• * Décès du colonel André SALVAT , Compagnon de la Libération, Ancien de Bir Hakeim (BIM)

    L'Ordre de la Libération, nous fait part du décès 

    d'ANDRÉ SALVAT
     le 9 février 2017 à l'âge de 96 ans

    Les funérailles ont eu lieu le mardi 14 février à 11 h en la cathédrale de Perpignan 1, rue de l'horloge (66000).

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine

    Retrouvez l'intégralité de l'allocution prononcée au nom du général de division (2s) Christian Baptiste, délégué national de l'Ordre de la Libération, lors des obsèques du Compagnon André Salvat

    Mon colonel André Salvat,
    Avec votre disparition, l’Ordre de la Libération perd un de ses derniers Compagnons. C’est le dernier carré des 1038 héros de la France libre et combattante qui s’amenuise. C’est, selon les mots du général de Gaulle cette « Chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l'histoire de France » qui perd un de ses braves.
    Vous êtes Compagnon de la Libération, Grand officier de la Légion d’Honneur et croix de guerre 1939-45, cela pourrait amplement suffire pour caractériser un parcours d’exception au service de la France.
    Mais il convient pour votre famille, vos proches, vos amis et pour tous ceux présents en cette journée de deuil, de mettre en exergue quelques moments d’un magnifique parcours afin que chacun puisse méditer ou s’inspirer de votre exemple.
    Animé dès votre plus jeune âge par une puissante vocation militaire, vous n’avez jamais cessé de servir la France.
    Issu d’un milieu de commerçants, vous êtes enfant de troupe dans une École militaire préparatoire. Puis, naturellement, vous vous engagez dans l’armée.
    A votre sortie d’école, vous avez vingt ans et vous servez comme sergent au 24e Régiment d’infanterie Coloniale (24e RIC) à Tripoli au Liban.
    Alors qu’il vous devient évident que la Syrie va appliquer l’armistice, refusant la soumission, vous faites parti des rares, à tout de suite dire non à ce qui paraît alors au plus grand nombre comme inéluctable, c'est-à-dire la nuit de la défaite, de l’occupation et de l’instauration pour des décennies d’une domination du régime nazi sur une partie du monde.
    Vous choisissez donc dès le 27 juin 1940 de passer en Palestine à l’aide de faux ordres de mission. Votre objectif est clair : poursuivre immédiatement le combat aux côtés de l’allié britannique. Vous n’avez pas entendu l’appel du 18 juin du général de Gaulle mais votre décision va dans le sens de la volonté du chef de la France Libre et selon son expression célèbre de : « ramasser le tronçon du glaive ».
    Dès septembre 1940, vous combattez brillamment en Libye. Ce qui vous vaut d’être nommé Compagnon de la Libération parmi les tous premiers. Promu officier, vous êtes trois fois cité et trois fois blessé à Bir-Hakeim, en Italie puis en Provence.
    Colonel Salvat, en ayant participé pleinement à l’épopée de la 1ère Division française libre, avec ses 90 000 kilomètres parcourus de 1940 à 1945, en Afrique et en Europe, vous illustrez parfaitement la devise de l’Ordre de la Libération « Patriam servando, victoriam tulit » (En servant la Patrie, il a apporté la victoire).
    Vous poursuivez ensuite une carrière militaire particulièrement méritante qui vous a vu porter les armes de la France au Maroc, au Sénégal et au Congo Brazzaville avant de participer aux opérations en Indochine puis en Algérie, où vous serez de nouveau blessé et où votre ardeur au combat vous vaudront d’être de nouveau trois fois cités.
    En avril 1973, au terme d’une prestigieuse carrière au service de notre pays, vous faites valoir vos droits à la retraite et vous vous retirez à Perpignan, dans vos chers Pyrénées-Orientales qui vous ont vu naître.
    Toute votre vie aura donc été marquée par le fait d’avoir été distingué par le général de Gaulle qui, en vous reconnaissant comme un de ses touts premiers Compagnons, vous a incité tout au long de votre carrière à rester digne du jeune Salvat héros de la France libre. Mon colonel, vous étiez à Bir Hakeim et vous connaissez le message adressé au général Koenig, par le général de Gaulle à la suite de cette bataille : « Général Koenig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »
    Vous étiez une parcelle de cet orgueil et c’est pourquoi l’Ordre de la Libération s’incline avec émotion et respect devant vous un des siens.
    Mon colonel, reposez tranquille, l’Ordre de la Libération, va s’attacher, dans les années à venir, à donner en exemple votre parcours ainsi que ceux de vos Compagnons pour montrer à nos jeunes compatriotes, qu’il est possible de choisir son destin plutôt que de le subir.

