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    A retrouver dans notre Rubrique  Annuaire des anciens de la DFL 

     

     


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  •  Diffusé le 6 juin 2019 lors des cérémonies
    officielles commémorant le 6 juin 1944.

     

    * A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944  - Le "commando Kieffer" (ECPAD 2019)

    Philippe Kieffer

     

    * A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944  - Le "commando Kieffer" (ECPAD 2019)

      

    A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944, retrouvez le film sur le commando Kieffer produit par l’ECPAD. Le « commando Kieffer » désigne les hommes du 1er bataillon de Fusiliers Marins Commandos (1er BFMC) créé au printemps 1942 en Grande-Bretagne par la France libre et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Ils étaient intégrés à la Special Service Brigade britannique. 177 d'entre eux se sont illustrés en participant au débarquement de Normandie, seuls représentants de la France à débarquer sur les plages, puis dans les combats qui ont suivi en Normandie. Production ECPAD Commanditaire DPMA Diffusé le 6 juin 2019 lors des cérémonies officielles commémorant le 6 juin 1944.

     

     

     Biographie

     

    Philippe Kieffer est né le 24 octobre 1899 à Port-au-Prince. Sa famille est originaire d’Alsace et c’est à la suite de l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1870 qu’elle s’installe en Haïti.

    Ses études lui font retrouver la métropole : il étudie à Paris et est diplômé de l’Ecole des Hautes études commerciales (H.E.C.). Par la suite, il travaille en Haïti, aux Etats-Unis et au Canada en qualité de directeur de banque. De son séjour en Haïti, il garde un accent créole.

    Il se porte volontaire après la déclaration de la guerre et entre dans la Marine le 10 septembre 1939. Il participe à la bataille de Dunkerque sur le cuirassé Courbet. Philippe Kieffer entend l’appel du général de Gaulle le 18 juin 1940 : dès le lendemain, l’enseigne de vaisseau part pour Londres. Il est l’un des premiers volontaires à rejoindre les Forces navales françaises libres.

    Philippe Kieffer se voit confier 16 volontaires en avril 1942, qui s’entraînent alors au camp de Camberley en Grande-Bretagne en compagnie du lieutenant Jean Pinelli. Début mai 1942, la petite troupe (23 hommes) est brevetée au camp d’Achnacarry (Ecosse) et reçoit officiellement le titre de “1ère Compagnie, Fusilier Marin Commando”. Alors que ces hommes s’entraînent au dépôt d’Eastney, ils sont renforcés un peu plus tard par le Lieutenant Charles Trepel, nommé commandant en second du Commandant Kieffer. L’entraînement de commando est extrêmement difficile, les épreuves sont sélectives : les hommes doivent manœuvrer par tous les temps, sur tous les types d’obstacles : marches, entraînements à balles réelles, close-combat, etc.

    L’entraînement des futurs
    commandos à Achnacarry. Photo : IWM

     

    Le 14 juillet 1942, la petite compagnie composée d’une trentaine d’unités défile dans les rues de Londres à l’occasion de la fête nationale française. Le 10 août, la 1ère compagnie est rattachée au n°10 Commando Inter Allied, basée au pays de Galles, dans laquelle des troupes de toutes les nations (Belgique, Hollande, Norvège, Pologne, Tchécoslovaquie, mais aussi des antinazis d’Allemagne et d’Autriche) s’étaient portées volontaires.

    Les commandos effectuent une série de raids sur les côtes du nord-ouest de l’Europe (dont le raid sur Dieppe dans le cadre de l’opération Jubilee en août 1942) puis ils poursuivent leurs préparatifs pour le débarquement en Normandie. Peu avant le 6 juin 1944, Philippe Kieffer est promu capitaine de corvette : le Jour J, il débarque sur la plage de Sword Beach entre Colleville-Montomery et Riva-Bella avec ses hommes. Il est blessé une première fois en sortant de l’eau mais poursuit sa mission : il réduit la résistance aux alentours du bunker du casino de Riva-Bella puis gagne l’intérieur des terres en direction de Ranville pour y faire la jonction avec les parachutistes britanniques de la 6ème division aéroportée du général Gale.

    Les commandos rencontrent les parachutistes britanniques peu après 12h30 au pont de Bénouville, le fameux Pegasus Bridge. Le commandant Kieffer s’installe en début de soirée dans les bois du Plain près d’Amfreville où de durs combats s’engagent pour plusieurs jours avec les forces allemandes. Kieffer est blessé une deuxième fois dans l’après-midi du 6 juin 1944.

