• * Mémoire de René GENESTIER (BM 24) par son petit-fils, Carlos MANN

    Remerciements à M. Carlos MANN pour cette très belle photographie,  ainsi que le document reproduit  et son témoignage sur son grand-père René GENESTIER, ayant rejoint la 1ère Division française Libre depuis le CHILI et fait preuve de son courage jusqu'au bout, en s'évadant d'Allemagne pour rejoindre sa Division, après Obenheim.

     

    * Mémoire de René GENESTIER (BM 24) par son petit-fils, Carlos MANN

    "Je voudrais témoigner sur mon grand-père, qui a rejoint l'AFDL comme chauffeur de pionniers de la 4e -brigade - BM 24. René Genestier était né le 3 Aout 1924 à Santiago du Chili. Embarqué de Buenos Aires sur un cargo Anglais, il est arrivé à Alger le 20/12/43 , de là, dirigé sur Tunis, et ensuite Nabeul où il a rejoint la C.B.

    Il embarque à Bizerte le 15/04/44 pour la Campagne d’Italie. Débarqué a Naples, cantonné a San Marcelino, René GENESTIER prend part aux opérations du Garigliano, San Andrea, San Ambrosio, San Giorgio, Pontecorvo, etc. jusqu’au 21 Juin 1944.

    Le 27 Juin la Division est dirigée sur Tarento et Brindisi en vue de son embarquement pour la campagne de France. Débarqué à Cavalaire le 16/08/44, il prend part aux opérations de Hyères, Toulon, Lyon, Dijon, Belfort, etc. Participe a la prise de Ronchamp, le 2/10/44, mais aussi Champagnay, Giromagny.

    En position a Obenheim le 1er janvier 1945 le bataillon est attaqué et après de durs combats. La position tombe le 11 janvier vers 11 heures du matin. Fait prisonnier, il est transporté en Allemagne, interné dans différent camps de triage pour aboutir a celui du Stalag XIII D a Nuremberg.

    Il a écrit sur son évasion : “Sous la poussée du Front Russe, nous sommes évacués en chemin de fer ; à la gare de Furth nous sommes bombardés par l’aviation alliée. Trois d’entre nous en profitons pour nous évader. Après 6 jours nous rejoignons les premières lignes Américaines près de Bamberg. Rentrons à Strasbourg et de là rejoignons notre Division a Nice

    Carlos MANN

    * Mémoire de René GENESTIER (BM 24) par son petit-fils, Carlos MANN

    * Mémoire de René GENESTIER (BM 24) par son petit-fils, Carlos MANN

    Document transcrit par Mme Dominique Woerther, Fondation BM 24 -Obenheim

     

    St Jean de Luz, 7 mai 1945

    Querido, Papa

    Il doit te tarder d’avoir de mes nouvelles et de savoir ce que je suis devenu depuis le mois de janvier. Après mon câble, j’espérais en recevoir un de toi mais comme je ne vois rien venir je me suis décidé à écrire. Gérald m’a envoyé ta lettre datée du début janvier bien que les nouvelles aient été un peu vieilles, elles m’ont fait bien plaisir. Je voudrais bien que tu me dises si Bernard et toi se sont embarqués pour venir s’engager. Je crois que maintenant il serait un peu tard, car j’espère que lorsque cette lettre te parviendra la guerre sera terminée depuis longtemps, d’ailleurs nous nous préparons à  la fête dignement… avec les moyens du bord.

