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    * Une rue Albert SAVARY (Compagnon de la Libération, 1ère Cie de Chars, BIMP) inaugurée au Faoüet

    Crédit photo Ordre de la Libération

     

    La municipalité va attribuer l’appellation de « rue Albert-Savary, Compagnon de la Libération » à une voie actuellement sans nom, menant à l’école de musique. Elle sera inaugurée mardi 18 juin.

    Albert Savary est né le 29 mai 1921, à Auray. Au Faouët où il réside, il entend la radio de Londres, l’Appel du général de Gaulle du 18 juin 1940. Il rejoint Plymouth avec trois Bretons et deux Anglais. Engagé à 19 ans, dans les Forces françaises libres, il est envoyé en Afrique équatoriale (AEF) et participe à la campagne de ralliement de la colonie à la Résistance. Il a servi en Afrique, puis dans les Vosges et enfin en Indochine. Albert Savary est décédé le 9 janvier 1975, à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Il est inhumé au cimetière du Faouët. Il a été nommé Compagnon de la Libération.

    Mardi 18 juin, rendez-vous à 17 h, au cimetière, avec dépôt de gerbe. Puis à l’entrée de la rue Albert-Savary pour le dévoilement de la plaque.

    Une exposition sur la France Libre se tiendra pendant une semaine à la mairie.

     

    * 18 juin 2019 : une rue Albert SAVARY (Compagnon de la Libération, 1ère Cie de Chars, BIMP) inaugurée au Faoüet

     Crédit photo Ouest France

    OUEST FRANCE Lien

     

    SA BIOGRAPHIE :

    Fils d'ajusteur, Albert Savary est né le 29 mai 1921 à Auray dans le Morbihan.

    Au Faouët où il réside, il entend à la radio de Londres l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940 et ses deux discours suivants.

    Le 24 juin, avec un camarade, il décide de rejoindre l'Angleterre. Après plusieurs jours d'errance en Bretagne pour trouver un moyen d'embarquer, ils achètent une barque de pêcheur près de Trégastel sur la côte nord.

    Rejoints par trois jeunes bretons et deux soldats britanniques, les sept hommes embarquent de nuit, le 2 juillet 1940 et, grâce à un petit moteur auxiliaire, parviennent quelques heures plus tard à Plymouth.

    Arrivé à Londres, Albert Savary s'engage dans les Forces françaises libres. Dirigé sur l'Afrique équatoriale française, il participe à l'opération de Dakar et débarque le 8 septembre au Cameroun. En novembre, il prend part à la campagne de ralliement du Gabon dans les rangs de la 1ère Compagnie de chars des FFL.

    En 1941, il suit les cours du centre d'instruction des aspirants au camp Colonna d'Ornano à Brazzaville. A sa sortie en juillet 1941, il est affecté pour quelques semaines au Bataillon mixte n°6 puis, à Yaoundé, à la 3e compagnie du 1er Régiment de Tirailleurs du Cameroun. Il est promu sous-lieutenant en mars 1942.

    En décembre 1942, il rejoint les rangs du Bataillon de marche n° 9 (BM 9) et suit pendant deux ans le sort de cette unité comme chef de section de Brenn-carriers. Parti du Cameroun en décembre 1942 avec son bataillon, il atteint le Levant en octobre 1943 après avoir séjourné trois mois à Khartoum et six mois à Djibouti. Le BM 9 est chargé de missions de souveraineté peu exaltantes et, animé du désir de se battre, Albert Savary obtient d'être affecté au Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

    Promu lieutenant entre-temps, il rejoint sa nouvelle unité sur le front des Vosges en novembre 1944.

    Le 8 janvier 1945, Albert Savary effectue avec sa section une forte patrouille appuyée de chars dans les bois à l'Ouest de Rossfeld contribuant au déblocage de cette position. Le 11 janvier, il est blessé par des éclats d'obus au cours d'une contre attaque de chars alors qu'il participe brillamment aux opérations de Benfeld. A peine guéri, il rejoint son bataillon dans les Alpes.

