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    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald

    Stèle de l'Illwald 2011 . à gauche Maxime Balay (Bm4) et à droite Emile Gauthier (Chambarand)

    Porte-drapeaux  Antoine Maniscalco et Marcel Barbary à droite

     

    RECIT de PIERRE DEVEAUX 

    "... Les compagnies du B.M. 4 attaquent. Le terrain est miné, aussi mettons-nous les pieds dans les empreintes laissées par les camarades qui nous ont précédés.

    L'Artillerie pilonne devant notre progression et nous offre un paysage apocalyptique fait d'éclairs, d'arbres qui craquent et s'effondrent dans l'indescriptible fracas des armes. Grisés par l'odeur de poudre montant de cet enfer dantesque, nous ressentons à ce moment un enivrement confus fait de plaisir cruel et pervers, plus fort que notre peur - car nous avions peur - celui du rapace qui fond sur sa proie...

    Nous sommes stoppés, car le Génie n'a pas terminé le pont sur l'ILL et nous attendons l'appui des chars.

    Nous stationnons dans la forêt. Des bras tendus s'élèvent au-dessus de quelques sapes ennemies dont les occupants retardataires se rendent. Nous prenons les abris que viennent d'abandonner les Allemands. Le bois est marécageux, il y a partout des canaux de plusieurs mètres de largeur. Nous regardons construire un pont. Quand les chars arrivent à proximité de la 2e Compagnie, la vibration du sol provoque l'explosion des mines qui blessent ou tuent une quinzaine d'hommes.

    Nous sommes incapables d'utiliser nos armes, car lors de la progression par bonds, la chaleur de nos mains a fait fondre la neige, et l'eau qui s'est introduite dans les mécanismes a gelé, les canons sont bouchés. Certains essayent d'uriner sur les culasses, mais n'y parviennent généralement pas, car le froid particulièrement vif et l'émotion (que l'on pourrait aussi appeler la trouille) rendent introuvables nos zizis recroquevillés.

    Jeudi 25 janvier :  Nous piétinons, c'est très dur. Des chars empêchent notre progression en terrain découvert. La brigade trouve les Allemands fortement enterrés. Les pieds gelés commencent. Nos patrouilles avancent malgré tout.

    Dans la soirée, gros émoi à l'Etat-major, l'ennemi attaque sur MOREL.

     

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald Fonds Emile Gauthier

    Dans la nuit, ils ont pu décrocher avec de grosses pertes. Ça devient angoissant.

    Un moment on a cru perdues les autres compagnies du B.M. 4 ; il n'en est rien. 50 hommes de la 2e Compagnie sur 140 rentrent .

    Que se passe-t-il sur le terrain ? A l'aube, la marche d'approche s'effectue en silence au milieu d'une plaine nue traversée par plusieurs rivières. Devant la 2ème Compagnie, de la forêt au canal du Rhône au Rhin, c'est un feu d'artifice. Le canon tonne, pilonnant les positions ennemies.

    La 2e dépasse le B.M. 5 et tout à coup, c'est le silence, un silence pesant, un silence de mort qui couvre la plaine et les bois enneigés.

    La 2e avance et se déploie pour atteindre son objectif : la corne Sud Est de l'ILLWALD.

    A huit heures du matin par un froid de moins quinze degrés, les sections commencent à avancer dans les sous-bois. La 4e section a changé de chef depuis quelques jours. Le Lieutenant qui commandait a été blessé et remplacé par l'Adjudant-chef BOURCHANIN (un ancien de la gendarmerie).

    Ses hommes sont de jeunes engagés qui ont rejoint le bataillon de marche il y a peu de temps, venus des Ardennes. Ils ne sont pas très aguerris encore, mais l'allant de leur chef les galvanise.

    Les hommes marchent lentement, en tirailleurs, sur la neige dure. Le froid transperce les tenues américaines trop légères, peu adaptées à la température.

    A chaque minute, l'œil et l'oreille attentifs cherchent à deviner un bruit ou une silhouette. De petits éléments ennemis sont encore disséminés dans la forêt, laissés en arrière pour retarder la progression. De temps en temps, des coups de feu partent, sur la droite, sur la gauche.

    Parfois une brève rafale, une explosion de grenade. La marche est chaque fois interrompue, chaque homme à l'écoute, puis elle reprend avec davantage encore de prudence ! Mais la 2e Compagnie avance toujours.

