• Extrait du livre de Benjamin Massieu à paraître aux Editions Pierre de Taillac. Publié sur la page Facebook "Le Royal-Voyou , l'épopée des fusiliers marins de la France Libre", diffusé sur le Blog avec l'aimable autorisation de l'auteur.

     

    Il y a 76 ans : la bataille de Bir Hakeim. Pour marquer l'évènement, voici en avant-première un 6e extrait de mon livre à paraître consacré à l'histoire des fusiliers marins de la France Libre. Aujourd'hui, une journée particulière : le 1er juin 1942, marqué par de grandes victoires mais aussi la perte de valeureux fusiliers marins.
    Bonne lecture !

    Benjamin Massieu... 

     

     *****

    Lundi 1er juin. Vers 9 heures, la 1re batterie de Bauche et Le Goffic « appareille » avec le bataillon du Pacifique, direction Rotonda Signali toujours inoccupée et où la brigade doit se regrouper une fois Bir Hakeim évacué. Les deux canons de Bauche doivent se tenir à droite de la colonne et ceux de Le Goffic à gauche. Au total, 34 marins et 4 Bofors.

    Le mouvement sera éclairé par des automitrailleuses britanniques et couvert au nord par une brigade motorisée anglaise en charge de gagner Rotonda Mteifel. À 10 heures, c’est la mitrailleuse quadruple du quartier-maître Audren qui part escorter la colonne du commandant Puchois qui va faire une liaison avec les Britanniques.

    En prévision du départ du reste de la brigade, note Constant Colmay, « on travaille ferme à la pièce Le Borgne. Les pointeurs Guitton et Bertin graissent et astiquent tandis que Choquer et Moniot gréent des lames-chargeur avec les obus calibrés par Daviault et Giorgy. Genovini, le chauffeur, qui a servi le thé matinal, fait tourner le moteur de son camion en chantant à pleine voix. Carnet en main, Le Borgne compte les munitions, les vivres et l’essence et pousse un coup de gueule quand quelque chose ne va pas à son idée. » (1)

    Le quartier-maître Le Borgne est un fusilier marin de l’école de Lorient, rallié de la première heure. « Trapu et solide comme un roc, il est d’un extérieur froid et maussade. » Mais Le Borgne est aussi un remarquable entraîneur d’hommes reconnu comme tel par ses chefs.

    Vers 11 h 40, Daviault appelle ses camarades « à la soupe ». Tout le monde se précipite dans l’abri-popote à l’ombre. Les discussions vont bon train sur le déroulement de la bataille quand Le Borgne interrompt tout le monde d’un « chut » énergique. Il est 11 h 50. Un ronronnement bien connu se fait entendre. « – Alerte ! crie le chef de pièce au moment où, déjà bien convaincus de la chose, les sept marins, bousculant table, sièges et gamelles, foncent à leur poste de combat. »  (2)

    En quelques secondes, tout le monde est sur la pièce. À ce moment, en bordure nord-ouest du camp, la pièce de Bernier et de Charpentier ouvre le feu aux obus traçants afin que les autres pièces repèrent la direction des avions ennemis. Apercevant les petits nuages noirs formés par l’éclatement des obus, Le Borgne fait tourner la plate-forme de sa pièce. Les avions ennemis, 12 Junkers 87, les fameux Stukas, apparaissent, déjà pris à partie par Fremeaux, Canard et Laporte. Ils doivent rompre leur formation serrée. Le Borgne fait ouvrir le feu à sa pièce tout en hurlant des corrections de tir. La pièce tire tout ce qu’elle peut. Le recul génère un nuage de sables qui complique d’autant plus la visée. Les Stukas descendent brutalement en piqué et lâchent leurs bombes à tour de rôle.

    Colmay raconte : « Cet avion qui, dans un hurlement sinistre, pique sur chaque pièce en donnant l’impression qu’il va tout pulvériser, fait trembler les cœurs et courber les épaules mais, debout à leur pièce comme à bord, nus jusqu’à la ceinture et casque plat sur la tête, les marins tirent toujours. À chaque explosion, les torses sont douloureusement cinglés par les jets de gravier. Dans ce décor hallucinant, de nombreux points rouges apparaissent ; ce sont des camions qui brûlent… et qui sautent. Le départ de la batterie Bauche a créé un trou dans la défense D.C.A. et c’est Le Borgne qui en subit déjà les conséquences, plusieurs fois pris à partie. Les bombes ont explosé tout près et, malgré les secours que lui prêtent Le Sant et la batterie anglaise, les Stuka s’acharnent sur lui. Sans arrêt, le chargeur alimente sa pièce qui tire à cadence accélérée, et il va bientôt falloir changer le tube rougi. Les corrections de tir sont inutiles et Le Borgne pare au plus pressé en virant lui-même pièce et pointeurs du côté de l’assaillant le plus dangereux. » (3)

    Soudain, un des Stukas pique droit sur la pièce Le Borgne.

    « Le Borgne a vu, et il va se défendre : – Feu !… Feu ! hurle-t-il… Moniot écrase la pédale sous son pied et, les yeux exorbités, enfile les chargeurs dans le Bofor surchauffé… Les obus de 40, en un trait de feu continu, filent en direction du Stuka qui ne dévie pas d’un pouce. Déjà, dans un vrombissement du tonnerre, l’engin de mort remonte en chandelle car il a largué ses trois bombes et toutes trois explosent en plein centre de l’emplacement où tout est balayé. La pièce est tordue et culbutée, les sacs de sable éventrés et volatilisés, les corps déchiquetés et broyés… » (1)

    Les quartiers-maîtres Le Borgne, Genton, Bertin et les matelots Monniot, Georgy et Genovini sont morts. Seul le quartier-maître Daviault s’en sort miraculeusement avec des éclats dans la jambe. Leurs camarades observent, sans pouvoir intervenir car les munitions sont en train d’exploser dans le camion de Genovini. Le tube tordu, le canon est hors-service alors que son affût et ses quatre roues, situés en-dessous du niveau du sol, sont intacts.

    Pendant ce temps, à la colonne en direction de Rotonda Signali, Bauche note : « Le train est rapide et nos canons "Bofors" avec leurs tracteurs trop bas ont du mal à suivre. À chaque alerte aérienne il faut stopper, mettre les pièces en batterie, et repartir ensuite pour rejoindre la colonne. Après avoir fait cinquante fois de suite cet exercice sous le soleil implacable, les hommes sont rompus. Cap, Pontillon. Joudrier, Lebail, malgré leurs muscles imposants sont complètement fourbus. » (4)

    Enfin, à 19 h 30, la colonne arrive sur son objectif, ancien camp italien à l’abandon situé en plein désert.

    « Les marins fourbus étaient couverts de poussière. Rotonda Signali ressemblait sur la carte à un petit pain posé à côté d’un croissant sur la grande nappe de sable plat. Les unités se disposèrent pour le mieux dans les alentours désolés de ce paysage aride. » (5)

    À 20 heures, alors que le bivouac s’établit, c’est l’alerte aérienne. Les fusiliers marins vont avoir du travail : quatre Messerschmitts 110 piquent en rase-motte et mitraillent la colonne. Bauche et son chauffeur se jettent hors de leur pick-up pour s’abriter derrière les roues. La mitraille tombe tout autour. La voiture est touchée et immobilisée avec ses deux roues tordues et crevée et le moteur atteint.

