• * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'AUTHION - Journée du 12 Avril 1945

    Le plus difficile, prendre pied sur l'Authion a été accompli la veille, le 11 Avril, et la chute de Mille-Fourches rend précaire la situation des Allemands.

    Il reste à prendre le fort le plus élevé, La Forca (2.078 m), ainsi que la Redoute des 3 communes et Plan-Caval. Au soir du 12 avril la 4ème Brigade se rend maître de l'Authion. Mais ses pertes sont lourdes : 100 tués, 228 blessés.

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Carte  Christian MARTEL

    LA FORCA
     
     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Illustration François ENGELBACH

    9h - La cie Gory tente d'enlever la crête de la Forca (2078 m) mais l'assaut échoue. Le cap. Gory laisse en place 2 sections et rejoint  le Fort de Mille Fourches avec le reste de sa cie. La section Campain (1/B.M. 21) et une section du détachement Lichtwitz, monte à l'assaut de La Forca par l'Est.

    Appuyées par une préparation de 105 courts (C.C.I.), de 155 et de l'aviation d'assaut,  2 premières tentatives échouent.

    12h - Une pluie mêlée de grêle favorise l'approche.

    13h - Assaut général ;  la Forca est prise sans pertes.

    20 défenseurs se rendent, les autres s'enfuient vers la Redoute des 3 Communes.

     

    TEMOIGNAGE : François ENGELBACH (1er R.A.) - "Le tir se déclenche et au milieu d'un spectacle étrange nos fantassins et nous nous ébranlons. Un vent terrible dissipe l'écran artificiel ; nous progressons quand même et là étonnamment la mitrailleuse boche ne répond pas. Le moment critique est passé. Maintenant il faut monter à l'assaut. La mitraille part sur la gauche pour ouvrir notre avance et les fantassins escaladent la paroi à pic du fort accompagnés par leurs flamines, les bazookas, échelles etc… Silence complet sur le fort.
    Nous, le poste ne veut plus donner, à force de ramper et de se planquer nous l'avons détraqué. Enfin nous suivons l'avance de la route et regardons ce spectacle formidable.
    Les premiers fantassins arrivent au sommet et pénètrent dans l'ouvrage. Quelques rafales de mitraillettes pétaradent mais c'est insignifiant.
    10 minutes après 14 boches arrivent avec tout leur matériel et redescendent prisonniers, le fort est libéré et le drapeau Français y flotte de nouveau. Aucune perte chez nous même pas un blessé seul un fantassin".

     

    TEMOIGNAGE - Les groupes d’assaut à la Forca (colonel Henri BERAUD) - " Le groupe d'assaut auquel appartient SCHOSSELER trouve assez rapidement son objectif : « Le lance-flammes projette de longs jets de feu dans l'embrasure, le bazooka tire sur le béton pendant que ma mitrailleuse crache tout ce qu'elle peut dans l'embrasure et par un gros trou que le bazooka a percé. La casemate ne tire pas et après quelques grenades lancées dans la brèche, le groupe s'attaque à un autre objectif pendant que nous tentons de monter avec la mitrailleuse sur le fort, en tirant au passage avec toutes nos armes dans toutes les ouvertures que nous voyons ».

     

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Carte  Christian MARTEL

    PLAN-CAVAL
     

    15h45 - La prise de La Forca permet d'avancer l'artillerie en vue de Plan Caval. Delange donne l'ordre d'attaque. Durant l'après-midi, la 4ème Brigade renforce son dispositif : le Génie démine et aménage la route jusqu'aux forts.

    18h20 - L'attaque dirigée par le Cdt Magendie débute par une préparation d'artillerie. La Redoute est aveuglée par des fumigènes tandis que l'infanterie donne l'assaut.

    19h - La section Sebource de la cie Gory  pénètre dans l'ouvrage par l'Ouest. Barberot arrive par le Sud avec 8 chars, la Cie Luciani (B.M. XI) et le détachement d'assaut Lichtwitz. Le sommet du fort est occupé ;  la garnison (60 hommes, 2 officiers) s'est repliée sur la Beole.

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Source : www.academic.ru

       TEMOIGNAGE - Le B.M. XI à Plan-Caval (colonel Henri BERAUD) - "L'ennemi déclenche un tir d'arrêt qui surprend la section du sous-lieutenant ALEXANDRE dans le réseau de barbelés de PLAN-CAVAL et lui cause des pertes. Le chef de section est touché par l'éclat d'un obus qui lui sectionne net le mollet droit et tue son sous-officier adjoint, le sergent-chef MORELLI. L'ouvrage est atteint vers 19h et la section du lieutenant CAMPAIN (1/B.M. 21) arrive sur les dessus, tandis que les sections d'assaut du lieutenant-colonel LICHTWITZ fouillent et nettoient à la grenade, à la mitraillette et au lance-flammes les abris ennemis. Il en sort quelques prisonniers choqués. Le reste de la garnison s'est replié précipitamment".