    Les quelques Allemands rencontrés sont, tour à tour, liquidés ou se replient. Aux approches de midi, la lisière est enfin atteinte et le Capitaine MOREL peut installer ses positions. Face à l'ennemi, il place la première section, la plus aguerrie, celle du Lieutenant VALOIS.

    De chaque côté les deuxième et troisième sections.

    Enfin, vers l'ouest, du côté des lignes françaises, la 4ème section de l'Adjudant-chef BOURCHANIN, moins expérimentée, plus fragile. Le moral est excellent, l'opération s'est déroulée de façon parfaite. L'effectif est au complet et s'ajoute la satisfaction de la mission accomplie.

    Cependant une inquiétude va surgir rapidement. Le Capitaine MOREL qui a envoyé des reconnaissances à gauche et à droite de ses positions, voit revenir l'une après l'autre ses patrouilles déçues.

    Les autres formations du Bataillon, sans doute accrochées plus vigoureusement par l'ennemi n'ont pu franchir le bois. La 2e Compagnie se retrouve seule, avancée à la lisière. Et tout à coup, le silence jusque-là protecteur est devenu solitude. Transis sous le froid intense, les hommes et leurs chefs sentent leurs muscles s'engourdir.

     

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald

    Illwald - Claude Robedat

     

        Les heures passent, attentives et anxieuses. A plusieurs reprises, des alertes viennent crever cette solitude. L'ennemi n'est pas inactif. Il voudrait certainement reconquérir le terrain perdu ce matin et la position de la 2e Compagnie est maintenant très inconfortable.

    Les Panzerfaust, les obus de mortier, des centaines et des centaines de balles traçantes, des milliers de projectiles font de cette nuit de l'ILLWALD un spectacle dantesque et hallucinant.

    L'air gelé vibre aux explosions et aux crépitements, l'obscurité, pâle au-dessus du sol blanc est rayée de lueurs fulgurantes.

    Au fil des minutes la situation devient critique. Elle sera bientôt désespérée, les tirs arrivant de tous côtés à la fois.

    Il est même certain que les plus nourris partent des arrières où se trouve la section BOURCHANIN. Cela signifie clairement que la position a été contournée et que la Compagnie se trouve maintenant encerclée.

    Les Allemands, tout vêtus de blanc (c'est un bataillon qui rentre de Norvège, bien entraîné aux combats d'hiver), attaquent avec une violence inouïe par la forêt.

    Les hommes n'ont presque pas de protection. La 4e section ne peut plus faire un mouvement. Les hommes tombent sous la mitraille.

    L'Adjudant-chef BOURCHANIN s'est abattu dans la neige, atteint mortellement, un des premiers, avec les trois quarts de ses hommes.

     

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald Fonds Emile Gauthier

    Peu après, l'ennemi donne l'assaut, capture les quelques rescapés de la section et occupe la position.

    Le Capitaine MOREL, au milieu des hommes traumatisés et désemparés qui restent en sa compagnie, réussit avec le Lieutenant VALOIS à en regrouper une quarantaine. Avançant à tâtons dans la nuit, la petite colonne cherche un passage entre les lignes ennemies pour sortir de l'enfer. Elle a fait tout de même deux prisonniers.

    Puis elle arrive devant une rivière, le BENNWASSER aux eaux profondes et glacées. Il faut absolument la traverser. Ce n'est peut-être que de l'autre côté que se trouve le salut.

    Mais parvenu sur l'autre rive, le Capitaine MOREL a perdu quelques-uns de ses hommes. Trop épuisés de congestion, ils ont été entraînés par les eaux, quelquefois sous les yeux de leurs camarades impuissants.

    Au P.C. du Bataillon de Marche n°4, vers 22 heures, lorsque se présente enfin la 2e Compagnie, ce n'est plus qu'une malheureuse et pitoyable troupe réduite à l'effectif d'une grosse section.

    Les hommes complètement exténués de fatigue et de froid - les vêtements trempés leur ont gelé sur le corps - sont dans un tel état qu'il faudra de longs moments avant qu'ils semblent revenir à la vie.

    Et il faudra bien ensuite que le Capitaine MOREL, effondré devant l'ampleur du désastre, fasse le bilan.

