• La Fondation BM 24-Obenheim remercie François BROCHE de partager avec  ses  lecteurs le texte intégral de sa conférence.

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    *Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre : conférence de François Broche

    Crédit photo  Fondation de la France Libre

    Cette conférence qui s'est tenue le 30 janvier au siège de la Fondation de la France Libre  a présenté les difficiles conditions du ralliement de la Nouvelle-Calédonie  et l'apport considérable des Calédoniens pour les Forces Françaises Libres, notamment au sein du mythique bataillon du Pacifique commandé par le lieutenant-colonel Felix Broche, le père du conférencier. Avec un scoop sur Henri Sautot, à la fin de l'intervention. Fondation de la France Libre


    *Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre : conférence de François Broche
    Fançois Broche entre Christophe Bayard et le général B
    resse, président de la Fondation de la France Libre - Crédit photo  Fondation de la France Libre

     

    *Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre : conférence de François Broche

    Crédit photo  Fondation de la France Libre

    *Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre : conférence de François Broche

    Crédit photo  Fondation de la France Libre

    *Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre : conférence de François Broche

     Crédit photo  Fondation de la France Libre


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    * Disparition du Compagnon de la Libération Guy CHARMOT (BM 4 de la 1ère DFL) à l'âge de 105 ans

    Crédit photo : Ordre de la Libération

    L’Ordre de la Libération a la grande tristesse de vous faire part de la disparition du professeur Guy CHARMOT, Compagnon de la Libération, survenue le sept janvier 2019 à Marseille, dans sa 105ème année. 
    Grand officier de la Légion d’honneur, il était le doyen des Compagnons vivants et le dernier représentant des 39 médecins Compagnons de la Libération.

    La cérémonie religieuse aura lieu vendredi 11 janvier 2019 à Marseille.

    *********

    Après sa mort, lundi, il ne reste plus que quatre de ces résistants de la première heure de la deuxième guerre mondiale encore vivants.

     

    Article pour LE MONDE, signé de Benoît HOPQUIN

    " Guy Charmot, mort lundi 7 janvier à l’âge de 104 ans, ne se sentait pas une âme de soldat, encore moins de héros des champs de bataille. Des dispositions insoupçonnées au courage et l’immixtion de la guerre décidèrent du contraire. Né le 9 octobre 1914 à Toulon, élevé dans une famille de fonctionnaire des impôts, l’enfant voulait soigner les gens, vaincre les maladies, rêvait de lointains horizons, d’aventures, à l’époque synonymes des colonies. Devenu médecin militaire, passé par l’école d’application des troupes coloniales du Pharo, à Marseille, le jeune lieutenant croyait accomplir son destin quand, en mars 1940, à 25 ans, il fut expédié dans un poste de brousse à Batié, au Burkina Faso, pour chasser le trypanosome, un parasite transmis par la mouche tsé-tsé. Au fin fond du pays lobi, le lieu n’était relié au reste du monde que par un simple émetteur radio.

    C’est par son entremise qu’il apprend l’armistice demandé par Pétain, le 17 juin 1940. Comme dans toutes les colonies françaises au même moment, les quelques militaires qui étaient là doivent se décider : accepter la défaite ou poursuivre le combat. Après un bref conciliabule, ceux de Batié choisissent presque tous de ne pas se résigner. Ils traversent la Volta noire et passent en Gold Coast (actuel Ghana), sous domination anglaise. De là, Guy Charmot rejoint le Cameroun où un inconnu du nom de Leclerc vient d’imposer le drapeau gaulliste. Il mène ses premiers combats contre d’autres Français, à Libreville, afin de rallier le Gabon par la force. Il soigne les blessés des deux camps.

    « Vous irez là où on vous dira d’aller »

    De retour au Cameroun, lors d’une parade organisée en l’honneur de de Gaulle, Charmot ose interpeller le chef de la France libre :

    - Mon général, je veux être dans une unité combattante, dit-il.

    - Vous irez là où on vous dira d’aller, répond de Gaulle.

