• * L'Est Républicain : " Les Francs-Comtois et Lorrains de la 1re division française libre"

    Un article de l'Est Républicain, par Jérôme ESTRADA, auteur de  "Les Combattants de l'aube". 

     

    Bernard SAINT HILLIER, un Jurassien chef d’état-major

    Bernard Saint-Hillier, né à Dole en 1911. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Bernard Saint-Hillier, né à Dole en 1911. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Bernard Saint-Hillier est  né à Dole en 1911Narvik, Dakar, Erythrée, Syrie, Libye, Tunisie, Italie, débarquement en Provence, libération de la Franche-Comté : Bernard Saint-Hillier (né en 1911 à Dôle), fut sur tous les fronts. En récompense de sa bravoure, il reçoit ses galons de chef de bataillon avant d’être nommé chef d’Etat-major de la 1ère  Division française libre sous les ordres du général Brosset (septembre 1943). Il débarque en Italie en avril 1944, puis en France, à Cavalaire, le 16 août 1944.

    Après la remontée de la vallée du Rhône, à la tête de ses légionnaires, il libère Ronchamp. Il reçoit sa troisième blessure – encore un éclat d’obus - devant Belfort (4 octobre). Cela ne l’empêche pas d’assurer le commandement de la 1ère DFL entre la mort du général Brosset à Champagney (Haute-Saône) et la désignation du général Garbay. Promu lieutenant-colonel (5 décembre 1944), neuf fois cité et quatre fois blessé, Bernard Saint-Hillier prend, le 25 mars 1945, le commandement de la 13e DBLE et termine la guerre dans le sud des Alpes, au massif de l’Authion.

     

    Un Haut-Saônois à la tête de la 1re DFL : Pierre GARBAY

    Pierre Garbay, né à Gray en 1903. Photo Musée de l'Ordre de la Libération 

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Pierre Garbay est  né à Gray en 1903. D’origine modeste, après ses études secondaires, il est admis à Saint-Cyr et en sort sous-lieutenant en 1924. S’ensuit alors une brillante carrière militaire qui le mène du Maroc en Chine. Refusant l’armistice, il s’engage dans les FFL et joue en août 1940, un rôle actif dans le ralliement du Tchad à la France Libre.

    Placé à la tête de la 2e BFI, il débarque en Italie puis en Provence. Après la mort accidentelle, le 20 novembre 1944 dans les Vosges, du général Brosset commandant la 1re DFL, Pierre Garbay est choisi pour le remplacer ; il est alors rapidement promu au grade de général de brigade.

    La Division, sous ses ordres, se distingue à Giromagny, au Ballon d'Alsace, à Sewen et à Gros-Magny, remportant là une éclatante victoire qui la mène en Alsace. Passée en réserve du 6e Groupe d'Armée, la 1ère DFL est dirigée ensuite sur la Poche de Royan.

    Rappelée en Alsace, où elle parvient le 1er janvier 1945, elle remporte, du 7 au 11 janvier, la difficile victoire défensive sur l'Ill. De même, du 23 janvier au 1er février, elle prend une part décisive à la libération définitive de l'Alsace en procédant à la réduction de la Poche de Colmar.

    En avril 1945, le général Garbay emmène la Division dans les Alpes-Maritimes où elle enlève, du 10 au 12 avril, après trois jours de combats acharnés, le massif fortifié de l'Authion, clef de tout le système défensif ennemi dans les Alpes du sud. Pierre Garbay, à la suite d'une audacieuse manœuvre exécutée en haute montagne, franchit la chaîne des Alpes et débouche dans la plaine du Pô à la veille de la capitulation allemande.

    Après-guerre, il finira sa carrière comme général d'armée et Gouverneur militaire de Paris. Pierre Garbay est décédé le 17 juillet 1980 à Montluçon.

     

    Les Compagnons Lorrains de la 1re brigade

    Parmi toutes les formations de la 1re DFL, la 13e DBLE est la seule à avoir combattu sur tous les champs de bataille de la division.