    Les commandos français de Kieffer poursuivent leur participation à la bataille de Normandie jusqu’au 27 août 1944 à l’est de l’Orne avant de rentrer en Angleterre. Ils reprennent du service en novembre 1944 en menant une opération commando dans la commune de Flessingue sur l’île de Walcheren en Hollande.

    Après la Seconde Guerre mondiale, Philippe Kieffer entame une carrière politique et il devient pendant un an conseiller général d’Isigny-sur-Mer dans le Calvados en septembre 1945 (France-Combattante – Mouvement Républicain Populaire). Il réside à Grandcamp-les-Bains en Normandie, dans une petite maison à côté de l’église, où il rédige son livre “Béret vert ” publié en 1948.

    Il conserve de nombreux liens avec l’armée et participe en tant que membre de l’Assemblée consultative à l’état-major des forces interalliées, avant d’être promu capitaine de frégate en 1954. Philippe Kieffer participe en tant que conseiller militaire (aux côtés d’un autre commando français, Maurice Chauvet) au tournage du film Le Jour le plus long en 1962, avant de s’éteindre la même année des suites d’une hémiplégie. Il est enterré à Grandcamp-Maisy.

     

    * A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944  - Le "commando Kieffer" (ECPAD 2019)

    Tombe du Commandant Philippe Kieffer

    à Grandcamp-Maisy.

    (Photo cimetières/tombes)

    Les 177 visages du Commando Kieffer
    ces héros français qui ont débarqué le 6 juin 1944
     


    * A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944  - Le "commando Kieffer" (ECPAD 2019)

     

     

     Fondation B.M.24 Obenheim   

    * A l’occasion des cérémonies présidentielles des commémorations du débarquement du 6 juin 1944  - Le "commando Kieffer" (ECPAD 2019)

     

     


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    * Un grand anniversaire - Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête ses 103 ans               * Un grand anniversaire - Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête ses 103 ans

     

    Article FranceInfo:

    * Un grand anniversaire - Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête ses 103 ans

     

    * Un grand anniversaire - Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête ses 103 ans

     

     

    Maxime Aubry, doyen de Faa'a et surtout vétéran du Bataillon du Pacifique, a fêté ses 103 ans, ce vendredi 29 mai. Entouré de sa famille, en toute intimité, mais toujours aussi souriant, Maxime Aubry a pu souffler ses bougies, après les deux mois de confinement qui l'avaient isolé de ses proches.

     

    Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête son 103ème anniversaire, ce vendredi 29 mai, entouré de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. "C'est un soulagement car, pendant le confinement, il n'y avait que ma soeur qui habite ici et moi, confie l'une de ses filles. Plus de kiné, plus de massage...Il n'y avait que l'infirmière qui venait pour lui. Et là, on peut se retrouver entre frères et soeurs.

    Né le 29 mai 1917 à Faa’a, Maxime Aubry, faisait partie du bataillon du pacifique, répondant à l'appel du Général de Gaulle pour combattre durant la seconde guerre mondiale, avec les forces françaises libres. Ses souvenirs de guerre sont d'ailleurs rassemblés dans son garage.
    En 1942, le Tahitien embarque à bord du Chevreuil, en tant que fusillier marin. C'est la première fois qu'il quitte Tahiti. Deux de ses frères, Eugène et Abel, l'attendent en France pour partir à la guerre.
    Maxime Aubry revient à Tahiti en 1946 avec le grade de quartier-maître de deuxième classe.
    Elevé au rang de Chevalier de la Légion d'honneur, il reste persuadé que la guerre reste une atrocité.

    Maxime Aubry est aussi, à 103 ans, le doyen de la commune de Faa'a. Père de 12 enfants, grand-père de 26 mootua, 43 hina et 6 hinarere (et deux à venir cette année). Lors d'un reportage réalisé à l'occasion de ses 101 ans, il nous avait confié le secret de sa longévité : sortir, "faut vivre, sortir, apprécier la nature ! »

    Ils sont quatre tamarii volontaires encore en vie : Maxime Aubry (103 ans), Starr Teriitahi (96 ans), Matthew Turner Chapman (98 ans) et Ari Wong Kim (96 ans).

     

     La Fondation B.M.24 Obenheim
    souhaite un joyeux anniversaire à M. Maxime Aubry
    et lui souhaite encore longue vie au milieu des siens.