    Au même moment, d’autres fusiliers marins s’affairent sur leur pièce et ouvrent le feu mais sans résultat. Les avions s’éloignent, puis virent et reviennent à l’attaque à seulement 30 m d’altitude. Soudain, l’un d’eux explose en deux : la première pièce de la 2e section, commandée par Malesieux, vient d’abattre son premier avion. Il y a maintenant six Messerschmitts 110 et trois Messerschmitts 109 au-dessus des Français. La deuxième pièce de la 2e section est touchée par la mitraille d’un avion ennemi au moment d’ouvrir le feu. Le tracteur est transpercé et le moteur démoli. Le chef de pièce, Fiémaux, est indemne, mais Monville, Pouvrasseau et Miremont sont blessés, ainsi que la pauvre chienne de la section qui reçoit trois éclats. Aucun de ces blessés ne l’est toutefois grièvement et tous pourront être évacués en ambulances.

    Il est à peine 20 h 05 quand une nouvelle attaque en rase-motte survient. Six avions en deux groupes piquent pour se croiser au-dessus de la pièce du quartier-maître Rey qui va parvenir à en abattre deux en un seul coup comme le raconte l’enseigne de vaisseau Bauche : « La mitraille commence ; l'armement de la pièce, sans sourciller, continue à tirer. Le bruit des moteurs à vingt mètres, celui des mitrailleuses et du canon qui tire deux coups par seconde, sont noyés dans un tonnerre assourdissant, des flammes, une fumée noire, de l'huile chaude qui gicle partout autour de nous, des explosions dans tous les coins, des morceaux de tôle gros comme une armoire, tombent en sifflant. Nous sommes tous couchés par terre, suffoqués par la fumée... Que s'est-il donc passé ? Lorsqu'on y voit plus clair, je me relève pour constater que l'un des avions touché par un obus a perdu l'équilibre et en a accroché un autre; le tout est tombé sur nous dans une belle salade. » (6)

    Le quartier-maître Henri Bohuon, un des servants de cette pièce, note dans son carnet : « Encore une fois j’ai eu chaud. Un des avions abattus est tombé à coté de mon tracteur et lui a arraché le moteur qui vole à 20 m de là, juste le temps de me coucher et un bout d’aile d’avion de 2 mètres me défonce mon casque, me blesse superficiellement à l’avant-bras et au côté droit. Je suis assommé sur le coup mais réalise vite que c’est par miracle que je ne suis pas tué. J’aurai levé la tête, j’étais décapité. » (7) 

    Un des camions a été coupé en deux et le feu s’y déclare. Miraculeusement, tout le monde est indemne. « La pièce est avariée et il faut la mettre à l'abri d'une nouvelle attaque et des munitions du camion incendié qui commencent à sauter. » (8)

    À peine dix minutes de répit sont laissées aux marins qui en profitent pour s’abriter et abriter leur matériel quand survient une nouvelle vague à 20 h 15 : trois Messerschmitts 109, douze Stukas et deux Messerschmitts 110 reviennent à l’assaut. 24 bombes de 250 kg tombent à l’endroit même où se trouvait la pièce de Bauche quelques minutes plus tôt. Le choc de l’explosion secoue tout le monde, la terre vibre plusieurs secondes, les éclats sifflent aux oreilles et des pierres volent dans tous les sens. Encore une fois, les marins ont de la chance : personne n’est touché. Un avion passe si près de la quatrième pièce qu’il manque de la toucher avec son aile. Mais les fusiliers marins qui servent ce canon ne manquent pas, eux, leur coup : d’un obus en plein moteur, ils envoient l’avions ennemi s’écraser contre la falaise. Un des camions de munitions est atteint par des balles incendiaires et explose à son tour. Ce combat intense entre l’aviation ennemie et la D.C.A. des fusiliers marins a à peine duré vingt minutes. Quatre Messerschmitts 110 ont été abattu. Les avions ont pour leur part réussi à détruire deux camions, un tracteur, un pick-up, à avarier une pièce et à faire trois blessés. Les deux compagnies du bataillon du Pacifique qui font parties de la colonne comptent pour leur part trois tués et quatre blessés.

    « La nuit est complètement venue maintenant et la lueur des incendies va durer jusqu'à l'aube. Dans l'obscurité, les matelots réparent les avaries et préparent des munitions, en vue d'une prochaine alerte. » (9)  Avant de s’endormir, le chauffeur de Bauche va visiter les restes des appareils abattus. « Au milieu de l’aluminium tordu il ne put trouver qu’un canot pneumatique qui s’était gonflé automatiquement et sur lequel adhéraient encore des morceaux de cuir chevelu. Ironie du sort : il avait perdu son véhicule en plein désert et il trouvait en échange ce bateau en caoutchouc ». (10)

    Pendant les exploits de la section Bauche à Rotonda Signali, Bir Hakeim a encore été la cible d’attaques aériennes. Après le passage de quatre Junker 88 à 13h, une délégation de chaque batterie est envoyée à 15 h à l’enterrement des morts de la pièce Le Borgne, près du groupe sanitaire divisionnaire. Koenig et de Larminat viennent saluer les corps. Deux autres attaques ont lieu, à 18h (par 12 Junker 87) et à 18h45 (4 Junker 88) mais elles n’ont pas des conséquences aussi funestes.

    Dans la soirée, Hubert Amyot d’Inville diffuse l’ordre du jour suivant:

    « Fusiliers marins,

    Sept des vôtres ont été tués ce matin à leur poste de combat. Le coup est rude, mais nous ne devons pas faiblir une seconde. L’aviation ennemie fait tout ce qu’elle peut pour dégager son armée qui sait la bataille perdue pour elle. Ces diversions ne changent en rien l’avance des forces amies. Le moment n’est pas de s’attendrir, mais de combattre.

    Vos camarades sont morts pour la France Libre.

    Vive la France. »  

     

    (1,2,3) Les fusiliers marins à Bir Hakeim, Extrait de la Revue de la France Libre, n° 62, novembre 1953.

    (4) Jacques Bauche,  À force de vaincre, p. 190-191.

    (5) Jacques Bauche, Jean Marie de l’île de Sein.

    (6) Jacques Bauche,  À force de vaincre, p. 191-192

    (7) Carnet inédit d’Henri Bohuon – Notes en date du 1er juin 1942

    [8] Jacques Bauche, À force de vaincre, p. 192.

    [9] Jacques Bauche, À force de vaincre, p. 192

    [10] Jacques Bauche, Jean Marie de l’île de Sein

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    Retrouvez 20 pages de photographies des fusiliers marins dans notre Album RFM


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    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

     

    II. LA VIE A BIR HAKEIM  AVANT LE  SIEGE (Février-Mai 1942)

     

    "A la guerre de mouvement va se substituer une guerre de position. Evidemment Bir Hakim n'est pas un camp retranché, comme il a été dit de trop nombreuses fois, tout n'est pas parfait mais, dans les conditions qui nous étaient faites, on ne pouvait faire mieux pour nous protéger.

