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    * Disparition du Compagnon de la Libération Guy CHARMOT (BM 4 de la 1ère DFL) à l'âge de 105 ans

    Crédit photo : Ordre de la Libération

    L’Ordre de la Libération a la grande tristesse de vous faire part de la disparition du professeur Guy CHARMOT, Compagnon de la Libération, survenue le sept janvier 2019 à Marseille, dans sa 105ème année. 
    Grand officier de la Légion d’honneur, il était le doyen des Compagnons vivants et le dernier représentant des 39 médecins Compagnons de la Libération.

    La cérémonie religieuse aura lieu vendredi 11 janvier 2019 à Marseille.

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    Après sa mort, lundi, il ne reste plus que quatre de ces résistants de la première heure de la deuxième guerre mondiale encore vivants.

     

    Article pour LE MONDE, signé de Benoît HOPQUIN

    " Guy Charmot, mort lundi 7 janvier à l’âge de 104 ans, ne se sentait pas une âme de soldat, encore moins de héros des champs de bataille. Des dispositions insoupçonnées au courage et l’immixtion de la guerre décidèrent du contraire. Né le 9 octobre 1914 à Toulon, élevé dans une famille de fonctionnaire des impôts, l’enfant voulait soigner les gens, vaincre les maladies, rêvait de lointains horizons, d’aventures, à l’époque synonymes des colonies. Devenu médecin militaire, passé par l’école d’application des troupes coloniales du Pharo, à Marseille, le jeune lieutenant croyait accomplir son destin quand, en mars 1940, à 25 ans, il fut expédié dans un poste de brousse à Batié, au Burkina Faso, pour chasser le trypanosome, un parasite transmis par la mouche tsé-tsé. Au fin fond du pays lobi, le lieu n’était relié au reste du monde que par un simple émetteur radio.

    C’est par son entremise qu’il apprend l’armistice demandé par Pétain, le 17 juin 1940. Comme dans toutes les colonies françaises au même moment, les quelques militaires qui étaient là doivent se décider : accepter la défaite ou poursuivre le combat. Après un bref conciliabule, ceux de Batié choisissent presque tous de ne pas se résigner. Ils traversent la Volta noire et passent en Gold Coast (actuel Ghana), sous domination anglaise. De là, Guy Charmot rejoint le Cameroun où un inconnu du nom de Leclerc vient d’imposer le drapeau gaulliste. Il mène ses premiers combats contre d’autres Français, à Libreville, afin de rallier le Gabon par la force. Il soigne les blessés des deux camps.

    « Vous irez là où on vous dira d’aller »

    De retour au Cameroun, lors d’une parade organisée en l’honneur de de Gaulle, Charmot ose interpeller le chef de la France libre :

    - Mon général, je veux être dans une unité combattante, dit-il.

    - Vous irez là où on vous dira d’aller, répond de Gaulle.

    Il intègre finalement le bataillon de marche numéro quatre (BM4) dont il restera le médecin de terrain jusqu’à la fin de la guerre. Fin 1940, il traverse l’Afrique, pour rejoindre la Palestine. Mais les combats semblent le fuir. Il est terrassé par une jaunisse pendant la campagne de Syrie, menée contre des troupes vichystes. Il est envoyé en Ethiopie où sont installés les Italiens mais n’arrive qu’après la bataille. Au même moment, d’autres signent une page glorieuse à Bir-Hakeim… Il fortifie le Liban tandis qu’on ferraille à El-Alamein. Il est cantonné à l’arrière pendant le reste de la campagne égyptienne puis libyenne contre Rommel. Il ronge son frein. « Vous irez là où on vous dira d’aller »…