     

    Fondation B.M.24 Obenheim    

    * Un grand anniversaire - Maxime Aubry, vétéran du Bataillon du Pacifique, fête ses 103 ans

     

     

     

     

     

     


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  • * Combats oubliés: les Français libres à Bir Hacheim, mai 1942


    La courageuse défense française libre de la forteresse isolée du désert de Bir Hacheim en mai 1942 a contribué à inverser le cours de la guerre en Afrique du Nord.

     

    En hommage aux combattants de 

    la France libre à Bir Hacheim, mai 1942

     

     Article du Musée National de la 2ème Guerre mondiale
     New Orleans

     

    * Combats oubliés: les Français libres à Bir Hacheim, mai 1942

    LIEN

     

     Légionnaires français en action, juin 1942.
    Gracieuseté des Imperial War Museums, E 13313.

     

    L'un des «combats oubliés» les plus émouvants de la Seconde Guerre mondiale a eu lieu en mai 1942 à l'avant-poste du désert nord-africain de Bir Hacheim (également Bir Hakeim.) Dans cette rencontre, les forces allemandes et italiennes sous le commandement du «Desert Fox» allemand, le général Erwin Rommel , affronté les forces de la France libre, y compris les troupes coloniales africaines, sous le commandement du général de brigade Marie-Pierre Koenig. Les Français ont combattu dur pendant deux semaines avant de finalement céder, permettant aux forces de Rommel de poursuivre leur avancée vers le canal de Suez. Même dans la défaite tactique, cependant, les Français avaient remporté une importante victoire stratégique.

    Au début de mai, environ 90 000 soldats allemands et italiens, dont 560 chars, ont affronté environ 110 000 soldats britanniques, impériaux et alliés britanniques et 840 chars le long de la ligne Gazala en Libye au sud et à l'ouest de l'important port de Tobrouk. Le lieutenant-général Neil Ritchie, commandant la huitième armée britannique, a déployé la 1re brigade française libre de 4000 hommes de Koenig à l'extrémité sud de la ligne Gazala, à une quarantaine de kilomètres de profondeur dans le désert du Sahara, dans un vieux fort désolé et en ruine à Bir Hacheim.

    Anciens combattants franco-africains de Bir Hacheim. 
    Avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque du Congrès.

     

    Le commandement de Koening était un méli-mélo, composé de marines français, de légionnaires étrangers et de soldats des colonies africaines françaises telles que le Sénégal, Madagascar et ce qui est maintenant l'Afrique centrale. Bien que manquant de chars et d'équipement lourd, les hommes de Koenig étaient des guerriers coriaces déterminés à prouver leur valeur contre un ennemi qui avait triomphalement traversé la France métropolitaine deux ans plus tôt. Les légionnaires étrangers comprenaient de nombreux réfugiés d'Europe orientale occupés par les nazis, également déterminés à venger la perte de leur patrie.

     



    Un légionnaire étranger prend une gorgée d'eau précieuse.
     Avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque du Congrès.

     

    Le 26 mai, Rommel a envoyé les forces italiennes dans une attaque frontale contre la ligne Gazala. Mais ce n'était qu'une feinte. Tandis que les Italiens manifestaient, le Desert Fox mena les 15e et 21e divisions Panzer et la division  blindée italienne  Ariete vers le sud dans le désert, battant des unités blindées britanniques et arrivant avant Bir Hacheim le 27 mai. avec ses divisions allemandes et a quitté les Italiens pour faire face à Bir Hacheim. Il s'est avéré que c'était une erreur coûteuse.

    Des pétroliers italiens, courageux mais opérant des équipements fragiles et obsolètes, ont immédiatement attaqué les positions françaises. Bien qu'ils aient pénétré le fil à certains endroits, cependant, les forces bien rodées de Koenig ont assommé 32 chars et chassé les assaillants. Pendant ce temps, Rommel a continué vers le nord, détruisant d'autres avant-postes britanniques et achevant l'encerclement de Bir Hacheim.

    Un équipage de mortier franco-africain. 
    Avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque du Congrès.

     

    Victorieux dans les actions de petites unités, mais incapable de démêler complètement la ligne Gazala, Rommel s'énerva contre la résistance persistante de Koenig à Bir Hacheim. Lorsque le commandant de la France libre a rejeté une demande de reddition, les combattants et les bombardiers de la Luftwaffe ont commencé à bombarder et à mitrailler sans pitié la forteresse en ruine. Rommel a également ordonné à son artillerie de battre les positions françaises et, retirant ses troupes allemandes de leurs postes avancés plus au nord, les a envoyées, ainsi que l'infanterie et les chars italiens, attaquer Bir Hacheim jour et nuit. Les légionnaires de Koenig avaient cependant bien construit leurs positions, et malgré les pénuries croissantes de munitions, et surtout d'eau, les Français ont tenu bon.