    Pour ne pas s'encrouter et conserver à nos troupes le mordant nécessaire, en plus d'un entraînement quotidien, une lutte active d'escarmouches et de patrouilles fut entreprise dans le no man's land profond qui nous séparait du gros de l'ennemi.

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

     Artilleurs en Jock columns (patrouilles)

     

    Libye 42-43 Piece 25 pounders de la 3e batterie dans le désert de Cyrénaique

     

    Il arriva même qu'une fois (et ceci est un souvenir personnel), une patrouille chanceuse rapporta de ces incursions chez l'ennemi une caisse de cognac, réservée à la Wehrmacht disait l'étiquette, que les gosiers français absorbèrent en connaisseurs pour dire qu'on s'était bien foutu de la gueule des frisés. J'y goutai moi-même un jour et déclarai que c'était de l'honnête Brandy mais pas du " Cognac". Il y avait aussi chez nos voisins un excellent savon qu'on pouvait utiliser avec l'eau de mer. Cette marchandise était la bienvenue tout autant que le moyen de se la procurer était considéré comme hautement méritoire.

    La ligne de défense Gazala - Bir Hakim constituée par des nids de résistance autonomes, garnis d'infanterie et d'artillerie, reliés entre eux par des champs de mines continus semblait assez sérieuse pour nous mettre à l'abri des surprises. Du moins c'est ce que nous pensions.

    La vie matérielle à l'époque où j'arrivais n'était pas trop pénible. Ce qui était le plus désagréable, c'était le soleil et les mouches.

    La défense contre le soleil, on ne pouvait rien y faire. Les mouches c'était autre chose, mais je dois dire que notre indiscipline sanitaire était responsable de ce fléau. La Légion se conformait, ainsi que les Fusiliers Marins, aux prescriptions d'hygiène et je dois dire qu'un séjour chez eux était moins pénible qu'un séjour dans les autres unités. Je n'insisterai pas sur ce point, ceux qui ont été soldats me comprendront. Il s'agit des lieux dits d'aisance. L'homme est un animal, comme les animaux, les uns sont sales, les autres sont propres. Pourrait-il se faire qu'ils fussent tous propres... Les Américains et les Anglais, d'après mon expérience personnelle, sont en avance d'une ère de civilisation sur nous latins et celtes indisciplinés.

    Notre ravitaillement comportait évidemment beaucoup trop de corned beef et de légumes en conserve, du bacon, du spam (sorte de pâté de viande) du lait condensé, des oignons que nous mangions crû à cause des vitamines lesquelles nous étaient distribués en comprimés pas les services sanitaires. Je dois dire que nos soldats se rendirent très vite compte que notre vie les rendait indispensables. L'intendance nous envoyait parfois du vin, mais, la plupart du temps ce vin était imbuvable parce qu'il avait été entreposé dans des " Jerricans" ayant contenu de l'essence. Comme les British nous nous étions mis au thé. Le thé tiède et légèrement sucré désaltérait mieux que tout autre boisson.

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

     Avant le siège : déjeuner "en plein air" chez  les Légionnaires

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

    Avant le siège : déjeuner  "en plein air "  chez les Artilleurs - Archives J. Roumeguère

     

    L'eau, nous en recevions un gallon par jour tous usages, cela laissait à chacun pour son usage personnel un petit bidon d'un litre pour les soins corporels. Cela suffisait pour se raser, se brosser les dents. J'avais avec moi toujours assez d'eau de Cologne et de coton pour me nettoyer après une bonne sudation. Les nuits étaient plutôt fraîches et j'étendais une serviette de toilette le soir devant ma tente pour qu'elle absorbe l'humidité de l'air et j'arrivais ainsi à obtenir une serviette assez humide le matin pour me décrasser. Pas question de lessive. Quand nos effets étaient vraiment trop sales, nous les nettoyions à l'essence bien que ce fut interdit.

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

    Le  "selfie" du Docteur Bernasse  avec son quart d'eau 

    Nous souffrions également d'une autre calamité, les plaies du désert. Si on avait la malchance de s'écorcher, les plaies mettaient longtemps à se cicatriser surtout que le sable ou plutôt cette terre jaune du désert s'infiltrait partout.

    On se levait tôt, on se couchait tôt, il y avait de longues heures de "farniente " où chacun pouvait se livrer à son hobby favori. Le mien c'était la lecture. En passant par Alexandrie j'avais retrouvé mes vieux livres d'allemand. C'est à l'aide de Heine, de Goethe, de Schiller que je me remettais à l'étude de cette langue que je ne pratiquais que par intermittence.

    Je m'étais trouvé également un manuel de conversation à usage militaire assez complet méritant chaque jour quelques heures d'étude pour ne pas avoir l'air trop " pion " si j'avais un jour à interroger un prisonnier.

    Il faut dire que je n'avais pas eu le moindre contact avec un Allemand en uniforme depuis le début de la guerre et j'étais très curieux de connaître les réactions d'un nazi.

    Un vieux sous-officier d'origine autrichienne, à la Légion depuis 10 ans, venait de temps en temps contrôler mes progrès. Il prenait d'autant plus de plaisir à bavarder avec moi qu'il trouvait toujours chez moi une boite de bière, quelques gouttes de whisky ou d'araki que je conservai précieusement.

    De plus j'occupais un trou profond, très confortable : en plus de mon lit de camp j'avais un fauteuil de toile. On pouvait facilement se réunir à quatre sous mon toit. En guise de toit, une toile de tente bien tendue en forme de "V" renversé permettait de se tenir debout, les murs du côté de mon lit étaient recouverts de toile caoutchoutée. La lumière à l'intérieur était magnifiquement camouflée. J'avais réussi pour ma part à conditionner ma lampe tempête de telle façon qu'elle éclairait seulement la page quand je voulais lire. Le toit avait été recouvert de tout ce qu'il était possible de trouver pour que la lumière ne filtre pas.

    Pratiquement, nos tentes étant si bien enterrées et camouflées qu'il fallait bien se repérer pour retrouver la sienne, si par hasard on rendait visite le soir à un ami.

     

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

    Sous tente

     

    Avant le siège, nous avions la possibilité de nous procurer un certain nombre de ces choses somptuaires que pouvaient nous procurer les N. A. A. F. I. (Navy Army and Air Force Institutes) avoisinantes. Mais j'en usais avec parcimonie. Des cigarettes et du tabac pour la pipe, j'en ai toujours eu à satiété et s'il m'est arrivé de manquer de nourriture et d'avoir soif, j'ai toujours eu à fumer.

    En dehors de vieux camarades retrouvés à l'Etat-major de Koenig et avec qui j'avais pendant la journée des conversations intéressantes, le soir je me trouvais souvent seul dans ma tente avec mes bouquins. Les jeunes aspirants de la 3ème Batterie, mes plus proches voisins étaient tous des jeunes gens échappés de France formant une bande à part depuis l'Angleterre et leurs conversations prennent souvent un tour trop politique, de plus ils étaient trop bruyants. Ils avaient entre 19 et 22 ans, j'en avais trente.

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

    Un jeune Evadé de France de la 3e Batterie : Jean-Mathieu BORIS

     

    Mes points de vue étaient différents des leurs. Pour eux, j'étais déjà un vieux. Je ne parlais plus comme eux de refaire le monde, je ne savais pas jouer aux cartes.