    Le 10 avril, pendant l'attaque de la Maison du Câble, il parvient en tête de ses hommes jusqu'aux barbelés défendant les abords immédiats de la position. Il est alors une nouvelle fois blessé, par des éclats de grenade à la face et par une balle reçue dans la poitrine. Il termine la guerre avec une citation à l'ordre de la Division et la croix de la Légion d'Honneur.

    En 1946 et 1947, il occupe le poste d'aide de camp du général gouverneur militaire de Paris et est promu capitaine.

    De 1948 à 1950, il est en poste en AEF avant de passer, en 1951, au 1er RIC et d'y créer une compagnie de mortiers lourds.

    En 1953, Albert Savary est désigné pour l'Indochine et est affecté au Bataillon de Marche du 21e RIC ; il y reçoit deux nouvelles citations.

    En 1957, il est chef de cabinet du général commandant la 8e DI puis, en 1959-1960, chef de cabinet du général directeur des Affaires d'Outre Mer et promu au grade de chef de bataillon.

    De 1961 à 1964, il commande le BIMP en Nouvelle-Calédonie puis rentre en France en qualité d'adjoint au colonel chef d'Etat-major de la Place de Paris.

    Nommé lieutenant-colonel en janvier 1966, Albert Savary fait valoir ses droits à la retraite et se retire à Nouméa.

    Albert Savary est décédé le 9 janvier 1975 à Auckland en Nouvelle-Zélande. Il est inhumé au Faouët dans le Morbihan.


    • Officier de la Légion d'Honneur 
    • Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre 1945
    • Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
    • Croix de Guerre des TOE (2 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Médaille des Evadés
    • Médaille Coloniale avec agrafe "AFL", "E-O"
    • Croix du Combattant 39/45 
    • Croix du Combattant Volontaire 39/45 
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance 39/45 
    • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
    • Médaille Commémorative 39-45 
    • Médaille Commémorative d'Extrême-Orient
    • Médaille Commémorative d'Indochine
    • Commandeur de l'Etoile Noire (Bénin)
    • Croix de la Vaillance (Vietnam)

    Biographie de Albert SAVARY sur le site de l'Ordre de la Libération


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  • Télécharger « BIR HAKEIM, DE L'HISTOIRE A LA LEGENDE.pdf »

     Tous nos remerciements à l'auteur

     

    * BIR HAKEIM, de l'histoire à la légende (texte de la conférence de François Broche - 5 Juin 2019 - Paris)

    Genevièvre Favreau, François Broche, Yvette Quelen-Buttin, René Marbot (Cadet de la France Libre)

    et Christophe Bayard - crédit photo Gilles Mehaut

     

     

     

     

     

     

    * BIR HAKEIM, de l'histoire à la légende (texte de la conférence de François Broche - 5 Juin 2019 - Paris)

     

     


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  • Madame Geneviève FAVREAU, veuve de Benjamin FAVREAU (Bataillon du Pacifique) réside aujourd'hui à Paris.  Elle fut témoin dans sa jeunesse de l'arrivée des premiers volontaires de la France Libre en Egypte. Nous la remercions de nous avoir livré quelques souvenirs à travers sa biographie... 

    Crédits photos : Geneviève Favreau, Ordre de la Libération 

     

    Geneviève Favreau est née le 16 septembre 1926 à Ismaïlia en Egypte. Son père, Robert ROGNON, appartenait au personnel de la Compagnie du Canal de Suez.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU  Robert Rognon

     

    En juillet 1940, elle est témoin de l’arrivée des volontaires débarqués de Chypre ou échappés de Syrie. Plusieurs sont accueillis chez ses parents : André SALVAT, G. GARACHE, J. PILLARD, G. ROSSI, Pierre HEITZMANN…

     

    * Madame Geneviève FAVREAU André Salvat

     

    Geneviève n'a que 15 ans lorsqu’elle assiste à la cérémonie de baptême du Bataillon d’Infanterie de Marine au camp de Moascar.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

     

    Son père, qui s’était déjà battu durant la guerre de 1914-1918, bien qu’ayant plus de 40 ans, rejoint le BIM dès le mois d’août.

