• * Etape n° 22 - 3-7 Novembre 1944 : opération de diversion de la "13" à Rochesson, cote 1013

    Fin octobre, au Nord du secteur de la 1ère D.F.L. dans les Vosges,  le front s'est stabilisé.

    La 1ère Division Blindée est retirée du front le 23 octobre et la 3ème Division d'Infanterie Algérienne (D.I.A.) passe sur la défensive.

    Au début de Novembre cependant, à la demande du général DEVERS, la 3ème D.I.A. est chargée de mener une attaque locale contre les hauteurs de ROCHESSON, au Sud-Ouest de Gérardmer, pour appuyer une action de la 7ème Armée américaine dans cette région.  

    Pour cette opération, MONSABERT, Commandant le 2ème Corps d’Armée  lui détache le 1er Bataillon de Légion Etrangère du Commandant de SAIRIGNE, qu'il enlève pour quelques jours à la 1ère D.F.L..

    Déclenchée par surprise le 3 novembre, l'attaque de la 3ème D.I.A.  se heurte partout à une opposition violente.

    Il  faudra 48 heures de combat, avec un appui considérable de l'Artillerie et de l'aviation, pour s'assurer des objectifs : ROCHESSON (la cote 1013 notamment)  et MENAURUPT.

    En date du 7 novembre 1944, Gabriel Brunet de SAIRIGNE relève dans son Journal les conditions extrêmes dans lesquelles combattent  les Légionnaires :

    « Encore des contre-attaques allemandes repoussées. Le froid est vif, la neige fait son apparition et les hommes subissent une épreuve physique très dure. Les sapins, dont beaucoup ont été presque sectionnés par les éclats d'obus, tombent sous les rafales du vent, créant d'autres dangers pour les hommes. Impossible de s'enterrer, car l'eau d'infiltration remplit les trous en quelques heures. Les mitrailleuses et les fusils mitrailleurs sont en batterie derrière des troncs d'arbres ou des affleurements de roches.  

    Le brouillard et la pluie rendent la visibilité presque nulle, si fortement même que le Lieutenant FOURCADE, voulant interpeller un de ses hommes, se trouve face à face avec un Allemand qui lui jette une grenade, évitée de justesse. Les hommes se plaignent du froid et les pieds gelés sont nombreux. Mais leur résistance est admirable. Et pas de relève ; la 3ème D.I.N.A. (3ème Division d'Infanterie Nord-Africaine) fait au bataillon le coup de l'invité ».

    Etape n° 22 -

    Nous disposons également des témoignages de deux Légionnaires, acteurs des ces combats au cœur de la cote 1013 :

    « Nous creusâmes des trous, déroulâmes du fil de fer barbelé sans oublier d'y accrocher des boîtes de conserves et tout ce qui pouvait faire du bruit afin de ne pas être surpris pendant la nuit », indique Paul PELLONI.

    Et, une fois encore au fil de nos récits, nous retrouvons un exemple de « prémonition » à travers l’évocation de la mort du  Sergent LOPEZ par son camarade le Sergent-chef MITTENAERE.

    Gabriel de SAIRIGNE écrit le 9 Novembre 1944 : « Pendant ces cinq jours, près de 200 tués ou blessés et de nombreux hommes ont les pieds gelés. Une partie des cadres a disparu et il faut procéder à une réorganisation complète ».  Et Paul PELLONI de relater : « Le  9 novembre, le calme était de retour, l'heure de la relève approchait et un camion arriva pour chercher tous les survivants de la 3ème Compagnie, c'est-à-dire 25 hommes. En montant dans le G.M.C. je constatai alors que j'étais le seul survivant des Légionnaires de la Compagnie qui avait débarqué à Cavalaire ».

    Le général BROSSET accueille lui-même les rescapés à Lure en leur  distribuant du vin chaud. Il écrit dans ses carnets : « On ne jure plus que par  Sairigné et la Légion au 2ème C.A. Ils ont sauvé la situation ».

    Parmi les officiers disparus : le Lieutenant JAIS au 1er B.L.E. ; et le Sous-Lieutenant Olivier BORDEAUX MONTRIEUX du 2ème B.L.E., mort  le 6 novembre 1944 dans le secteur de RAMONCHAMP, dont la mémoire est évoquée ici à travers les souvenirs de Jean-Pierre SARTIN et de Jacques BOURDIS (Compagnons de la Libération).

    Etape n° 22 -

    Après sa disparition, souhaitant suivre l' exemple de leur aîné,  les très jeunes frère et cousin de Bordeaux Montrieux se présenteront en décembre  sur l’itinéraire de la « 13 » vers les Charentes, pour s’y engager...

     

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