    Il intègre finalement le bataillon de marche numéro quatre (BM4) dont il restera le médecin de terrain jusqu’à la fin de la guerre. Fin 1940, il traverse l’Afrique, pour rejoindre la Palestine. Mais les combats semblent le fuir. Il est terrassé par une jaunisse pendant la campagne de Syrie, menée contre des troupes vichystes. Il est envoyé en Ethiopie où sont installés les Italiens mais n’arrive qu’après la bataille. Au même moment, d’autres signent une page glorieuse à Bir-Hakeim… Il fortifie le Liban tandis qu’on ferraille à El-Alamein. Il est cantonné à l’arrière pendant le reste de la campagne égyptienne puis libyenne contre Rommel. Il ronge son frein. « Vous irez là où on vous dira d’aller »…

    La guerre, la vraie, il la découvre en Tunisie, en mai 1943. Alors qu’il accompagne des blessés et des prisonniers vers l’arrière, il est ainsi pris sous un déluge à découvert. Il s’expose pour aider les hommes pris au piège, gagne une citation de l’armée, ce jour-là, évoquant avec grandiloquence « son calme souriant sous le feu »… Durant la campagne d’Italie, il soigne les hommes sous la mitraille, au plus près du front, accompagné d’infirmiers « indigènes ». Un capitaine se vante un jour : « Vous savez, toubib, il en faut de la mitraille pour tuer un homme. » Quelques minutes après, le médecin le retrouve agonisant après avoir reçu une balle, une seule, dans la poitrine. Les troupes sont largement composées de tirailleurs dont la bravoure fera toujours l’admiration et, un peu, l’étonnement du médecin. « Ce n’était pas leur guerre au fond. C’était une histoire d’Européens. »

     

    Médecine tropicale

    Son courage sous la mitraille pendant cette remontée de la péninsule lui vaut d’être fait compagnon de la Libération, à Naples, en juin 1944. Puis il débarque en Provence, à Cavalaire, le 16 août. Il est blessé à la tête lors des combats pour libérer Toulon, sa ville natale. Il retrouve ses parents, exténués par les privations. Puis il fait route vers le nord, porté par l’enthousiasme des Français libérés et la mocheté des règlements de compte.

    Avec l’hiver, les troupes coloniales qui s’étaient battues depuis le début de la guerre sont relevées par des engagés venus du maquis, dont beaucoup se font tailler en pièce par manque d’expérience. ARonchamp, en Haute-Saône, la troupe prend d’assaut un cimetière où les Allemands se sont établis. Guy Charmot soigne les blessés au milieu des tombes retournées, dans une vision surréaliste. C’est ensuite la campagne d’Alsace. Les combats s’achèvent. Les pertes du BM4 s’élèvent à 850 tués et blessés, ce chiffre correspondant peu ou prou à l’effectif de départ. Le commandant Guy Charmot aura passé l’essentiel des combats en première ligne sans avoir jamais tiré un coup de feu.

    Le jour de la capitulation allemande, il signe sa demande pour repartir comme médecin en Afrique. Il est finalement envoyé au Tchad, à Abéché, là où il était passé en 1941 et où il retrouve des hommes qui se sont battus avec lui pendant cinq ans. Il renoue avec son autre guerre, contre le trypanosome, reprend ses travaux de recherche sur les maladies tropicales. Après son mariage, il renonce à regret à la vie de broussard, est muté en 1949 à Dakar. Là, les anciens vichystes tiennent toujours les postes d’influence et, revanchards, lui font payer son engagement gaulliste.

     

    Guy Charmot est en poste à Brazzaville quand le général revient au pouvoir, en 1958. Il refuse les postes prestigieux qui lui sont alors confiés, leur préfère un poste obscur à Madagascar. Revenu en France à la fin des années 1960, il continue de s’occuper de médecine tropicale à l’hôpital Bichat, à l’Institut Pasteur puis pour les laboratoires Rhône-Poulenc. Il devient membre de l’Académie des sciences d’outre-mer. Cette vie de médecin, de chercheur, sa lutte contre les maladies tropicales, il en parlait plus volontiers et bien plus fièrement que de sa guerre ».

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    Nous vous proposons également de retrouver le Compagnon Guy Charmot dans le PORTRAIT  que nous avions publié en Juin 2018.