    Trois Lorrains Compagnons de la Libération ont été affectés à la fameuse 13e demi-brigade de Légion étrangère : René Morel chef de bataillon placée à la tête du 2e BLE puis adjoint du commandant de la 13e DBLE, René Briot et André Dammann (avant de rejoindre le BCRA à Londres)

     

    René MOREL

    René Morel, né en 1908 à Granges-sur-Vologne. Photo Musée de l'Ordre de la Libération 

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    René Morel est  né en 1908 à Granges-sur-Vologne (Vosges) où il viendra mourir en 1974. Son père était directeur commercial dans le textile. Affecté à la 13e demi-brigade légère de montagne, le lieutenant Morel prend part à la campagne de Norvège (Narvik) en mai et juin 1940. Après s’être engagé dans les Forces françaises libres, il se bat en Erythrée, en Syrie et en Afrique du  Nord. À la tête de sa compagnie à Bir-Hakeim (de la 13e DBLE), il inflige de lourdes pertes à la division blindée Ariete lors de la première offensive du 27 mai 1942. Il y est blessé de nouveau à trois reprises par éclats de mortier et par balle les 10 et 11 juin 1942. René Morel est encore une fois blessé par éclats d'obus à l'Himeimat (El Alamein) le 24 octobre 1942.

    En mai 1943, à l'issue des opérations de Tunisie, il est affecté au 2e BLE dont il prend le commandement avec le grade de chef de bataillon, le mois suivant. Il se bat ensuite en Italie où il est encore blessé. Il débarque en Provence le 29 août 1944. Quittant son commandement, René Morel devient adjoint du commandant de la 13e DBLE en octobre 1944 avant d'être détaché, en novembre, au cabinet militaire du ministre de la Guerre. Il termine la guerre avec 6 blessures et autant de citations.

     

    René BRIOT

    René Briot, né en 1913 à Saint-Maurice-sur-Moselle. Photo collection particulière François Parmentier

    Photo collection particulière François Parmentier

    René Briot, est né en 1913 à Saint-Maurice-sur-Moselle dans les Vosges, dans une famille de tisserands. D’abord agriculteur, il décide finalement de s’engager (1935) au 21e régiment de tirailleurs algériens. En 1940, alors qu’il est en Palestine, il rejoint avec d’autres volontaires français les Britanniques (1er  BIM). Affecté à partir de 1941 à la fameuse 13e DBLE, il prend part aux opérations de Syrie puis aux campagnes de Libye, d'Egypte et de Tunisie. Promu au grade d'adjudant en juillet 1943, il combat ensuite en Italie avec le Corps expéditionnaire français. Débarqué en Provence en août 1944, René Briot prend part ensuite à la campagne de France avant d'être nommé adjudant-chef au lendemain de la capitulation de l'Allemagne.

     

    André DAMMANN

    André Dammann, né le 12 décembre 1901 à Nancy. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    André Dammann est né le 12 décembre 1901 à Nancy, il  s'établit au Cameroun dès 1926 et il introduit, en pays Bamoun, la culture du café Arabica. A l'été 1940, il est au premier rang de ceux qui refusent la capitulation. Il sert lui aussi à la 13e DBLE. Affecté à la Compagnie lourde n°3 (CL 3) puis à la CL 2, il se distingue au combat en Erythrée en mars et avril 1941, à Keren et à Massaoua, puis en Syrie en juin 1941. Le 3 juin 1942, au cours d'un bombardement d'aviation à Bir-Hakeim lors de la campagne de Libye, il est blessé au bras et refuse de se faire évacuer. Le 8 juin au cours d'une violente attaque de chars appuyée par de l'artillerie, ayant reçu de nombreux éclats de 155 dans la circulaire de sa pièce le blessant à la main, il continue à servir sa pièce après s'être fait faire un garrot, détruisant deux chars qui menaçaient de pénétrer dans la position. Dans la nuit du 10 au 11 juin, lors de la sortie de la position, cherchant à franchir à pied un barrage d'armes automatiques, il est blessé une troisième fois aux deux jambes.

