivement, dans la réserve, chef d'escadrons en octobre 1958 puis lieutenant-colonel en 1966 et colonel en 1971. Il est chef de corps du 54ème RID de l'Oise de 1962 à 1978.

    Colonel honoraire le 8 avril 1982.

    Elu député de la Somme à Amiens (1ère circonscription) en 1958, Conseiller technique au cabinet du Ministre de l'Industrie (1962 à 1964), membre du Conseil Economique (1964-1966), il démissionne de toutes ses fonctions politiques en 1969 et se consacre à son métier d'opticien.

    Vice-président national de l'Ordre des Opticiens, administrateur de Sociétés et PDG de la Société Industrielle de Développement Electronique et Nucléaire (S.I.D.E.N.) de 1969 à 1974.

    Délégué Général du syndicat général de l'Optique française ainsi que de son équivalent à l'échelle européenne, l'Eurom, de 1977 à 1982.

    En mars 2004, Fred Moore est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, puis par décret du 11 octobre 2011, chancelier de l'Ordre de la Libération, succédant au Professeur François Jacob.

    Le 16 novembre 2012, il est nommé par décret Délégué national du Conseil national des communes "Compagnon de la Libération". Renouvelé en octobre 2015, il met fin à ses fonctions en janvier 2017 et est nommé en avril 2017 chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération, 

    Fred Moore est décédé le 16 septembre 2017 à Paris.



    • Grand Croix de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
    • Croix de Guerre 39/45 (nombreuses citations)
    • Médaille des Evadés
    • Médaille Coloniale avec agrafes "Libye", "Tunisie"
    • Croix du combattant Volontaire 39/45
    • Croix du combattant Volontaire de la Résistance
    • Officier des Palmes Académiques
    • Médaille des Services Militaires Volontaires
    • Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre
    • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et de Maintien de l'Ordre en Algérie
    • Presidential Unit Citation (USA)
    • Officier du Nicham Iftikar (Tunisie)
    • Officier du Ouissam Alaouite (Maroc)

     

    * Décès du colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération

    Ordre de la Libération

    (Photo internet)

     

    La Fondation B.M.24 Obenheim
    présente ses sincères condoléances à sa famille.

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim      

    * Décès du colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération

     


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    La Ville de PARAY-LE-MONIAL et ses environs ont été pendant l’occupation un haut lieu de la Résistance.

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    Barrette de la résistance 
    (Photo internet)

     

    Le tribut fut lourd. 80 habitants furent déportés, 34 ne revinrent pas. Après la Libération, PARAY-LE-MONIAL fut citée :

    « Ville qui dès le début de l’occupation allemande s’est signalée par son activité résistante. A eu de ce fait 80 habitants déportés, dont 34 ne sont pas revenus des camps de concentration ennemis »

    Cette citation s’est accompagnée de l’attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de bronze.

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

     (Photo internet)

     

    Parmi les actes de résistance effectués à PARAY ou dans ses environs, citons l’action du 22 août 1944.

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    (Photo : Cheminots retraités CGT - secteur DIJON)



    Paray-le-Monial, le 22 août 1944

     


    Le 22 août 1944, le capitaine Guy d'Artois, un agent du S.O.E de l'armée canadienne, décide de monter une opération engageant le 1er bataillon du Charollais sur plusieurs objectifs.

    Les maquisards de la 4ème Cie sont commandés par le capitaine Gaston Lévy, un réfugié juif devenu l'un des chefs de la résistance dans la région. Ces hommes sont issus des groupes de « Sylla » à Martigny-le-comte et de « Gros Bois » à Saint-Julien de Civry ; ils ont pour objectifs la gare de Paray-le-Monial avec son dépôt ferroviaire et de libérer un train de déportés.

    Le train de déportés est bien à quai, mais composite. En son milieu, des wagons de voyageurs transportent des miliciens et leurs familles, du personnel des services de police allemande de Clermont-Ferrand et une escorte de soldats de la Waffen SS, sans doute de la Freiwilligen-Stamm-Division ; c'est une unité de dépôt formée en janvier 1944 dans le sud de la France avec des volontaires anti-bolcheviques russes ukrainiens, géorgiens, turcs et caucasiens du Nord présents dans la région. Il y a aussi d'autres convois militaires et du matériel lourd et de réparation, le tout fortement armé de mitrailleuses jumelées de défense anti-érienne.

    Au début, l'objectif des maquisards est bien circonscrit, la gare est isolée, mais la surprise est 
    ailleurs : un train blindé de protection arrive sur les lieux à vitesse réduite.

    Après le débarquement en Provence, constatant que la circulation ferroviaire devient de plus en plus difficile, les allemands ont l'idée de former des convois de 6 à 12 trains précédés d'un train blindé.