    La guerre, la vraie, il la découvre en Tunisie, en mai 1943. Alors qu’il accompagne des blessés et des prisonniers vers l’arrière, il est ainsi pris sous un déluge à découvert. Il s’expose pour aider les hommes pris au piège, gagne une citation de l’armée, ce jour-là, évoquant avec grandiloquence « son calme souriant sous le feu »… Durant la campagne d’Italie, il soigne les hommes sous la mitraille, au plus près du front, accompagné d’infirmiers « indigènes ». Un capitaine se vante un jour : « Vous savez, toubib, il en faut de la mitraille pour tuer un homme. » Quelques minutes après, le médecin le retrouve agonisant après avoir reçu une balle, une seule, dans la poitrine. Les troupes sont largement composées de tirailleurs dont la bravoure fera toujours l’admiration et, un peu, l’étonnement du médecin. « Ce n’était pas leur guerre au fond. C’était une histoire d’Européens. »

     

    Médecine tropicale

    Son courage sous la mitraille pendant cette remontée de la péninsule lui vaut d’être fait compagnon de la Libération, à Naples, en juin 1944. Puis il débarque en Provence, à Cavalaire, le 16 août. Il est blessé à la tête lors des combats pour libérer Toulon, sa ville natale. Il retrouve ses parents, exténués par les privations. Puis il fait route vers le nord, porté par l’enthousiasme des Français libérés et la mocheté des règlements de compte.

    Avec l’hiver, les troupes coloniales qui s’étaient battues depuis le début de la guerre sont relevées par des engagés venus du maquis, dont beaucoup se font tailler en pièce par manque d’expérience. ARonchamp, en Haute-Saône, la troupe prend d’assaut un cimetière où les Allemands se sont établis. Guy Charmot soigne les blessés au milieu des tombes retournées, dans une vision surréaliste. C’est ensuite la campagne d’Alsace. Les combats s’achèvent. Les pertes du BM4 s’élèvent à 850 tués et blessés, ce chiffre correspondant peu ou prou à l’effectif de départ. Le commandant Guy Charmot aura passé l’essentiel des combats en première ligne sans avoir jamais tiré un coup de feu.

    Le jour de la capitulation allemande, il signe sa demande pour repartir comme médecin en Afrique. Il est finalement envoyé au Tchad, à Abéché, là où il était passé en 1941 et où il retrouve des hommes qui se sont battus avec lui pendant cinq ans. Il renoue avec son autre guerre, contre le trypanosome, reprend ses travaux de recherche sur les maladies tropicales. Après son mariage, il renonce à regret à la vie de broussard, est muté en 1949 à Dakar. Là, les anciens vichystes tiennent toujours les postes d’influence et, revanchards, lui font payer son engagement gaulliste.

     

    Guy Charmot est en poste à Brazzaville quand le général revient au pouvoir, en 1958. Il refuse les postes prestigieux qui lui sont alors confiés, leur préfère un poste obscur à Madagascar. Revenu en France à la fin des années 1960, il continue de s’occuper de médecine tropicale à l’hôpital Bichat, à l’Institut Pasteur puis pour les laboratoires Rhône-Poulenc. Il devient membre de l’Académie des sciences d’outre-mer. Cette vie de médecin, de chercheur, sa lutte contre les maladies tropicales, il en parlait plus volontiers et bien plus fièrement que de sa guerre ».

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    Nous vous proposons également de retrouver le Compagnon Guy Charmot dans le PORTRAIT  que nous avions publié en Juin 2018.

     

     


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  • Avis de recherche

    * Avis de recherche. Anciens de la 1 ère DFL et du B.M.5

    Mr fernand Elbaz, via le formulaire de contact de divisionfrancaiselibre.eklablog.com recherche des soldats qui auraient pu connaitre son oncle  ELBAZ fernand qui était au service de santé (BM5). il a été décoré pour services rendus en 1944

    il a été tué, malheureusement, lors de la réduction
    de la poche de colmar, le 25-01-1945
    .

     

    Pour tout contact : fernand.elbaz@laposte.net

     

    Bataillon de Marche n°5

    L’EMBLEME DU B.M. 5

    Le B.M. 5 ou Bataillon de Marche du Cameroun, attendit longtemps son emblème : en effet, c’est seulement sur un projet du sergent Cotteret, dessiné durant l’hiver 1943-1944 en Tunisie, que l’insigne du Bataillon fut réalisé au Caire au début de 1944. Il fut distribué au mois de juin alors que le B.M. 5 faisait partie du Corps Expéditionnaire en Italie ; une nouvelle frappe en a été faite chez Arthus Bertrand à la fin de la guerre.