    Les présents sont rapidement comptés, il saura qu'il a perdu quatre-vingt-dix hommes : trente-cinq morts, vingt-cinq prisonniers et trente blessés.

    Tragique revirement du sort des armes. D'une compagnie qui, à midi, se trouvait au complet après l'accomplissement d'une mission difficile, il ne reste ce soir que quelques hommes hébétés, rescapés -  ils ne savent trop comment de l'épouvantable nuit.

    Là-bas, de l'autre côté de la sinistre forêt de l'IILLWALD, le corps du chef BOURCHANIN et ceux de ses jeunes soldats éparpillés autour de lui, déjà raidis par la mort et le froid, ne sont plus que d'immobiles points sombres à la lisière du bois, étendus sur la neige d'Alsace.

    Près de chacun d'eux, une tache de sang rouge vif sur l'immense tapis blanc, restera lorsqu'on aura relevé les corps, pour témoigner du sacrifice.

    Dans la nuit, le Lieutenant ARTIERES rejoint le P.C. de SAINT-HIPPOLYTE avec une poignée de soldats. Après de nouveaux comptes, la 2e Compagnie déplore 60 disparus sur 140.

    Parmi les morts, 5 Chambaran : Ferdinand BOURCHANIN, Raymond DUBOIS-CHABERT, Marcel GUICHET, Henri PILON et Henri VAUDAINE

     

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald Fonds Emile Gauthier

     

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald

    * ALSACE, 25 Janvier 1944 : le drame de la Cie Chambarand (BM 4) à l'Illwald


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    La Fondation de la France Libre organise une conférence avec François Broche, historien et journaliste, administrateur et membre du conseil scientifique de la Fondation, au sujet de l’odyssée d’un volontaire calédonien du Bataillon du Pacifique.
    Cette conférence fait suite à la parution, chez L’Harmattan, en 2019, du livre de Gaston Rabot, Volontaire calédonien du Bataillon du Pacifique : Journal de guerre (mai 1941-janvier 1944), dont l’édition a été établie par François Broche et Yvette Buttin-Quélen, secrétaire générale de la Fondation, avec une préface de Jacques Hébert, Compagnon de la Libération.
    La conférence se tiendra au siège de la Fondation, 16 cour des Petites-Ecuries, dans le 10e arrondissement. Son accès est gratuit. À cette occasion, l’auteur dédicacera des exemplaires du livre de Gaston Rabot.
    Vous pouvez vous inscrire par courriel à contact@france-libre.netou par téléphone au 01 53 62 81 82.

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      Qui ne se souvient des merveilleux dessins du Capitaine Jean COQUIL qui ont illustré tant de nos pages le long du parcours du BM 5, du  camp d'Ornano aux Alpes Maritimes ?

    Place aujourd'hui à ses souvenirs et à son portrait, dressé par Alexis Le GALL lors de la disparition de son grand ami en 2014.

     

    * 23 Janvier 1945 - la Traversée de l'Ill dans l'Illwald, par Jean COQUIL (BM5)

    Crédit photo : François Morel- Livre d'Or des Français Libres

     

    La traversée de l'Ill dans l'Illwald

     

        « Le 23 Janvier 1945....  Il est 6h du matin. Il fait très froid et la nuit est très noire. La 2ème Compagnie se met en place, au Moulin de Saint-Hippolyte, sur la base de départ d'une attaque dont le premier objectif est la rive droite de l'Ill. En réalité le Moulin n'est qu'une ruine, quelques pans de murs couverts de neige. Le canal d'adduction d'eau est gelé et constitue une sorte de tranchée enneigée.

    Dans le noir, sur un terrain que nous connaissons mal, la mise en place de la compagnie renforcée par une section de mitrailleuses, commandée par le Lieutenant-Colonel LE BASTARD et par un groupe de pionniers munis de canots gonflables, est difficile. Pour corser le tout, l'artillerie allemande se met à tirer de façon sporadique. L'heure H est fixée à 7h30 et l'attente est pénible d'autant plus que notre artillerie reste muette.

    7h15. Brusquement elle se déchaîne, les obus passent en sifflant au-dessus de nos têtes. Le tonnerre de leurs éclatements se mêle à ceux des obus allemands qui continuent à tomber sur la position.