    Chez nous toutes les opinions étaient représentées, il y avait tout aussi bien des hommes de droite, d'extrême droite, que des fervents de gauche et de l'extrême gauche. En regard des questions de confession, nous rencontrions de fervents catholiques à côté de libre -penseurs et de francs-maçons, des juifs, presque tous des intellectuels très souvent encore étudiants que les lois nouvelles avaient éloignés des grandes écoles. En fait un mélange très cosmopolite où l'ingénieur côtoyait le professeur, l'ecclésiastique le contre maître d'usine, le militaire de carrière l'engagé volontaire. Dans l'ensemble de la Division néanmoins, l'élément de carrière dominait.

     

    RA- 1942- Bir Hakeim - pièce de 75 mm de la 3e Batterie en position de tir dans son alvéole

    Hommes de la 3e Batterie devant leur pièce

    Parmi nous aussi quelques aventuriers recherchaient des sensations nouvelles, des rebelles à la société bourgeoise qui nous avait conduits à la défaite. Un dénominateur commun cependant, le " refus " de collaborer ou de céder à l'ordre fasciste ou hitlérien. C'était notre " Crédo ".

    Comment les hommes passaient -ils leur temps en dehors des exercices collectifs ? Ils jouaient aux cartes et racontaient les péripéties de leurs évasions ; ceci pour ceux qui échappés de France avaient déjà connu les rigueurs de l'occupation.

    Les indigènes étaient également nombreux chez nous. Nous avions des Malgaches, des Africains d'Afrique Equatoriale, des Indochinois ralliés à Beyrouth. Ceux-ci se réunissaient par régions d'origine au gré d'affinités électives. De la même façon se constituaient des groupes formés de ceux venus des lointaines possessions du Pacifique : Néo-Calédoniens, Tahitiens. On les entendait le soir chanter dans leur langue. Cela nous faisait rêver nous les plus de trente ans qui avions du mal à nous intégrer à un groupe.

     

     

    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (2) de la conférence de Claude J. CORNUEL " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein

     Les Tahitiens ou " les gratteurs de guitare" - La France Renaissante, François Broche

     

    Les jeunes Européens entre 17 et 25 ans (oui, il y en avait parmi nous qui n'avaient pas plus de 17 ans !) parlaient de leur dernière permission, des coups fumants réalisés au cours de celles-ci ou inventés pour épater des copains des familles d'Ismaïlia, du Caire, d’Alexandrie, du Liban, d'Afrique du Sud qui les avaient invités et reçus. D'une façon générale je n'ai jamais entendu de conversations licencieuses ni parmi mes camarades ni parmi les hommes de troupe, pas de gaudrioles comme dans les casernes. Cette population était chaste et réfléchie et dans ce polygone de Bir Hakim de 16 kilomètres carré était représentée la France métropolitaine et coloniale dans toute sa diversité.

    Nous étions " 5.500 combattants portant chacun sa peur et son espoir " [1], volontairement venus de France, d'Afrique, du Levant, du Pacifique, du monde entier enfin, rassemblés à travers tant de difficultés. Nous étions décidés de faire tout ce qu'on pourrait exiger de nous pour nous montrer dignes de la confiance que nos chefs avaient placé en nous et réciproquement de la confiance que nous avions en eux"


    [1] Citation du Général de Gaulle. Le nombre des combattants de Bir Hakeim avoisinait plutôt 3 700, selon les estimations des historiens.

     

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  • Extrait de la conférence de François Broche, historien, sur les généraux de la DFL. 

     

     

    KŒNIG, LA FIGURE EMBLÉMATIQUE

     

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

     

    De Kœnig, je dirais volontiers qu’il est davantage l’homme de Bir Hakeim que de la DFL à proprement parler, et c’est, je crois, à ce titre, qu’il en demeure la figure emblématique.

     

    Né à Caen le 10 octobre 1898, d’un père facteur d’orgues d’origine alsacienne, il effectue ses études secondaires au collège Sainte-Marie et au lycée Malherbe de Caen, avant de s’engager en avril 1917 au 36e régiment d’infanterie, avec, pour tout viatique, ces mots de sa mère, qui a refusé de l’accompagner à la gare pour ne pas s’attendrir : J’aimerais mieux te savoir mort que vaincu !

     

    Promu aspirant en février 1918 – à 19 ans et demi – il est envoyé au front quelques semaines plus tard. Sa conduite lui vaut d’être cité et décoré de la Médaille militaire ; sous-lieutenant en septembre 1918, il choisit de rester dans l’armée. Il sera, vingt-trois ans plus tard, l’un des rares généraux sortis du rang de l’armée française. Affecté au 15e bataillon de chasseurs alpins, il sert ensuite, successivement, en Silésie, dans les Alpes puis en Rhénanie, dans les troupes françaises d’occupation (1919-1929). Lieutenant, versé dans la Légion, il prendra part, dans les rangs du 4e régiment étranger, aux opérations de pacification du Maroc (1930-1934), avant d’être affecté à l’état-major du général Catroux, alors chef de la région militaire de Marrakech (1934-1940).

     

    En février 1940, le capitaine Kœnig quitte le Maroc et rejoint la 13e Demi-brigade de Légion, avec laquelle il s’embarque pour la campagne de Norvège. Promu commandant pendant la traversée, il joue un rôle important dans la prise de Namsos et résiste avec détermination aux violentes contre-attaques allemandes.

    Rapatriée en France dans les premiers jours de juin, la 13 débarque à Brest le 16 juin, le jour même où les troupes allemandes occupent Rennes. Quatre jours plus tard, en compagnie d’une dizaine d’officiers de Légion – parmi lesquels le colonel Magrin-Vernerey, le futur général Monclar – Kœnig gagne l’Angleterre et se rallie au général de Gaulle. La débâcle nous avait submergés peu après notre débarquement en Bretagne, écrira-t-il. Nous avions quitté la France avec la résolution de continuer la lutte jusqu’au bout, quelle qu’en fût l’issue.

     

    Il n’a rencontré de Gaulle, alors commandant le 19e bataillon de chasseurs à pied en Allemagne occupée, qu’une ou deux fois, à la fin des années 20.

    Il a, en particulier, assisté à une de ses conférences devant les officiers de la garnison de Coblence et conserve le souvenir d’un homme très mince, très grand, plutôt distant, parlant une langue châtiée, sans aucune note – d’une personnalité très forte. Il le retrouve quinze ans plus tard, en compagnie de Magrin-Vernerey, et tous deux apportent au chef d’une France Libre encore très pauvre en effectifs un cadeau de poids : le ralliement de la plus grande partie des légionnaires de la 13. De Gaulle leur explique le sens de son action et leur dit sa certitude de la victoire finale.

    Après avoir pris congé, Kœnig et Monclar éprouvent la même impression : Nous venions de rencontrer un génie clairvoyant, écrira Kœnig. Il nous dépassait sans peine de toute la hauteur de ses vues prophétiques et je le sentis bien vite avec certitude. Quelques jours plus tard, il est chargé de préparer, dans le plus grand secret, les plans de l’expédition de Dakar, en concertation avec l’état-major allié. Après l’accablant échec de l’opération Menace (septembre 1940), il prend une part décisive à la campagne du Gabon (novembre 1940), avant d’être nommé lieutenant-colonel et commandant militaire du Cameroun (décembre 1940).