    Promu caporal, sa conduite particulièrement brillante lui vaut de recevoir la Croix de la Libération des mains mêmes du Général, au centre de convalescence de Sofar en Syrie. Après une convalescence au Cameroun, il rallie Londres où il réclame l'honneur d'être parachuté en France aux premiers jours des opérations de la libération du Territoire. André Dammann est promu adjudant en février 1944 puis sous-lieutenant au mois d'avril suivant. Affecté au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) il reçoit la mission d'assurer la liaison avec les hommes du maquis de Savoie, qui depuis longtemps déjà, interdisent aux Allemands l'accès de leurs montagnes. Parachuté en juillet 1944 le lieutenant Dammann participe à leur action. La libération de la région accomplie, il prend part à la reformation du 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) en octobre 1944.

    A partir de novembre 1944, il est activement engagé dans la campagne des Alpes. Après avoir participé au nettoyage de la Maurienne et de la Tarentaise, l'armistice le trouve au col du Petit Saint-Bernard.

    Rendu à la vie civile, capitaine de réserve, il regagne le Cameroun au début de 1946 pour y entreprendre une exploitation forestière. Il fonde un foyer en novembre 1946 et devient Président de l'U.F.A.C. pour le Cameroun.

    André Dammann est décédé dans un accident d'avion le 3 février 1951 au Mont Cameroun près de Douala.

     

    Un Vosgien commandement du BM 5 : Roger GARDET

    Roger Gardet, né en 1900 à Epinal. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    On trouve deux Lorrains Compagnons de la Libération affectés à la 2e brigade : le Vosgien Henri Karcher (mais affecté en 1944 à la 2e DB, il débarquera en Normandie) et Roger Gardet (né en 1900 à Épinal. Son père, officier, est mort pour la France en 1914).

    Militaire de carrière, il a participé à plusieurs missions de prospection géographique au Tonkin, en Tunisie, au Levant, à Madagascar, en AEF et au Maroc jusqu'en 1937. Spécialiste de la géodésie, il sert ensuite à la mission de délimitation franco-britannique du Cameroun-Nigeria. Il est à Yaoundé lorsqu'il entend l'Appel du général de Gaulle et participe au ralliement de la capitale du Cameroun à la France Libre. En septembre, il est promu chef de bataillon du Régiment de tirailleurs camerounais (RTC), régiment crée par le colonel Leclerc à la place des forces de police.

    Fin 1940, le commandant Gardet propose la création d'un bataillon de marche, le 3e Bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun (3e BRTC), qui voit le jour en mai 1941 et est placé sous son commandement.

    En mars 1942, le 3e BRTC devient le bataillon de marche n° 5. Il rejoint la 2e BFL de la 1re  division française libre en juillet, en Egypte. Au Levant, le BM 5 participe à l'exécution de la ceinture défensive de Beyrouth, puis, en Egypte, à la Bataille d'El Alamein en octobre 1942.

    Le lieutenant-colonel Gardet s'illustre en Tunisie, le 11 mai 1943, dans la région de Takrouna, aux Djebillat, Le 13 mai, il reçoit personnellement la reddition du général italien Orlando et de son corps d'armée. Il est fait Compagnon de la Libération.

    Après la campagne de Tunisie, il quitte le commandement du BM 5 et participe à celle d'Italie en étant adjoint opérationnel du colonel Garbay, commandant la 2e BFL. Il se distingue à plusieurs reprises. Il débarque en Provence en août 1944 et participe à la libération de Toulon, aux durs combats d'Hyères et de la Garde.

    Promu colonel en septembre 1944, il prend le commandement de la 2e brigade française libre.

    Il se distingue devant Belfort en s'emparant de 2 villages fortement défendus et en progressant de plusieurs kilomètres au milieu des lignes adverses, celles-ci étant complètement désorganisées par la rapidité de son action.

    Après l’Alsace, Roger Gardet participe, dans les Alpes, aux combats pour la libération de La Brigue et de La Tende.

    Après-guerre, il poursuit une brillante carrière. Général de corps d'armée en 1958, Roger Gardet termine sa carrière comme commandant supérieur en AOF (1958-1960).

    De 1962 à 1966 il est rappelé à l'activité et est nommé président de la Cour militaire de Justice, en particulier lors du procès des auteurs de l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle. Roger Gardet est décédé le 27 février 1989 à Fréjus. Il est inhumé à Chevigny, dans le Jura.

     

    Jérôme ESTRADA et le service documentation de l'Est Républicain

    Les combattants de l'Aube


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