     

     


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  •  actualisé le 10 juin 2018

    A Paimpol et Ploubazlanec, la délégation au Souvenir des marins de la France Libre a organisé un hommage aux jeunes gens partis pour l’Angleterre les 18 et 19 juin 1940 depuis Paimpol, et tout particulièrement à Georges Ménage (FNFL), l’un des derniers témoins vivants de cette journée du 18 juin 1940.

     

    Georges Ménage


    Le général (2s) François Budet, délégué de la Fondation pour les Côtes d’Armor a évoqué le Concours national de la Résistance et de la Déportation 2017-2018, dont le sujet "S'engager pour libérer la France" concerne particulièrement ce lieu d’où sont partis plusieurs dizaines d’élèves de l’Ecole d’Hydrographie de Paimpol pour rejoindre la France Libre.

    Il a annoncé que la lauréate des classes de troisième (épreuve individuelle) était une élève du collège de Chombart de Lauwe de Paimpol, ce qui a ravi les 150 participants à cette journée. 

    Après la projection d’un entretien avec le vice-amiral (2s) François Flohic (qui âgé de 98 ans, n’avait pu se déplacer), évoquant son départ mouvementé sur l’Albert-Faroult, plusieurs élèves des classes préparatoires aux concours de la marine marchande du lycée Kersa La Salle de Ploubazlanec ont pu lire des extraits de témoignages. Il y a 78 ans, ces jeunes gens n’ont pas hésité à s’embarquer pour « ne pas se soumettre à la loi de l’envahisseur », comme l’a rappelé le capitaine de frégate (h) Georges Ménage (97 ans).

    Ce dernier, qui a publié il y a un an Odyssée d'un marin de la France Libre   aux Editions Récits, a échangé avec les élèves du lycée sur les valeurs de liberté qui l’avaient animé lui et ses camarades, en leur rappelant « qu’il a fallu beaucoup de courage et d’abnégation à ceux de la marine marchande de la France Libre pour assurer et continuer, au péril de leur vie, à approvisionner l’Angleterre durant les trois premières années de la guerre ».

     

    Puis il a dévoilé une plaque installée sur le mur de l’ancienne école d’hydrographie qui porte le texte suivant :
    « Depuis ce quai, plusieurs dizaines de jeunes (dont des élèves de l’école d’hydrographie de Paimpol), refusant de se soumettre à la loi de l’envahisseur, ont rejoint l’Angleterre, puis les Forces Navales Françaises Libres : le 18 juin 1940 sur le bateau-pilote  Albert Faroult  le 19 juin 1940 sur le yacht  Manou et le bateau-pilote Geoges Leverdier  , tous trois, navires de la Flotte française de la Liberté". (Fondation de la France Libre – Délégation au Souvenir des Marins) 

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

    Crédit photo : M-F Baffert

     

    La Manou

    Albert Faroult, bateau-pilote de Seine (Rouen-Le Havre)

     

    Puis au cours de la cérémonie tenue au monument national des marins marchands et des pêcheurs de la France libre, Michel Bouchi-Lamontagne, délégué de la Fondation pour le souvenir des marins, a rappelé que « la contribution de la flotte de commerce de la France Libre à l’effort de guerre aura été essentielle. Avec ses 4 000 marins et ses 66 navires, sa présence à la mer s’avèrera constante tout au long du conflit, au cours duquel elle connaîtra les plus lourdes pertes de la France Libre, avec près de la moitié de ses bâtiments perdus ».

     

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

     

    L’après-midi, à Ploubazlanec, un hommage a été rendu à François Flohic (FNFL), également parti de Paimpol le 18 juin 1940 sur  l’Albert Faroult  pour rejoindre l’Angleterre, puis la France Libre. Claudie Saliou-Legoff, fille de Jean Saliou (FNFL) a retracé avec émotion le parcours de cette figure de la France Libre.

     

     

    Claudie Saliou-Le Goff


    La journée s’est poursuivie par une visite des vestiges du point d’appui du Mur de l’Atlantique et de l’artillerie lourde de grande puissance, assortie de témoignages, sous la conduite de Yann Lapicque, fils du FNFL Georges Lapicque (également parti sur le Manou), et auteur du livre "Le village de l'Arcouest en Côtes d'Armor sous l'occupation".