    Général de division (2S) Christian Baptiste
    Délégué national de l’Ordre de la Libération

     

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    Les honneurs au colonel Salvat. 
    Compagnon de la Libération

    PAYS CATALAN – L’INDEPENDANT – Mercredi 15 Février 2017

     

    Obsèques. Un hommage officiel a été rendu hier à ce militaire de carrière, enfant du pays catalan, décédé à l’âge de 96 ans au terme d’un parcours exemplaire de dévouement à la Nation

    * Décès du colonel André SALVAT , Compagnon de la Libération,  Ancien de Bir Hakeim (BIM)

    (Photo par HARRY RAY JORDAN)


    Un héros. André Salvat le disait. Si l’histoire venait le chercher, il obéirait par devoir. Et elle l’a rappelé une dernière fois à 96 ans pour lui rendre les honneurs militaires. Son cercueil, accompagné par ses proches, dont sa veuve, et Monseigneur Turini, a franchi hier le seuil de la cathédrales Saint-Jean à Perpignan, drapé des couleurs de la Nation, à l’épaule des parachutistes. Salué par une foule  d’autorités, une section du 3e RPIMa au garde-à-vous, des dizaines de porte-drapeaux, la sonnerie aux morts vibrant dans les clairons de la 11e brigade parachutistes de Toulouse et par la Marseillaise. Un hommage digne de ce Catalan à la carrière bardée de distinctions (Grand Officier de la Légion d’Honneur, crois de guerre 39-45, croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs, croix de la Valeur militaire …) Un résistant, parmi ces derniers compagnons de la Libération (ils sont désormais 13 en vie sur les 1.038 distingués), choisis par le général de Gaulle comme « héros » pour sa France. « Son parcours suscite à la fois notre admiration et notre respect, tant il fit preuve de courage, de bravoure, d’engagement, a rappelé Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat. Il était de ces hommes dont l’honneur  et les actes glorieux ont permis à la France de demeurer fière et digne dans les heures les plus tragiques de son Histoire. Une référence pour tous les jeunes de ce pays, tout entier dévoué à la défense des intérêts de la Nation. Un exemple dont se rappellera l’Histoire tandis que le caveau n° 9, dans la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, attend le derniers de ses Compagnons.

    Laure Moysset


    * Décès du colonel André SALVAT , Compagnon de la Libération,  Ancien de Bir Hakeim (BIM)

                                    

     (Photo par HARRY RAY JORDAN)


    1er Bataillon d'Infanterie de Marine

    Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique
    Bataillon du Pacifique

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine


    André Salvat était l'un des premiers Compagnons de la Libération (décret du 7 Mars 1941)
     

     

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine

    Photo : Musée de l'ordre de la Libération

    La Croix : Né le 16 mai 1920 à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, le Compagnon de la Libération André Salvat est mort vendredi 10 février à Perpignan, à l’âge de 96 ans. Fils d’un grand mutilé de la Première Guerre mondiale et d’une mère épicière à Perpignan, il intègre une école militaire préparatoire et s’engage dans l’armée en mai 1938, à sa sortie de l’école.

    De la Palestine à El Alamein

    En juillet 1939, le sergent Salvat est affecté au 24e Régiment d’Infanterie coloniale basé dans la ville de Tripoli au Liban. Lorsqu’en juin 1940, le général Mittelhauser dépose les armes en Syrie, il refuse l’armistice et passe en Palestine, alors sous mandat britannique.

    Salvat participe ensuite à la première campagne de Libye contre les Italiens au cours de laquelle sa section fera plusieurs centaines de prisonniers.

    En 1942, il prend part, comme chef de section, à la seconde campagne de Libye et à la bataille de Bir-Hakeim où les troupes des Forces françaises libres du général Koenig affrontent les armées motorisées italiennes et allemandes du général Rommel.

    Il combat à El Alamein en octobre 1942, toujours contre les troupes de Rommel.

    La campagne d’Italie et la libération

    Promu lieutenant en décembre 1943, Salvat participe à la campagne d’Italie et se distingue en menant ses hommes à l’assaut.