    À la fin de la première semaine de juin, Koening savait que ses hommes étaient proches de la fin de leur attache et a demandé par radio l'autorisation de sortir de l'encerclement et de se retirer. Cette autorisation a été refusée, car les Britanniques, anticipant la destruction définitive de la ligne Gazala, préparaient des positions de repli à El Alamein en Égypte. Koenig est retourné consciencieusement au combat alors que ses hommes, sous le bombardement constant d'une chaleur fulgurante et subsistant avec des dés à coudre d'eau, ont repoussé une attaque après l'autre.

    L'artillerie française en action à Bir Hacheim. 
    Avec l'aimable autorisation du National Museum of the US Navy.

     

    Dans la nuit du 10 au 11 juin, sachant que la chute de Bir Hacheim était imminente, Koenig ordonna une évasion sous couvert d'obscurité. Au début, les Français ont tenté de se retirer en formation, mais lorsque les Allemands ont découvert le mouvement, la garnison en retraite s'est divisée en groupes de quelques hommes et individus. Au cours des deux heures qui ont suivi, ils ont affronté les Allemands et les Italiens au corps à corps. Incroyablement, la majorité de la garnison survivante s'est mise en sécurité. Tout aussi incroyable, le général Koenig a été chassé de la forteresse par Susan Travers, une Anglaise affectée au service médical français en tant que chauffeur d'ambulance. «C'est une sensation délicieuse, d'aller aussi vite que possible dans l'obscurité», se souvient-elle plus tard. "Ma principale préoccupation était que le moteur calerait." Sa Ford criblée de balles a transporté le duo en toute sécurité dans les lignes britanniques.

    Rommel a déclaré à propos de Bir Hacheim que «rarement en Afrique on me donnait une lutte aussi dure.» La courageuse défense de l'avant-poste désertique a sérieusement bouleversé les plans de victoire de Rommel en Afrique du Nord. Bien qu'il briserait la ligne Gazala et capturerait Tobrouk, les Britanniques gagnaient un temps précieux pour préparer leurs défenses à El Alamein où, plusieurs mois plus tard, la marée de la guerre en Afrique allait enfin tourner.

     

    Fondation B.M.24 Obenheim   

    * Combats oubliés: les Français libres à Bir Hacheim, mai 1942

     
     

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    En partenariat avec la Maison de la culture dans la rubrique "La culture vient à vous" et son accompagnement aux commémorations des 80 ans du ralliement des EFO à la France libre.


    Onze articles avec des biographies sont programmés à raison d'un article par semaine jusqu'au 18 juin 2020. En cette lourde période de confinement, merci encore à la Maison de la culture pour son accompagnement correspondant… Bonne lecture et surtout restez confinés.

                                                                                          Cordialement.

                                                            

                                                               Jean-Christophe Teva SHIGETOMI

     

    * 2020 - l'année commémorative de Charles de Gaulle - L’appel du 18 juin 1940 a-t-il été entendu à Tahiti ?

     

     

    Article N°3

     

     

    La troupe d’infanterie coloniale en station à Tahiti va tenir une place prépondérante dans les évènements qui vont bouleverser  la lointaine colonie française du Pacifique, de la déclaration de guerre en 1939, à l’armistice de juin 1940 et le ralliement des Établissements français d’Océanie à la France libre en septembre 1940.

    La compagnie autonome d’infanterie coloniale plus connue sous son acronyme CAICT et son officier en commandement le capitaine Félix Broche se voient d’abord privés en septembre 1939 d’une participation à la défense de la France. Lors de l’armistice, la CAICT devra se confiner à une totale allégeance au gouvernement de Vichy représenté par le gouverneur Chastenet de Gery alors que les Anglais appellent la colonie française du pacifique à poursuivre la lutte à leurs côtés. La garantie de lever un corps expéditionnaire dans les pas du glorieux bataillon mixte du Pacifique de la Grande Guerre la fait finalement pencher dans le sillage de la France libre.

    Dès le 3 septembre 1939, l’officier de carrière qu’est le capitaine Félix Broche est frustré que la guerre soit si lointaine. Félix Broche exprime le souhait de rejoindre le front de France. Mais pour le gouverneur Chastenet de Gery,  le seul officier d’active de l’Océanie française dont il dispose doit rester organiser la défense de l’île. Le 22 septembre 1914, la ville de Papeete avait été attaquée par une escadre allemande.