    Il est l'auteur de nombreuses dessins illustrant la première campagne de Libye, où les FFL sont caricaturés en "Babar"...

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

    Dessin de Robert Rognon

     

    Début 1942, avec la 1ère Brigade française libre, ils traversent en long convoi le canal de Suez sur un pont de bateaux, en route pour le désert de Libye.

    Au moment de la Bataille de Bir Hakeim, Geneviève présentait son bac philo au Caire.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

    Bir Hakeim : André Salvat le bras tendu et derrière lui à droite Benjamin Favreau

     

    Après la Sortie de vive force, elle retrouve chez ses parents parmi les jeunes gens ayant servi au Bataillon du Pacifique, André SALVAT qui lui présente Jean BELLEC, convalescent de ses blessures.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU  Jean Bellec (Ordre de la Libération)

    Ce dernier lui parle de Benjamin FAVREAU, qui deviendra plus tard son époux. Les trois jeunes gens  ont été faits Compagnon de la Libération : André Salvat en 1941, Jean Bellec et Benjamin Favreau après Bir Hakeim.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

    Benjamin Favreau à gauche, reçoit la Croix de la Libération à Beyrouth en septembre 1942

     

    Lors de la bataille d’El Alamein, le père de Geneviève est porté disparu dans le Massif de l’Himeimat. On apprendra plusieurs mois plus tard qu’il est retenu prisonnier près d’Ancône.

    Il s’évadera en 1943 et retrouvera le BIMP près de Naples. Il participera au Débarquement de Provence.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

    Geneviève et son père , Robert Rognon

     

    En juin 1944, Geneviève obtient le droit de s’engager et rejoint à Marine Alger les volontaires féminines de la Flotte (Section féminine de la Flotte). En octobre elle débarque en France et passe l’hiver 1944-1945 en Bretagne : au Bataillon de marche de Lorient puis à l’infirmerie régimentaire du 4e fusiliers marins. Elle termine comme secrétaire au service des routes de Cherbourg.

     

    En 1949, elle épouse Benjamin Favreau qui poursuit sa carrière, entre 1946 et 1962 comme administrateur de la France d'Outre-Mer. Ils auront quatre enfants. Geneviève Favreau a publié en 2011 « Compagnon de la Libération », les mémoires de son époux, disparu en 1994.

     

    * Madame Geneviève FAVREAU

     

    En savoir plus :

    Robert ROGNON, biographie et dessins Lien

    Benjamin FAVREAU

       Ordre de la Libération Lien 

       Mémoires Lien

    Jean BELLEC Ordre de la Libération Lien

    André SALVAT Ordre de la Libération Lien

     


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    * 5 Juin 2019 : Conférence « Bir Hakeim, de l’histoire à la légende » par François Broche

    La Fondation de la France Libre organise, mercredi 5 juin 2019, à 18 heures, une conférence animée par François broche sur « Bir Hakeim, de l’histoire à la légende ».
    Historien et journaliste, administrateur de la Fondation et membre de son conseil scientifique, François Broche vient de publier La Cathédrale des sables : Bir Hakeim 26 mai-11juin 1942  (Belin, 2019).
    L’entrée est gratuite. La soirée se tiendra, comme chaque mois, dans la salle des conférences, au siège de la Fondation, 16 cour des Petites-Écuries, Paris 10e. La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces.
    Les personnes intéressées doivent s’inscrire par téléphone au 01 53 62 81 82 ou par courriel à l’adresse contact.


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    * Philippe RAMBACH

     

    Photo Gabriel Sempéré 

    Ils sont très peu nombreux ceux qui ont eu l’honneur de lutter sous les plis du drapeau français dans les sables entourant Bir Hakeim, ce « puits du sage » en Libye, afin de retenir les forces de l’Afrika Korps du maréchal Rommel.

    Eauze a le privilège de compter parmi sa population un de ces hommes qui ont répondu les premiers à l’appel du 18 juin 1940, lancé par le général de Gaulle.

