• * Trésors d'archives : Le BELUT ? une espèce rare et protectrice...

     

    Regard sur la 2e Brigade Française Libre de la 1ère DFL...

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? une espèce rare et protégée...

     

    ALLOCUTION DU COLONEL PASCAL GEORGIN

    COMMANDANT LE 2E RIMA en 2015

    Champagné - Le Mans 

    (extrait)

    ... " le 2e RIMA - autrefois 2e RIC - est l’héritier d’un lourd passé historique. Les campagnes de la conquête coloniale, de la grande Guerre, de l’Indochine et de l’Algérie se mêlent sur la soie de notre drapeau aux campagnes de la 2e guerre mondiale : Kub Kub en Erythrée en 1941, El Alamein en Libye en 1942, Takrouna en Tunisie en 1943, Ponte-Corvo en Italie en 1944, Toulon sur cette terre de France que certains n’ont jamais connu en août 1944, Belfort puis Colmar en janvier 1945, et enfin l’Authion en avril de la même année. 

    C’est toute l’histoire de la reconquête et de l’épopée de la 1e DFL qui est illustrée à travers ces inscriptions. C’est toute l’histoire de la France Libre qui figure sur notre drapeau. 

    Dès 1940, les volontaires issus de l’Empire se regroupent en Palestine pour constituer les premiers bataillons de Français libres. En 1942, à l’invasion de la zone libre, le 2e RIC est dissous et de nouveaux volontaires rejoignent ceux déjà en Syrie pour former bientôt la 2e BFL.

     

    Unités de la  2e Brigade française Libre : BIM (Erythrée) BM 3, BM 4, BM 5 et BM 11 

     

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    Cette 2e BFL va s’illustrer à de nombreuses reprises et ses bataillons seront maintes fois cités à l’ordre de l’Armée.

    Le 8 mai 1945, la 2e BFL participe au défilé de la victoire à Nice.

    Le 15 mai 1945, le 2e RIC renaît par changement d’appellation de la 2e BFL.

    Enfin, le 24 septembre 1945, à Chelles, le général de Gaulle remet la Croix de la Libération au drapeau du 2e Régiment d’Infanterie Coloniale : comment ne pas s’émouvoir à la lecture de l’ordre du jour du général de Gaulle, lui qui a décoré tant de valeureux marsouins de l’Ordre de la Libération. 92 compagnons de la Libération ont appartenu au 2e RIC"…

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? une espèce rare et protectrice...

     

    "Unité de volontaires ralliés au général de Gaulle en Palestine sous le nom de 2eBrigade, avec les bataillons de marche qui s'étaient déjà distingués en Erythrée, a participé depuis à toutes les campagnes de la France libre et de la libération. En Syrie, en Libye à El Alamein, en Tunisie à Takrouna, en France à Toulon, à Belfort, à Colmar et dans les Alpes, ce magnifique régiment a toujours représenté l'un des corps les plus solides, les plus braves et les plus ardents de la 1ère Division française libre. Composé à l'origine de tirailleurs d'Afrique noire encadrés de volontaires français, entièrement renouvelé par suite de ses pertes subies au cours de multiples combats, le 2Régiment d'Infanterie Coloniale a terminé la campagne avec des jeunes engagés accourus spontanément de toutes les provinces de France, et n'a déposé les armes qu'après la victoire finale ; cinq années de luttes ininterrompues sur trois continents et de nombreux hauts faits sanctionnés par plus de cinquante croix de la libération et de trois cent cinquante citations à l'ordre de l'Armée."(Ordre de la Libération)

    "Alors, comment souligner ce passé exceptionnel et comment entretenir cette mémoire ? Nous avons souhaité montrer que les inscriptions sur le drapeau du régiment ont été chèrement acquises par l’action de ces bataillons, de cette 2e BFL. Nous avons donc souhaité ressusciter l’insigne historique du 2e RIC, qui reprend en fait l’emblème de la 2e BFL.