     

    Au début de 1941, nommé colonel, il est envoyé au Levant comme chef d’état-major du général Legentilhomme.

    Après la campagne de Syrie, il est nommé général de brigade (août 1941) : en moins d’un an, il est passé de trois barrettes à deux étoiles - spectaculaire progression pour quelqu’un qui n’est même pas breveté de l’École de Guerre ! À la fin de 1941, il devient donc le chef de la 1e Brigade française libre, où il retrouve ses anciens compagnons de la 13. C’est à ce poste qu’il organise la riposte française à l’avancée de l’Afrika Korps vers l’Egypte, successivement à Halfaya, à Mechili, puis à Bir Hakeim. Retracer son rôle dans l’héroïque siège de Bir Hakeim par les armées de l’Axe, commandées par le plus brillant général du IIIe Reich, nous entraînerait évidemment trop loin.

     

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

    A Fuka (Egypte) après la Sortie - Col. Claude Raoul-Duval

     

    Je me contenterai de rappeler ce qu’écrira Pierre Messmer, ancien capitaine à la 13e DBLE, au lendemain de la mort de son ancien chef :

    "Pour les Français, Kœnig a été et restera le héros de Bir Hakeim. C’est lui qui avait organisé la position et entraîné la brigade chargée de la défendre. C’est lui qui commandait quand l’assaut allemand se déchaîna. C’est lui qui rejeta l’ultimatum de Rommel, et, après quinze jours, ayant presque épuisé ses réserves d’eau et de munitions, décida une sortie de vive force qui brisa l’encerclement ennemi.

     

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, Commandant la Brigade Française Libre en 1942 

    Dessin de Chaunu

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, " la figure emblématique" par François Broche

     

    Et tout le monde a en mémoire le texte du télégramme que, de Londres, le 10 juin 1942, le général de Gaulle envoyait au chef de la BFL : Général Kœnig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil.

    Quinze jours plus tard, le vainqueur de Bir Hakeim devient Compagnon de la Libération.

    Avec Leclerc, Kœnig devient, du jour au lendemain, l’une des plus illustres incarnations militaires de la France Libre.

    Après Bir Hakeim, il participe à la bataille d’El Alamein, puis à la campagne de Tunisie, à l’issue de laquelle il sera promu général de division.

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

     

    Le 1er août 1943, il est nommé chef d’état-major adjoint, à Alger, avec la délicate mission d’opérer l’amalgame entre l’armée d’Afrique et les Forces françaises libres ; dans cette mission, écrit le général Jean Delmas, il révèle une grande largeur de vues qui freine les ardeurs épuratives de certains FFL et les aigreurs de fidèles maréchalistes.

     

    En mars 1944, il devient, à Londres, délégué du GPRF auprès du général Eisenhower, commandant suprême interallié ; à la même date, il est également nommé commandant supérieur des troupes françaises de Grande-Bretagne et surtout commandant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

     

    On peut s’interroger sur la réalité de ce commandement : l’état-major des FFI était-il en mesure d’exercer efficacement la moindre autorité en territoire occupé ?

    Il est permis d’en douter, surtout lorsque l’on songe au déclenchement prématuré d’insurrections encouragées par les messages radiodiffusés, comme celle du Vercors, le 6 juin 1944, dont Kœnig s’efforcera d’atténuer les effets dans un ordre adressé à l’ensemble des FFI le 10 juin :

    Freiner au maximum activité guérilla stop Impossible actuellement vous ravitailler en armes et en munitions en quantité suffisante stop Rompre partout contact dans la mesure du possible pour permettre phase réorganisation stop éviter gros rassemblements stop Constituer petits groupes isolés stop

    Directives impossibles à appliquer sur un plateau déjà submergé par de jeunes volontaires bien décidés à se battre jusqu’à la mort contre les troupes d’occupation.

     

     

    Général de corps d’armée en juin 1944, il devient gouverneur militaire de Paris le 25 août suivant – poste qu’il occupera jusqu’à la fin de la guerre : Sa simplicité, son dégoût de toute publicité, de toute exhibition, sa franchise directe, brutale même, écrit son biographe, Louis-Gabriel Robinet, consacrèrent sa popularité. Modeste, fidèle à ses amis, généreux envers ceux qui lui paraissaient les plus malheureux, incapable de tricher avec l’honneur, il garde, dans sa charge éminente, toutes les qualités de l’homme privé.

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

     

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, " la figure emblématique" par François Broche

    1944 - Avec Churchill et de Gaulle

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

    Avec Eseinhower à Paris, 1944

     

    En avril 1945, il sera chargé par de Gaulle de la délicate mission de procéder à l’arrestation du maréchal Pétain, remis par la Suisse aux autorités françaises. On lui reprochera d’avoir refusé de serrer la main du Maréchal ; il s’en expliquera plus tard franchement avec son avocat, Jacques Isorni, qui confiera à Louis-Gabriel Robinet : Il lui paraissait déplacé de serrer publiquement la main tendue d’un homme qu’il allait arrêter. Après une demi-seconde d’hésitation, il prit la seule attitude qui lui parût convenable : il claqua les talons, se mit au garde-à-vous, et, la main au képi, salua le Maréchal. Il pensait que c’était l’attitude la plus convenable et la plus déférente. C’était également l’avis d’Isorni…

     

    Il sera ensuite commandant en chef des forces françaises d’occupation en Allemagne, poste où il mettra en application le vieux précepte dominer sans humilier : Son but, écrit Louis-Gabriel Robinet, était de créer un climat dans lequel les Allemands se rendraient compte eux-mêmes de l’intérêt qu’ils avaient à repousser toute nouvelle tentative d’hégémonie et de rechercher plutôt les moyens de rassurer la France et les pays occidentaux pour coopérer avec eux à la consolidation de la paix en Europe.

    On lui reprochera parfois son goût de la pompe et des fastes, mais ils étaient sans doute nécessaires pour faire subir au peuple allemand le choc psychologique qui l’inciterait à oublier la fausse grandeur promise par le régime hitlérien.

     

    Dans les années qui suivent, il cumule honneurs et responsabilités, mais aussi déceptions et, sans doute, amertume. Le récit de cette partie de sa vie excéderait largement le sujet qui m’a été fixé.

    Je me contenterai donc de rappeler qu’après avoir quitté l’armée, où sa fidélité au général de Gaulle le rendait suspect, il entre en politique à la demande même du Général – mais non sans hésitation. Elu député du Bas-Rhin lors des législatives de 1951 – au lendemain de son élection à l’Académie des Sciences morales et politiques -, il fut ensuite, à deux reprises, ministre de la Défense dans les cabinets Mendès France et Edgar Faure en 1954-1955. Parlementaire apprécié, président de la commission de la Défense nationale, champion de la lutte contre la CED, il se porte un instant candidat à la succession de Vincent Auriol à la présidence de la République (décembre 1953). Mais, au fond, il n’était pas fait pour la carrière politique et il avait peu de goût pour les honneurs. Il n’était ni intrigant ni ambitieux : J’ai quitté la Grande Muette pour dire la vérité au pays , avait-il déclaré lors de sa première campagne électorale. Mais l’expérience montre que les Français sont rarement prêts à entendre la vérité.

