• * Ordre de la Libération - Le 24 février 1941, disparaissaient en mer Joseph et Marie Hackin - couple Compagnon de la Libération.


    * Ordre de la Libération - Le 24 février 1941, disparaissaient en mer Joseph et Marie Hackin - couple Compagnon de la Libération.

     

    Marie et Joseph Hackin

      

    Joseph Hackin, directeur du musée Guimet, et son épouse se sont engagés dans la France libre dès juillet 1940. Marie Hackin a participé à la mise sur pied du Corps féminin de la France libre dans lequel elle a servi comme sous-lieutenant, avec les premières volontaires. Joseph Hackin de son côté a été chargé du service des relations extérieures de la France libre. Archéologues, ils avaient mené de nombreuses fouilles en Afghanistan et avaient découvert ensemble en 1937 le « trésor de Begram » à -60 km de Kaboul.

     

    * Ordre de la Libération - Le 24 février 1941, disparaissaient en mer Joseph et Marie Hackin - couple Compagnon de la Libération.

    Biographie

    Marie Hackin, Parmentier de son nom de jeune fille, est née le 7 septembre 1905, troisième d’une famille de cinq enfants, à Rombas en Moselle annexée par l’Allemagne. Son père, Jean Parmentier, luxembourgeois, y avait émigré en 1894 pour y trouver un emploi de chef de triage.

    Marie fait sa scolarité à Rombas avant que sa famille déménage en 1924 à Ars-sur-Moselle où Jean Parmentier devient cafetier. Marie Hackin, surnommé Ria, devient auditrice libre à l’École du Louvre à Paris et en septembre 1928, elle épouse Joseph Hackin, archéologue et philologue, conservateur au musée Guimet depuis 1923. Dès lors, elle est étroitement et remarquablement associée aux recherches de son mari, aussi bien dans le cadre de ses missions en Orient que dans ses travaux scientifiques au musée Guimet.

    En 1929 et 1930 avec Joseph, Ria séjourne pour la première fois en Afghanistan au sein de la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA). En 1930, elle s’installe à Tokyo où son mari dirige la maison-franco japonaise. Alors que Joseph Hackin doit rejoindre en Afghanistan la mission Citroën Centre Asie (la Croisière jaune) en qualité d’archéologue, Marie retourne en France en mars 1931. A Paris, elle fréquente grâce à René Grousset, adjoint de Joseph en charge du musée Guimet, les collègues et « maîtres » de son mari : Sylvain Lévi, Alfred Foucher et Paul Pelliot avant de regagner Tokyo en 1932.

    En octobre 1934, les époux Hackin entament leur seconde mission commune en Afghanistan. Ils fouillent à Khair-Khaneh puis effectuent une reconnaissance au Séistan. En janvier 1935, ils rentrent en France.

    En 1936 et 1937, Ria et Joseph repartent pour l’Afghanistan et mènent de nombreuses fouilles. Ria dirige notamment -sous la direction de son mari- un des deux chantiers de fouilles du site de Begram à 60 km de Kaboul lors du premier semestre 1937. C’est elle qui met à jour le « trésor de Begram » enfoui au IIIe siècle pour le protéger. La plupart des pièces (128 objets ou fragments) sont des verres, ou bronzes d’art gréco-romains, des laques chinois et des ivoires indiens. Ces pièces attestent de la rencontre des arts eurasiatiques entre la Chine, l’Inde et la Grèce.

    En 1937 Ria filme, d'abord en noir et blanc puis en couleur, les sites archéologiques et les paysages afghans. Elle présente ce film documentaire au Luxembourg le 14 novembre 1938 après avoir accompagné Joseph en Suède, à Berlin puis à Amsterdam pour une série de conférences.

    En avril 1939, les Hackin repartent pour Kaboul et reprennent avec Jean Carl architecte de la DAFA et Jacques Meunié, les fouilles à Begram. Très attachée à l’Afghanistan Marie qui s’intéresse aux légendes et coutumes locales en prépare un recueil avec Ahmad Ali Kohzad, traducteur de la DAFA, qui paraîtra en 1953.

    En septembre 1939, Joseph Hackin est mobilisé comme capitaine, puis comme commandant, attaché à la Légation de France à Kaboul. Refusant l’armistice, après avoir adressé, le 5 juillet 1940, un message d’adhésion au général de Gaulle, les époux Hackin avec Jean Carl et André Beaudouin quittent Bombay à destination de Londres, où ils parviennent en octobre 1940.