    Le 17 août 1944, il débarque en Provence et se fait de nouveau remarquer par sa bravoure, notamment en résistant avec sa section à six contre-attaques ennemies.

    À la toute fin du conflit, il prend part à la Bataille d’Alsace et termine la guerre dans le massif de l’Authion, dans le sud des Alpes, en avril 1945.

    André Salvat poursuit après guerre sa carrière dans l’armée et participe notamment à la guerre d’Indochine puis à celle d’Algérie. En avril 1973, le colonel André Salvat fait valoir ses droits à la retraite et se retire à Perpignan.

    Il avait été l’un des premiers à être décoré de la Croix de la Libération. Après sa disparition, il ne reste plus que 13 compagnons sur les 1038 distingués. Parmi ces derniers survivants figure Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, en 1942-1943.

    Le parcours d'André Salvat Ordre de la Libération


    Communiqué de Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire

    Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille

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    "C'est une mémoire qui s'efface, une armée de courageux qui disparaît, qui prend congé sur la pointe des piedsFrance Inter

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine

    4 Compagnons de la Libération à Bir Hakeim

    Photo ainsi légendée par André Salvat :  "Au centre le capitaine Perraud , derrière moi le sous-lieutenant Favreau , regardant la carte le sous-lieutenant Bellec et moi, le bras tendu... Coll. André Salvat

    Il y a 70 ans, André Salvat déjouait les assauts ennemis à Bir Hakeim. Publié par l'Indépendant, en Juin 2012

    C’était il y a soixante-dix ans exactement.

    La peau tannée par le soleil libyen, la bouche asséchée par la poussière, un jeune homme de 22 ans dirige une section de soldats tahitiens, dans le fracas incessant des bombardements ennemis. Il ne le sait pas encore, ce jeune homme, mais il est en train de changer le cours de la guerre. Ce n’est pas sa première bataille, pourtant. Ce sera loin d’être sa dernière.

    Mais Bir Hakeim restera dans les livres comme la première victoire des forces françaises libres…

    Soixante-dix ans plus tard, les yeux d’André Salvat pétillent malicieusement lorsqu’on l’interroge sur son parcours de héros. " C’est plutôt casse-pieds ", s’amuse-t-il. Même si cette victoire, il en est fier, ce n’est pas la gloire qu’il était allé chercher en Libye.

    Né à Prades, fils de modestes commerçants, André Salvat s’est engagé très tôt avec les enfants de troupe. "Quand je suis parti, ma mère m’a dit : Tu n’es pas bien avec nous ?’J’étais très bien à Prades ! Mais j’avais cela en moi" .

    André Salvat poursuit son engagement à Perpignan, avant d’être affecté au Liban. "Lorsqu’on nous a annoncé l’armistice, en 1940, j’étais au 24eRégiment d’infanterie coloniale, à Tripoli. Et au moment de l’armistice, je me suis dit : ’ Un enfant de troupe doit se battre ! ’. L’appel du général De Gaulle ? Je n’en avais jamais entendu parler ! ".

    Avec de faux ordres de mission, André Salvat et une centaine d’hommes dirigés par le capitaine Folliot s’engagent donc dans la première campagne de Libye.

    Nous étions une bonne petite équipe, avec le lieutenant BARBEROT, ce marin qui avait refusé de rester sous les ordres de Pétain. Il avait la réputation d’un fou mais je vais vous dire : j’étais aussi fou que lui ! ".

    C’est à l’issue de cette première campagne qu’André Salvat, alors sous-officier sera parmi les premiers à être fait Compagnon de la Libération…

    Puis, en tant qu’aspirant sous-lieutenant, il est déployé à Bir Hakeim. Avec mes hommes, ces Tahitiens dont on n’a pas assez vanté le courage, on était enterrés dans des trous individuels, selon les conseils du général De Larminat. Quand on sortait pour faire des ’Jock column’ - incursions rapides de petites colonnes de véhicules dans les lignes ennemies, destinées à le destabiliser,- on n’oubliait pas de saluer Miss Travers, qui était le chauffeur du général Koenig, lequel nous demandait de ramener des prisonniers..."