    (Les Français Libre et leurs emblèmes par B. Le Marec. Ed. Lavauzelle).

    L’HISTORIQUE DU B.M. 5

    Le Bataillon de Marche n°5 a été formé au début de 1941 sur proposition du Commandant GARDET.

    Il n’a été constitué que de volontaires. A l’origine, une centaine d’européens d’active ou de réserve, composèrent les cadres et les spécialistes, avec à leur tête le Commandant GARDET.

    L’instruction eut lieu dans un camp à 70 kilomètres de YAOUNDE , sur la rive droite de la SANAGA, en un site bien mal choisi : chaleur humide, moustiques, tsé-tsé.

    Le camp fut construit par le Capitaine DRONNE , dynamique et rabelaisien, en un temps record.

    Le 1e mai, le 3e bataillon du Régiment de Tirailleurs Camerounais occupe le Camp Lieutenant-Colonel d’Ornano .

    Cinq mois d’instruction dans une ambiance de dur travail, de foi ardente, de confiance en le chef de la France Libre.

    Fin septembre, le Bataillon est prêt ; il est maintenu au Cameroun pour des raisons supérieures. Il s’énerve mais, Patience , telle est la consigne. Pour tromper son attente, il est envoyé dans le Nord à GAROUA .

    Enfin, le 1e février 1942, l’ordre de départ arrive : destination le Levant : le Bataillon prend sa dénomination de guerre : Bataillon de Marche n°5.

    Du 15 février au 30 avril, par route, chemin de fer, voie fluviale (Le Nil), le B.M 5 traverse l’A.E.F., le Nord Congo Belge, le Soudan Egyptien, le Sinaï, la Palestine, pour stopper à DAMAS en Syrie.

    Du 15 mai au 17 juillet, il organise un Centre de Résistance au Col de BAIDAR , à 1 500 mètres d’altitude dans la ceinture fortifiée de BEYROUTH , installation précaire.

    Début juillet, ordre de rejoindre la 1e Division Légère.

    Elle est dans la banlieue du CAIRE .

    Le B.M 5 est intégré à la 2e Brigade avec l’autre Bataillon, le B.M. 11.

    Ni armement, ni matériel adéquats ; la Brigade est utilisée à organiser des Centres de Résistance, d’abord du 25 juillet au 25 août sur la route LE CAIRE-ALEXANDRIE : puis à 15 kilomètres à l’Ouest d’Alexandrie, elle construit un solide bouchon à cheval sur la route côtière : on perçoit quelque armement, les antichars en particulier.

    Le 31 août et jours suivants, ROMMEL a tenté la percée depuis EL ALAMEIN , il a échoué.

    La lassitude réapparaît avec l’inaction, et brusquement, ordre de mouvement vers le Sud-Ouest : départ le 17 octobre. De position en position, la 2e Brigade intégrée à la 50e Division Britannique s’approche du front .

    Le 23 à la nuit, le B.M. 5 occupe la croupe d’ EL HALFA, en alerte immédiate : à 21h45 se déclenche l’apocalyptique bombardement qui dure toute la nuit, prélude à la Bataille d’EL ALAMEIN.

    La Brigade n’est pas engagée : elle fait de la déception , s’agite derrière le front pour induire l’ennemi en erreur. Du 24 octobre au 2 novembre , le B.M. 5 change quatre fois de position : mouvements de nuit en black-out , pénibles et fastidieux.

    La 8e Armée a perçé au Nord : l’ennemi décroche, la Brigade participe au nettoyage avec la section MAYLIE ; les pertes, les premières, proviennent surtout des mines : une dizaine de tués et 20 blessés.

