• * Adieu au Compagnon Pierre Simonet ce 5 novembre 2020...

     

    Crédit photo Pierre Simonet

    Adieu au Compagnon Pierre Simonet,

    La Fondation BM 24 Obenheim  présente ses condoléances à l'ensemble de sa famille, particulièrement attristée de perdre celui qui fut le  Parrain de "Villes et Villages Libres avec la DFL" et dont nous souhaitions l'anniversaire voici quelques jours seulement (Lien)

    Avec pour ma part l'expression d'une grande mélancolie dans la disparition du dernier frère d'arme de mon père au 1er Régiment d'Artillerie , et auquel  j'adresse ma reconnaissance pour les précieux moments partagés lors de la rédaction de sa biographie.

    Dans le ciel, Pierre Simonet, vous volez de nouveau avec vos chères Ailes de la Liberté...

    Florence Roumeguère

     

    L'annonce du décès de Pierre SIMONET a été émise voici deux heures  par la Délégation du Var de la Fondation de la France libre :

    " Triste nouvelle ! In memoriam !

    Disparition du dernier compagnon de la Libération de Toulon et Français libre de la 1ère DFL Pierre Simonet !

    Nous fêtions par la pensée le mardi 27 octobre, son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire !

    Ce vétéran de Bir-Hakein et de la grande épopée de la 1ère DFL était toujours d'une grande modestie et gentillesse ....

    C'est donc une très grande tristesse d'apprendre par la famille que Pierre s'est éteint ce jeudi 5 11 2020 après-midi dans son sommeil , auprès de ses enfants, à son domicile de Toulon.

    La Fondation de la France libre perd un de ses derniers vétérans de la Seconde guerre mondiale ayant rejoint très tôt le général de Gaulle.

    La famille indiquera vendredi 6 novembre 2020 le lieu du recueillement à Toulon car Pierre sera inhumé dans le caveau familial, dans la Drôme.

    Un.parcours exceptionnel : Pierre Simonet est le fils de Gilbert Simonet, polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées en Indochine. Ce dernier, après avoir été mobilisé en France lors de la Première Guerre mondiale, retourne en Indochine, où naît Pierre Simonet.

    Après des études secondaires au lycée Thiers de Marseille, puis au lycée Albert-Sarraut à Hanoï, Pierre Simonet rentre en France en 1939 pour ses études supérieures. La France et l'Angleterre viennent alors de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie.

    Trop jeune pour être mobilisé, il poursuit ses études au lycée Montaigne à Bordeaux, en classe préparatoire de mathématiques spéciales.

    En 1945, après la guerre, Pierre Simonet se marie avec Lucienne Ragain à Saïgon. Elle est née et a passé son enfance en Indochine, où ils se sont connus. Du couple naîtront cinq enfants.

    Seconde Guerre mondiale : Le 17 juin 1940, lorsque le maréchal Pétain annonce à la radio la défaite de l'armée française et demande l'armistice à l'Allemagne, Pierre Simonet est profondément choqué. Il a 18 ans et décide de se révolter. Le lendemain, 18 juin 1940, il prend connaissance de l'appel du général de Gaulle lancé depuis Londres. Il décide de s'engager à ses côtés.

    Le 24 juin 1940, il parvient à embarquer clandestinement sur le dernier cargo, Le Baron Kinaird qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les ressortissants britanniques. Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle, le 1er juillet 1940.

    Il voulait choisir l'aviation mais cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études de mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création, au camp de Cove (Surrey). Il y commence son entraînement, encadré par des officiers et sous-officiers de l'armée française qui ont rejoint le général de Gaulle et ont décidé de continuer la guerre. Ils sont en tout 2 000 volontaires « français libres », civils et militaires, qui constituent l'embryon des FFL.

    Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du corps expéditionnaire qui, à Dakar, a pour mission de rallier l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre (opération Menace).

    Puis, son unité stationne au Cameroun en Afrique équatoriale française (AEF), où il poursuit son entraînement jusqu'en janvier 1941. Il prend part à la campagne de Syrie en juin et juillet 1941, à la suite de laquelle est officiellement créé, à Damas, le 1er régiment d'artillerie des FFL (1er RAC).

    Affecté à la deuxième batterie du 1er RA et nommé brigadier, il est chargé des transmissions et de l'observation. Avec la 1re brigade française libre du général Koenig, il participe à la campagne de Libye de janvier à juillet 1942.

    Au cours d'une Jock column (en) dans le désert, le 16 mars 1942, pendant une forte attaque de chars ennemis, il assure sa mission jusqu'au bout, et ne quitte sa position qu'après avoir replié son matériel et être allé rechercher son camion de munitions à un endroit particulièrement exposé.