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, " la figure emblématique" par François Broche

    Pèlerinage  en 1955 à  Bir Hakeim avec le général Saint Hillier

     

    Paradoxalement, le retour au pouvoir de Charles de Gaulle accentue son effacement : Kœnig n’est pas d’accord avec le Général sur l’Algérie et le fait savoir. D’autres points de litige aggraveront le fossé : la politique israélienne et aussi la présence de Kœnig dans de nombreux conseils d’administration. La rupture entre les deux hommes ne sera jamais publique, mais elle se manifestera par le froid qui s’installe entre eux. En décembre 1965, seuls les intimes seront informés que Kœnig votera pour François Mitterrand, qui s’était engagé à amnistier les hommes de l’OAS. Quatre ans plus tard, il mènera une campagne active – et publique, cette fois - pour Alain Poher contre Georges Pompidou, héritier du Général.

     

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

     

    En 1966, il rédigera un brouillon de testament dont son biographe cite ce passage significatif : Je pars dépouillé de toute tristesse terrestre, de tout vain désir, de tout appétit ; non que je n’eusse pas eu d’appétit – mais j’en avais trop vu, j’étais trop chrétien (donc trop humble) pour ne pas savoir que les égards, les prébendes, les marques d’honneur terrestres sont sans grande valeur.

    Quatre ans plus tard, à l’annonce de la mort de son ancien compagnon devenu un adversaire politique, le général de Gaulle fera connaître à sa veuve sa peine en des termes d’une admirable élévation :

    Rien n’a jamais valu, ne vaudra rien, quant à l’amitié et à l’estime qui me lient au général Kœnig, en comparaison de ce fait immense qu’il fut, pendant les plus grandes épreuves de notre histoire, mon très cher, précieux et glorieux compagnon.

    C’est dire que, sa mort dissipant le reste, comme le vent balaie la poussière, je lui garderai jusqu’à mon dernier jour l’attachement et le souvenir les plus émus et les plus fidèles.

    Je suis d’ailleurs convaincu qu’à mesure du temps, les insignes services qu’il a rendus à la France paraîtront plus purs et plus beaux.

     

    Une fois de plus, de Gaulle voyait loin et ne se trompait pas : quatorze ans après sa mort, enfin, le général Kœnig se verra, en effet, attribuer par le gouvernement de Pierre Mauroy la plus haute distinction militaire. Le biffin du 36e RI de 1917 ne se doutait sûrement pas que, tout au fond de sa musette, il y avait un bâton de maréchal…

     

     François Broche

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

    2017 - Inauguration de la plaque en mémoire du Maréchal Koenig - FSALE

     

    A l’occasion du 100ème anniversaire de l’engagement de Marie-Pierre Koenig au 36ème RI le 7 avril 1917, les Anciens Légionnaires pensionnaires des Invalides, le général Gausserès, président de la FSALE et le porte-drapeau de la FSALE ont participé le vendredi 7 avril à l’inauguration de la plaque en mémoire du Maréchal Koenig en la cathédrale Saint-Louis des Invalides.

    En présence du général Le Ray, Gouverneur militaire de Paris, la cérémonie était co-présidée par Monsieur Jean-Claude Mallet, conseiller du Ministre de la Défense, du général Bresse président de la France Libre et du général Ract-Madoux Gouverneur des Invalides.

    Les légionnaires du GRLE, clairon et porteurs de gerbe, ont pu saluer Monsieur Hubert GERMAIN, ancien ministre, Grand officier de la Légion d’Honneur, ancien chef de section de la 13ème DBLE à Bir-Hakeim sous les ordres du général Koenig. Etait aussi présent le général Cuche, président de la Fondation Maréchal Leclerc de Hautecloque.

     

    * 76e anniversaire de Bir Hakeim - Pierre-Marie KOENIG, la figure emblématique, par François Broche

    Le Compagnon Hubert Germain (assis) à gauche du Compagnon  Yves de Daruvar (Leclerc)

     

     Album Pierre-Marie Koenig sur le Blog

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    Le Point


    Communiqué : "L’Ordre de la Libération a la grande tristesse de vous faire part de la disparition de monsieur Yves de DARUVAR, Compagnon de la Libération, survenue le 28 mai 2018 à l’hôpital militaire Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), à l’âge de 97 ans. 

    Grand-Croix de la Légion d’honneur, il était le dernier Compagnon ayant servi au sein de la 2ème DB du général Leclerc".

    La cérémonie religieuse des obsèques de monsieur Yves de Daruvar aura lieu en la cathédrale Saint-Louis des Invalides lundi 4 juin 2018 à 11h. Les honneurs funèbres militaires lui seront rendus à l’issue dans la cour d’honneur des Invalides.

     

    Hommage à Yves de DARUVAR, dernier Compagnon de la Colonne Leclerc et de la 2e DB

    Le 21 juin 1940, Yves de Daruvar, un étudiant âgé de dix-huit ans, s’embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le Batory pour rejoindre l’Angleterre. Pour embarquer sur ce transport de troupes polonaises, il fait semblant de pousser les chariots des soldats…

    De son vrai nom, Yves s’appelait Imre Kacskovich de Daruvar :

    "Je suis encore, aujourd'hui, en quête d'identité. Je possède des ascendances variées. Mon père, hongrois, officier de carrière avait pris part à la Première Guerre mondiale du côté de la "triple alliance" puisque son pays était allié de l'Allemagne. Ma mère qui était d'ascendance à la fois autrichienne et française (ma grand-mère maternelle, catholique, était née à Montpellier, son mari était juif de Vienne), avait vu le jour à Constantinople et était de nationalité iranienne. On disait persane à l'époque. Son père étant conseiller du shah d'Iran.

    Quant à moi, je suis né turc ! Et catholique. Mon père qui avait acquis cette nationalité, s'est ensuite converti à l'islam. A partir de là, la relation entre mes parents s'est considérablement dégradée. Ce qui nous a conduit ma sœur et moi à partir, avec notre mère, pour la France. Cela se passait en 1929, j'avais huit ans.

    Bien que de langue maternelle française, j'étais un étranger. Au collège on me traitait de "sale boche". J'en étais excédé.

    Cette IIIème République que je découvris n'était pas très reluisante. Je suis né trois ans après la fin du premier conflit mondial. Le deuxième round s'est rapidement profilé. Les grondements étaient perceptibles. Des événements s'annonçaient.

    Quel serait mon destin ? De quel côté serais-je engagé ?

    Nous assistions, en France, à une lâcheté morale généralisée. Les actualités nous montraient des régimes "resplendissants" en Allemagne et en Italie. Un culte de la jeunesse annonçait un autre avenir. J'étais fasciné.

    Que faire ? J'étais comme l'âne de Buridan.

    L'année de terminale, j'ai miraculeusement viré ma cuti grâce à un livre de Friedrich Sieburg, Dieu est-il français ? Dès la préface ce fut un coup de clairon. En substance, il écrivait : "Nous Allemands, nous avons de l'ordre chez nous mais du désordre dans nos têtes. Vous Français, vous avez de la pagaille chez vous mais de l'ordre dans vos têtes".