    Il fut reconnu et toléré par une décision ministérielle de 1947, et comportait à l’époque la Croix de Lorraine, symbole des unités participant à la reconquête sous la bannière de la France Libre. Cet insigne qui figure désormais sur notre fourragère comportait également un animal bien étrange - le BELUT dont je vais vous lire l’histoire :

    Après Bir Hakeim, Rommel marche sur Alexandrie. A la 2e Brigade Indépendante, en cet année 1942, le moral est bas ; un jour pour définir le cafard, sorte de coup de bambou bien connu des vieux coloniaux, mais dénommé différemment selon les régions (en pays Druze, si rocailleux, on appelait cela la parpaingite ), le lieutenant-colonel Garbay, qui commande alors l’infanterie de la 2e BFL, reprit le mot qui avait cours au Maroc lors de son séjour en 1925. Ils ont, dit-il, le Bélut. Le mot fit fureur parmi les officiers de la brigade et le médecin lieutenant-colonel Reilinger, médecin-chef des F.F.L. dans le Western Desert, rédige et lit à la popote des officiers un canular médical : une description clinique de cette nouvelle maladie, le Bélut syndrome contagieux épidémique à manifestations d’ordre cérébral qui ravage la 2e Brigade. Le major Garrick, officier de liaison de l’armée britannique crayonne un jour la silhouette de l’être vivant responsable de cette affection, le redoutable Bélut.

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? un drôle d' animal

     

    Le médecin colonel Reilinger conseille de lui ajouter sur le dos la boussole solaire (système Cole) qui était placée sur de nombreuses voitures d’officiers. La silhouette de cet incroyable animal qui semble avoir une tête de canard, un corps de chameau et des pattes de dinosaure, devint si populaire que quelques mois plus tard le colonel Garbay l’adoptait à son tour. Il le faisait peindre au pochoir en rouge sur fond blanc dans un cercle bleu sur tous les véhicules de la Brigade dont il devenait ainsi l’emblème. Mais il semble que l’origine de ce fameux Bélut se soit perdue et bientôt certains l’expliquèrent ainsi : c’est un animal imaginaire... destiné à guider le combattant free french perdu dans les sables, d’où la boussole solaire qu’il porte sur le dos.

    Lorsqu’à la fin de la guerre, la 2e Brigade devint le 2e Régiment d’Infanterie Coloniale, on voulut garder le Bélut comme emblème et un insigne métallique avec ancre d’or, croix de Lorraine rouge et Bélut blanc, fut réalisé par Arthus Bertrand. Mais sur cet insigne, on avait oublié l’essentiel de l’animal : la boussole solaire. Il n’avait donc plus rien à voir avec l’emblème original !

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? une espèce rare et protégée...

    Voilà l’histoire avec un petit H qui renoue avec l’histoire avec un grand H, si je peux dire ainsi".

     

    Lire l'intégralité de cet article sur le site de l'ADFL 

    Voir également l'Historique du 2e Régiment d'Infanterie coloniale sur le site de l'Ordre de la Libération

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    Le Bélut donna son nom au bulletin de la 2e Brigade de la DFL ...

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? une espèce rare et protectrice...

     

    La mascotte de la 2e Brigade inspira également la création d'une sculpture en bois à un ancien du BM 5 : Marcel PRUDHOMME

     

    Trésors d'archives : Le  BELUT ? une espèce rare et protégée...

     

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  • Commentaires

    1
    Blandine
    Jeudi 14 Juin à 19:22

    Le Bélut, super revue avec des récits des Anciens très émouvants, que de souvenirs. Merci Père Calmels pour le Bélut. Un  Padre extraordinaire. Nous étions mes parents et moi-même à son enterrement. Un grand honneur de l'avoir connu et il m'appelait Blandine quand il téléphonait à papa !!!! Anecdote mes enfants étaient dans une école religieuse et la mère supérieure a téléphoné au Père Calmels, Nonce apostolique à Rome. Du coup il téléphone à la maison et dit Bernard je sais où sont tes petits-enfants !!! Il suffisait de montre les photos de mariage de ma soeur aux Invalides

     

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