    Le train blindé n°32, dont le blindage a été élaboré dans les usines Schneider du Creusot, 
    circulait entre Chagny et Paray-le-Monial. Opérationnel depuis juillet 1944, il était servi par l'équipage du train blindé n°31 abandonné en Russie en décembre 1943. La nuit, il se cachait au Creusot dans un tunnel. C'était le seul de ce type à circuler en France.

    Ce train sera finalement intercepté à Saint-Bérain-sur-Dheune le 7 septembre 1944 par le 
    tank Destroyer Béarn du 9ème régiment de chasseurs d'Afrique par un tir qui atteint la chaudière de la locomotive.

    Le train blindé sera utilisé pendant le tournage du film : la bataille du rail en 1946. Après le tournage il entreprendra une tournée nationale, de gare en gare, où on pouvait le visiter, puis finira
    mystérieusement découpé par des ferrailleurs. Le train blindé est doté d'une puissance de feu disproportionnée en comparaison de celle des maquisards. A son arrivée, un combat inégal et sans merci a lieu en défaveur des maquisards, qui doivent battre en retraite. Il y aura 29 victimes chez les résistants, dont des prisonniers ramenés jusqu'à la gare et abattus.

    Le train de déportés est reparti vers sa destination : la gare alsacienne de Rothau au bas des Vosges. De là, les détenus ont été emmenés au camp de concentration de Natzwiler Struthof. A
    l'approche des alliés, début novembre, ils ont été évacués vers le camp de Dachau. Les survivants du convoi ne retrouvèrent la liberté que le 29 avril 1945, avec l'arrivée d'une unité américaine.
    Parmi les 29 victimes de la gare, il y avait 11 digoinais.
    Un grand nombre de jeunes de Digoin avait rejoint la résistance, dont : Amédée Saulnier du groupe « Sylla » et Lucien Papillon du groupe « Gros Bois » ils ont tous deux participé à l'attaque de la gare de Paray-le-Monial et tous les deux ont signé quelques jours plus tard un engagement au BM24 à Lyon.

    Il faut signaler que l'un des blessés, Roger Retat, ne devra d'avoir la vie sauve qu'au courage 
    de Lucien Papillon, qui le ramena en lieu sûr.

    Lucien Papillon participera le 4 septembre 1944 à la libération de la ville de Paray-le-Monial. 
    Je connais encore 3 personnes en vie de la commune de Digoin ce 22 août 2017, qui ont participé au combat le 22 août 1944 à Paray-le-Monial :

    Marcel Perrut, né en 1918

    Maurice Achaintre, né en 1924
    Lucien Papillon, né en 1926

    Fait le 1er septembre 2017


                          Alain OTT 

    (Crédit photos : Alain Ott)

     

     * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    Jean Gilbert, Alain Ott et Lucien Papillon

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

     Dépôt de gerbe au monument aux morts du cimetière de Digoin


    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

     A coté de Jean Gilbert, un des fils de Lucien Papillon

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    Monument aux morts de Digoin, de gauche a droite
    Maurice Achaintre, Bernard Ledin et Marcel Perrut

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

     Cimetière de Digoin

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    Marcel Perrut et Jean Gilbert

     

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

    Jean Gilbert à la gare de Paray le Monial

     

     Le 22 août 1944...
     une date gravée à jamais pour Paray-le-Monial

     

    Fondation B.M. 24 Obenheim

    * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

     


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  • Article publié le 13 Septembre 2017

    © Marine nationale - Source :
    Alex Moisset et CC(R) Emmanuel Cocher

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    À l’occasion du 70ème anniversaire du départ d’Écosse des Forces navales françaises libres (FNFL) qui ont combattu aux côtés de la Royal Navy pendant toute la Seconde Guerre mondiale, une cérémonie commémorative a eu lieu le dimanche 13 novembre 2016 au monument français de Lyle Hill à Greenock (sur l’estuaire de la Clyde, à l’ouest de Glasgow). Ce monument, marqué par une grande croix de Lorraine blanche dont une ancre forme la base, a été inauguré le 18 janvier 1946 par le Premier Lord de l’Amirauté britannique, après le départ des derniers navires français. Il honore la mémoire des 8 358 marins français libres morts au combat, ainsi que les 1500 victimes parmi les marins du commerce.