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Les hommes du B.M. XI sur le site du fort de Plan-Caval le lendemain de sa prise

    Crédit Photo : Patrice ARMSPACH

     

    REDOUTE DES 3 COMMUNES (sommet de l'Authion, cote 2082)
     

    16h Les mitrailleuses lourdes et les canons de la C.A.C. 4 (cdt Folliot) exécutent des tirs d'embrasure lorsque la Redoute émerge des fumigènes.

    19h - De la Forca,  Le cdt Magendie ordonne à la Cie Gory de lancer l'assaut. Au même moment, passe devant La Forca le char de « Jicky » (E.V. de Lamothe-Dreuzy), qui se dirige seul et sans infanterie vers la Redoute. Le cap. Fayaud lui dépêche des volontaires : le sergent-chef Cantini et 4 hommes.

    A l'arrivée du char devant le pont levis,  un drapeau blanc apparait à une meurtrière. Césaire Le Mercier (B.I.M.P.) pénètre seul et ressort avec 40 prisonniers.

     

    TEMOIGNAGE -  Le B.M. 21 aux Trois Communes (Raymond SAUTREAU (B.M. 21)

     

    « A gauche, mon groupe de flanc-garde est cloué au sol par les mitrailleuses enterrées

    sur 2017. Et je n'ai plus de liaison avec la compagnie. Et toujours ces coups de  fusil,

    précis, immédiats, qui paralysent toute nos tentatives. Je parviendrai avec deux

    groupes, par petits bonds, à m'approcher un peu mais les pertes sont sévères. LUCIANI

    a l'épaule labourée par une balle, puis MARCELLY, tireur au F.M., sera traversé de part

    en part en servant son arme avant d'être tué par une deuxième balle au front. Il sera

    immédiatement remplacé au F.M. par son frère ! Un tir de mortiers de 81 coiffe notre

    position déjà si inconfortable. Le caporal LAMOTTE, grand barbu rouquin, reçoit un

    obus entre les jambes, son corps replié, sanglant, réduit de moitié, restera longtemps

    sur le parapet. SUHAS  son pourvoyeur, sera un peu plus tard criblé d'éclats mais

    pourra être évacué. Je ne veux pas reculer mais je ne vois pas comment attaquer cette

    tour hermétiquement close dont les défenseurs, bien abrités, nous ajustent, calmement

    au fusil à lunettes. Dans l'après-midi, les 75 P.A.K. de la compagnie antichar nous

    appuient et leurs tirs précis ébrèchent les meurtrières et écrêtent le sommet. Ils ne

    peuvent malheureusement s'en prendre à la poterne, trop basse, qui reste close".

     

    TEMOIGNAGE-  Attaque de la Pointe des 3 Communes (Colonel Henri BERAUD)

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Les Marsouins viennent de s'emparer de la Redoute - Source  : François Engelbach - Ecpad - www.alpes39-45.forumactif.com

    Césaire LE MERCIER, B.I.M.P.
    Le 12 avril précisément, cinq soldats de la 1ère D.F.L. - volontaires pour une action commando - s'emparèrent de cette véritable forteresse et revinrent dans leurs lignes avec 38 prisonniers, dont deux officiers allemands. Quatre de ces cinq volontaires particulièrement courageux appartenaient à la C.A.C. 4. Le cinquième Cesaire Le MERCIER au B.I.M.P. du Commandant Magendie.
    C'est précisément Cesaire Le Mercier (d'origine bretonne) qui pénétra le premier dans le Fort, à la suite de quoi il fit l'objet d'une très belle citation de la part du général Garbay - Commandant de la 1ère D.F.L.
    Malheureusement aucun des journaux de marche ni documents officiels ne mentionnent ce fait d'armes qu'authentifie la citation suivante :
    Le Général de Brigade Garbay commandant la 1ère Division Française Libre cite :
    A l'ordre de la Division
    Le MERCIER Cesaire - Caporal - 1er R.I.C. ex B.I.M.P.
    "Fonctionnaire sous-officier auto, a, le 12 avril 1945, avec quatre autres soldats volontaires, soutenu l'action d'un char isolé contre la Redoute des trois communes. A pénétré le premier dans l'ouvrage contribuant à la reddition de la redoute et à la capture des trente-huit hommes dont deux officiers qui en composaient la garnison".
    Ces citations comportent l'attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile d'argent.

    TEMOIGNAGE - "Jicky" et la Redoute des 3 Communes (Roger BARBEROT, R.F.M.) - "cette fois-ci, où il n'est ni attaqué par des chars ni encerclé, JICKY se croit invulnérable. Il parade dans sa tourelle, gonfle sa poitrine, fait jouer ses muscles, aspire à pleins poumons l'air frais et sec de la montagne. Il atteint sans difficultés son objectif, le col de PLAN-CAVAL.

    En principe, il doit s'arrêter là et on doit monter une dernière opération sur le fort qui couronne le sommet de la montagne et que nous avons jusque-là aveuglé avec des fumigènes. Mais JICKY n'a apparemment rien compris à ce que je lui ai dit. Car je vois subitement son char se détacher seul, filer en direction du fort, s'arrêter de temps en temps pour tirer, puis gravir lentement la route raide et en lacets qui mène au réduit central. Il ne répond pas aux appels radio.