    Le 17 Juin 2018 aura lieu un rassemblement en l'honneur de Gilles Ménage. Vous pouvez écouter un extrait de l'interview de Georges Ménage, élève à l'Ecole d'Hydro de Paimpol, 1939-1940, parti rejoindre l'Angleterre en juin 1940 par ce   LIEN

     

    * A Paimpol le 21 avril dernier :  une plaque en mémoire des jeunes partis pour l'Angleterre les 18 et 19 juin 1940

    POUR EN SAVOIR PLUS sur les départs de Paimpol les 18 et 19 juin 1940 de l’Albert-Faroult et du Manou et sur la Marine marchande de la France Libre, télécharger le pdf ici.

     

    Délégation Souvenir des Marins de la France Libre

    Souvenir des Marins de la France Libre est sur Facebook

     

    ********************************

    Pour prolonger cet article :

    Parcours de Jean Saliou (jeune élève de l'école d'hydrographie, parti sur le bateau-pilote Albert Faroult) Lien

    Parcours de Jean Prigent (parti sur le bateau-pilote Georges Leverdier) Lien

    Fondation BM 24-Obenheim 


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    * 76e Anniversaire de Bir Hakeim - Extraits (1) de la conférence de Claude J. Cornuel " Souvenir d'un vétéran de Bir Hakeim et d'El Alamein"

    Claude J. Cornuel

          Pour célébrer le 76e anniversaire de la Bataille de Bir Hakeim, nous avons choisi de vous présenter trois séquences extraites de la Conférence que donna à Alexandrie en 1981, Claude CORNUEL, qui fut l'un des vétérans de la 3e Batterie du 1er Régiment d'Artillerie à Bir Hakeim. 

    Les témoignages choisis, en accord avec sa fille, Marie Barat, focalisent sur les circonstances de l'engagement de son père à partir de Beyrouth (Mai-Juillet 1940), sur la vie quotidienne à Bir Hakeim avant le siège , et se termineront par la relation de sa Sortie de Bir Hakeim le 11 Juin 1942, lorsqu'il fut l'un des témoins directs de la mort du capitaine  René Gufflet, commandant de sa Batterie .

    Le texte intégral de la Conférence de Claude Cornuel sera publié (PDF)  le 11 Juin 2018. 

    Tous nos remerciements à Marie Barat.

     

    I. Les circonstances de l'engagement

     

    " Par quel chemin suis-je arrivé à Bir Hakim et surtout dans les Forces Françaises Libres ?

    J'habitais l'Egypte depuis 1933. J'y fus mobilisé en septembre 1939. Incorporé à Beyrouth après un court passage au tribunal militaire comme greffier et interprète d'allemand, je fus envoyé sur ma demande dans un peloton d’EOR, lequel en quatre mois devait nous envoyer à Saumur pour faire de nous des aspirants.

    A fin février 1940 j'étais Maréchal des logis, avec un Brevet de chef de section. Un dimanche, je décidai avec un camarade, lui aussi d'Alexandrie, le Maréchal des logis MEJEAN, de déserter le Mess et de nous payer un repas chez Lucullius, un restaurant situé face à la mer, non loin de Saint Georges.

    Nous y rencontrâmes un de mes camarades de Faculté André MOTTET, fondé de pouvoirs du Crédit Lyonnais au Caire. Mottet était secrétaire du Capitaine Gasser, l'officier d'ordonnance du Général Weygand, Commandant en chef du T. O. M. O. (Théatre d'Opération de la Méditerranée Orientale). Mottet, me confia qu'on recherchait un militaire de toute urgence, connaissant très bien l'allemand et l'anglais susceptible d'être employé à l'Etat-major. Quelques jours plus tard, après ma rencontre avec Mottet, je fus convoqué à l'Etat-major en vue d'un examen. Je passai l'examen sans aucune difficulté.

    C'est ainsi qu'après une enquête de moralité auprès de mon chef de corps, en l'occurrence le Commandant du 29ème train, je fus admis au 2ème Bureau, section du Chiffre du T. O. M. O. Dans l'ordre ascendant, mes chefs étaient (je leur donne le grade qu'ils possédaient à l'époque) :  Capitaine Breveté d'Etat-major BOISSEAU, chargé de la section ; Chef de bataillon LELAQUAI, Chef du 2ème Bureau ; Colonel de LARMINAT, Chef d'Etat-major ; Général d'Armée WEYGAND, Commandant le T. O. M. O.