    Enfin, il participe à la bataille de Bir-Hakeim du 27 mai au 10 juin 1942 comme téléphoniste et observateur, et fait partie de ceux qui sortent de vive force le 11 juin. Il reçoit ses deux premières citations. Sa brigade est ensuite engagée dans l'offensive de la seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942, et poursuit avec la huitième armée britannique l'Afrika Korps du général Rommel en retraite jusqu'à Takrouna, en Tunisie.

    Il est alors admis au cours d'aspirant en Tunisie, et est promu à ce grade fin 1943.

    À partir de la campagne d'Italie, d'avril à juin 1944, Pierre Simonet est affecté au peloton d'observation aérienne du 1er RAC, en qualité d'officier observateur sur avion léger Piper Cub.

    Toujours volontaire, il n'hésite pas, à maintes reprises, à s'aventurer profondément dans le dispositif ennemi pour obtenir les renseignements demandés. Son unité est engagée dans l'offensive du 8 mai 1944 qui brise les lignes Gustave et Hitler, libère Rome et poursuit les divisions allemandes jusqu'aux abords de Sienne, en Toscane. Pendant le débarquement en Provence le 16 août 1944, il poursuit son action d'observateur en avion.

    Entre le 20 et le 25 août 1944, il remplit de nombreuses missions de guerre dans la région d'Hyères et de Toulon.

    Le 21 août, au-dessus de la Farléde, puis le 23 août au-dessus de La Valette, il n'hésite pas à survoler les lignes ennemies à basse altitude pour repérer les pièces antichars allemandes.

    Le 24 août, grâce à un réglage très précis, il arrête le tir d'une batterie ennemie située dans la presqu'île de Saint-Mandrier.

    Après la Provence, lors de la remontée vers le nord, il participe aux combats de Belfort et à ceux du sud de Strasbourg.

    Pendant la campagne d'Alsace, du 7 janvier au 2 février 1945, il rend les services les plus précieux en prenant part à la destruction de plusieurs chars et en repérant deux batteries.

    Nommé sous-lieutenant, il participe en avril et mai 1945 à la dernière offensive de la 1re DFL, qui s'empare du massif de l'Authion, pénètre en Italie du Nord et libère Cuneo.

    Le 18 juin 1945, lors de la prise d'armes et du défilé des troupes sur les Champs-Élysées, il est dans l'un des trois piper-cub qui passent sous la tour Eiffel.

    Vie professionnelle : en 1946, il suit une formation à l'École nationale de la France d'outre-mer et est nommé administrateur de la France d'outre-mer. En 1948, il sert en Indochine au cabinet du général Xuan, chef du gouvernement provisoire du Vietman sud.

    En 1949, il suit à Paris les cours de l'école d'application de l'INSEE et obtient le certificat de l'institut de statistique de l'université de Paris.

    Il exercera ensuite au Cameroun comme chef de service des statistiques en 1951-1952, puis comme administrateur dans différents postes (Mora, Meiganga, Ngaoundere, Yaoundé).

    En 1957, il est nommé chef de région de Ntem à Ebolowa. Il participe à la mise en place de la politique de décolonisation et à la passation de pouvoirs aux autorités camerounaises. En 1958, il fait ses débuts de fonctionnaire international en Asie du Sud-Est en qualité d'économiste statisticien, pour la première mission de la FAO (Food and Agricultural Organisation) sur le développement des pays riverains du Mékong.

    En 1959-1960, il est affecté par les Nations Unies en Iran comme conseiller en statistiques économiques.

    De retour en France, détaché au ministère des finances, il obtient le diplôme du centre d'études des programmes économiques, CEPE.

    En 1962, il intègre comme économiste l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris . En 1964, il intègre le Fonds monétaire international (FMI).

    De 1973 à 1977, il exerce les fonctions de représentant résident du FMI en Haïti et en El Salvador. En 1981, il part pour trois ans comme expert du FMI aux Comores et au Lesotho.

    Retraite : En 1985, il quitte complètement les affaires et se retire à Toulon avec son épouse qui l'a suivi dans toutes ses affectations.

    En 1999, il devient membre du conseil de l'ordre de la Libération. Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le premier ministre britannique Boris Johnson annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération, Edgard Tupët-Thomé, Hubert Germain, Daniel Cordier et Pierre Simonet, sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique La décoration est remise à Pierre Simonet par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, chez lui à Toulon, le 7 juillet 2020[).

    Il etait au 5 novembre 2020, un des trois derniers compagnons survivants.

    Adieu compagnon ! "

     


  • Commentaires

    1
    Jassaud
    Vendredi 6 Novembre à 07:44

    Mon père était Brigadier du 1er RA 17re Division Française Libre. Repose en paix et Veille avec lui et vos compagnons sur cette France que vous avez défendue et qui en a bien besoin actuellement.

    2
    Jassaud
    Vendredi 6 Novembre à 07:46

    Rectificatif 1ère Division Française Libre et non (17ème)

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