• * Etape n° 20 - 29 Septembre-8 Octobre 1944 : Les Légionnaires à l'attaque du Col de la Chevestraye

    Fin septembre 1944, la limite du secteur Nord de la D.F.L. est reportée à la ligne Lure-Malbouhans-Fresse-Belfahy- col de la Chevestraye. Les 1er et 2ème Bataillon de Légion Etrangère relèvent la 1ère D.B. dans le secteur Fresse-La Chevestraye.  Mission est donnée aux Légionnaires le 2 octobre d’opérer une action de diversion sur le Col de la Chevestraye pour appuyer l'attaque qui se déroule sur Ronchamp.

    De coûteuses attaques vont être conduites pour reprendre le col entre prises et contre-attaques ennemies, particulièrement sur la « fameuse " cote 792 : récit de André-Paul COMOR et extraits des carnets du Lieutenant-colonel Brunet de Sairigné...

     

    Gabriel Brunet de Sairigné - Source : André-Paul Comor

    Les hauteurs du col de la Chevestraye seront finalement enlevées par un bataillon ukrainien, le B.U.K., 3ème Bataillon du 1er régiment d'infanterie de la 30ème Division de Waffen S.S., qui avait rejoint un Maquis de la Haute Saône à Noidans en septembre 1944, après avoir massacré son encadrement allemand...

    Groupe d'Ukrainiens » du B.U.K. C.P :  http://forum.ottawa-litopys.org

    Le B.U.K vient alors renforcer l’action de la Légion à la surprise des Légionnaires : « Quelle n'est pas la surprise de ces hommes blasés (...)de voir descendre du camion une forte compagnie de renfort en  uniforme et équipement allemands ! Il s'agit d'éléments du Bataillon ukrainien ou B.U.K., rallié au maquis de Haute-Saône le 27 août 1944. Détachement d'allure surprenante dans une guerre décidément insolite ! Mais comment ne pas accueillir avec un certain contentement ces combattants alors que l'offensive piétine depuis quatre jours et que la liste des tués, blessés et disparus s'allonge ! » (André-Paul COMOR)

    Courant octobre, les plus anciens officiers « Free French » font remonter au haut commandement leur irritation et rancœur extrêmes, estimant que la 13ème Demi-brigade de Légion Etrangère se trouve dans une déplorable situation physique et morale. Le général ARNAULT  écrit dans son rapport : « On ne comprend pas que le haut commandement lance à l'attaque : sans essence, sans munitions, sans chaussures, sans capotes, sans alcool,  sans « pinard », une troupe qui a fait ses preuves et se bat sans arrêt depuis 1939, une troupe qui voit les éléments qui la relèvent, au fur à mesure de son avance, rester stationnaires ou abandonner le terrain si chèrement acquis (...). Cadres et troupe commencent à être las de se battre dans de mauvaises conditions, pour libérer des gens qui ne leur en sont aucun gré (...). Le moral est bas, très bas, et le responsable de cet état de choses est, pour tous, le haut commandement ».

    Par ailleurs, la Légion avait également  pour mission de rétablir la liaison avec le  Bataillon de Marche 24  (4ème Brigade de la 1ère D.F.L.), ce qui se réalisera le 3 octobre, à la hauteur de la Houillère.

    Etape n° 20 - 29 Septembre-8 Octobre 1944 : Les Légionnaires à l'attaque du Col de la Chevestraye

    Parmi nos grands témoins du Bataillon de Marche 24, Pierre GRANIER raconte : « Tout le monde tire à la fois, les Allemands, les Français, des rafales claquent de tous les côtés, des grenades éclatent, ça sent la poudre, l'humus et le bois mouillé, et toujours cette pluie qui coule sur le casque, pénètre dans le cou sous le col de la capote, s'insinue le long du dos, entre les fesses, le long des jambes, pour rejoindre dans les godasses une autre eau venue du sol et qui clapote hargneusement. Dans les bois, on a toujours l'impression d'être encerclés. On se plaque au sol, on riposte, parmi les cris des blessés, les râles des mourants. Mais on avance quand même, par bonds, ou en rampant. Comme des Sioux, on est couverts de branchages, et les Allemands aussi, comme le montrent les cadavres qu'ils laissent sur place en se repliant »

    Le secteur du Col de la Chevestraye conserve encore aujourd’hui  quelques vestiges de cette période, comme en témoignent les photographies d’Alain Jacquot-Boileau (arbres gravés, casques, « trèfles »,...) sur le circuit du souvenir « Roc du Plainet-col de la Chevestraye » entretenu par le Comité cantonal du Souvenir Français de Champagney - qui en est à l’initiative -  ainsi que l'indique Monsieur Serge Robert son président.

    Crédit photo : Alain Jacquot-Boileau

    La Compagnie B.M.4 Chambarand viendra s'installer dans le secteur du Larmet et du Roc du Plainet entre la fin octobre et le 7 novembre : un témoignage de Pierre DEVEAUX nous restitue le quotidien des hommes de la compagnie.

    Une plaque apposée sur l’ancienne Mairie de Fresse rend hommage aux combattants de la 1ère D.F.L et de la 1ère D.B. :

    Crédit photo : Serge Robert

    A compter du 10 octobre 1944, la mission de la D.F.L. devient purement défensive, consistant  à tenir le plus grand front possible avec le minimum d'éléments, pour libérer le maximum de moyens au profit de l'attaque en cours dans le Nord menée par la 3ème  D.I.A. et la  1ère D.B.

    Nous profiterons de cette pause, avant de retrouver la "13" à Rochesson au mois de novembre, pour consacrer notre prochain article à un évènement majeur dans l’histoire de la D.F.L., survenu entre octobre et novembre 1944 : le départ, parmi les tout premiers Français Libres, des Tirailleurs africains des Bataillons de Marche et d’une grande partie des Tahitiens et néo-calédoniens du Bataillon du Pacifique, progressivement remplacés par les F.F.I. ...

    Télécharger « 29 sept-8 octobre 1944- La 13 DBLE au Col de la Chevestraye.pdf »

    Article révisé le 06/07/2014


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