    Dans le Bureau du Chiffre, " le saint des saints ", nous étions trois officiers et trois sous-officiers ; nous les sous-officiers, nous assumions la dactylographie des messages codés, traduits en clair, et unanimement nous étions tous capables de chiffrer à nouveau, à l'aide d'autres codes, les messages à diffuser aux échelons inférieurs sous contrôle des officiers. Nous couchions dans nos bureaux, sauf les jours où exceptionnellement nous n'étions pas de service. Notre nourriture nous était apportée par de plantons. Le régime de la Grande Trappe. A l'entrée du couloir menant à nos bureaux, une sentinelle baïonnette au canon veillait à notre tranquillité. Tous les télégrammes codés étaient incinérés après le déchiffrage. Mes deux camarades et moi-même avions prêté serment que les documents que nous aurions à connaître du fait de notre emploi devraient demeurer "Top secret". Nous n'avions pas à parler à l'extérieur de ce que nous voyions et entendions.

    A notre travail de chiffrement et de déchiffrement des messages envoyés et reçus, s'ajoutait un travail de traduction des messages interceptés en allemand, italien, anglais. Deux officiers et moi-même avions la responsabilité des messages en allemand. Les autres s'occupaient des écrits anglais et en italien. A une période antérieure de désœuvrement succède une période de suractivité, cela n'était pas mal. Les codes dont nous nous servions étaient immédiatement remis en place après usage dans un coffre-fort dont seul l'officier le plus élevé en grade avait la combinaison.

    D'abord à Beyrouth, rue de Phénicie, dans les locaux du T. O. M. O., ensuite après le départ du Général Weygand rappelé en France, dans les bureaux des écoles italiennes réquisitionnées après l'entrée en guerre de l'Italie ;  sous le commandement du Général MITTELHAUSER,   j'appartenais au 2ème Bureau.

    Le fait que j'étais à peu près le seul dans ce bureau à avoir une pratique courante de l'anglais me permit d'avoir souvent à faire avec la liaison britannique et de me trouver en contact avec le chef de mission : le Brigadier général SALISBURY-JONES. Je revis plus tard après la guerre Salisbury Jones à Paris à l'ambassade de Grande-Bretagne et nous évoquâmes notre relation à Beyrouth.

    C'est à cette époque que je fis également la connaissance de "Bob", le Capitaine de cavalerie Robert de KERSAUZON, notre officier de liaison à Jérusalem. Je retrouverai Bob plus tard à Vannes, comme Commandant-Général du Réseau.

     

    * * *

     

    Je m'éloigne de Bir Hakim, pensent mes auditeurs, mais si je n'avais pas été au 2ème Bureau à Beyrouth, dans les circonstances que j'évoque, je ne me serais peut-être jamais, jamais retrouvé dans les rangs de la France Libre.

    Je m'explique. Les renseignements qu'il m'était donné d'obtenir du fait du poste occupé me permirent très tôt de savoir où était ce que je considérais être mon devoir, dans les premières circonstances où mon pays allait être appelé à demander l'armistice. J'étais aux premières loges.

    A partir de mai 1940, j'appris par le détail ce qui se passait en France et ce que les journaux tendaient à nous cacher (je parle surtout des grands quotidiens d'information). Le déferlement des blindés allemands à travers la Belgique par la trouée de Sedan. Je connaissais particulièrement les lieux :  Dinant, la vallée de la Meuse,  Bouillon, la vallée de la Semoy, de nouveau Sedan sur la Meuse, point principal de la percée allemande vers l'ouest - c'est dans cette région que j'avais passé mes vacances d'été, quelques années auparavant avant de joindre mon poste en Egypte. Les chars de GUDERIAN conduits par ROMMEL s'avançaient à travers la France. Tandis que les Allemands pénétraient à l'intérieur du pays sans rencontrer de résistance organisée, les civils en débandade refluaient vers le Sud, au milieu d'une armée en retraite, dans certains cas même, abandonnée par ses chefs. Les uns gênant les autres.

    Du 15 au 28 mai 1940, capitulation des armées hollandaise et belge. Retraite des britanniques vers Dunkerque et leur ré-embarquement frisant la catastrophe.