     

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    Un peu d’histoire…

    L’Ecosse, base-clé pour les FNFL (1940-1946)

     

    Créées le 1er juillet 1940 sur ordre du général de Gaulle, les FNFL étaient placées sous le commandement du vice-amiral Muselier. Le 22 juillet 1940, elles ne comptent que 1084 marins et officiers. Au 15 août, 93 officiers, 22 aspirants et 165 officiers mariniers forment les cadres des FNFL. Au 15 décembre, ses effectifs globaux atteignent 3309 marins et officiers.1 Ces marins français libres sont répartis dans plusieurs bases, rapidement organisées : six outre-mer (en particulier en Afrique équatoriale française, au Levant, en Égypte et dans le Pacifique) et sept en Grande-Bretagne, Angleterre (Portsmouth, Cowes, Plymouth, Liverpool, Londres) et Écosse (Dundee à l’est sur la mer du Nord, et Greenock à l’Ouest vers l’Atlantique). Il faut également mentionner la base d’Achnacarry, également située dans le Nord-Ouest de l’Écosse, qui accueille dès 1942 des volontaires français pour une formation de commando qui permet, à l’issue d’un stage de six semaines, les plus aptes à constituer une unité d’élite rattachée au 10ème commando interallié, au sein d’une compagnie commandée par Philippe Kieffer et rattachée à la 1st Special Service Brigade du général de brigade Lord Lovat, un Ecossais, s’illustrera en Normandie.

    Comme l’explique le général de Gaulle dans ses Mémoires :

    « Tandis que les unités des forces terrestres stationnées en Grande-Bretagne font l’instruction d’éléments destinés à combattre ailleurs, c’est à partir des ports anglais que la plupart de nos forces navales prennent part, sur l’Atlantique, la Manche, la mer du Nord, l’Arctique, à la bataille des communications. Pour le faire, tout nous commande de profiter des bases alliées. Nous n’avons, en effet, nulle part, aucun moyen qui nous soit propre de réparer, d’entretenir, de ravitailler nos navires. A fortiori, ne pouvons-nous pas les doter des moyens nouveaux : défense contre avions, asdic, radar, etc., qu’exige l’évolution de la lutte. Enfin, sur le vaste théâtre d’opérations maritimes dont l’Angleterre est le centre, il faut l’unité technique et tactique des efforts. C’est pourquoi, si les navires que nous armons nous appartiennent entièrement, quelle que soit leur origine, s’ils n’ont de pavillon que tricolore, s’il n’y a, pour les états-majors et pour les équipages, d’autre discipline que française, s’ils n’exécutent de missions que par ordre de leurs chefs, bref si notre marine demeure purement nationale, nous avons admis, qu’à moins d’épisodes qui nous amènent à l’utiliser directement, elle fait partie, pour l’emploi, de l’ensemble de l’action navale menée par les Britanniques. Elle s’y trouve, au demeurant, dans un système admirable de capacité, de discipline, d’activité, qui réagit sur sa propre valeur. Les Anglais, de leur côté, appréciant fort ce concours, prêtent aux forces navales françaises libres un large appui matériel. Leurs arsenaux, leurs services s’ingénient à mettre en état et à pourvoir nos navires, en dépit des différences de types et de l’armement. Les matériels nouveaux qu’utilise l’armée britannique sont fournis sans retard à la nôtre. Des bateaux neufs : corvettes et vedettes, plus tard frégates, destroyers, sous-marins, nous sont offerts sitôt construits. Si notre petite flotte réussit à jouer un rôle et à soutenir sur les mers l’honneur des armes de la France, c’est grâce à l’aide alliée comme aux mérites de nos marins.

    Je le constate chaque fois que je vais voir quelqu’une de ses fractions à Greenock, Portsmouth, Cowes, Dartmouth. Étant donné le caractère de la lutte, étant donné aussi l’effectif réduit dont nous disposons, nous n’armons que de petits bâtiments. Mais, à bord de ceux de la France Libre, on pousse l’effort jusqu’à la limite du possible. »2

    Cette coopération militaire interalliée s’est manifestée en Écosse par un renouveau de la fraternité franco-écossaise, dans l’esprit de la Vieille alliance, notamment avec l’inauguration le 23 juin 1942 par le général de Gaulle de la Scottish Free French Houseà Edimbourg, l’actuelle résidence consulaire dont on fête les 75 ans en 2017. Le Général, dont l’arrière-grand-mère était Ecossaise, et qui aurait dit « se sentir comme chez lui » à son arrivée en Écosse, écrit ainsi à ce sujet :

    « Les Amis des volontaires français, groupement dirigé par Lord Tyrrell, Lord de la Warr, Lord Ivor Churchill, formé surtout de Britanniques, en Écosse le Comité de coordination de la France Combattante, sous l'amicale présidence de Lord Inverclyde, prodiguent à nos combattants une aide aussi intelligente que généreuse»3.