    Afin de rendre hommage à Philippe Rambach ainsi qu’à tous ceux qui ont osé se lever aux heures les plus sombres que connut la France, Michel Gabas, maire et conseiller général, Éric Foinet, délégué de la fondation de la France Libre dans le Gers, Patrick Gauchet, président de l’Onac du Gers et Édouard Minguez, président des anciens combattants d’Eauze, ont décidé de célébrer dignement cette journée du 18 juin.

    Conférences et exposition

    Lundi à 18 heures, la population se rassemblera devant le monument aux morts, une gerbe sera déposée puis deux plaques offertes par Philippe Rambach seront inaugurées.

    L’exposition « Les Français libres et leur chef le général de Gaulle », dont le vernissage est prévu à 18 h 45, se tiendra au hall des expositions du 19 au 21 juin. Elle sera ouverte au public et aux scolaires de 10 à 12 heures et de 14 à 17 heures.

    Cette inauguration sera suivie du témoignage de Philippe Rambach et de la conférence du général Meille sur la bataille de Bir Hakeim.

    Le 20 juin, toujours au hall des expositions, M. Pere, ancien résistant, tiendra une conférence sur les rapports entre la Résistance gersoise et le général de Gaulle.

    Sudouest.fr

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    À l'aube de l'année 1940, Philippe Rambach  est loin d'envisager qu'il va vivre une véritable épopée. Mosellan d'origine, il se retrouve à Bayonne suite à l'affectation de son père. Il y suit les cours de philosophie du lycée.  Philippe fête ses 17 ans le 24 mai, mais ce n'est pas un jour joyeux car la « drôle de guerre » s'est achevée par un désastre pour l'armée française, si fière de sa ligne Maginot qui s'est avérée totalement inutile.

    Dans la ville de Bayonne, on assiste à un afflux de réfugiés belges et de nordistes français qui fuient les armées nazies. Vaille que vaille, la vie se poursuit et le 18 juin, il passe l'écrit de son « bachot » 2e partie. Au soir de cette grande journée dans la vie de Philippe , c'est l'appel lancé depuis Londres par un général inconnu du grand public. Le lendemain sur la place d'armes, on ne parle plus que de cela entre lycéens. 

    Sur un navire polonais 

    Rapidement, Philippe  et onze camarades décident de rejoindre l'Angleterre. Un acte presque banal pour ce fils d'un ancien officier de la Première Guerre mondiale, qui lui a inculqué l'amour de la patrie. 

    Les douze comparses embarquent, à Saint-Jean-de-Luz, sur un bateau polonais, le «Batory». 

    Le 22 juin à l'aube, Philippe  voit la côte française s'éloigner. Après avoir reçu son uniforme, il est désigné pour servir dans la brigade française d'Orient et, à ce titre, embarque le 31 août sur le «Westernland» en compagnie du général de Gaulle, à destination de Dakar où une tentative de débarquement échoue. 

    Le repli de cette «task-force» se fait sur Douala (Cameroun). C'est le début d'une épopée qui va conduire Philippe Rambach  sur des lieux qui sont inscrits sur les drapeaux des régiments français qui ont combattu dans ces contrées. 

    Le Gersois d'adoption prend part aux combats fratricides de Syrie puis sa division traverse la Palestine et l'Égypte pour affronter l'Africa Korps du maréchal Rommel. Une heureuse mutation lui évite d'être pris dans l'étau de Bir Hacheim, mais il prend part à la bataille d'El Alamein qui voit le début du reflux des forces de l'Axe. 

    À la poursuite des troupes allemandes, l'unité de Philippe Rambach  prend part aux combats de Tunisie. Les événements s'enchaînent et il embarque à Bône (Algérie) pour participer au débarquement de Naples avec les forces américaines. Le 16 août 1944, le jeune Français pose le pied sur le sol de sa patrie pour la première fois depuis quatre ans, en débarquant à Cavalaire (Var). C'est ensuite la remontée de la vallée du Rhône au sein de la 1re armée commandée par le maréchal de Lattre de Tassigny. Après un dernier détour à la frontière franco-italienne, c'est la démobilisation en juillet 1945 à Sacy-sur-Marne et c'est le retour de l'adolescent de 17 ans, devenu un homme de 22 ans, qui retrouve sa famille après cinq ans d'absence. 