    Pour vous donner une idée de l'étendue du désastre, permettez-moi d'emprunter à l'excellent ouvrage de J. R. Tournoux : Pétain de Gaulle,  le passage suivant :

    Du grand quartier général, tout au long des journées et des unités, un capitaine téléphone à de GAULLE, nommé général à titre temporaire et sous-secrétaire d'état à la guerre dans le gouvernement Paul Reynaud le 7 juin 1940.

    " Mon Général les allemands ont atteint tel et tel endroit ".

    " Ce n'est pas vrai".

    " Mais, mon Général, je vous informe, c'est la triste vérité "

    " Ce n'est pas vrai, vous n'avez pas le droit de dire cela ".

     

    * * *

     

    Pendant ce temps à Beyrouth, l'armée du Levant, dans son ensemble ne parvenait pas à se rendre compte de l'étendue de la catastrophe. Ceux à qui j'en parle me rappellent Gallieni, la défense de Paris, les taxis de la Marne...

    Malheureusement les Allemands sont entrés à Paris le 14 juin 1940.

    A Beyrouth, je touche un revolver modèle 92 au magasin d'armement. Il n'y a pas de munitions pour ce modèle. C'est une antique pétoire, digne tout au plus à figurer dans une panoplie d'armes anciennes.

    " Pourquoi pas un pistolet à armoiries " demandai-je à l'armurier ?

    " Il faut laisser croire que vous êtes armé ", me répondit-il.

    Le 10 juin, l'Italie avait déclaré la guerre à la France et à la Grande Bretagne. Les Libanais chez qui j'avais pris une chambre et chez qui j'entreposais les objets et les vêtements que je ne pouvais conserver dans mon bureau, me regardaient avec compassion. Ces braves gens avaient à mon encontre l'attitude que l'on a à l'égard d'une personne qui vient de perdre un être cher et sans rien dire me montraient qu'ils souffraient pour moi.  Chers Libanais, vous n'étiez plus jeunes quand j'habitais chez vous. Selon toute probabilité vous êtes morts maintenant, mais par votre attitude vous m'avez réconforté, je n’étais pas seul. Le Liban c'était un peu la France. Vous saviez par expérience ce qu'avait été une domination étrangère. De tout cœur je vous remercie de votre sympathie au sens propre du terme.

    Le 17 juin, Pétain demande l'armistice.

    Le 18 juin, c'est le fameux appel du Général de GAULLE.

    A vrai dire je n'avais pas écouté la radio, ce jour-là je n'étais pas de service et j'avais été me promener, seul, du côté de la grotte aux pigeons. Le jour était radieux. J'étais presque honteux de ma sécurité en face de l'insécurité des êtres qui m'étaient chers. J'étais sans nouvelles de ma famille restée en France depuis le début de mai.

    En rentrant à l'Etat-major, j'apprends par mes camarades que CHURCHILL a proposé l'union de la France avec la Grande Bretagne. Je leur dis " C'est un bobard !"  Non, pas du tout, disent-ils. C'est vrai. Cela n'a pas l'air de les enchanter. Je tombe sur le Capitaine BOISSEAU en sortant du Bureau, il me demande en me voyant surexcité : " Qu'avez-vous ? Quelle catastrophe allez-vous m'annoncer en plus de ce que nous savons déjà ?  ".

    Il me poussa dans son bureau, me fit asseoir. Malgré la différence de grade, je croyais pouvoir lui parler d'homme à homme. Je lui dis que je voulais continuer la guerre avec les Anglais, avec n'importe qui, ajoutai-je, contre les Allemands. Il en savait assez sur moi pour me demander si j'avais un passeport en règle. Je lui répondis " Oui ". Il ajouta : " Allez le plus rapidement possible au consulat d'Angleterre, sans vous faire voir de vos camarades et sans leur en parler ; je vais moi, voir nos amis anglais. Quand vous serez au consulat, demandez un visa pour la Palestine, je puis vous assurer que vous l'obtiendrez". " Bonne chance" reprit-il. " Ici nous ne nous reverrons plus, mais certainement plus tard ".

    Au consulat on me fit attendre, mais on me délivra mon visa assez facilement, sans que j'eusse à fournir d'amples détails.