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    Le port de Greenock

     

    1940, premières missions depuis Greenock

    Greenock, lieu d’un naufrage dramatique (la perte accidentelle du Maillé-Brézé, le 30 avril 1940), devient rapidement une base majeure pour les FNFL : quelques-uns des rares navires français libres à la disposition du général de Gaulle et Muselier s’y regroupent.

    Le Savorgnan de Brazza, déjà. Son premier commandant raconte que l’aviso « appareilla de Portsmouth le 21 août 1940 au soir au beau milieu d’une alerte aérienne, et fit route sur Greenock, évitant de justesse dans le canal de Saint-Georges les bombes de trois avions allemands ».4

    Il est vite rejoint par le Commandant-Duboc.

    « 29 août 1940. Entrons dans l’embouchure de la Clyde. Mouillage à 15h, à Greenock. Mouillons près de l’épave du Maillé-Brézé. Le bâtiment de guerre français a brulé dans le port voici plusieurs mois après la violente explosion d’une de ses torpilles. Il fut conduit dans le milieu du fleuve, où il est maintenant échoué. On aperçoit ses deux mâts et trois cheminées. La 4ème a dû sauter lors de l’explosion. »5

    Le 31 août, un convoi de transports de troupes se forme, escorté notamment par les avisos dragueurs Commandant-Duboc et Commandant-Dominé ; les navires s’apprêtent à appareiller – c’est le début de l’opération de Dakar :

    « 31 août. Le Commandant-Duboc et le Commandant-Dominé, accompagnés de quelques bâtiments britanniques, escorterons des transports et cargos transportant des légionnaires français avec leur armement […]. Levons l’ancre à 20h. L’équipage, aligné sur le pont, chante La Marseillaise. Nous échangeons des hurras avec l'équipage du Vikings, chalutier armé des FNFL, puis avec les bâtiments britanniques que nous doublons6. »

    En plus des légionnaires, les cargos transportent le matériel et les munitions du Premier bataillon de fusiliers marins (1er BFM) créé par l’amiral Muselier le 14 juillet 1940, dont des éléments sont aussi à la disposition du général de Gaulle ; ceux-ci avaient insisté pour « se battre corps à corps contre le boche, et ce fut l’origine du 1erRégiment des Fusiliers Marins »7 : ils participent ainsi à l’opération de Dakar, on les retrouvera à Bir Hakeim en 1942.

    L’autre convoi en direction de Dakar, celui des transports de charge, est également escorté par des navires français libres, le patrouilleur Président Houduce et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza, dont la mission était « de déposer puis de reprendre devant les passes la vedette portant l’équipe des parlementaires du commandant Thierry d’Argenlieu – qui allaient malheureusement être accueillis et atteints par les mitrailleuses de la défense de Dakar…

    L’activité des navires français libres à Greenock ne s’arrête pas là. Des bâtiments-bases y sont rapidement amarrés. C’est le cas du vieil aviso Amiens, qui devient une école de mécaniciens, chauffeurs et électriciens, du torpilleur Ouragan, des avisos Arras et Diligente ; tous restent à quai pour servir de bases flottantes. En décembre 1940, enfin, les torpilleurs Léopard et Le Triomphant – ce dernier enfin réparé, après avoir subi des avaries lors d’un raid victorieux dans le détroit du Kattegat entre la Norvège et le Danemark en avril 1940 –, forment à Greenock la première division de torpilleurs des FNFL. 8

    1941 : Greenock devient la base des corvettes françaises libres

    En 1941, neuf corvettes sont cédées aux FNFL par la Royal Navy. Trois opèrent dans l’Atlantique sud (Les Commandant-DétroyatCommandant-Drogou et Commandant-D’Estienne-d’Orves), tandis que les six autres pratiquent l’Atlantique nord et forment les 1ère et 2nde divisions d’escorte, composées respectivement des corvettes MimosaAlysseAconit et LobéliaRenonculeRoselys. Dès 1942, ces six corvettes françaises affectées à la protection des convois sont toutes rattachées au Western Approach Command, à la base de la Clyde, à Greenock. Cette base leur sera d’un grand secours pour les relèves, l’entraînement des équipages, le ravitaillement, les réparations, souvent pendant de très courtes escales de huit à dix jours, tandis que les missions d’escorte de convois durent un à deux mois…

    Le rapport de M. Raoul Aglion, intitulé Enquête sur le ralliement des marins à la France Combattante, daté du 1er avril 1943, exprime avec force la condition de ces marins FNFL, tous volontaires et servant sur les corvettes depuis 1941 :

    « Dans les FNFL :

    1. – La paye est moins élevée que sur les bateaux de l’amiral Fénard ;

    2. – La nourriture est moins abondante et moins bonne ;

    3. – La discipline y est plus sévère ;

    4. – Ils ont 80% de chances de perdre leur vie dans les unités des FNFL alors qu’ils ont 80% de chances de s’en sortir s’ils restent là où ils sont. En effet […] la France Combattante n’a pas de grosses unités. Les marins du général de Gaulle font leur service principalement sur des corvettes qui gardent et protègent les convois. De ce fait, ils sont continuellement en combat avec les sous-marins. La vie sur les cuirassés est beaucoup moins dangereuse, car les sous-marins évitent de les rencontrer.