    Derrière ce récit de camp scout se cache pourtant une toute autre réalité. André Salvat et sa section sont chargés de ’tenir’ l’une des trois entrées de Bir-Hakeim, dessinées au milieu d’un champ de 130 000 mines, sous les bombardements des troupes germano-italiennes de Rommel. Il y a parfois jusqu’à cent avions dans le ciel, lâchant leurs bombes de 500 kg sur les troupes françaises. Et il fait soif, grand soif dans le désert libyen. Tellement qu’à la fin, on buvait l’eau des réservoirs des véhicules ! Toute la brigade est passée par là ! Quand le siège a commencé, les Anglais nous ont dit : ’Tenez au moins 4 jours’. On a tenu 10 jours ..."

    Quand, finalement, le général Koenig décidé l’évacuation, c’est toute la 1e Brigade française libre qui passe par la chicane d’André Salvat. Quand j’ai vu que tous mes Tahitiens avaient pu partir, alors seulement, je suis parti à mon tour" 

    * Décès du colonel André SALVAT , Compagnon de la Libération,  Ancien de Bir Hakeim (BIM)

    Ill. Jean-Marie Saqcuet  - Tamari'i volontaires les Tahitiens dans la seconde guerre mondiale Jean-Christophe Shigetomi

    Son camarade John Martin, Tahitien du Bataillon du Pacifique témoignait : "Au petit matin nous étions arrivés chez les Anglais en compagnie de Tchadiens et de Légionnaires. Nous nous sommes retrouvés à 14 sur 47. André Salvat, notre chef de section a été blessé par éclats de balles". 

    ********************************************************************

    Durant la Campagne d'Italie, André Salvat  se distingue dans les combats autour de Girofano, les 11 et 12 mai 1944, en menant ses hommes à l'assaut. Il est blessé une seconde fois par balle, le 16 mai à San Giorgio mais refuse de se faire évacuer avant d'avoir totalement rempli sa mission. Il est cité à l'ordre de l'Armée.

     

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine

     

    Collection Madame Geneviève Favreau

    Après le Débarquement de Provence,lLe 21 août 1944, le Lieutenant André SALVAT, à la tête d'un groupe de 9 hommes du BIMP participait à l'époustouflant assaut  du Golf Hôtel de Hyères (dont la prise conditionnait la prise de Hyères et la poursuite vers la Libération de Toulon) :  ils firent  irruption au rez-de-chaussée de l'hôtel,  par la salle à manger vitrée (une verrière bleue...). 

    Retrouvez le récit  de "Villes et villages libres avec la 1ère DFL" 

    * Décès d'André Salvat du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine

    Deux Compagnons en grande conversation à l'Ordre de la Libération (2004) : le colonel André Salvat et Jacques Roumeguère. Collection Florence Roumeguère

     


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  • Commentaires

    1
    MADEMBA-SY François
    Mardi 14 Février à 23:01

    Bonjour, je cherche l'adresse de la famille du Colonel Salvat afin de lui adresser mes condoléances. Quelqu'un peut-il me la communiquer ? Merci d'avance.

      • Mardi 14 Février à 23:11

        Bonjour, nous pouvons vous conseiller d'appeler le cabinet de l'Ordre de la Libération, et de présenter votre demande à Mme Rieux. Très cordialement.

    2
    MADEMBA-SY François
    Mardi 14 Février à 23:22
    Merci, je vais le faire en gérant les 10h de décalage horaire, je réside en Nouvelle-Calédonie. cordialement
      • Mardi 14 Février à 23:33

        Désolés , car nous ne connaissons pas les coordonnées de sa famille. Souhaitez vous que nous appelions l'Ordre pour vous ? 

         

    3
    MADEMBA-SY François
    Mardi 14 Février à 23:47

    Merci de votre proposition mais comme vous me le suggériez, j'ai envoyé un courriel à madame Rieux.

    cordialement

    4
    Christine
    Jeudi 16 Février à 16:57

    François bonjour, c'est Christine, j'ai vu ton message mais je ne peux pas poster l'adresse, je pense que tu peux la trouver par l'assoc. Cela fait un bail ! J'ai compris que tu étais en Nouvelle-Calédonie. 

    5
    MADEMBA-SY François
    Jeudi 16 Février à 21:05

    Oui, un bail et c'est une triste occasion. J'a eu l'adresse et ai envoyé un mot à ta maman. Ton père était  un héros, un vrai monument, humble. Je suis honoré de l'avoir connu et de pouvoir en parler pour transmettre son exemple aux jeunes générations.

    Toute ma famille est avec vous par la pensée, embrasse ta mère pour nous tous.

    Bien à vous

    François

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