    Je fus muté le lendemain au contrôle postal en attendant ma démobilisation. Le 25 juin l'armistice était signé.

    Je fus démobilisé le 4 juillet, vu que je venais d'un pays limitrophe et que ma classe 1927/2 était déjà ancienne. En uniforme que j'avais payé de mes propres deniers -  je n’avais pas assez d'argent pour me procurer des vêtements civils convenables, d'ailleurs qu'en aurais-je fait, ma détermination étant de rester combattant. Sans répit, ayant ôté mes écussons et mes insignes des grade, j'avais conservé une somme d'argent suffisante pour prendre un taxi avec des civils qui se rendaient à la frontière. J'arrivai à Ras el Nakoura, poste frontière de la Palestine. Le chef de poste consultant mes papiers me demanda mon adresse en Palestine. C'est la seule chose que j'avais oublié de préciser sur ma feuille de démobilisation. Je répondis que je désirais m'engager dans l'armée anglaise. Il téléphone à la garnison la plus proche, St Jean d'Acre pour expliquer le cas. Il fut répondu qu'on me conduise au poste, qu'un véhicule passerai me prendre.

    Avais-je bien fait ? A un certain moment, j'ai eu peur. Peur d'être refoulé.

    Enfin deux heures après, une voiture militaire avec un officier anglais et deux soldats de la M. P. (Police Militaire) affublés de leur fameuse casquette rouge vinrent me chercher. Je fus conduit auprès d'un major à qui j'expliquais mon cas et je citais comme référence le Brigadier-Général SALISBURY-JONES, qui avait quitté Beyrouth quelques jours auparavant, ses fonctions à l'Etat-major du T.O.M.O. ayant pris fin. Une demi-heure d'attente, le major téléphonait au Quartier Général de Jérusalem et tachait d'atteindre le Brigadier-Général ou quelqu'un de son entourage. Quelques minutes après il reparaissait dans l'antichambre où j’avais été " remisé ".  Il s'avança vers moi, me tendant mon passeport qu'il avait conservé et me dit en souriant : " You are welcome. I checked with the person you mentioned. It is OK. now ".

    Maréchal des logis chef, ce qui était à l'époque mon grade français inscrit sur mes papiers militaires, faisait illusion. Ma vareuse de toile kaki, faite sur mesure, ma culotte saumur, bien coupée, mes bottes bien cirées brillent comme des miroirs, ma cravate et ma chemise bien repassée, surtout mon anglais correct, le tout laissant supposer que j’étais un gentleman, m'avait dédouané. Chose étonnante je n'avais pas encore transpiré, ce qui peut paraître étonnant quand on pense à l'inconfort de la tenue réglementaire du militaire français en pays chaud et à la tenue sport et chemise manches retroussées de son équivalent britannique.

    Je fus envoyé à Haiffa dans la voiture de l'Etat-major de St Jean d'Acre, dans un camp de transit avec les Polonais, qui étaient passés sous obéissance anglaise. Je pris un repas au mess, débarrassé de mes soucis et fut conduit dans une assez vaste tente à deux lits de camp. Je devais rester seul sous cette tente.

    Le lendemain matin le R. T. O. me fit mander par un caporal et me remit un billet de chemin de fer pour Ismaïlia (Egypte), ainsi qu'un ordre de mission pour Moascar Camp où, parait-il, il y avait déjà des Français : un bataillon d'infanterie colonial venant de Chypre, un escadron de Spahis marocains venant d'Alep, le reste du bataillon français de Chypre venant de Tripoli.

     

    Résultat de recherche d'images pour "moascar camp 1940"

    Défilé du BIM au camp de Moascar

    C'est seulement en arrivant à Ismaïlia que j'appris ce qui venait de se passer à Mers el Kébir : une escadre française à l'ancre avait refusé l'alternative des Anglais : continuer la lutte contre l'Allemagne ou se laisser désarmer. Ayant refusé, elle avait été coulée par la flotte anglaise et 1 300 marins français avait trouvé la mort.