    Enfin c'est l'heure H. La Compagnie s'ébranle. Aux côtés du Capitaine LESCAU DU PLESSIS, qui la commande, je m'élance. Soudain, un sifflement caractéristique nous couche au sol. Je ressens une vive douleur à la base du nez et je saigne. « LESCAU, je crois que je suis touché. Tu n'as pas vu mon casque ? » répond mon camarade.  Le casque est là devant moi. Lors de notre plongeon, il a roulé et par un hasard extraordinaire, je me suis couché dessus, arrêtant sa course et me blessant à la cloison du nez. Nous éclatons de rire devant le comique de la situation....

    Déjà les pionniers tirent un canot pneumatique. La rivière n'est pas gelée mais des plaques de glace bordent ses rives et l'eau a la couleur laiteuse de neige fondue.

    Un pionnier se met courageusement à l'eau pour fixer un câble en travers du lit.

    Le canot est mis à l'eau, vide heureusement car aussitôt une arme automatique allemande se dévoile en amont et notre embarcation coule, criblée de balles. L'arme ennemie a été repérée. « La Lourde en batterie » crie LASQUELLEC.

    Les servants s'affairent. « M..., elle est gelée » dit l'un d'eux, « donnez-lui un coup de gnôle » répond le Lieutenant. Remède efficace : le Tac Tac Tac de la 12.7 se fait entendre et la mitrailleuse allemande se tait.

    Le deuxième canot est mis à l'eau et la traversée de l'Ill commence.

    Cinq hommes à la fois ! Combien de temps cela va-t-il durer ?  J'appelle le Bataillon pour demander d'autres canots.

     

    * 23 Janvier 1945 - la Traversée de l'Ill dans l'Illwald, par Jean COQUIL (BM5)

    La traversée de l'Ill par Jean Coquil

     

    Le Capitaine FAURE vient sur place se rendre compte. Déjà la section VAN PARYS est sur l'autre rive suivie par le Capitaine LESCAU et les mitrailleuses de LE BASTARD.

    « Attention à la contre-attaque, me dit le Capitaine FAURE, il va falloir serrer les dents et tenir ». Sur ce il me quitte en me promettant des moyens supplémentaires.

    Soudain, un tir d'artillerie, parfaitement ajusté, se déclenche. Les obus, touchant les arbres, éclatent au-dessus de nous, projetant une pluie d'éclats. Plusieurs soldats sont tués ou blessés. Je reçois une grosse branche sur les reins.  Le tir s'arrête et la traversée de l'Ill reprend. Les canots n'ont pas été touchés ! (...)

    Nous atteignons la lisière et le pont détruit..

    Allongé au pied d'un arbre à côté de LE BASTARD, nous précisons les missions des mitrailleuses dans le plan de feu. Devant nous s'étend un billard blanc.

     

    Louis LE BASTARD

    Louis LE BASTARD Compagnon de la Libération (Ordre de la Libération)

     

    Soudain un tir d'artillerie s'abat sur la lisière.

    LE BASTARD est touché. Le Capitaine PIOZIN qui a suivi la progression s'approche et fait transporter le blessé dans un abri. Une demi-heure plus tard, PIOZIN m'apprend la mort du Lieutenant LE BASTARD. Cette nouvelle me bouleverse. J'avais connu LE BASTARD, en 1940, à Yaoundé. C'était un homme remarquable ! Mais il faut poursuivre notre mission... »

     

    Hippolyte PIOZIN

    Hippolyte PIOZIN, Compagnon de la Libération - Ordre de la Libération

     

    JEAN COQUIL : avril 1916 – février 2014

    Hommage d’Alexis LE GALL

     

         Jean Coquil est né en avril 1916 et passa toute sa jeunesse à Irvillac, un petit village près de Brest, où ses parents étaient instituteurs. Il y bénéficia d’une jeunesse calme et studieuse, poursuivit ses études secondaires au Lycée de Brest et c’est tout naturellement qu’il put après son baccalauréat préparer les Grandes Ecoles, réussissant le concours d’entrée à l’école de St Cyr d’où il sortit jeune officier en 1938.

       A la sortie de l’école il avait opté pour l’infanterie coloniale et fut affecté au 2ème RIC de Brest.  Son avenir étant réglé il pouvait penser à créer un foyer. Mais de fortes tensions se révélaient déjà avec nos voisins allemands et c’est ainsi que s’il eut la permission de se marier au jour fixé, ce fut, me raconta-t-il, sous la condition qu’il reprenne son service le soir même à la caserne.