    Le 3 septembre 1939, la mobilisation permet donc au capitaine Broche de compter sur quelques milliers de réservistes. Mais, faute d’armement et d’équipements seuls 200 d’entre eux sont incorporés dans les rangs de la compagnie autonome d’infanterie coloniale.

    Dans une de ses notes le capitaine Broche indique détenir dans son armurerie 42 fusils, 152 mousquetons, 20 pistolets de 7,65, 1 révolver de huit millimètres, 4 fusils mitrailleurs, 4itrailleuses, 6 troublons. Et avec ça, 46.000 cartouches pour fusils et mitrailleuses, 9.000 pour fusils mitrailleurs, 62 pour pistolets, plus de 280 grenades offensives.


    Le 11 novembre 1939, la Compagnie autonome d’infanterie coloniale reçoit son nouveau fanion brodé par les Dames tahitiennes de la Croix rouge. Fonds François Broche.

    Jean Tracqui,  de  la classe 37, après un service militaire de huit mois environ fait partie des rappelés sous les drapeaux. Il témoigne : Nous n’avions alors que peu d’équipements, de vieux fusils lebel et quelques mousquetons.

    Des armes automatiques ainsi que 2 pièces de 47 mm sont montées sur les plateaux de quelques camions réquisitionnés. Le mont Faiere dispose d’une batterie de 2 pièces de 100 mm et de 2 pièces de 6.5.

    La conscription n’est cependant applicable qu’au territoire de la colonie. Le front de France n’est réservé qu’aux volontaires.

    Des postes de guet sont installés autour de l’île et notamment dans les anciens fortins des guerres franco-tahitiennes.

    Les soldats mobilisés débutent leur instruction. Le commerçant Robert Hervé qui a effectué deux ans de préparation militaire  à Saint- Maixent a obtenu un brevet de chef de section. Félix Broche lui confie le commandement d’une section ainsi que celle du peloton des élèves caporaux. On relève notamment sur la photo de la démobilisation partielle de la CAICT en août 1940, qu’il est vêtu de son costume ayant quitté précipitamment son entreprise.

    L’armistice du 22 juin 1940 ranime le vent de guerre de la colonie et de sa troupe pour poursuivre la lutte aux côtés des Anglais.

    Jean Roy Bambridge indique dans son journal de route que lorsque tombe la nouvelle de l’armistice, le consulat anglais demande des volontaires pour continuer la lutte aux côtés des anglais. Il se précipite et son nom figure parmi les premiers. Son engagement sera finalement annulé lorsque les EFO vont rallier la France libre.

    Si le 23 juin 1940, le gouverneur Chastenet de Gery  sous l’impulsion de la Marine et des notables locaux envisage de poursuivre la lutte, il se soumet finalement aux instructions du gouvernement de Vichy.

    Le ralliement à la France libre aura impérativement pour préalable une position neutre voire passive de la CAICT vis-à-vis de ses partisans conduit par le Groupe de Mamao et le Comité de la France libre : que la troupe ne tirera pas ! Le capitaine Félix Broche pose contre la neutralité de sa troupe la levée d’un corps expéditionnaire tahitien qu’il conduira.



    Le 10 août 1940, la CAICT est démobilisée. Au 2e rang à droite, on aperçoit Robert Hervé dans son costume qui a quitté précipitamment son commerce. Fonds François Broche.

    Le 2 septembre 1940, la colonie rallie la France libre. Le 9 septembre 1940, un millier de volontaires affluent à la caserne Bruat pour s’engager. Dix anciens Poilus tahitiens réengagent. Six d’entre eux partiront avec le bataillon du Pacifique.

    Ils seront 300 à constituer le 1er corps expéditionnaire tahitien qui quittera Tahiti le 21 avril 1942. L’absence de bateau explique les délais courus pour l’embarquement des Tamari’i Volontaires. La Nouvelle Zélande réquisitionne un des ses bateaux le Monowai pour leur transport jusqu’en Nouvelle Calédonie où les volontaires du Caillou les attendent.  La Nouvelle Zélande  fournit aussi aux volontaires tahitiens les draps et les toiles militaires.  La communauté chinoise, interdite d’enrôlement dans l’armée, mobilise ses nombreux tailleurs pour confectionner rapidement les uniformes nécessaires. Si la coupe n’est pas soignée elle vaut mieux que les chemises de flanelle de nuit teintes en couleur kaki fournies lors de l’enrôlement. Elle dote par ailleurs les volontaires tahitiens d’une valise en bois.  Cet uniforme accompagnera les volontaires jusqu’à ce que ces derniers soient équipés par les Australiens à Liverpool Camp.