    Inaction à nouveau, en dehors du salvage dans la zone de combat ; puis début janvier 1943, mouvement sur TOBROUK ; l a Brigade récupère alors le B.M 4 et est commandée par le Colonel Diègo BROSSET.

    Instruction offensive ; visite de BIR HAKEIM : offensive du Belluc.

    Départ le 19 avril pour la Tunisie ; relève des Britanniques le 6 mai, le B.M. 5 arrive à TAKROUNA, à l’ouest d’ENFIDEVILLE ; retrouvailles avec la Force LECLERC.

    Devant le B.M. 5, les Djevillat, collines escarpées fortement tenues par les Allemands de la 90eDivision Légère. Le 11 mai, à l’aube, il attaque : sa position est enlevée en 14 heures ; les pertes sont lourdes, dont quatre officiers tués.

    Le 14 mai, le Lieutenant-Colonel GARDET reçoit la reddition du Général italien ORLANDO et de son corps d’armée.

    Le Général GIRAUD trouve les Français Libres indésirables ; il rejette la D.F.L en Tripolitaine. DE GAULLE vient l’inspecter : " la pénitence sera courte ". BROSSET promu Brigadier, prend le commandement de la Division ; GARBAY de la 2e Brigade ; la 4e Brigade est constituée.

    Retour en août en TUNISIE dans le CAP BON : adieux à la VIIIe Armée. Instruction intensive à l’américaine !

    Jugée apte, la D.F.L. embarque le 17 avril 1944 et débarque à NAPLES ; est engagée le 12 mai sur le GARIGLIANO avec le Corps Expéditionnaire. Juin : la 2e Brigade est le 17 devant CASTELLO-CHIALA. Le B.M. 5 s’empare dans la nuit du MONTE CALVO (950 mètres) ; appuie le 19 les B.M 4 et B.M.11 au franchissement difficile du RIO FORMAQUESA ; enlève le 20 avec ces deux bataillons le PONTE CORVO-LINIE, s’empare brillamment du MONTE-MORONE, mais au prix de 35 tués et 160 blessés.

    C’est alors la poursuite. Devant TIVOLI, le B.M. 5 réduit les 5 et 6 juin la VILLA ADRIANA ; toute la nuit du 11 au 12 et le 12, il livre un combat acharné sur la route VITERBO-SIENNE pour la position du BAGNO-REGGIO. La 2e Compagnie Chrétien perd tous ses chefs de section.

    La 2e Brigade est relevée le 14 ; la D.F.L, le 20. Le 13 juillet, le Corps Expéditionnaire quitte l’Italie à TARENTE, le 16, il débarque en PROVENCE.

    Minute inoubliable pour la D.F.L.

    Relève le 18 des Américains débarqués le 15 devant HYERES, dominé par le MONT RADONaux pentes abruptes. C’est l’objectif du B.M. 5 : attaques, contre-attaques ; à 20 heures, il reste maître de la position : brillante conduite du Capitaine Faure. Le 23, le Massif du TOUAR à LA GARDE, est enlevé par le B.M 4 et le B.M 5.

    Reddition de TOULON ; retraite de l’ennemi qui s’accroche à BELFORT . La D.F.L relève les Américains à VILLERSEXEL ; s’étire sur un front de 20 kilomètres, sous la pluie, le B.M. 5 dans la forêt, conquiert le Bois de Saint Georges le 29, péniblement.

    Car la forêt devant BELFORT est impénétrable, farcie de défenses. La D.F.L glisse vers le Nord-Ouest ; le B.M. 5 est face à PLANCHER-LES-MINES : pluie, neige, froid, relève lente des Noirs pas les jeunes Français.

    L’attaque de BELFORT est déclenchée le 19 novembre ; pour le B.M.5 en direction de GIROMAGNY ; horde de fantômes harassés que conduit le Commandant BERTRAND . Plancher-les-Mines est dépassé ; le 20, sous la pluie, AUXELLES-HAUT est occupé ; le 21 sous la neige, LEPUIX-GY ; le 22, GIROMAGNY ; les 24 et 25, ETUEFFONT-HAUT ; ETUEFFONT-BAS et ANJOUTEY. Exténué, sur les genoux littéralement, le Bataillon est relevé.