    Je suppose que tu as envie de connaître quelques détails sur mon équipe. Après nous être battus pendant 4 jours nous avons été pris le 11 janvier au matin en Alsace. Fouillés puis dirigés vers le royaume des teutons, le 3ème Reich. Après quelques jours à Waldkirch, camp de triage, nous avons été dirigés sur Ludwigsbourg près de Stuttgart. J’y suis resté un mois menant une vie à peu près potable bien qu’il y fasse très froid. De là nous avons été dirigés en wagons à bestiaux sur Nüremberg. En cours de route nous avons subi un mitraillage de l’aviation alliée. Arrivés à Nüremberg commença la vie de bagnard. ... 5 à 6 h de travail jusqu’à 2 h de l‘après-midi dans la neige et le froid. Nous creusions des fosses communes pour enterrer les maccab. boches des bombardements de la ville. A 2 h nous rentrions au camp où on nous servait un copieux repas : eau de vaisselle + 20 g de pain avec la grosse quantité de 25 g de margarine et… c’était tout jusqu’au lendemain 2 h. Après un mois et demi de ce régime je suis parti avec d’autres camarades dans un « Kommando » de travail en forêt, la vie était un peu meilleure. Nous devions abattre (...) et débiter du bois de chauffage et du bois destiné à la fabrication du papier,  2 m3 par équipe de 2 et par jour bien que ces messieurs en demandent davantage.  Nous y sommes restés 3 semaines puis sous la menace de l’avancée alliée ils nous ont « évacués » vers une destination inconnue. Après une nuit de  voyage toujours en 1ère classe, le train étant en gare vers 2 h de l’après-midi nous avons été bombardés. Comme on nous avait ouvert les portes quelques minutes avant, nous avons tous cherché à nous éloigner de la gare tant bien que mal. Une fois avoir ressenti l’air de la liberté, nous avons pensé avec deux de mes camarades que nous pouvions profiter de l’occasion pour mettre les bouts. Nous avons rejoint une forêt où la providence nous fit tomber sur 2 pilotes américains également évadés quelques jours avant qui nous ont donné une copie de carte de la région qui nous fut de grande utilité. Et nous sommes partis marchant la nuit et le petit jour, nous cachant la journée ayant pour tout vivre les restes d’un colis de la Croix Rouge anglaise : quelques biscuits, 1 boîte de lait, 1 de porridge et une de légumes. Nous avons vécu 6 jours en forêt parcourant environ 60 km. Le 15 avril nous avons rejoint les troupes américaines « Enfin Libre ». Chocolat, biscuits, cigarettes et tout le reste nous fut offert à profusion. Ils ont été bien chics et nous ont faciliténotre retour vers la France. J’ai retrouvé mon unité à Nice où j’ai obtenu une permission de 30 jours et je suis parti pour St Jean de Luz où je me repose. Dès mon arrivée tante Nenette m’a amené chez le docteur, il m’a trouvé une bronchite déjà disparue grâce aux bons soins de toutes mes infirmières. Tante Nenette va me prendre en photo que je t’enverrai dans ma prochaine lettre. Jeannot le fils de Mme Bernard est avec la division Leclerc sans doute en Allemagne. A mon retour Gérald était en permission. Par conséquent je n’ai pas pu le voir il est actuellement avec ma division sur la Côte d’Azur. J’espère que vous êtes tous en bonne santé. Il me tarde d’avoir de vos nouvelles. Tu embrasseras bien fort pour moi Mame et Grand Père ainsi que Suzanne. A toi, mon cher Papa, je t’embrasse très fort.

    Ton fils qui t’aime bien

    René.

    Nous sommes très heureuses d’avoir René auprès de nous. Arrivé un peu fatigué, il est actuellement très bien et a un excellent appétit. Il a grand hâte d’avoir de vos nouvelles. Vous seriez bien aimable de dire à tante et tonton, qu’à part leur câble, nous n’avons encore rien reçu d’eux. Embrassez-les de notre part. Nous sommes tous très bien et n’aspirons qu’à la fin de cette guerre qui amènera le retour tant attendu de nos soldats. Soyez sans inquiétude pour René. Nous ne le laisserons s’envoler que tout à fait remis sur pied. Grand-Mère et Maman se joignent à moi pour vous transmettre leurs amitiés. Embrassez Suzanne. Meilleur souvenir à M. et Mme Genestier.

    Marcelle Bernard.


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  • Commentaires

    1
    Paulina
    Mardi 1er Mars 2016 à 16:04

    Je suis la fille aînée de René GENESTIER.  J'ai fais la trouvaille de ses lettres qui se trouvaient dans une boite depuis longue date et dont je ne connaissais pas le contenu.  Quelle ne fut ma surprise de trouver ce trésor et de connaître enfin l'histoire de mon père pendant la guerre, puisqu'il était très réservé et ne parlait presque jamais sur ces événements. C'est très impréssionant d'avoir trouvé ces documents car ce sont  un vrai témoin de l'histoire.  Merci de l'avoir publié.

      • brigitte
        Mercredi 30 Mars 2016 à 15:53

        chère paulina

        merci surtout de nous avoir fait partager ce témoignage caché depuis de nombreuses années au fond  d un tiroir

        les anciens disparaissent peu à peu nous sommes les derniers héritiers de leurs récit 

        et comme je dis souvent nous entamons la dernière ligne droite 

        peut être à bientot pour une autre découverte d'archives 

         fondation B.M.24 Obenheim

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