    Les marins auxquels ces discours ont été faits n’ont pas hésité, et ont signé leur engagement malgré ces avertissements sévères. »9

    Les corvettes sont en effet de petits bâtiments qui tiennent bien la mer, quoique difficiles à vivre par gros temps, et relativement lents – 16 nœuds, une vitesse cela dit suffisante pour la poursuite des sous-marins submergés et limités à 9 nœuds. « C’étaient des escorteurs tout neufs, d’un millier de tonnes environ, pourvus des moyens de lutte les plus modernes contre les sous-marins », écrit l’amiral Auphan.10Conçues d’après les plans d’un baleinier, elles devaient pouvoir être construites à bas prix et rapidement, en particulier par de modestes chantiers navals qui se consacraient d’ordinaire à la production de navires marchands ; ainsi plusieurs de ces corvettes, dont l’Alysse, ont été construites à Greenock, aux chantiers navals George Brown & Co ; tandis que les Commandant DetroyatLobelia et Roselys ont été construites à Aberdeen, et que l’Aconit et la Renoncule proviennent des chantiers navals de Troon et Renfrew.

    Les corvettes françaises s’illustrent en premier lieu durant l’expédition de Saint-Pierre et Miquelon en décembre 1941. Le Lobelia venait tout juste de prendre son service, lorsque l’amiral Muselier s’y embarque, le 24 novembre 1941 à Greenock. Son objectif déclaré : l’inspection des corvettes françaises en missions d’escorte sur la ligne de l’Atlantique nord. Mais sa mission est toute autre. « Parvenu sur les côtes d’Islande et après avoir effectivement inspecté deux ou trois de ces bâtiments, il se transborda sur le Mimosa et mit le cap sur Saint-Jean de Terre-Neuve où il retrouva l’Alysse et l’Aconit. » Cette concentration de corvettes, puissamment soutenues par le Surcouf et ses canons de 203 mm, était supposée effectuer des exercices au large de Terre-Neuve ; si bien que le 24 décembre, lorsqu’elle se présente dans le chenal qui sépare Saint-Pierre de Miquelon, la surprise est totale. Sans un seul coup de feu, le ralliement était vite obtenu, et le gouverneur arrêté.

    L’exploit de la corvette Aconit, dont Greenock fut le port d’attache, est un fait d’armes sans pareil dans l’histoire de la Seconde guerre mondiale. Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Levasseur, l’Aconit a en effet coulé deux sous-marins, l’U-444 et l’U-432 à douze heures d’intervalle, le même jour, le 11 mars 1943. L’amiral Auphan raconte la bataille :

    « En compagnie de la Renoncule, l’Aconit ramenait trois trainards d’un convoi d’Halifax – le H.X.228 – le 10 mars 1943, lorsque des sous-marins se manifestèrent. Au milieu de la nuit, le chef d’escorte, H.M.S. Harvester, signala qu’il s’était fait des avaries en abordant un sous-marin et ordonna à l’Aconit de rallier. C’est alors que la corvette française aperçut et éperonna l’U-444, celui-là même que son chef avait abordé en lui causant des dégâts superficiels. Quatre marins allemands recueillis par l’Aconit apportaient la preuve de cette première victoire. Mais la meute ennemie était bien fournie. L’Harvester eut son compte à 11 heures du matin. L’Aconit qui se précipitait à son secours repéra le coupable en surface à l’horizon. L’attaque dura vingt-trois minutes : grenades, canon, et pour finir, à 12h45, l’U-432 s’ouvrit en deux sous l’étrave de son vainqueur. L’Harvester était vengé dans l’heure qui avait suivi sa perte. Vingt prisonniers furent recueillis. Ils étaient, racontèrent-ils, à la soupe – célébrant peut-être leur victoire – quand l’Aconit avait attaqué. ‘J’espère, écrivit avec quelque férocité, dans son rapport, le LV Levasseur, qu’ils auront apprécié le dessert de mes dix grenades !’ »11

    Du 19 juin 1941, date de son entrée en service, au 8 mai 1945, la corvette Aconit, compagnon de la Libération, aura escorté 34 convois et parcouru 84 000 milles marins en 405 jours de mer, coulé deux sous-marins, capturé 24 prisonniers, secouru 220 naufragés et participé au ralliement de Saint-Pierre et Miquelon.