    Le 20, le Général BROSSET s’est tué et le Colonel GARBAY, promu Brigadier, lui succède .

    Le 1e janvier 1945, la 1e D.F.L relève la 2e D.B au Sud de STRASBOURG face aux Allemands qui tiennent une bonne partie de l’ ALSACE et prétendent reprendre la ville. Leur tentative forcenée du 7 au 14 janvier n’affecte pas la 2e BRIGADE. C’est le Capitaine Hautefeuille qui commande maintenant le Bataillon.

    Mais du 23 janvier au 2 février, le B.M. 5 participe avec toute la D.F.L à la Bataille de COLMAR, au Sud de SELESTAT. Terrible épreuve dans la neige par – 15, face à un ennemi bien retranché. Il y perd entre autres, le Lieutenant Le Bastard, son premier volontaire, son meilleur officier, « sans peur et sans reproche ».

    Le Général DE GAULLE charge alors la D.F.L. de libérer BRIGUE et TENDE . Elle arrive sur les ALPES le 15 mars. Le B.M. 5 tient en gros la frontière au Nord de MENTON ; il ne prend pas part à la Bataille de l’Authion ni au passage épique des Alpes par le Col de la Lombarde ; pendant le décrochage Allemand il occupe VINTIMILLE et BORDIGHERA sans coup ferrir.

    • Pertes : 232 tués
    • 2 Citations à l’Ordre de l’Armée
    • 17 Compagnons de la Libération

    Fondation B.M.24  Obenheim   

    * Avis de recherche. Anciens de la 1 ère DFL et du B.M.5

     

     

     

     


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  • (Texte du site "La 2ème Division Blindée de Leclerc")

     

     

    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

     (Insigne des "Filles de la DB")

    Par l'intermédiaire de la page Facebook "Les filles de la DB" nous avons appris le décès survenu le 30 décembre 2018 à l'âge
    de 99 ans de Madame Arlette Ratard (née Hautefeuille)

    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

    (Photo "Les filles de la DB")

     

    Née le 28 décembre 1919, Arlette HAUTEFEUILLE fait ses études à Calais où sont établis ses parents. Elle se trouve là lors de l’invasion allemande en mai 1940 et fait l’expérience de la guerre et des bombardements de l’aviation allemande. Elle passe son vingtième anniversaire dans la cave à charbon que sa mère a sommairement aménagée.
    Le père d’Arlette, Charles HAUTEFEUILLE, avait fait la 1e Guerre mondiale chez les tirailleurs sénégalais et avait survécu au torpillage du paquebot mixte « la Dives » en Méditerranée le 01/02/1918. Mobilisé en 1939 comme officier de réserve il est capturé en 1940 mais parvient à s’échapper avec un camarade et à rejoindre le Maroc où vivent sa mère et son frère.
    La mère d’Arlette se retrouve seule et sans ressources à Calais avec sa fille et décide rapidement de rejoindre Marseille à bicyclette. Plusieurs fois arrêtées elles parviennent finalement à destination et trouvent un embarquement pour le Maroc où la famille s’installe.
    A l’automne 1943, elle rencontre un jeune officier qui cherche à louer une chambre à Rabat, il s’agit du capitaine Georges RATARD du 501e RCC avec lequel elle sympathise et devient amie. Celui-ci lui propose de l’épouser, mais ils décident finalement d’attendre et il lui suggère de rejoindre la 2e DB.
    Elle s’engage au 13e bataillon médical et rejoint la péniche du groupe Rochambeau à Bou Regreg. Elle gagne ensuite l’Angleterre en avril 1944 puis participe aux combats de Normandie et à la libération de Paris sur l’ambulance « Marjolaine » avec Rosette Trinquet comme coéquipière.
    Le 28 août 1944, elle épouse Georges RATARD à l’église Notre-Dame des Victoires à Paris. Parmi les participants au repas de noces organisé par l'actrice Elina Labourdette se trouvent Jean Cocteau et Jean Marais, qui s’engagera à la 2e DB quelques jours plus tard.
    Elle quitte le groupe Rochambeau et la 2e DB le 15 novembre 1944.
    Après-guerre, Georges et Arlette fondent une famille qui s’installera aux Sables-d’Olonne. Georges disparaît en mai 1992. Arlette, toujours curieuse, découvre Internet à 86 ans, le réseau lui permet de garder le contact avec les Anciens de la 2e DB et avec ses proches.
    Arlette RATARD avait été faite chevalier de la Légion d’Honneur en avril 2009.
    Il y a quelques années, elle décide de rejoindre l'un de ses fils au Brésil. C’est là, le 30 décembre 2018 qu’elle nous a quittés entourée de ses proches. Selon ses dernières volontés ses cendres seront dispersées sur la petite plage où elle aimait passer du temps

