• * Etape n° 26 - 21- 22 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Le général Pierre GARBAY (originaire de Haute-Saône) a pris la difficile succession du général BROSSET à la tête de la Division. Son premier ordre du jour se termine par ces mots : «... les opérations continuent, nous resterons dignes de notre général et de nos morts. »

    Avec lui, indique François Broche dans sa biographie du général, "tout se passera sans heurts, ni drames. Sous son commandement, la Division va de victoire en victoire, jusqu'aux derniers combats sur les pentes du Massif alpin de l'Authion (mai 45)".

    * Etape n° 26 - La libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Le 20 novembre 1944 au soir La D.F.L. se trouve partout au contact d'une nouvelle ligne de défense qui protège le camp retranché de Belfort d'un enveloppement par le Nord, et qui  barre la route de Giromagny entre la Tête des Planches et la Tête de Chaux. Au Sud, protégée par la zone inondée des étangs de Sermamagny, la ligne couvre la Vallée de la Savoureuse et la rocade de Giromagny à Belfort.
    Le groupement du Colonel RAYNAL est chargé de l'action principale sur GIROMAGNY. L'artillerie lui fournit l'appui de deux groupes de 105 et de deux groupes de 155. La 2ème Brigade lui cède le B.M. 5 et le Groupement du Corail et la 1ère Brigade le Groupement de MORSIER. Ainsi, le Regiment Combat Team 3 (R.C.T. 3) dispose de presque toute l'artillerie et de tous les blindés de la Division.
    Avec ces puissants moyens, le Colonel RAYNAL va pouvoir attaquer Giromagny à la fois de face, le long de la grand-route, et en débordant largement la ville par le Nord et le Sud...

    Les carnets de route de Pierre BAUTHAMY et d'André SEBART relatent l'approche de Giromagny le 21 Novembre par le Bataillon de Marche n° 24. "La Compagnie du Capitaine TENCE arrive très vite sur le site du cimetière où des allemands en fuite se sont retranchés. L'Aspirant WINTERSDORFF est tué dans le combat. Nos chars donnent tout ce qu'ils peuvent et les anti-chars allemands aussi. Le Lieutenant DAVID est tué également quelques instants après en assurant le remplacement de Wintersdorff. Notre cercle d'Evadés de France se resserre de plus en plus." écrit André Sebard.

    De leur côté, cramponnés à leurs blindés, les Cuirassiers font route dans l'axe du Fort de Giromagny qui, à vol d'oiseau,  se trouve à un kilomètre. Dans un tournant dénommé « Le Trou de l'Enfer », à l'apparition des  blindés et des fantassins de la 1ère D.F.L., la réaction des éléments retardateurs ennemis est immédiate et brutale et  ils  sont arrêtés par un déluge d'obus de tous calibres - mortiers, 88 et perforants.

    Le Cuirassier Gérard GALLAND raconte comment un canon antichar ennemi placé devant l'un des forts de Giromagny "allume" le light du Fusiliers Marin LAUDOUARD, à plus de 1.000 mètres. " les artilleurs allemands ont eu tout leur temps pour effectuer un préréglage précis. Postés à cet endroit, ils prenaient en enfilade la route à la sortie du tournant. Fort heureusement, les trois membres de l'équipage restés dans le char ont eu le temps de s'éjecter". Le chef du char détruit fait appel à un Tank Destroyer et s'engage alors un  duel sous les yeux du Cuirassier : " L'un des fantassins du B.M. 24 qui assiste comme nous à ce combat, décrit sobrement celui-ci : « Un duel passionnant s'engagea alors au ras de nos têtes  entre char de chez nous et canon anti-char allemand. VICTOIRE... »

    Malheureusement, Gérard Galland  découvre ensuite le corps inerte du Sous-Lieutenant Marc COQUELIN dit "Charvier", résistant du Vercors. "C'était un rescapé du massacre que les troupes spéciales allemandes ont perpétré sur ce haut plateau du Dauphiné (Vassieux-en-Vercors). Par la suite il avait reçu le commandement du 3ème peloton du 2ème Escadron, appelé Escadron « JURY », du nom de son Capitaine. La nouvelle de sa mort a touché profondément tous ceux de l'Escadron qui le connaissaient".