    Cette coopération militaire va de pair avec des manifestations de fraternité à l’égard des marins français libres qui continuent le combat dans des bases éloignées. À Greenock, un foyer est créé. Les marins sont choyés par l’hospitalité écossaise. La Free French House d’Édimbourg devient le centre de la culture française en Écosse ainsi qu’un lieu de repos pour les officiers en permission, avec films, conférences et concerts. Le philosophe Raymond Aron intervient pour situer la France libre dans l’Europe démocratique ; Paul Éluard évoque la poésie, la survivance de l’amour dans la guerre ; et le jeune Jean-Louis Crémieux-Brilhac, alors lieutenant, vient relater son évasion d’un Stalag allemand à travers la Pologne…

     

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    Le Rubis et les sous-marins basés à Dundee

     

    Un mémorial pour les sous-mariniers de la neuvième flottille existe aussi en Écosse, à Dundee. La base navale HMS Ambrose abritait des sous-marins de 5 nations, dont des sous-marins français comme la Minerve et la Junon.12 Mais un autre sous-marin FNFL était basé à Dundee et ce dès mai 1940 : il s’agit du Rubis.

    La destinée de ce bâtiment est singulière. Alors que le Danemark et la Norvège étaient envahis par les Allemands, en avril 1940, la première réaction alliée est d’entreprendre le minage des eaux norvégiennes pour interrompre le trafic de minerai de fer entre la Finlande et Allemagne ; mais pour obtenir un mouillage de mines efficace, il fallait agir rapidement. Le second-maître mécanicien Jean-Pierre Babin, qui servait à bord du Rubis, témoigne :

    « À ce point, la Grande-Bretagne a un besoin urgent de mouilleurs de mines ; l’Amirauté britannique demandera donc la coopération de sous-marins mouilleurs de mines français. Le Rubis fut ainsi choisi pour appareiller sur l’Angleterre en avril 1940, mais il ne retournera en France qu’en 1945 ».13

    Le Rubis part pour sa première mission de guerre le 3 mai 1940. Sa mission : une opération de mouillage de mines à l’entrée du port de Kristiansand, au sud de la Norvège ; aucune attaque à la torpille n’est autorisée avant le mouillage : trop d’explosifs sont à bord ; après la pose de ses mines, seulement, le Rubis se verra alloué un secteur de patrouille avant de rentrer à Dundee. La mission est un succès, malgré un contrordre de mouiller des mines, non plus à Kristiansand, mais à Egersund – ce qui est effectué le 10 mai. Le Rubis a ouvert son tableau de chasse : deux cargos sont coulés et un endommagé.

    Une deuxième opération est vite planifiée. Entre le 23 et le 30 mai 1940, le Rubis devra s’infiltrer très loin à l’intérieur des fjords norvégiens, près de l‘entrée de Haugesund. « L’approche, le transit à travers le fjord, et le retour demanderont 36 heures de navigation en plongée. » La mission est accomplie sans encombre, malgré d’incessantes plongées en urgence, dues à l’activité aérienne ennemie ou aux patrouilles de torpilleurs allemands.

    Les opérations s’enchaînent. Une troisième, du 5 au 12 juin, et semblable à la précédente, se passe également sans encombre. Cette fois, le Rubis mouille des mines à l’entrée Nord de Bergen.

    « Malheureusement, après chaque retour de patrouille, les nouvelles de France sont de plus en plus mauvaises ». L’Amirauté française souhaite alors rappeler le sous-marin, mais considérant les services rendus par le Rubis, les Britanniques insistent pour une quatrième mission :

    « Le départ du Rubis de l’Ecosse est fixé pour le 18 juin ; mais l’Amirauté britannique demande vivement que le Rubis ne retourne pas en France avec sa dernière cargaison de mines : elle demande que nous partions pour une 4ème mission, qui est accordée, à condition que le Rubis soit rappelé si un armistice est signé. »14

    Ainsi, le Rubis reprend la mer. Sa destination : Trondheim, « où la quasi-totalité de la flotte allemande est basée. Il devra passer en plongée sous le torpilleur qui patrouille l’entrée du fjord, mais ne sera pas détecté et mouillera ses mines le 26 juin. »15

    Entretemps, l’armistice a été signé le 22 juin. Le Rubis est sans ordres précis des autorités françaises. Le 3 juillet 1940, comme tous les autres bâtiments de guerre français stationnés en Grande-Bretagne, il est saisi par les autorités britanniques qui donnent aux marins français le choix de continuer le combat, ou d’être rapatriés.

