• * Commémoration de la Libération de LA REUNION en novembre 1942

     

    Les anciens combattants de l'île ont commémoré, hier matin, l'arrivée du contre-torpilleur "Léopard" à La Réunion le 28 novembre 1942 et rendu hommage "à tous ceux qui ont offert leur vie et fait don de leur jeunesse pour la liberté."

    * La Réunion a commémoré sa Libération en novembre 1942

    photo Ludovic Lai -Yu

    De 1939 à 1942, La Réunion vit sous la contrainte. "Le 29 juin 1940, le gouverneur Aubert réunit les principaux notables de la colonie et leur impose de se soumettre au gouvernement du maréchal Pétain. Ce choix va avoir des conséquences sur la vie locale. La population est encadrée ; à Saint-Denis le Barachois prend le nom du maréchal ; la presse est censurée ; les francs-maçons et les étrangers sont pris pour boucs émissaires ; le blocus anglais entraîne la pénurie alimentaire ; l'île manque cruellement de produits de première nécessité." Tel est le tableau brossé par les élèves de la terminale ES du lycée Georges-Brassens (du Moufia), présents à la cérémonie sous la direction de leur professeur d'histoire.

    L'arrivée du Léopard, le 28 novembre 1942 va tout changer. "Ce jour-là, les Dionysiens ont accueilli à bras ouverts, les fusiliers marins des Forces Françaises Libres, à bord duquel se trouvait le gouverneur André Capagory, chargé par le général de Gaulle de remplacer le gouverneur Aubert," rappelle Camille Bourrhis, délégué de la Fondation de la France Libre, organisatrice de la cérémonie aux côtés de l'Association des anciens combattants.

    * La Réunion a commémoré sa Libération en novembre 1942

    Le contre-torpilleur Léopard

    Les Réunionnaises et Réunionnais ont été nombreux à rejoindre les Forces Françaises Libres, contribuant ainsi à l'amplification de cet élan patriotique tant attendu et trop longtemps réprimé. Certains noms sont entrés dans l'histoire : Marguerite Jauzelon, Jean Joly, Paul Vergès, Bruny Payet ! Nombre de ces valeureux guerriers sont restés dans l'anonymat et un contingent considérable est passé de vie à trépas : ils sont morts au champ d'honneur ou accablés par le poids des ans. "En ce jour, nous les associons tous à nos pensées," a souligné Paule Gervais-Delmas au moment de la sonnerie aux morts, précédant la minute de silence.

    La petite assemblée présente au Barachois - où l'événement est scellé dans notre basalte originel - a remonté le temps, tout en appelant à la vigilance face aux dangers du présent. "N'oublions pas non plus tous ceux qui sont tombés depuis janvier 2015 sous les balles d'un ennemi qui se cache, un ennemi qui attaque nos valeurs républicaines et nous a déclaré une drôle de guerre depuis cette date."

    Voilà pourquoi il importe de sensibiliser la jeunesse, "de lui inculquer le sens du devoir, les valeurs patriotiques, les obligations envers la patrie." Tâche bien délicate, en vérité, depuis que le service militaire a été supprimé. Toutefois, les enseignants restent de précieux relais en la matière tandis que l'État entretient la flamme par le biais des commémorations et concours, à l'image de celui dédié à la Résistance. Cette année, les jeunes sont invités à plancher sur le thème : "S'engager pour libérer la France." Paule Gervais-Delmas a encouragé les professeurs à mobiliser massivement leurs troupes et à puiser dans les itinéraires frappés du sceau de la vaillance et de la générosité des Français Libres de La Réunion. "Les associations sont présentes sur le terrain. Nous devons nous entraider et nous faisons confiance à notre jeunesse."

    Source : Clicanoo.re

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    Le témoignage de Raymond DELOOF, ancien du contre-torpilleur LEOPARD

    En novembre 1942, le contre-torpilleur Léopard reçoit pour mission de débarquer à la Réunion qui était demeurée sous le régime de Vichy. Le 20, il est accueilli par la batterie de défense de la Pointe des Galets à quelques kilomètres de la capitale de Saint-Denis, comme le relate le Havrais Raymond DELOOF : « La réplique ne se fait pas attendre : nous les attaquons à l’artillerie en passant au 30 mm. Dans l’après-midi,nous débarquons et faisons prisonnier le gouverneur et son secrétaire. Tous se rendent sauf un lieutenant d’artillerie assez grièvement blessé à un bras. Nous l’enverrons quelques jours plus tard à l’île Maurice, ainsi que le gouverneur.

    J’étais permissionnaire et en rentrant dans notre poste, il y avait une marmite de punch vraiment bon ! Enfin tout l'équipage  y a goûté et il y eut un seul puni pour le principe … Puis ce fut le départ pour Mombasa où nous attendions le général Legentilhomme pour partir sur Madagascar, qui était encore sous le régime de Vichy".

    L'Odyssée France Libre du Havre, AAFL, 2017


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