    Peu après il était désigné pour l’Afrique, rejoignit son poste au Cameroun où son épouse put le rejoindre avant le déclanchement des hostilités.

    Basé à Yaoundé, Jean commençait à y former de nouvelles troupes à destination de la métropole quand survint la déroute de juin 1940 et l’armistice du 22 juin qui avait précédé un appel à la poursuite des combats qu’avait lancé de Londres un jeune général inconnu, Charles de Gaulle.

    Jean Coquil fut l’un des rares français du Cameroun à décider d’y répondre favorablement. Confiant son épouse à ses chefs il quitta clandestinement le Cameroun, et parvint à rejoindre Victoria au Cameroun Anglais où il retrouva une vingtaine d’autres français qui se mirent à la disposition du délégué du Général de Gaulle, un délégué qui n’allait pas tarder à devenir célèbre puisqu’il s’agissait du futur général Leclerc.

    Epaulé de sa vingtaine de français Leclerc se fit déposer de nuit à Douala et parvint à persuader les responsables de rallier le Cameroun à de Gaulle.

    Et voici le lieutenant Coquil de retour au Cameroun où il se remet à l’instruction des blancs et noirs qui allaient former plus tard le BM5.

     

    * 23 Janvier 1945 - la Traversée de l'Ill dans l'Illwald, par Jean COQUIL (BM5)

     

       Mais bien vite il est dirigé sur Brazzaville où on l’a décidé de créer un « camp d’Ornano » destiné à recevoir l’école de formation de jeunes officiers à partir des troupes arrivées d’Angleterre.

    Coquil y sera instructeur durant quelques 2 ans et demi, formant et préparant au combat ces jeunes héros qui allaient se distinguer sur les divers fronts de Syrie, d’Afrique et d’Italie et y inscrire de nouveaux héroïques épisodes de l’Histoire de France.

    Enfin libéré de son travail d’instructeur il peut rejoindre un bataillon partant pour le front et se retrouve à la 1ère DFL où il va retrouver, en remplacement des disparus, son unité d’origine, le BM5 où durant les derniers mois d’hostilité il sera un valeureux commandant de Compagnie.

     

    * 23 Janvier 1945 - la Traversée de l'Ill dans l'Illwald, par Jean COQUIL (BM5)

    Dans les Vosges - Jean Coquil

     

        La guerre terminée il accepte sa mutation dans le corps des Administrateurs des colonies et de 1945 à 1960, il y assumera au Cameroun divers postes de responsabilité (chef de subdivision, de région, directeur des affaires économiques etc.) aidant ce territoire, notre territoire, particulièrement cher à son cœur à se diriger vers l’indépendance, une œuvre énorme d’aide, de conseils, d’exemple pour permettre, à partir de 1960 aux camerounais à se gérer eux-mêmes.

    Il en résulte son retour en France où il se reclasse dans l’enseignement jusqu’à l’heure de la retraite qu’il prendra à Brest après une vie exemplaire de dévouement au service de son pays, un dévouement qu’il n’a pas épuisé car il va désormais se mettre au service des Anciens Combattants et particulièrement de ceux de la France Libre et de la 1ère DFL.

    Il est difficile de dire ici combien son aide m’a été précieuse pendant les quelques vingt ans où nous avons dirigé en commun l’amicale de la 1ère DFL, notamment lors de nos nombreux voyages et déplacements, de la mise en place des Musées de l’Ile de Sein et du Fort Montbarey, des congrès nationaux organisés dans le Finistère.

    Je trouvais, nous trouvions chez lui à la fois un ami, un artiste, toujours prêt, toujours disponible. Merci mon très cher ami pour tes conseils éclairés et pour l’aide immense que tu nous apportée. Et merci pour ton amitié qui n’a jamais tenu compte de la différence de grade qui nous séparait.

    Cette vie modèle de Français notre pays t’en a récompensé par de nombreuses médailles dont je me permets de citer les Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de guerre 39-45, Médaille de la Résistance, Chevalier de l’ordre National du Mérite, Médaille de le France Libre et bien d’autres.

    Mais à ces reconnaissances officielles, je voudrais ajouter ici d’autres qui comptent autant, l’amitié propre de tous ceux qui l’ont connu, l’attachement qu’ils te portaient, les liens indéfectibles qui au long des années s’étaient tissés entre vous.