    Philippe Rambach a ensuite fait carrière dans l'enseignement, ne faisant nullement état de ses multiples décorations : ordre du Mérite, médaille militaire remise personnellement par le général Koenig commandant la 1re division de la France libre, de la croix de guerre et de la médaille de la Résistance. Il fait partie de ceux qui, malgré leur jeunesse, ont eu le courage de dire «Non», et de rester engagés dans un conflit quasiment perdu." 

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    Témoignage :

    " La campagne d'Erythrée fut pour nous très éprouvante. Elle se déroula en trois parties: la prise de Cub Cub, par le B.M. 3 venu du Tchad, qui eut lieu avant notre arrivée; celle de Keren et enfin l'assaut sur Massaouah avec la capitulation de l'amiral italien commandant la garnison. J'ai participé à la prise de Keren avec la Légion Etrangère. Nous progressions dans une montagne à près de 2000 mètres d'altitude au paysage très désolé. Le climat est rigoureux en cette saison; la nuit, il gelait et nous n'avions pas de couvertures, le jour, il faisait chaud et nous avions soif car le ravitaillement suivait difficilement à dos de chameau, animal peu à l'aise en terrain accidenté. Ma section fut désignée un jour pour la corvée d'eau. Il s'agissait d'aller remplir des "tarakés" à une source dans le "no man's land", passablement canardé par les Askaris, des soldats de l'armée indigène sous drapeau italien. Ils appartenaient à une tribu guerrière et étaient retranchés au dessus de nous. Les cartes étant fausses, la section se perdit au retour au point que nous errâmes plusieurs jours dans les montagnes, en consommant l'eau que nous devions rapporter. Quand nous rejoignîmes la brigade, ce fut après le combat. En effet, ce fut sans nous qu'eut lieu, le 15 mars, l'assaut meurtrier de l'Enghiat. Le Colonel mit notre section "à la punition". Nous étions déjà fourbus par notre malheureuse expédition mais nous dûmes repartir aussitôt brancarder les blessés vers les postes de secours, puis convoyer des patriotes abyssins vers l'arrière. Enfin, MONCLAR remarqua l'état lamentable des plus jeunes d'entre-nous, dont moi, et nous affecta à des postes moins fatiguants.

    C'est ainsi que vers le 25 mars, on me présenta au Capitaine LAURENT-CHAMPROSAY de l'artillerie coloniale. L'artillerie de la France Libre se composait à cette époque, de deux canons de 75 rapatriés de Norvège et servis par la section venue d'Angleterre avec nous. La Légion venait de capturer quatre 65 de montagne de fabrication italienne, avec un bon nombre de caisses d'obus. Je devins le pointeur d'une de ces pièces."

    Après avoir stationné un mois en Palestine, l'unité de Monsieur RAMBACH reprend le combat.

    "Le 7 juin, l'ordre de départ est donné et le régiment contourne le lac de Tibériade par le sud, traverse un coin de Transjordanie. Le 8, nous entrons en Syrie et immédiatement, nous sommes mitraillés par une escadrille française, constituée de Glenn-Martins. Nous descendons des véhicules, nous nous tapissons au bord de la route et tirons au fusil sur nos assaillants, sans succès. Comme à Dakar, nous avons en face de nous "l'Armée d'Armistice", commandée par Vichy et cette fois, le combat est inévitable. Le 15, c'est l'attaque, mais la 3ème batterie n'a pas de véhicules et doit attendre. Après la prise de Damas, nous recevons des mulets. Nos canons se démontent en quatre charges: le tube, l'affût, le frein, les roues. Quel travail pour remonter la pièce! En outre, nos soldats libanais semblent peu motivés et s'éparpillent quand nous sommes bombardés. Enfin, on nous change nos diaboliques mulets contre un camion Citroën. Ma pièce est envoyée se mettre en position au village de Nebeck, avec comme mission de protéger une section de la Légion. J'eus la chance d'enrayer une attaque de trois petits chars Renault, en atteignant l'un de plein fouet et en provoquant la fuite des autres. Nous arrivons ainsi au 10 juillet 1942, quand le Général vichyste DENTZ demande l'armistice.