    " Le sort en étais jeté ". Malgré la peine que je ressentais de la perte éprouvée par notre marine et surtout de la mort de 1 300 de mes compatriotes dans ce désastre, je ne reculerai plus. L'Empire français subsistait, il ne tarderait pas à nous rejoindre. Je me trompais évidemment, comme l'avait dit de GAULLE, ce général dont j'avais lu deux livres. La France avait perdu une bataille mais il me semblait impossible qu'elle ait perdu la guerre. J'aurais conclu un pacte avec le diable pour me battre contre l'Allemagne nazie, malheureusement le diable c'était Hitler. J'avais à régler une affaire personnelle avec les Allemands : j'avais perdu mon père tombé le 3 septembre 1914, mon oncle le 6 juin 1915, tous deux morts au champ d'honneur.

     

    Je signai mon engagement aux F. F. L., contresigné par les autorités britanniques le 6 juillet 1940.

    De 1940 à 1942 je pris part à la campagne d'Erythrée avec le 1er B.I.M. (Bataillon d’Infanterie de Marine) qui combattit sous les drapeaux français et britannique, mais mon échelon maintenu en réserve fut retenu à Port-Soudan pour des raisons administratives : l'arrivée des bataillons noirs venus d'Afrique équatoriale avec le commandant de BOISSOUDY - plus tard général grièvement blessé à Damas - fit que je ne pus être mêlé à la bataille.

    De même, pendant la campagne de Syrie en 1941 avec les Australiens contre les Vichystes, je fus privé de me battre avec mes compatriotes attachés à Vichy. Il ne pouvait être question pour moi de me battre contre une armée à laquelle j'avais appartenu : mon rôle fut donc jusqu'à Avril 1942 d'aider à garder sous l'autorité française des territoires qui lui avaient été confiés par le Traité de Versailles.

    A moi s'offrait maintenant l'occasion de lutter contre des Allemands dont les conceptions aussi bien politiques que métaphysiques s'opposaient diamétralement aux miennes.

    Je ne voulais pas manquer cette opportunité. Comme me l'avait promis le Général KOENIG, j'allais bientôt être servi. (...)

     

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    Quatre moments forts , avec nos Anciens dans le Lot et Garonne,  en Bretagne et en Basse-Normandie, et par la transmission de mémoire au Havre en Seine-Maritime. 

     

    Francis Ruffier-Monet (1er RA de la 1ère DFL) à Villeneuve-sur-Lot (Lot et Garonne)

     

    * Commémoration de la VICTOIRE du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

     

    * Commémoration de la VICTOIRE du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    Recueillement de Alexis LE GALL (BM 5 de la 1ère DFL) à Douarnenez

     

    * commémoration de la Victoire du 8 Mai dans nos régions...

     de Jean-Yves Lebot Facebook Le Finistère dans la Guerre 

     

    Leon GAUTIER (Commando Kieffer) à Colleville-Montgomery

     

    * commémoration de la Victoire du 8 Mai dans nos régions...

     

    Facebook Colleville-Montgomery

     

    Hommage à l'escadrille "Le Havre" du Normandie Niemen au Havre

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

    Inauguration d'une plaque à l'initative du mémorial Normandie Niemen

     

    Le Normandie Niemen évoqué par le président du Memorial à l'Hôtel de Ville du Havre

     

     

    En présence d'une délégation russe

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

     Facebook L'Odyssée France Libre du Havre

     

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     PARIS, Musée de l'Ordre de la Libération , le 8 Mai... 

    Le Général de division (2S) Christian Baptiste, délégué national, a été interviewé en direct de la place de l'Etoile juste avant que Vladimir Trouplin, conservateur du Musée soit en direct sur France 2. Il y a présenté trois objets: le manuscrit original de l'affiche " A tous les Français " du général de Gaulle, le pistolet silencieux Welrod du Compagnon André Jarrot et le lion en peluche offert par les Britanniques au Général Koening. Ces objets sont conservés et présentés au musée de l'Ordre de la Libération.

     

    * Commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945 dans nos régions...

     

    Cette peluche, fabriquée en Angleterre, fut offerte par les Britanniques au général Koenig après la bataille de Bir-Hakeim. Le général Koenig -dont le nom signifie "roi" en allemand- devenait ainsi symboliquement le "roi des animaux" (le lion) face au "renard du désert", surnom du général allemand Rommel. 

    © Musée de l’ordre de la Libération 

    Facebook Ordre de la Libération

     


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