    "Les Filles de la D.B."


    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

     (Insigne des "Filles de la DB)

     

    Suit un article dans lequel Madame Rosette Peschaud, ancienne « Rochambelle » de la Division Leclerc, évoque l’histoire de cette unité féminine qui a suivi la 2ème D.B. durant toute la Campagne de France et d’Allemagne. 

     

    Le groupe Rochambeau 

     

    « Il nous est impossible d’imaginer quel aurait été notre destin si, en 1943/1944, nous ne nous étions pas engagées dans la 2ème D.B.  Le groupe Rochambeau fut fondé en 1943 à New York par une américaine, le commandant Florence Conrad, grâce à des dons qu’elle sollicitait, elle put acquérir 19 ambulances, elle se choisit une adjointe, le Lieutenant Suzanne Torrès, qui deviendra plus tard madame Massu, recruta sur place 12 Françaises, embarqua femmes et véhicules sur le «Pasteur » et se retrouva à Rabat. Elle réussit à faire admettre le groupe dans la 2ème D.B. en formation. Le général Leclerc fut plus séduit par le matériel que par le personnel féminin et il avertit qu’il n’admettait celui-ci que « jusqu’à Paris ». Le Lieutenant Suzanne Torrès possède une personnalité hors du commun. C’est une parfaite organisatrice et elle entreprend de compléter l’effectif en sélectionnant 24 jeunes femmes au Maroc. Alors a commencé l’instruction des recrues, rapidement baptisées « Rochambelles » par les soldats. Nous servions sous les ordres d’un adjudant du Bataillon médical. Avait-il reçu mission de nous décourager ? … Toujours est-il que nous avons été traitées durement et c’est aux encouragements de Suzanne Torrès que nous devons d’avoir été intégrées et admises par les soldats de la Division Leclerc. Nous avons surmonté ce premier obstacle. 

    Intégration qui fut surtout effective après le débarquement en Normandie à Utah Beach où le général Leclerc et ses hommes purent constater, non sans surprise, qu’une femme était susceptible de manifester un courage égal à celui des hommes. Nous suivions les régiments au combat et, dès qu’un blessé était signalé, nous avions à doubler les colonnes blindées composées de chars, half track, camions, etc. parfois, jusqu’au char de tête, accompagnées d’une jeep sur laquelle se trouvaient un médecin et un infirmier qui, avec notre assistance, donnaient immédiatement les premiers soins : transfusion de plasma, garrot, pansement…

    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

    Des femmes engagées et admirées, les « Rochambelles ».
    (Photo internet)

    Une fois ces blessés chargés dans l’ambulance, nous les conduisions à l’hôpital de « triage et de traitement », toujours dans un rayon de 30 km où les chirurgiens de la 2ème D.B. et les infirmières, soit les soignaient s’ils étaient légèrement atteints, soit les évacuaient vers les performantes antennes chirurgicales américaines auxquelles nos blessés faisaient toute confiance. Nous devions alors retourner aux lieux du combat pour d’autres évacuations souvent sous des barrages d’artillerie. 