    Et je voudrais dire ici à tout tes proches et surtout aux deux que j’ai le mieux connues, ta sœur Yvonne et ta fille Lucienne, combien je partage leur peine et suis proche d’elles par le cœur et la pensée.

    Adieu ami Jean et merci en notre nom à tous de ce que tu nous as donné et apporté.

     

    Alexis LE GALL


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    * Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur.


    Lundi 20 janvier 2020 Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur par le général d'armée Benoit Puga, Grand Chancelier de la Légion d'Honneur, en présence du délégué national, le général de division (2S) Christian Baptiste, dans sa maison à Toulon.
    Il était entouré pour l'occasion des membres de sa famille.

     

    * Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur.

    (Photo Ordre de la libération) 

     

    * Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur.

    (Photo Ordre de la libération)


    Biographie

     

    Pierre Simonet, 98 ans, est né le 27 octobre 1921 à Hanoi. Son père, Polytechnicien, est ingénieur des Travaux publics en Indochine.

    Après des études secondaires au lycée de Marseille puis au lycée Albert Sarrault à Hanoi, il entre en classe préparatoire de Mathématiques spéciales au lycée Montaigne à Bordeaux.

    Trop jeune pour être mobilisé au moment de la déclaration de guerre, il entend, le 17 juin 1940, le discours radiodiffusé du maréchal Pétain annonçant qu'il va demander l'armistice. Révolté, Pierre Simonet, décide immédiatement de continuer la lutte en Angleterre.

    Le 24 juin 1940, il parvient à embarquer sur le dernier cargo, le Baron Kinnaird, qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les résidents britanniques.

    Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle, le 1er juillet 1940. Il voudrait choisir l'aviation, mais cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création au camp d'Aldershot.

    Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du Corps expéditionnaire qui a pour mission de rallier, à Dakar, l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre. Après l'échec de l'opération "Menace", Pierre Simonet stationne au Cameroun avec son unité jusqu'en janvier 1941.

    Il prend part à la campagne de Syrie en juin-juillet 1941 à la suite de laquelle est officiellement créé, à Damas, le 1er Régiment d'Artillerie des FFL (1er RA). Affecté à la 2e batterie du 1er RA, nommé brigadier, il est chargé des transmissions et de l'observation.

    Avec la 1ère Brigade française libre du général Koenig, il participe à la campagne de Libye de janvier à juin 1942. Au cours d¹une Jock Column dans le désert, le 16 mars 1942, pendant une forte attaque de chars ennemis, il assure jusqu'au bout sa mission et ne quitte sa position qu'après avoir replié son matériel et être allé rechercher son camion de munitions à un endroit particulièrement exposé.

    Enfin, il combat à Bir-Hakeim, du 27 mai au 10 juin 1942, comme téléphoniste et observateur, et fait la preuve de son courage et de son sang-froid. Il reçoit ses deux premières citations.

    Il participe ensuite à la bataille d'El Alamein en octobre 1942, puis aux combats de Takrouna en Tunisie en mai 1943. Admis à suivre les cours d'élève aspirant en Tunisie il est promu à ce grade à la fin de 1943.

    À partir de la campagne d'Italie en avril 1944, Pierre Simonet est affecté au peloton d'observation aérienne du 1er RA et sert en qualité d'observateur sur avion léger (pipercub). Toujours volontaire, il n'hésite pas, à maintes reprises, à s'aventurer profondément dans le dispositif ennemi pour obtenir les renseignements demandés. Son unité est engagée dans l'offensive du 8 mai 1944 qui brise les lignes Gustav et Hitler, libère Rome et poursuit l'ennemi jusqu'aux abords de Sienne. Il totalise en Italie, 43 missions de guerre.

    Après le débarquement en Provence du 16 août 1944, il poursuit son action d'observateur en avion ; entre le 20 et le 25 août 1944, il remplit 13 missions de guerre dans la région d'Hyères et de Toulon. Le 21 août, au-dessus de La Farlède, et le 23 août au-dessus de La Valette, il n'hésite pas à survoler les lignes ennemies à basse altitude pour repérer les pièces antichars allemandes. Le 24 août, grâce à un réglage très précis, il arrête le tir d'une batterie ennemie située dans la presqu'île de Saint-Mandrier.