    De très loin je le vois aborder les dernières pentes, arriver jusqu'au fort, danser autour de celui-ci une sorte de sarabande, passant, disparaissant, réapparaissant. Puis il s'arrête et redescend lentement. Il revient tout joyeux avec quarante prisonniers dont deux officiers".

     

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Le Lieutenant de Vaisseau de LAMOTHE-DREUZY dit "Jicky" , torse nu sur son char - Journal Roya-Bevera, 2005

     

    TEMOIGNAGE du Commandant Edmond MAGENDIE (B.I.M.P.) - "L'exemple typique de l'insuffisance des études préalables aux actions prescrites à l'infanterie est présenté par l'ordre d'attaque élaboré sans aucun rapport avec la structure de l'objectif dans le cas de la REDOUTE DES TROIS COMMUNES.

    Cet objectif attribué à l'infanterie le 12 avril consistait en un donjon pentagonal de 12 mètres de diagonale, entouré de tous côtés par un fossé de 3 mètres de large et autant de profondeur, fermé par un pont-levis relevé.  Deux étages de meurtrières percées dans les murs de plus d'un mètre de béton dominaient tout l'éperon de l'AUTHION jusqu'aux forts sur 600 mètres et au-delà sur toutes les crêtes avoisinantes. Aucun scribe n'avait préalablement consulté le  dossier des ouvrages fortifiés installés par les français avant 1939 et détenu par la Chefferie du Génie de Nice.

    L'artilleur chargé de l'appui, le Commandant MARSAULT du Groupe lourd,

    interrogé lors de la réunion préparatoire, estimait à un millier de coups de 155 le

    nombre d'obus à tirer sur la Redoute pour espérer en placer une dizaine sur

    l'objectif, sans qu'aucun de ces coups ne perce la terrasse.

    Le chef de l'Infanterie chargé de l'assaut, le Commandant MAGENDIE qui avait vu

    la maquette en temps utile à NICE, récuse la solution d'un assaut d'infanterie pour

    y substituer une attaque aux canons anti-chars de 75 PAK récupérés en Alsace et

    servis par la C.A.C.4. Initialement des tirs d'obus de rupture seraient poursuivis

    jusqu'à obtention d'une brèche, au travers de laquelle des tirs d'obus explosifs

    provoqueraient des pertes aux personnels. Très vite, le pont-levis tourné vers

    l'Ouest fournit la brèche nécessaire. L'arrivée providentielle quelques instants plus

    tard d'un char isolé, échappé par inadvertance de son peloton occupé ailleurs,

    permit de pousser une escouade de fantassins jusqu'à la REDOUTE dont la

    garnison moralement ébranlée par le tir qu'elle subissait, accepta de se rendre

    avec ses 38 défenseurs".

     

    RETROSPECTIVE DE LA PRISE DE L'AUTHION 10-12 AVRIL 1945
     

    TEMOIGNAGE - Lettre de René BAUSSERON (B.M. XI) à ses parents (18 avril)

    * Etape n° 47 - La chute des Forts du Massif de l'Authion - Journée du 12 Avril 1945

    Dans ce courrier "saisissant",  René BAUSSERON revient sur les trois jours de combat pour la prise du Massif et conclue en ces termes :

    "La 5 monte, nous dépassant, et monte seulement à l'attaque du Fort de TROIS COMMUNES un peu plus haut. Mais les fusiliers marins sont plus vifs avec un char qui a monté là-haut (2.550 m) par miracle et 8 hommes, on entend quelques rafales, le 37 tire à bout portant. Deux minutes se passent, on voit des Boches sortir les bras levés, c'est des hourras retentissants qui partent de toutes les poitrines.

    Il est 7h30 tout est fini, le 88 se tait car il ne peut plus tirer sur nous. Les 105 et 155 passent en sifflant. Nous sommes heureux, mais les pertes sont dures à la section : 39 hommes au total. Le lieutenant blessé, un sergent adjoint tué, un chef de groupe tué et en tout 12 mis hors de combat. Nous ne sommes plus que 27.

    Enfin on sauve sa peau, c'est le principal. Moi je n'ai, et c'est la vérité, que trois égratignures à la main, mais ce n'est vraiment rien je te l'assure et si tu te fais du mauvais sang, moi, je m'en foutisme royalement, car c'est rien et la preuve c'est que je suis en repos avec les copains depuis dimanche. Nous avons été quelques jours en ligne. Nous avons été trop vite, on devait y être 15 jours, nous sommes le 18 avril 1945 et on va remonter."

     

    Télécharger « n°47- 1eredfl- La chute des forts du Massif de l'Authion- Journée du 12 avril 1945»

     


  • Commentaires

    1
    marchessou
    Lundi 13 Avril 2015 à 07:57

    suivre tous les evénements

    2
    Lundi 13 Avril 2015 à 10:08

    bonjour, nous ne comprenons pas votre remarque, pouvez vous préciser ? merci

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