    La présence des femmes se justifiait-elle dans une division blindée ? Des hommes auraient sans doute aussi bien évacué les blessés, mais l’accueil affectueux que les jeunes femmes que nous étions leur réservions, faisait que dès les portes de l’ambulance refermées sur eux, ils se sentaient en sécurité. Ils savaient que rien ne nous arrêterait sur la voie de leur salut. C’était non seulement notre devoir, c’était notre volonté profonde. Le blessé devenait notre enfant qu’il fallait sauver à tout prix. Nous avons été immédiatement récompensées de notre dévouement par l’affectueuse, la respectueuse considération des hommes. 

    A Paris, le général nous a réunies à Bagatelle, où nous avions notre cantonnement au bord de l’étang aux nénuphars, pour nous dire qu’eu égard à notre conduite « il nous gardait » et nous avons eu le privilège de partager les dangers de la 2ème D.B., mais aussi ses chagrins, ses victoires, ses joies, et d’être incluses dans la fraternité, la cohésion qui est la caractéristique de notre association, à laquelle nous continuons toutes d’apporter présence aux manifestations et prestations pour les tâches quotidiennes. Nous ne sommes pas sorties intactes de la 2ème D.B., nous y avons acquis maîtrise de nous-mêmes, dévouement spontané devant la souffrance, ouverture aux autres, Foi dans la destinée de notre pays. Le nom « groupe Rochambeau » a été donné au service Médical du 501ème et du 503ème Régiment de Char de Combat et Hôpital Rochambeau aux locaux de l’infirmerie. 

    C’est un grand honneur, Florence Conrad, Suzanne Massu et les cinq Rochambelles qui ont laissé la vie à la 2ème D.B. auraient apprécié de voir se poursuivre leur mémoire et celle de leurs compagnes dans un régiment décoré de la Croix de la Libération et où nous avons servi. » 

    Rosette Peschaud 

     

    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

     

    Fondation B.M.24 Obenheim   

    * Décès de Mme Arlette Ratard née Hautefeuille l'une des dernières "Rochambelle" et ancienne de la 2e DB

     

     

     


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  • (Texte de Rudolph de Patureaux)
    Vers la page FB de l'auteur

     
    Les Merlinettes

    premières femmes "soldats" de l'armée de terre

    Lien vers le site 

    * Elles ont donné leur vie pour que la France retrouve sa grandeur, nous ne les oublions pas. 

    insigne corps des transmissions

     

    Nous nous appelions Elizabeth (Torlet) Lien, Marie-Louise (Cloarec) Lien, Eugénie (Djendi) Lien, Pierrette (Louin) Lien et Suzanne (Mertzizen) Lien. Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l'appel du colonel Merlin Lien pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d'Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto...). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n'est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées. 

                       « J’ai été le chef de ces valeureuses filles.
             Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. »

                                                          Colonel Paillole. BCRA.

          N'hésitez pas à partager pour que l'on se souvienne de nous.
           Documentation capitaine Stome, musée des transmissions.

     

    Les archives de Ravensbrück en ligne

     

    * Elles ont donné leur vie pour que la France retrouve sa liberté, nous ne les oublions pas.

    (Photos de la publication de Rudolph de Patureaux)


    * Elles ont donné leur vie pour que la France retrouve sa liberté, nous ne les oublions pas.

    Ces femmes étaient membres des Forces Françaises Libres.
      Ici à Londres en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale.
    (© Getty / Keystone France)

     

     * Elles ont donné leur vie pour que la France retrouve sa grandeur, nous ne les oublions pas.