    Qu'un allemand qui avait vécu vingt ans en France puisse écrire cela m'a soudainement éclairé. Il décrivait les Allemands comme un peuple brumeux, qui cultivait des mythes "moyenâgeux", tandis qu'il admirait la clarté et l'ordre intellectuel français.

    Electrochoc qui m'a incité à la réflexion. Je me suis, dès lors, demandé ce qui faisait l'essence de la France, et me suis mis à lire Péguy, y découvrant le mystère profond de l'âme française. Puis j'ai lu Psichari, "Les voix qui crient dans le désert", "Le voyage du centurion", préfigurant pour moi "Le silence de la mer" de Vercors qui a si bien pénétré et analysé l'étrange complexe d'infériorité morale des Allemands vis-à-vis de la France.

    Cela s'est produit à la veille même de la guerre. Je ne peux m'empêcher de penser que sinon, j'aurais peut-être été séduit par la propagande de Vichy et me serais engagé dans la division Charlemagne où je ne sais quoi.

    Lorsque la guerre a éclaté, j'étais mûr. (…)

    J'avais pensé à l'Ecole navale, une sorte de désir d'évasion, mais ce fut l'Ecole coloniale. (…)

    J'avais quitté Paris, à bicyclette, le 12 juin à quatre heures de l'après-midi. Le 15 juin à minuit, j'étais à Bordeaux. Révulsé par le discours de Pétain annonçant que "nous allions demander à l'ennemi de traiter entre soldats, dans l'honneur", j'ai repris mon vélo et poursuivi ma route vers le sud. A Saint-Jean-de-Luz, j'ai réussi, déjouant la surveillance des policiers français, à embarquer sur un navire polonais, le Batory, et rallier Plymouth, le 23 juin et Londres, le 25. (1)

    Il s’engage aussitôt dans ce qu’il appelle la "légion de Gaulle", autrement dit les Forces Françaises Libres (FFL). Affermi dans sa volonté d’être Français, Daruvar a opté pour les Chasseurs, jugeant la Légion trop « étrangère » relève Jean-Christophe Notin (2).

    Alors que près de 2000 hommes sont prêts à partir avec le Corps expéditionnaire pour Dakar, le camp d’Aldershot se vide de ses occupants, mais les chasseurs n’ont reçu aucun ordre de mouvement.

    Le 26 Août 1940, George VI passe en revue les troupes françaises. « Où sont les cadets ? » lance de Gaulle à Magrin-Vernerey. « Les cadets ? » « Mais oui, vous savez bien, nous sommes en Angleterre. Il nous faut des cadets, des élèves-officiers, quoi ! ». « Nous n’en avons pas ». « Eh bien s’enflamme de Gaulle, je sais que vous disposez de tout un tas de jeunes gens qui préparaient les grandes écoles. Prenez-moi tout ça et faites-en moi des officiers ! »

    A la va vite, 24 « prépas » sont rassemblés… Jean Pierre Mallet, Roger Podeur, Jacques Bourdis, Henri Beaugé, Michel Carage, Yves de Daruvar… (2)

    Il sortira promu aspirant au camp d’Old Dean le 1er mai 1941 et, le 28 mai 1941, avec Bourdis, Quelen, et d’autres, il quitte l’Angleterre par bateau pour le port de Pointe-Noire, en Afrique occidentale (Congo).

    Au sein d’une colonne, il participe ensuite à un long périple à travers la jungle, qu’il narrera dans ses mémoires à la façon d’un explorateur.

    « Depuis mon départ de France, j'ai eu le sentiment d'une succession de miracles : embarquement pour l'Angleterre, rencontre avec le colonel Leclerc en août 41. Celui-ci a illuminé ma vie ! Je crois qu'il m'avait pris en affection car, deux ans plus tard, il est venu me voir à l'hôpital d'Héliopolis, au Caire, lorsque j'ai été blessé à la mâchoire en Tunisie. Je l'avais trouvé assis à mes côtés alors que je m'éveillais de ma sieste.

    Leclerc c'était ça : très pète-sec dans le service mais un cœur tendre. Il m'a aussi beaucoup impressionné sur le plan spirituel car cet homme que j'admirais énormément était profondément pieux. Je l'ai vu, auprès d'un missionnaire de Faya-Largeau, agenouillé, servant la messe. Il est juste de dire que nous étions nombreux à aimer ce meneur d'hommes. C'est la raison pour laquelle j'avais fait le vœu de communier lorsque j'avais été blessé si je restais en vie. Autant j'ai adoré Leclerc, autant, je n'ai pas eu de chance dans mes contacts avec de Gaulle (…) (1)

    Le 28 août 1941, il est affecté à la 1ère Compagnie de découverte et de combat (2e peloton) du RTST, unité automobile de reconnaissance et d’attaque stationnée à Largeau, au Tchad.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Faya Largeau - Archives Maurice Lassablière

    Les premiers mois se passent dans l’inaction propre à la vie de garnison. A l’instar d’un ethnologue, l’auteur en profite pour découvrir les us et coutumes des autochtones. Il poursuit également sa collection de clichés photographiques qui illustrent son livre.

    Le "baroud" tant attendu survient enfin à la fin du mois de décembre 1941. L’objectif des Français libres, placés sous les ordres du colonel Leclerc, se résume à s’emparer de Tripoli avant les Britanniques. Dans leur progression vers la capitale libyenne, les postes italiens tombent inexorablement entre leurs mains.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Source : "De Londres à la Tunisie, carnet de route de la France Libre"

     

    En juillet 1942, Yves de Daruvar est affecté au Groupe Nomade du Tibesti (GNT), stationné au Tchad, aux environs de Zouar. Il y fait son initiation à la vie de méhariste.

    A compter du mois de novembre 1942, il participe à la seconde campagne de libération du Fezzan, territoire libyen occupé par les Italiens.  Il s’y distingue en s'acquittant à la perfection des missions qui lui sont confiées durant l'investissement de la position fortifiée de Gatroun.

    Yves de DARUVAR : "Le 15 janvier (1943), le quartier général du général Leclerc nous annonce qu'en moins de trois semaines la conquête du Fezzan est terminée, Mourzouk, la capitale religieuse, et Sebha, la capitale militaire, étant occupées. Le 28 janvier, nous faisons mouvement sur Umm-el-Araneb. Après avoir formé une dernière fois notre carré méhariste près de ce poste, nous quittons définitivement, non sans émotion, nos braves " bossus " pour devenir, à l'exemple du G. N. B. (groupe nomade du Borkou) et du G. N. E. (groupe nomade de l'Ennedi) une banale compagnie d'infanterie transportée en camions, " à charrions ", comme nous avons coutume de dire.

