• * Les destinées résilientes de Netka et de son frère Henri dans la tourmente de l'Histoire

     "Netka, il y a du slave dans ce nom qui sonne clair. Elle a cinquante pour cent de sang polonais dans ses veines. Il me faudra beaucoup de temps pour identifier la Pologne, chercher la trace du père inconnu, éclaircir les mystères, imaginer l'enfant-valise, la petite-fille abandonnée. Elle, c'était ma mère".

    L'écivain et journaliste Philippe LABRO a publié en 2017 un récit consacré à sa mère Netka "Ma mère cette inconnue". Après la disparition de cette dernière en 2010, il s'autorise enfin à retracer une biographie de l'enfance et de la jeunesse de celle qui se dérobait à ses questions, de celle qui avait su trouver seule son chemin et vivre au présent, comblée par son mariage avec Jean Labro, ses quatre fils et ses petits-enfants.

    Netka et son frère Henri, d'un an son ainé, sont issus de la rencontre d'une mère française, institutrice, et d'un aristocrate polonais, marié et père de famille..

    Tandis que leur père est atrocement assassiné en Biélorussie par les Bolcheviks en 1920, ils seront finalement abandonnés par leur mère, successivement confiés aux soins de deux femmes, la première en Suisse, la seconde en France.

    Malgré cette jeunesse chaotique marquée au fer rouge de l'abandon, grâce à leur seconde marraine, le frère et la soeur poursuivront brillamment leurs études et Henri entrera à Saint Cyr.

    C'est au détour de ce récit qui se prolonge dans la tourmente des années 1940-1945,  que nous sont révélées les destinées singulières de Netka et d'Henri.

    Netka et son mari Jean Labro s'installent dans une villa, sur les hauteurs de Montauban, lieu qui va devenir une étape et un refuge pour de nombreux juifs tenant de gagner l'Espagne. Grâce à leurs nombreux témoignages, les époux seront honorés comme "Justes parmi les Nations" de nombreuses décennies plus tard.

    Mais ce n'est pas sans une immense surprise que nous apprenons également que Henri, adopté par sa marraine, Madame Magny, s'est de son côté engagé dans la France Libre en Syrie en 1941.

    Henri MAGNY.... de décembre 1942 à mai 1943, il est  affecté au Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP) avec pour mission de le commander et de le réorganiser : il fait de ce bataillon une unité d'élite qui va se distinguer à l'attaque du Girofano dans la Campagne d'Italie.

    Henri MAGNY est tué quelques jours plus tard, le 16 mai 1944, à San Giorgio.

    Il sera fait Compagnon de la Libération à titre posthume, en août 1945.

    " L'amour d'un mari, l'existence heureuse d'enfants, n'empêcheront pas ce sentiment, cette exclusive émotion. Ca n'appartient qu'à vous, cette appartenance détruite. Perdre un frère, un frère aîné, un frère unique, c'est comme si l'on vous arrachait un bras. Henri est mort à trente-quatre ans, Netka en a trente-trois", écrit Philippe Labro.

    * Les destinées résilientes de Netka et de son frère Henri dans la tourmente de l'Histoire

    Henri Magny, Compagnon de la Libération

    A travers l'hommage de Philippe Labro à sa mère, nous recevons le message simple et universel de ce que l'amour - des siens pour Netka, de Henri pour la France - ont su dépasser et transfigurer l'insondable manque originel. 


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  • Commentaires

    1
    durand
    Mardi 2 Janvier à 15:29

    temoignage poignant,comme toute les histoires de cette heroique periode..

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