    Marie participe à la mise sur pied Corps féminin de la France libre dans lequel elle sert comme sous-lieutenant, avec les premières volontaires dès le 7 novembre. Elle est une des trois volontaires nommé officier avec Gioia Burdet et Simonne Matthieu qui en prend le commandement. Elle reçoit une formation militaire à l’OCTU (Officer Cadet Training unit).

    Désignée pour accompagner son mari, chargé du Département des Affaires extérieures, dans une longue mission en Asie, elle embarque le 20 février 1941. Le cargo qui les transporte, le Jonathan Holt, est torpillé le 24 février 1941. Les époux Hackin disparaissent en mer, entre l’Ecosse et les îles Féroé.



    • Compagnon de la Libération - décret du 13 mai 1941
    • Croix de Guerre 1939/45 avec palme
    • Médaille Commémorative 39-45

     

    * Ordre de la Libération - Le 24 février 1941, disparaissaient en mer Joseph et Marie Hackin - couple Compagnon de la Libération.


    Biographie

    Joseph Hackin est né le 8 novembre 1886 à Boevange sur Attert au Luxembourg alors que son père exerce le métier de cocher à Paris.

    Enfant unique, il quitte le Luxembourg à l’âge d’un an et passe les 14 années suivantes à Magny, village de 130 habitants dans le Calvados, non loin d’Arromanches, où ses parents ont trouvé une place de cocher et de domestique chez les Achard de Bonvouloir.

    Catholique, il fait la seconde partie de ses études secondaires, entre 1901 et 1903, au pensionnat Saint-Pierre à Dreux où il entre en classe de seconde et prépare le baccalauréat qu’il obtient en 1903. Venu ensuite à Paris, il est diplômé de l’institut commercial de Paris (ICP) en 1905 avant d’entrer à l’Ecole libre des Sciences-politiques dans la section économique et sociale.

    En 1907, fraîchement diplômé de l’école libre de sciences politiques, il devient secrétaire du fondateur du musée Guimet, Emile Guimet. Il se dirige dès lors vers l’étude des sciences historiques et philologiques d’abord comme élève stagiaire (en 1908) puis titulaire (en 1909) de l’Ecole pratique des hautes études (section des sciences historiques et philologiques) en sanscrit et en tibétain. Diplômé en 1911, il entame une thèse de doctorat sous la direction de son professeur de sanscrit, l’indologue Sylvain Lévi, professeur au collège de France, sous l’influence duquel, il s’imprègne profondément de la philosophie bouddhique.

    Il est naturalisé français en 1912 et nommé conservateur-adjoint, toujours au musée Guimet, en juin 1913.

    Mobilisé comme soldat de 2e classe en août 1914 au 74e Régiment d’infanterie, Joseph Hackin prend part à la bataille de la Marne ; il est promu caporal-chef en décembre 1914, puis sergent en janvier 1915. En mai 1915, il reçoit son galon de sous-lieutenant avant d’être blessé au bras droit par de multiples éclats de grenade le 5 juin au matin et de nouveau blessé, l’après midi-même, par un éclat d’obus à la hanche gauche, près de Neuville Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.

    Après une année de soins, qu’il met à profit pour soutenir sa thèse, il passe au 276e RI. Prenant part aux combats devant Verdun, il est encore blessé, le 27 avril 1917, au Bois des Courrières.

    Affecté à l’armée d’Orient en septembre 1917, il passe au 58e RI et est blessé une troisième fois, le 11 février 1918, en Serbie à la tête de ses hommes ; lieutenant en mai puis exerçant les fonctions de commandant de compagnie en juin, il termine la guerre titulaire de la Légion d’Honneur et de la croix de guerre.

    Démobilisé en juin 1919, Joseph Hackin retrouve ses activités au Musée Guimet dont il est nommé conservateur en 1923 et qu’il va s’attacher à moderniser. L’année suivante, il part pour sa première campagne de fouilles en Afghanistan et s’intéresse particulièrement aux bouddhas géants de Bamiyan. Enfin, il fouille à Paitava au nord de Kaboul et y découvre un Buddha au grand miracle en schiste le 20 décembre 1924 avant de rentrer en France.

    Docteur ès-Lettres, il est nommé professeur à l’Ecole du Louvre pour l’archéologie et l’Histoire de l’Inde en 1929, année où il repart pour l’Afghanistan avec sa jeune épouse Marie en dépit des troubles politiques locaux.