    Malgré les 2.000 kilomètres que j'ai dans les mollets depuis Largeau, il me semble que la plus belle période de mon initiation coloniale prend fin avec celle de cette vie si sportive et si pleine, faite de volonté constante, d'efforts physiques, d'exaltation morale et de tant de poésie et de pittoresque. Retrouverai-je jamais, et vous aussi mes chers camarades méharistes, cette indépendance foncière et ces infinies satisfactions de commandement ? Quelle belle époque de notre vie, n'est-ce pas, que celle où nous pouvions ramasser nos forces dans le soleil et le vent du désert !  (3)

    Yves de Daruvar  prend part aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie en 1943.  Cette fois, Français et Britanniques affrontent une armée allemande pugnace. En mars et avril 1943, de violents combats ont lieu sur terre comme dans les airs.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Source : "De Londres à la Tunisie, carnet de route de la France Libre" 

     

    Il conduit une patrouille de nuit à grande distance vers l'Oued El Hallouf et en rapporte des renseignements très intéressants. Il est blessé deux fois par des éclats d'obus au Djebel Garci : à la tête le 21 avril 1943, et très grièvement à la face et aux jambes quatre jours plus tard.

    Au cours de son  hospitalisation à Héliopolis en Egypte, il retrouve les blessés de la DFL, et notamment, Michel Bollot, blessé à El Alamein,  qui confie à Daruvar d'origine hongroise ce compliment de choix : " Avec tes qualités, quel dommage que tu ne sois pas un vrai Français !" (...)

    Sa convalescense s'éternisant, le lieutenant de Daruvar, blessé au Zagouan, prend quelques jours pour rendre visite à ses camarades en forêt de Témara (Maroc). Il arrive à temps . après de longues discussions entre Américains et Français, en effet, la 2e DB a été choisie pour représenter la France au cours du Débarquement de Normandie. Le départ est prévu pour la semaine suivante, en avril. 

    Entousiasthe, Daruvar entreprend le colonel Dio, puis les médecins militaires sur sa réincorporation. Les bandages qui entourent son visage ne plaident pas en sa faveur ! Le jeune officier joue sa dernière carte : il intercepte Leclerc et le supplie d'accepter. Le général sourit, le serre dans ses bras ; Daruvar a gagné ..." (2)

    Il rejoint  le Régiment de marche du Tchad (RMT, formé à Temara au Maroc en avril)  de la 2e Division blindée du général Leclerc nouvellement créée, comme officier d'ordonnance du colonel Dio.

    Yves de Daruvar débarque en Normandie début août 1944 avec l'état-major de la Division. Demandant à reprendre une activité combattante, il est placé à la tête d'une section et combat en Normandie.

    Après la libération de Paris, à la tête de la 1ère section de la 10e compagnie du RMT, il s'illustre magnifiquement par son audace et son calme à Andelot où, malgré de fortes résistances ennemies, il entraîne ses hommes et traverse la ville d'un élan irrésistible, faisant de nombreux prisonniers.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Photographie d'un groupe d'Allemands fait prisonnier,  prise par le Lieutenant de Daruvar

    le 12 septembre 1944 - parismuseescollections.paris.fr

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Ordre de la Libération

     

    Grièvement blessé aux jambes le 17 septembre 1944 à Châtel-sur-Moselle, il ne peut achever la campagne.

    Naturalisé français en novembre 1944, le lieutenant Yves de Daruvar peut alors reprendre ses études à l'Ecole coloniale d'où il sort major. Démobilisé en février 1946, il obtient une bourse pour étudier aux Etats-Unis pendant six mois.

    Ensuite, de 1947 à 1950, il est chef de circonscription administrative à Madagascar puis, sous les ordres du gouverneur Pierre Messmer, successivement en Mauritanie (1952-1954), en Côte d'Ivoire (1955-1956) et au Cameroun (1957-1958).

    Yves de Daruvar est ensuite directeur par intérim de l'Office du Tourisme de l'AOF à Dakar (1958-1959) puis secrétaire général de la Côte française des Somalies (1959-1962).

    Haut-commissaire de la République aux Comores (juillet 1962- janvier 1963), il termine sa carrière au Commissariat à l'Energie atomique (1963-1981).

    Il était membre du Conseil de l'Ordre de la Libération par décret du 5 janvier 2007.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Crédit photo : La Vie (2010)

     

    Yves de Daruvar avait assisté aux obsèques du Compagnon Claude Raoul-Duval, le 16 Mai dernier aux Invalides aux côtés de Hubert Germain.

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Crédit photo : Le Point - Afp Archives. Thomas Samson

     

    • Grand Croix de la Légion d'Honneur 
    • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945 
    • Croix de Guerre 39/45 (4 citations) 
    • Croix de Guerre des TOE (1 citation) 
    • Médaille Coloniale avec agrafe avec agrafes "AFL", "Koufra", "Fezzan 1942, "Fezzan-Tripolitaine", "Tunisie 42-43", "Madagascar"
    • Médaille des Blessés 
    • Croix du Combattant 39/45 
    • Croix du Combattant Volontaire 39/45 
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance 
    • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre 
    • Médaille Commémorative 39-45 avec agrafes "Afrique, "Libération"
    • Commandeur de l'Etoile d'Anjouan (Comores) 

     

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018

    Yves de Daruvar au Mont-Valérien le 18 juin 2012 © Michel Pourny

     

    Sources bibliographiques

    (1)    Les Compagnons de la Libération : Résister à vingt ans. Henri Weill, Editions Privat ; 2006 Extraits publiés sur le blog de Henri Weill 

    (2)    1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération. Jean-Christophe Notin. Perrin, 2000

    (3)  De Londres à la Tunisie, carnet de route de la France Libre, Yves de Daruvar. Ed. Charles Lavauzelle et Cie, Paris, 1945.  Extraits  publiés sur le site de la Fondation Leclerc

    Biographie de l’Ordre de la Libération 

     

    La Fondation B.M.24 Obenheim présente
    ses sincères condoléances à sa famille

     

    Fondation B.M. 24 Obenheim   

    * Hommage au Compagnon Yves de DARUVAR, qui nous quitte ce 28 Mai 2018


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  • Leur propriétaire n'a pas souhaité être nommé, mais ceci ne nous empêche pas de le remercier bien chaleureusement pour la transmission de ces deux pièces issues de sa collection...

     

     Flamme de tambour ou de clairon du 1er RA

     

    * Trésors de collections... Le 1er RA....

     

    BATTLE DRESS DU COMPAGNON DE LA LIBERATION GASTON TAVIAN

     

    C'est la lecture aujourd'hui de la biographie de Edgar TUPET-THOME, dans laquelle est évoqué son camarade Gaston TAVIAN, qui a incité notre ami à nous communiquer la photographie de sa tenue...

     

    * Trésors de collections... Le 1er RA....

     Ordre de la Libération Lien

     

    * Trésors de collections... Le 1er RA....

     

    Gaston Tavian fut en avril 1941  l'un des cinq premiers engagés militaires secrets dans les Forces françaises Libres   (BCRARéseau Ali-Tir)

    Après avoir été "Brûlé" dans la Résistance début 1943, Gaston Tavian est alors volontaire pour une unité combattante et il est affecté à la 1ère Brigade française libre qui combat en Tunisie au Djebel Garci.

    Lieutenant au 1er Régiment d'Artillerie coloniale (1er RAC) de la 1ère Division française libre, il termine avec cette grande unité la campagne de Tunisie puis prend part aux combats d'Italie à partir d'avril 1944, du Garigliano jusqu'à Rome, et ensuite au débarquement en Provence et à la campagne des Vosges.

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