• * Etape n° 33 - Décembre 1944 : Aller-retour et Noël sur le Front de l'Atlantique avec les Bataillons de Marche, les Cuirassiers et les Fusiliers Marins

    Lors de la retraite Allemande, les unités ennemies de la côte Atlantique sont restées sur place dans les poches de Lorient, Saint Nazaire, La Rochelle et Royan pour empêcher l'utilisation des ports. La 1ère  D.F.L. est désignée pour attaquer celle de Royan et traverse la France dès le 11 décembre 1944 pour rejoindre les Charentes. Mais le 24 décembre tombe brutalement la nouvelle de l'annulation de l'affectation de la D.F.L. sur le front de l'Atlantique : elle doit immédiatement rejoindre l'Alsace car les Américains viennent d'être surpris dans les Ardennes belges par une puissante offensive allemande conduite par von Rustedt. Manquant de réserves, ils ont prélevé dans le secteur de Strasbourg certaines de leurs unités et la 2ème  D.B du Général Leclerc. La Division devra retraverser la France en sens inverse, selon le parcours effectué quinze jours plus tôt : 1.500 kilomètres aller-retour ...

     

    Les Cuirassiers, partis de Vesoul, embarquent à bord de Wagons "40 hommes - 8 chevaux", et,  " à certains moments du parcours, la vitesse du train était tellement lente que les hommes sautaient pour se dégourdir les jambes en marchant à côté des wagons" raconte Gérard GALLAND.

    *  Décembre 1944 - Un aller-retour sur le Front de l'Atlantique : les Bataillons de Marche, les Cuirassiers et les Fusiliers Marins

    Les Cuirassiers prennent la pause le long de la voie, en partance vers les Charentes

    Au Bataillon de Marche n° 5, Alexis LE GALL qui rentre de permission d'Audierne, retrouve ses camarades de la C.A. à 15 kilomètres de PONS, et  fait sensation avec la paire de chaussons et les sabots de bois, que sa mère prétendait, certainement avec juste raison, qu'ils lui tiendraient plus chaud que leurs godillots. Mais ce n'est pas du goût de tout le monde et  "le père LE BASTARD, notre ancien « moujik » du camp d'Ornano, désormais Lieutenant et chef de la 2ème  section de mitrailleuses, s'esclaffa devant ces bretons (des Mao disait-il) en boutou koats et BAUDET y ajouta une réflexion désagréable en me disant que ce n'était pas le moment ni l'endroit pour faire le pitre".

     

    Georges CARPENTIER a rejoint dans la région de BLAYE (Gironde), le bureau où cantonne l'O.D. du Bataillon de Marche n° 24,  dans la maison du Maire de SAINT-GENEST-DE-BLAYE. "Des vacances ou presque... avec un accueil très chaleureux de la part des habitants du pays. Heureux qui aime boire du vin ! Au bureau des effectifs, nous enregistrons pas mal d'engagements volontaires, sans penser à l'avenir, sauf au repas de Noël pour lequel nous sommes invités chez un viticulteur. Nous avions déjà été invités chez ce viticulteur le 17 décembre pour fêter joyeusement, et « sans modération » , mes 16 ans".

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    Le Bataillon de Marche n° 5

    De leur côté, les Chambarand du Bataillon de Marche n°4 arrivent à COGNAC "où nous prenons (en tous cas ceux de la 1ère C    ompagnie) une « cuite » mémorable, puis les camions du Train des équipages nous emmènent un peu plus au sud dans la région Nord-Est de Bordeaux entre Cognac et Blaye. Nous sommes diversement accueillis par les populations dont nous rompons la tranquillité" selon Pierre DEVEAUX.

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    Le Bataillon de Marche n° 4 - Chambarand

    Les Fusiliers Marins de leur côté se sont retrouvés dans la région de POITIERS où les attendaient une mission délicate : briser la glace avec les F.F.I ! Ce que nous conte l'Enseigne de Vaisseau Bertrand CHATEL, plan de table à l'appui, un plan de table qui va voler en éclats au cours d'une mémorable soirée le 12 décembre 1944 : " Des facétieux se bombardent à coups de boulettes de pain, et les deux ailes du fer à cheval échangent leurs projectiles. Finalement, les convives enfourchent leurs chaises face aux dossiers, et font le tour de la table, au trot, en colonne par un, tant  il  est  vrai  qu'on  démontre  le  mouvement  en  marchant. Décidément,  l'ambiance  de  ce  banquet  démontre  que  rien ne s'oppose à la fusion des Forces de l'Intérieur et des Forces débarquées ".

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    Mais pendant que la D.F.L se mettait en place pour attaquer la Poche de Royan, des évènements graves se déroulaient en Belgique:  en 48 heures, le mince front de la 1ère   armée américaine, tenu sur 130 km par 4 divisions, a éclaté sous l'assaut des 20 divisions allemandes du maréchal Model, dont 7 divisions blindées réunissant un millier de chars modernes, « Tigre » et « Panther ». 

    En une semaine, l'avance allemande parvient à quelques kilomètres de DINANT, sur la Meuse, réveillant chez les Alliés et dans toute la France les mauvais souvenirs de 1940.

    « Où cet enfant de salaud a-t-il pu dénicher toutes ces forces ? » s'exclame le général Bradley devant le désastre.

    Manquant de réserves, le général Devers décide de surseoir à l'attaque de Royan et de ramener la 1ère   D.F.L. dans  l'Est. Du 26 au 30 décembre la Division traverse de nouveau la France en diagonale, par le même itinéraire, mais en sens inverse.

    Le 31 décembre, elle se regroupe autour de BACCARAT, dans les villages du plateau lorrain couvert de neige...

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