    « En ce qui concerne la saisie du Rubis, ceci fut fait avec beaucoup de tact et de compréhension de la part du commandant de la 9ème flottille de sous-marins. Je peux dire ici que l’équipage au complet avait déjà décidé de continuer la lutte avec leurs alliés britanniques, bien avant qu’il n’ait entendu parler du général de Gaulle. » Ainsi, le 14 juillet 1940, état-major et équipage rallient la France libre. « Sur un effectif de 47 hommes qui effectua les missions jusqu’à l’armistice, trois seulement choisissent de retourner en France. »16

    Ainsi, le Rubis est le premier bâtiment de guerre à rallier les FNFL.

    Sa carrière sera brillante. À la fin de la guerre, décoré de la Croix de la Libération, de la Croix de Guerre avec 5 citations à l’ordre de l’Armée, le Rubis aura mouillé 683 mines dans les eaux ennemies depuis la frontière espagnole près de St-Jean-de-Luz jusqu’aux eaux du Cap Nord en Norvège, au cours de 28 missions de guerre, coulé 18 navires de commerce ennemis, 11 patrouilleurs, chasseurs ou dragueurs de mines, 1 sous-marin allemand, après 17 850 heures de plongée.17

    Et Jean-Pierre Babin de conclure, sur la pérennité de l’alliance franco-écossaise :

    « Avant de terminer, mon récit de l’année 1940, je tiendrai à souligner l’accueil magnifique que nous avons reçu de la population écossaise à Dundee, avant et après l’armistice. Cet accueil décidera de 50% de notre décision de rester à leurs côtés au moment de ces jours sombres de juin 1940. Pour confirmer, je dirai que 21 épouses des anciens du Rubis sont originaires de Dundee – sur un équipage de 50 hommes, ce n’est pas mal ! Cela montre qu’il n’y a pas que la confiture (marmelade) qui soit remarquable en Écosse. »18

     

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    Remerciements à la médiathèque de l’Institut français au Royaume-Uni à Londres pour l’accès au fonds Joan Delin.

    1. Chiffres fournis par Stéphane Simonnet dans Le Commandant Kieffer : le Français du jour J, Tallandier (2012).

    2. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L’Appel : 1940-1942 (tome 1), Plon, Paris (1954, rééd. Pocket, 1999), p. 257-259.

    3. Charles de Gaulle, op. cit.

    4. Capitaine de vaisseau A. Roux, « Le Savorgnan de Brazza », Revue de la France Libre, n°29 (juin 1950).

    5. Martial Boursier, extraits de son « cahier de bord » personnel, à bord de l’aviso Commandant-Duboc en 1940, fonds Joan Delin des archives de l’Institut français au Royaume-Uni.

    6Ibid.

    7. G. Thierry D’Argenlieu, « Origine des FNFL », Revue de la France Libre, n°29 (juin 1950).

    8. Pascal Hervez-Baudin, Le cuirassé Courbet dans l’opération Corncob ou l’histoire d’un voyage sans retour, Nouvelles éditions latines (2011), p. 99.

    9. Rapport de M. Raoul Aglion, « Enquête sur le ralliement des marins à la France Combattante », New York, le 1er avril 1943.

    10. Amiral Auphan et Jacques Mordal, La Marine française pendant la Seconde guerre mondiale, Hachette, Paris (1958), p. 204.

    11. Op.cit., p. 204-205.

    12. Voir Revue de la France Libre, n°272 (décembre 1990).

    13. Lettre de Jean-Pierre Babin à Joan Delin (24 mai 1988), archives IFRU.

    14Ibid.

    15Ibid.

    16Ibid.

    17. D’après Maurice Pasquelot, Les sous-marins de la France Libre, Presses de la Cité, Paris (1998).

    18. Jean-Pierre Babin, op.cit.

     

    Article de la revue "Cols bleus" MARINE NATIONALE

     

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     

    La Fondation B.M.24 Obenheim tient à remercier Mr Daniel Delmas, bibliographe au sein de l'amicale de la 1ère DFL, pour les articles
    qu'il nous transmet régulièrement.


     

    Fondation B.M 24 Obenheim

    * LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES EN ÉCOSSE, 1946 - 2016

     


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  • Septembre 2017

    Le samedi 9 septembre 2017 à Nod-sur-Seine,  personnalités civiles et militaires se sont regroupées, autant de porte-drapeaux, la population, devant la stèle commémorative de la jonction des deux divisions, la première division française libre (DFL) et la deuxième division blindée (DB) le 10 septembre 1944.
    Notez la présence des anciens de la 1 ère DFL  :
    Jean Gilbert et Louis Bozon ainsi que le colonel Maurice Courdesses de la 2ème DB.