    Les autres volontaires tahitiens devant constituer le second contingent ne partiront finalement pas pour le front. Ils  sont affectés à la défense de Tahiti après l’attaque japonaise de Pearl Harbor en décembre 1941.

    Les Tamari’i Volontaires se couvriront de gloire dans les rangs du Bataillon du Pacifique notamment à Bir Hakeim, en Italie et en Provence avant de ne revenir à Tahiti que le 5 mai 1946. Soixante seize de ces Tamari’i Volontaires ne reviennent pas.

    La mémoire a gardé de leur épopée leur chant : Tamari’i Volontaires composé par le caporal-chef Pea Tutehau, qui dédie son chant aux tamarii no te batterie, enfants de la batterie du Mont Faiere. Les enfants de la batterie seront remplacés par les Tamarii volontaires.

     

    Tamarii Volontaires
    Refrain

     

    Matou teie Tamari’i Volontaires

    Tei ratere mai na te ara e

    Te faarii nei matou

    I te ture

    No to tatou hau metua

     

     

    Nous sommes les Tamarii Volontaires,

    Qui partons pour l’étranger

    Et qui nous soumettons

    A la loi

    de notre Mère patrie.

       
    Teie mai nei to mau tamarii

     

    O ta oe titau mai nei

    Tera roa ia o tona tauraa

    Te vahi no te pohe

    Nous sommes les enfants

     

    Que tu as appelés

    Et qui ne connaîtront de repos

    Que sur le champ de bataille

     

     

    Biographie 

    Félix Broche.

    Ancien de la 1ère DFL

    Le lieutenant-colonel Broche - premier "PATRON" du BIMP

    La justice de Vichy et les Français libres 
    le cas de Félix Broche

    Compagnon de la Libération

    Sources Tamari’i Volontaires



    Félix Broche est né à Marseille le 5 avril 1905.

    Il passe son enfance à Remoulins dans le Gard avant de gagner en 1923 le Dahomey pour y travailler.

    En 1926, appelé sous les drapeaux, il est incorporé à Aix-en-Provence au 22e  Régiment d’Infanterie coloniale. Il suit les cours des élèves officiers de réserve à Saint-Maixent pour servir comme sous-lieutenant dans les rangs du 10e  Régiment sénégalais à Tunis.

    Il embrasse la carrière militaire, pour préparer les cours des élèves officiers d’active.

    Nommé lieutenant le 15 mai 1929, il est affecté en Tunisie puis à Madagascar pendant trois ans avant de revenir à Tunis.

    Le capitaine Félix Broche est affecté au commandement du détachement d’Infanterie coloniale de Papeete où il arrive en juillet 1939.

    Il prend ensuite le commandement de la Compagnie autonome d’Infanterie de marine à Tahiti. Le 2 septembre 1940, il rallie la France libre.

    Le 24 septembre il est appelé à Nouméa et quitte Tahiti en octobre 1940 pour la Nouvelle-Calédonie où il s’attache à mettre sur pied un corps expéditionnaire composé des volontaires des Établissements français d’Océanie, de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles Hébrides.

    Le 1er février 1941, il prend le commandement du 1er contingent du corps expéditionnaire du Pacifique fort de 600 hommes.

    Son bataillon est incorporé dans les rangs de  la 1re  Brigade française libre. En octobre 1941, il est promu lieutenant-colonel.

    La brigade française libre reçoit l’ordre de relever une unité britannique à Bir Hakeim.

    Le lieutenant-colonel Félix Broche que les Tahitiens surnomment Papa est tué le 9 juin 1942. Il est fait Compagnon de la Libération.

     

    Actualité

    Le  COMSUP de Polynésie prend ses quartiers à Arue. Une partie du personnel s'est installéé cette semaine dans le nouveau bâtiment de la caserne Félix Broche à Arue, première phase du déménagement du commandement supérieur des forces armées en Polynésie actuellement situé à Pirae

    L'état-major des Forces armées de Polynésie française déménage à Arue

    L'état-major des Forces armées de Polynésie française déménagent à Arue

     

     

     

    Fondation B.M.24 Obenheim    

    * 2020 - l'année commémorative de Charles de Gaulle - Tahiti Été 1940

     

     


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