    Le 29 décembre, la 1ère Brigade, commandé par le Général KOENIG et dont nous faisons partie, quitte la Syrie. Nous traversons la Palestine dans l'autre sens et pénétrons en Egypte. Nous contournons Alexandrie et parvenons en Libye. Après un arrêt à El Daba, nous nous mettons en position à Halfaya, où une garnison allemande est encerclée depuis trois mois. Le lendemain de notre arrivée, les 5000 Allemands capitulent (ce qui semble n'être qu'une coïncidence). Le 7 février 1942, la Brigade s'installe à Bir Hakeim. Nous commençons aussitôt à creuser les emplacements des pièces. Puis la 3ème batterie participe à une "Jocke Column". C'est une sorte de raid qui dure une dizaine de jours. On sort de la place, on file vers l'ouest; on cherche le contact avec des éléments ennemis qui patrouillent dans le désert. On tâche de leur démolir quelques véhicules et on retourne en vitesse se mettre à l'abri dans notre position derrière les champs de mines. J'aime beaucoup ce genre d'action: comme j'étais passionné par la mer, j'avais l'impression de naviguer dans cet océan de sable. En plein désert, la vie est plutôt monotone; le ravitaillement est suffisant quoique peu varié: corned-beef, biscuits, oignons, confiture d'oranges, thé. C'est surtout l'eau qui manque. Elle nous arrive de Tobrouk par citernes et chaque soldat ne dispose que deux à trois litres par jour pour la boisson, la cuisine et la toilette. En revanche, l'essence abonde et c'est avec ce liquide que le linge est lavé.

    Arrive le 13 mai 1942. Une 5ème batterie, en provenance de Syrie et commandée par le Capitaine MARSAULT, fait escale à Bir Hakeim. Elles est incomplète en personnel qualifié et chacune des quatre batteries doit lui prêter un chef de pièce et un pointeur. Je fus désigné; je quitte donc mes camarades. La B5 fait aussitôt mouvement. Deux jours plus tard, nous arrivons à l'oasis de Djaraboub (230 kilomètres au sud-est de Bir Hakeim), tenue par le BM11. Nous sommes à l'extrême sud du dispositif, à la lisière d'une mer de sable infranchissable. Nous avons pour mission de créer une "brigade fantôme", en traînant de faux camions et canons en bois avec force traces de roues et trafic radio intense: tout pour attirer l'aviation ennemie et soulager d'autant les autres points forts de la ligne de front. Mais les nouvelles sont mauvaises et l'ordre de repli est donné. La position de Bir Hakeim est évacuée le 11 juin. 5ème batterie regagne Le Caire en traversant la dépression de Qattarah, ce qui était un exploit (30 juin-7 juillet). Au Caire, j'apprends les pertes considérables de la 3ème batterie.

    Courant octobre, la brigade remonte en ligne et occupe des positions au sud d'un front continu de la dépression de Qattarah jusqu'à la mer. Le 24 octobre, c'est l'attaque. Nous sommes en batterie au pied du plateau de l'Himmeimat que la Légion tente vainement d'escalader (c'était une mission impossible), pendant qu'au Nord, les Australiens vaincront à El Alamein. Les troupes britanniques vont progresser rapidement, tandis que l'Afrika Korps de ROMMEL se replie. Les Anglais semblent ne plus avoir besoin de nous. Pendant six mois, de novembre 1942 à avril 1943, nous serons cantonnés à Gambut, à 60 kilomètres à l'est de Tobrouk, où nous nous morfondons en plein désert.

    Le régiment se mettra enfin en route fin avril, pour participer à l'ultime phase de la bataille de Tunisie".

    Sources : Français Libres.net via Laurent Laloup : Lien


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