    Après la Provence, c'est la remontée vers le nord, les combats de Belfort et ceux du sud de Strasbourg. Pendant la campagne d'Alsace, du 7 janvier au 2 février 1945, il rend les services les plus précieux, faisant démolir plusieurs chars et repérant deux batteries.

    Nommé sous-lieutenant, toujours observateur en pipercub, il prend part en avril-mai 1945, à la dernière offensive de la 1ère DFL qui s'empare du massif de l'Authion, pénètre en Italie du Nord et libère Cunéo.

    Dans les campagnes d'Italie et de France, le sous-lieutenant Simonet a effectué au total 137 missions de guerre en 250 heures de vol, et s'est vu décerner quatre citations.

    * Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur.

     (Photo Ordre de la Libération)


    Démobilisé, il entre à l'École nationale de la France d'Outre-mer (1946). Il sert comme administrateur de la FOM en Indochine (1947/1948). En 1949, il suit les cours de l'École d'Application de l'INSEE et obtient un certificat de l'Institut de Statistique de l'Université de Paris. Affecté au Cameroun (1950/1957), il termine sa carrière d'administrateur comme chef de Région du Ntem.

    En 1958, Pierre Simonet entre dans la fonction publique internationale. Il accomplit avec la FAO (Organisation des Nations-unies pour l'Agriculture et l'Alimentation) une mission dans le bassin du Mékong. En 1959 et 1960, il est affecté par l'ONU en Iran comme conseiller en statistiques économiques.

    De retour en France en 1960, Pierre Simonet obtient le diplôme du Centre d'Etude des Programmes économiques. Il rentre à l'Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE) (1961-1963) puis au Fonds monétaire international comme économiste puis conseiller(1964-1980).

    Pierre Simonet est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis le 1er juin 1999.


    • Grand Croix de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre 1945
    • Croix de Guerre 39/45 (7 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Médaille Coloniale

     

    La Fondation B.M.24 Obenheim
    présente ses sincères félicitations au récipiendaire.  

     

    Fondation B.M.24 Obenheim    

    * Pierre Simonet, Compagnon de la Libération, a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la Légion d'Honneur.

     

     

     


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  • * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire

      

    JOYEUX ANNIVERSAIRE !

    A notre Ami Marcel Barbary, Interné-Résistant, qui fête ses 106 ans ce mercredi 22 janvier 2020

    Ancien de la 1ère Division Française Libre (1e DFL), Marcel est le plus âgé Porte-Drapeau de France, il porte très fidèlement le Drapeau de la France Libre depuis 74 ans.

    Marcel Barbary est Officier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, et titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme, de la Croix du Combattant, de la Médaille des Evadés, de la Médaille des Services volontaires dans la France Libre et de la Médaille de l’Internement pour faits de Résistance.

      

    * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire

     

    Janvier 2020,  galette des Rois chez les enfants de Marcel Barbary 

    (Photo Famille Barbary)

     

     

    Décret du 13 juillet 2019 portant promotion et nomination

     

    Par décret du Président de la République en date du 13 juillet 2019, pris sur le rapport du Premier ministre et des ministres et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d'honneur, vu les déclarations du conseil de l'ordre portant que les présentes promotions et nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements, sont promus ou nommés pour prendre rang à compter de la date de réception dans leur grade :

    CONTINGENT DES DÉPORTÉS ET INTERNÉS DE LA RÉSISTANCE
    Au grade d'officier


    M. Barbary (Marcel, René), interné résistant. Chevalier du 26 février 1994.

     

     

    * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire 

    Marcel avec son accompagnateur Maxime Leblond,  l'Ingénieur Général Jacques Bongrand et Blandine Bongrand Saint Hillier le 20 septembre 2019, lors de la remise de la médaille d'Officier de la Légion d'honneur.

     (Photo Erick Bresson)

     

    * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire

    En janvier 2017 avec Maxime Leblond

     

    * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire 

    Le 20 mai 2019  

    (Photo Erick Bresson)
      

     

    Marcel Barbary à l'honneur

     

     

    La Fondation B.M.24 Obenheim souhaite un très heureux anniversaire à Marcel et lui présente ses meilleurs voeux de bonne santé pour 2020.

     

    * Grand jour pour Marcel Barbary. En ce 22 janvier 2020 Marcel souffle 106 bougies sur son gâteau d'anniversaire

     

    Fondation B.M.24 Obenheim

     

     

     

     


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