    (Photos internet)

                     le Corps Féminin des Transmissions (CFT)


    En 1941, le général d'armée Juin devient commandant en chef des Forces d'Afrique du Nord, il fait alors appel au général Merlin - alors colonel - pour occuper la fonction de commandant des transmissions. Lorsque l'armée d'armistice est démobilisée fin 1942, le général Merlin toujours à Alger prend en main la destinée de l'arme. Il décide alors d'ouvrir l'accès des transmissions aux femmes et le général Giraud commandant en chef des forces terrestres et aériennes d'Afrique du Nord valide la création du Corps Féminin des Transmissions le 22 novembre 1942. Six mois après la naissance de l'arme des transmissions - le 1er juin 1942 - , les femmes occupent d'ores et déjà un rôle dans cette fonction opérationnelle. La campagne d'affichage pour enrôler les volontaires pourrait être considérée comme machiste au regard de nos critères actuels: "Jeunes filles, engagez-vous, votre place dans les bureaux permettra à un homme de prendre les armes pour reformer notre armée" mais elle connaît un franc succès et les candidatures nombreuses permettent une sélection drastique.

    Ayant un immense respect envers 
    toutes ces femmes de l'ombre

    qui donnèrent leur vie pour la liberté

     

     

    Fondation B.M. 24 Obenheim     

                 * Elles ont donné leur vie pour que la France retrouve sa liberté, nous ne les oublions pas.

     

     

     

     


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  • Les Forces Françaises Libres nous font part du décès de 

    Mary Georgette Borrett épouse Brodiez

     


    * Décès de Mary Brodiez née Borrett ancienne du Corps des Volontaires Françaises Libres

     

    Mary Brodiez est décédée le lundi 24 décembre 2018. Secrétaire de l'Amicale des FAFL elle avait su apporter son dynamisme et énergie dans ce milieu masculin. De par son caractère, sa disponibilité et gentillesse, les FAFL savaient que leur parcours ne tomberait dans l'oubli. Elle-même volontaire féminine des FFL, elle avait épousé Roger Brodiez, radio-mitrailleur au Groupe Lorraine.

     

    * Décès de Mary Brodiez née Borrett ancienne du Corps des Volontaires Françaises Libres

    (Photo Forces Françaises Libres)

    Lors de la remise de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur en octobre 2009

     

    Son parcours évoqué par Mr Yves Guéna :
    (Texte des FFL)

    " Vous êtes d'une famille franco-britannique installée en France et qui, lors de la défaite, a pu rejoindre l'Angleterre. En 1941, vous aviez vingt ans, vous décidez de vous engager. Et, alors que vous auriez pu servir dans l'armée anglaise, vous avez choisi de Gaulle et vous avez rejoint les volontaires féminines des FFL. C'est donc doublement émouvant. Sur les femmes dans l'armée, je dirai que les affrontements guerriers sont évidemment l'affaire des hommes, mais que les femmes y apportent quelque chose d'incomparable. (....) et compte tenu de vos compétences exceptionnelles, vous êtes affectée à la Mission navale des FFL à Washington. Et, à votre retour en Angleterre, vous voici à l'Etat-major des FFL à Londres. Toujours donc des postes importants.
    Le temps du débarquement en France approche. De Gaulle qui, déjà deux ans plus tôt, avait proclamé : « Un seul combat pour une seule patrie », confie au général Koenig la coordination des mouvements de résistance dans le combat qui va se livrer en France. Vous serez sa secrétaire à Londres, puis en France. Avec Koenig, vous arrivez à Paris, le 24 août, en pleine insurrection et alors que les avant-gardes de Leclerc entrent dans la capitale. Oui, cela vous l'avez vécu et vous y avez participé. Quelques mois plus tard, nous sommes victorieux et vous retrouverez la vie civile, et avec quel palmarès ! Vous avez le grade de lieutenant, le général Koenig vous a adressé un hommage écrit exceptionnellement chaleureux, et vous êtes décorée de la Croix de guerre "

     

    La crémation aura lieu le 2 janvier à 13h00
    au Père Lachaise.


    * Décès de Mary Brodiez née Borrett ancienne du Corps des Volontaires Françaises Libres

    (Photo internet)



    La Fondation B.M. 24 Obenheim
    présente ses sincères condoléances à sa famille.

     

    Fondation B.M. 24 Obenheim      

    * Décès de Mary Brodiez née Borrett ancienne du Corps des Volontaires Françaises Libres

     

     


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