• * Etape n° 24 - 20 Novembre 1944 : Libérations de Plancher-Bas, Auxelles-Haut et Bas, Plancher-les-Mines et Lepuix-Gy

    Après la prise de Champagney la veille, l’offensive sur la trouée de Belfort se poursuit le 20 novembre et mobilise toute la Division : le groupement de Gastines (4èmeBrigade, 8ème R.C.A., Fusiliers Marins et 11ème Cuirassiers) fonce sur PLANCHER-BAS et AUXELLES-BAS tandis que le groupement du Corail et la 2ème Brigade parviennent en fin d’après-midi à PLANCHER-LES-MINES puis à AUXELLES-HAUT.

    * Etape n° 24 - Libérations de Plancher-Bas, Auxelles Haut et Bas,Plancher les Mines et Lepuix-Gy

    Une avancée victorieuse, certes, mais pas si facile ! Lorsque les Chars lights du R.F.M. ne s’embourbent pas, ils font s’écrouler  les ponts ... et l’humoriste et correspondant de guerre Pierre DAC est présent pour se moquer du malheureux chef de char accidenté. « Celui-ci, raconte Gérard GALLAND, insatisfait de la position peu avantageuse de son char, dont les chenilles pendent lamentablement au-dessus du fossé, s'efforce de prendre les choses à la rigolade et rivalise de plaisanteries avec Pierre DAC, du moins jusqu'au moment où des obus du type à fragmentation (shrapnels) explosent à côté de nous ».

    * Etape n° 24 -

    Pierre DAC est à gauche, Roger BARBEROT porte la moustache

    Peu après, le Cuirassier MADELINE, dit « Calva » - il est normand -  est sérieusement blessé. Le Light 131 doit cependant achever le nettoyage du bois de la ROUGERIE, au pas de course, jusqu’aux abords de Plancher-Bas, permettant  ainsi aux autres pelotons de foncer sur la D12 vers Auxelles-Bas.
    Car le général BROSSET trépigne d'impatience : l'ennemi décroche, pas de temps à perdre...

    * Etape n° 24 -Alain MADELINE, dit "Calva"

    Le 11ème Cuirassiers  travaille en soutien-porté des chars du R.F.M. « On leur a appris quelques jours avant le rôle qu'ils allaient avoir à jouer » indique Roger BARBEROT : «  Ils doivent protéger les chars pendant que les chars les protègent, fouiller les maisons, éclairer la route dans les endroits difficiles ».

    Arrivés à AUXELLES-BAS  raconte Gérard GALLAND, « ils se sont trouvés brusquement en présence d'une compagnie allemande qui, surprise par l'arrivée massive des blindés, cherchait à fuir dans tous les sens, par les jardins, les prés, les hangars, ou même en essayant de traverser les ruisseaux grossis par les ruissellements des pluies des derniers jours ». « Dans les champs, suivis par les traceurs de nos mitrailleuses, les Allemands essayent de s'enfuir. En une demi-heure, 50 des leurs sont prisonniers, 10 tués. Chez nous, peu de pertes », indique Roger BARBEROT.

    Mais les Cuirassiers sont en émoi car un jeune Cavalier de 16 ans, le lyonnais Jean NEEL, est blessé mortellement dans des circonstances aussi étranges que tragiques.

    * Etape n° 24 - Libérations d'Auxelles-Haut et Bas, de Plancher-Bas, Plancher les Mines et Lepuix-Gy

    A AUXELLES,  raconte Elie ROSSETTI (11ème Cuir) , «  J'ai vu dans ce village bons nombre d'habitants les mains levées comme s'ils étaient prisonniers. Me demandant ce qui se passait, je m'approchais et la scène que je vis me peina. Les Fusiliers avaient du mal à faire comprendre à ces gens apeurés qu'ils étaient Français et qu'ils venaient de les libérer. Finalement des bras restèrent levés, mais pour exprimer la joie, et c'était à celui qui sortirait le plus vite les bouteilles de prunelle pour trinquer au succès de la libération ».

    Elie ROSSETTI voit ensuite arriver «  les copains du B.M. 21 qui avançaient en file indienne et que nos chars avaient dépassés. Chargés de leurs armes et munitions, tout trempés comme nous, mais en plus couverts de boue, ils traînaient leurs grolles". Parmi eux, un ami d’enfance... « Quel plaisir j'aurais eu de l'embrasser, mais comment pouvais-je faire du haut de mon char ! ». 

    Pendant ce temps, la Compagnie Chambarand du Bataillon de Marche n°4, passée par le Col de la Chevestraye qu’elle trouve en piteux état, descend sur Plancher les Mines et Plancher-Bas.

    Pierre DEVEAUX raconte : « Un vieil homme, abrité sous un énorme parapluie bleu-vert, vient à notre rencontre. Il ne nous voit pas venir, car tout en marchant, il regarde le village derrière lui. Nous nous trouvons tout à coup face à face et pensons qu'il va nous accueillir avec plaisir. Hélas il nous eng... : « Mais bon dieu, qu'est-ce que vous foutez, il vous en a fallu du temps, ça fait un sacré moment que nous vous attendons ! ».

    A la 101ème Compagnie du Train, André NOUSCHI connait une journée pleine d’émotions : il est le seul de sa section à subir le feu ennemi en convoyant des munitions  sur la route d’Auxelles-Bas : « J'appuie sur l'accélérateur et fonce à toute vitesse sur la route vers ma destination. J'ai eu de la chance, car si l'un des obus était tombé sur le camion, c'était un feu d'artifice avec tous les obus et les munitions. Je saurai, après coup, que ces obus venaient d'un canon automoteur pas trop éloigné qui se déplaçait et tirait sur tout ce qui passait sur la route. Je livre donc mes obus et mes munitions et rentre à PLANCHER-BAS après m'être arrêté un moment au bord d'une ferme pour boire ». 

    A AUXELLES-HAUT,  les quichelots attendaient leur délivrance depuis deux mois. Mais...« Ce n'est ni avec des Jeep, des camions ou des chars que les Quichelots voient arriver leurs libérateurs, raconte Cécile BOILEAU, une habitante, « mais à pied, avec les pièces d'artillerie sur le dos. C'est à travers bois, depuis la sortie de Plancher-Bas qu'ils ont rejoint Auxelles-Haut. Ce ne sont pas des Américains, mais des Français, le B.M. 4 de la 1ère D.F.L. Ces troupes restent une dizaine de jours dans le village, logeant chez l'habitant ». Ils repartiront avec  deux combattants nord-africains qui avaient été  pris en charge et cachés par les villageois. Constant BOILEAU, combattant du B.M.4 reviendra épouser Cécile et deviendra plus tard Maire de Auxelles-Haut...

    * Etape n° 24 -

    Crédit photo : AHPSV

    Enfin, Alexis le GALL évoque pour nous la prise de LEPUIX-GY: « On parle de coucher une nouvelle fois sur place sur ce sol, couvert ici de neige fondante, et de n'attaquer qu'au lever du jour, alors que montent vers nous ces odeurs de fumées et la chaleur qu'elles représentent »... Frigorifiés, les hommes du B.M. 5 n’attendront pas une nuit de plus !

    * Etape n° 24 -

    Mais cette journée de victoires se termine dans le deuil. Avec stupeur et consternation, tout un chacun à la Division apprend, en fin de soirée, la mort accidentelle du chef de la D.F.L.

    Notre prochain article reviendra sur les circonstances de cette disparition et rendra hommage au général Brosset.

     

     

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