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers Marc Coquelin

    L'ARRIVEE DES FRANCAIS A GIROMAGNY

    Vers 7h30, le 22 Novembre, la Compagnie du Capitaine JEANNERET du B.M. 5, descend en file indienne, rasant les murs des maisons, pour atteindre en premier lieu l'esplanade qui se trouve devant l'église, puis très rapidement ses éléments avancés atteignent l'Hôtel de Ville. Extrait du témoignage du Capitaine Paul MORTEL : "Progressant de maison en maison de chaque côté de la rue, quelques habitants, en pyjama ou robe de chambre pour la plupart, ouvraient leur porte ou leurs persiennes et, nous apercevant, s'écriaient à l'intention de leurs proches : « Les Français sont là ! ». Certains émirent même le souhait de nous accompagner, mais nous les priâmes fermement de rester chez eux".

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Crédit photo : Serge Robert

    Ainsi que le note Gérard GALLAND, "Les fantassins n'ont rencontré que des rues vides et encombrées de tuiles, de briques et de déchets de bois provenant de porte arrachées, de charpentes défoncées et de hangars explosés. C'est le résultat des bombardements mais surtout de la destruction des ponts par les Allemands"

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Devant les Cuirassiers postés sur des points d'appui aux abords du village  défilent des fantassins du B.M.24. "Ils sont restés plusieurs nuits dans des fossés plein d'eau et de boue. Il y a plusieurs jours qu'ils n'ont pas pu se laver, ni se changer. Ils sont complètement crevés et, sur leurs visages maculés de boue, marqués par l'épuisement, seuls les yeux fiévreux éclairent encore leur visage".

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Arrivée du Commandant COFFINIER (B.M. 24)

    Enfin vers les 9h, c'est au tour des Fusiliers et des soutiens-portés de déboucher à l'entrée de GIROMAGNY. "Cela fait déjà plus d'une heure et demie que le B.M. 5 est entré sans combattre par le Nord de la ville et que le B.M. 24 est installé au Sud de cette dernière. Si nous n'entendons plus aucun coup de feu, par contre, la population en liesse fait exploser sa joie. Elle entoure les chars. Très excitée, elle questionne et s'accroche à ses libérateurs dans un élan quasiment amoureux. L'enthousiasme est à son comble et la mirabelle circule de main en main parmi les soldats libérateurs de la Division et les libérés." (Gérard GALLAND)

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    Char light des Fusilliers Marins

    LA LIBERATION DE GIROMAGNY VECUE PAR UNE HABITANTE DU VILLAGE

    Notre partenaire, L'Association Histoire et Patrimoine Sous-Vosgiens (AHPSV) a édité un Hors série de sa revue La Voge en 2012 "Libération du Pays sous vosgien" dont est extrait le témoignage de Paule -Michel ZELLER, habitante du village :

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers(extrait) : "C'est à ce moment que le Colonel GARBAY, remplaçant le Général BROSSET mort à Plancher-Bas le 20 au début de l'attaque, a demandé à installer son quartier général dans notre salle à manger. En un instant tout a changé dans la maison, va-et-vient d'estafettes, téléphone de campagne, moteurs des camions alimentant les groupes électrogènes dans notre cour (...) Je me souviens très bien dans la matinée de ce mercredi  22, d'un char stationné sous nos fenêtres toujours ouvertes, des soldats riaient,  chantaient  : « Moi qui l'aimais tant, je l'ai trouvé le plus beau de Saint-Jean ». Ce char par la suite est monté sur Lepuix, a été bombardé et tous les occupants sont morts".

    * Etape n° 26 - 22- 23 Novembre 1944 - Libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M. et les Cuirassiers

    C'est à Giromagny que se trouve l'un des monuments édifiés en mémoire de la Division Française Libre, comportant une magnifique adresse :

    " AUX GENEREUX DE LA 1ère DFL"

    * Etape n° 26 - La libération de Giromagny par les B.M. 5 et 24, le R.F.M et les Cuirassiers

    Monument inauguré en 1957 par le général Pierre Garbay (Haut-Saônois)

    Crédit photo : Thierry Marline, AHPSV -  Mars 2014

    En 1989, le Souvenir Français de Giromagny  qui  prend en charge l'entretien des sépultures militaires et des monuments du souvenir, à travers l'action de son Président, Monsieur Jules Perros, fit réaliser la base en grès de même teinte, de ce Monument.

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