     

              * Nod-sur-Seine : anniversaire de la jonction par deux divisions en 1944 - la première DFL et la deuxième DB     * Nod-sur-Seine : anniversaire de la jonction par deux divisions en 1944 - la première DFL et la deuxième DB

     


    Voici l'histoire telle que différents éléments et témoignages nous la laissent comprendre.

    La 2ème DB (général Leclerc), débarquée en Normandie, quitta Paris le 8 septembre et arriva à Cunfin (Haute-Marne) le 10. L'armée de Lattre avait libéré Dijon la veille et les liaisons radio entre les deux états-majors étaient fréquentes. Les avant-gardes des deux armées savaient donc qu'elles étaient sur le point de se rejoindre. Les éléments avancés de la 2ème DB, arrivés à Châtillon, reçurent l'ordre de partir en reconnaissance jusqu'à Chamesson. Gaudet réalise alors que la jonction avec la 1ère armée venant de Dijon est imminente. Il se presse et rencontre en chemin Louise et Gaston Merle, buralistes de Nod, qui, à bicyclette, vont se ravitailler en tabac à Châtillon. Apercevant ces soldats de la division Leclerc cherchant à joindre ceux de la division de Lattre, les buralistes leur conseillent de s'avancer jusqu'à Nod, la voie étant libre. Les véhicules poussent jusqu'à ce village et stationnent face à la cure. Laissant le gros de ses éléments sur place, le chef du détachement, le lieutenant Jourdan, continue vers le Sud à bord du half-track Tchad, accompagné du lieutenant Marson. A Aisey-sur-Seine, l'équipage est reçu au presbytère par le curé Karcher puis continue sa route en sa compagnie. Quelques virages plus loin, ils rencontrent une jeep : elle est conduite par le général Brosset (1ère DFL). Accompagné de Eve Curie, il rend visite à sa belle-mère à Semond, la générale Mangin. Il annonce alors que des éléments de la 1ère DFL ont atteint Saint-Seine-l'Abbaye... En effet, quelques moments plus tard, les capitaines Queyrat et Guérard, état-major de la division Brosset rencontreront à Nod-sur-Seine le capitaine Gaudet. Les protagonistes viennent d'effectuer la jonction Overlord-Dragon ! Immédiatement, Gaudet appelle l'état-major pour lui signifier le moment historique. Le maire de Nod, Pierre Huguenin fait aussitôt poser un panneau indiquant l'événement. Ce sera là que le symbole sera matérialisé...

    Pascaline KROMICHEFF  (17 septembre 2014)
     
    * Nod-sur-Seine : anniversaire de la jonction par deux divisions en 1944 - la première DFL et la deuxième DB

     


    Reportage photos du 9 septembre 2017 

    (Blandine Bongrand Saint Hillier)

     
      
     Musique de la 1ère DFL  par le Colonel Frizza de la 13ème DBLE

     

     * Nod-sur-Seine : anniversaire de la jonction par deux divisions en 1944 - la première DFL et la deuxième DB

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    Reportage vidéo. 


     

     

     

     Fondation B.M.24 Obenheim    

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    * A Nevers, Eric Segonne met les compagnons dans la lumière...

     Cyril Lohbrunner, Eric Segonne et  Jean-François Daguin (RCF)

    Jean François Daguin  invitait hier, 7 septembre 2017, ERIC SEGONNE et CYRIL LOHBRUNNER à évoquer sur la station de radio RCF Nièvre leur coopération autour de la mémoire, et celle  des compagnons de la Libération en particulier, dans son émission "Dans la lumière".

    Le 11 septembre 2016, avait été inaugurée à Nevers une stèle en hommage aux compagnons de la Libération du NivernaisEric Segonne  présente aujourd'hui la brochure qu'il  leur a consacré et qui sera présentée officiellement dimanche prochain au cours de la cérémonie anniversaire de la Libération de Nevers.

    Réécoutez l'enregistrement de cette émission de 45 ' au cours de laquelle  Cyril Lohbrunner,  directeur du Pôle vocal Victor Hugo, témoigne de la coopération qui s'est établie avec Eric Segonne, en particulier lors de la cérémonie de 2016, et nous donne à réécouter, notamment,  le Chant du partisan et la Marseillaise....

     

     

    Interprétation par les enfants du Pôle vocal Victor Hugo du "Partisan" dont les paroles ont été écrites par le compagnon de la Libération Emmanuel d'Astier de la Vigerie, et qui fut rendu célèbre par le chanteur Léonard Cohen, dans les années 70.

    Cérémonie de Dun les Places (26 juin 2016)

     

     


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