    Directeur français de la maison franco-japonaise à Tokyo de 1930 à 1933, Joseph Hackin est détaché, en 1931 et 1932, comme archéologue auprès de la mission Citroën Centre-Asie (la "Croisière jaune") et dirige cette mission difficile dans le Turkestan chinois. Scientifique, il n’en est pas moins homme d’action, lui qui écrit dans ses carnets intimes, "Le danger mesure exactement la valeur de la personnalité humaine".

    A partir de 1934, il assure sur le terrain la direction de la Délégation archéologique française en Afghanistan.

    Jusqu’en septembre 1939 il aura accompli cinq longues campagnes de fouilles en Afghanistan espacées par des retours en France, au musée Guimet, permettant l’étude et la présentation des résultats de ses recherches auxquelles collabore activement et remarquablement son épouse, Marie Hackin. Savant reconnu, il est par ailleurs membre de nombreuses sociétés scientifiques, françaises et étrangères.

    Au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939, le capitaine de réserve Hackin est placé en affectation spéciale mais il demande à pouvoir rejoindre une unité combattante. En mars 1940, il est finalement mobilisé en qualité d’officier de la liaison du général commandant le Théâtre d’opérations en Méditerranée (général Weygand) auprès de la  Légation de France à Kaboul ; il est promu chef de bataillon en mai 1940.

    Après l’armistice, refusant la défaite, Joseph Hackin fait adresser au général de Gaulle le 5 juillet 1940, depuis Kaboul par l’intermédiaire de la légation britannique, une offre de ralliement pour lui, Ria, son adjoint Jean Carl, attaché à la DAFA et André Beaudouin, professeur au lycée français de Kaboul.

    Alors que le général de Gaulle lui demande de rester sur place pour défendre les intérêts français, il est sollicité par le gouvernement de Vichy pour occuper les fonctions de chef de la représentation diplomatique française à Kaboul. Il refuse mais doit quitter rapidement l’Afghanistan.

    Le 18 août, les Hackin, Carl et Beaudouin (qui deviendra avec le grade de commandant le directeur de l’Ecole des Cadets de la France libre) quittent l’Afghanistan pour l’Inde. Arrivés à Bombay le 23, ils rencontrent les premiers membres du Comité de la France libre qui s’y constitue. Fin août, ils embarquent à Bombay. Arrivés en Afrique du sud à la mi-septembre, ils rejoignent l’Angleterre à la mi-octobre.

    Engagé dans les Forces françaises libres, le commandant Hackin est affecté aux services civils de Carlton Gardens (QG des FFL). Il est chargé, avec Pierre-Olivier Lapie et Augustin Jordan notamment, du service des relations extérieures et, à ce titre, établit des contacts avec les groupes de Français libres, les comités de la France libre, qui se forment un peu partout dans le monde.

    Sous son nom, le 14 décembre 1940, il fait à la radio de Londres un discours d’une teneur très politique où il précise le positionnement doctrinal de la France libre rejetant la Révolution nationale et certains errements de la 3e République.

    En raison de sa connaissance approfondie des milieux et des questions asiatiques, Joseph Hackin est chargé d’une mission politique et diplomatique de trente étapes passant par l’Inde, la Chine, le Moyen-Orient et l’Océanie. Représentant du général de Gaulle, il doit entrer en contact avec le Gouvernement de l’Inde et établir un rapport sur la situation dans les Etablissements français dans l’Inde. Il est également chargé de présenter au vice-roi des Indes l’expression de la reconnaissance du chef des Français libres pour l’intérêt qu’il porte aux œuvres de la France libre.

    Avec son épouse, il embarque le 20 février 1941 sur le steamer Jonathan Holt. Le 24 février, le navire est torpillé et sombre au large des îles Féroé ; tous deux disparaissent dans le naufrage.

     

    ■ Officier de la Légion d’Honneur
    ■ Compagnon de la Libération  -  décret du 13 mai 1941
    ■ Croix de Guerre 14/18 (2 citations)
    ■ Croix Militaire (Roumanie)
    ■ Médaille commémorative de la Grande Guerre
    ■ Médaille interalliée dite de la Victoire
    ■ Médaille commémorative d’Orient
    ■ Croix commémorative 1916-1918 (Roumanie)
    ■ Commandeur de l’Ordre de la Couronne de Chêne (Luxembourg)
    ■ Médaille Commémorative serbe
    ■ Officier de l’ordre du soleil Levant (Japon)
    ■ Ordre du Trésor sacré – 3e classe (Japon)
    ■ Grand-croix de l’Etoile d’Afghanistan

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim            

    * Ordre de la Libération - Le 24 février 1941, disparaissaient en mer Joseph et Marie Hackin - couple Compagnon de la Libération.

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :