• * 2 septembre 2019 : Fécamp a honoré le Compagnon Roland TERRIER (1er RFM) le jour de la commémoration de sa Libération 

    crédit photo : Ordre de la Libération

    Fécamp vient aujourd’hui d’honorer le Compagnon de la Libération Roland TERRIER en même temps que la Ville fêtait sa Libération. Il était hautement symbolique en effet de réunir à travers cet évènement la France Libre, la Résistance intérieure et le 47 Royal Marine Commando qui libéra la Ville le 2 septembre 1944. 

     

    * 2 septembre 2019 : Fécamp a honoré le Compagnon Roland TERRIER (1er RFM) le jour de la commémoration de sa Libération

    Françoise Amiel-Hébert, déléguée FFL le Havre, Capitaine de vaisseau Laurent Martin,

    Sylvie Terrier, Général Baptiste et Jean-Pierre Neuville, Pdt de l'AFCL

    Crédit photo : Fondation de la France Libre Le Havre


    La présence du Général Baptiste, délégué national de l’Ordre de la Libération, et celle du Capitaine de vaisseau Laurent Martin, Commandant de l’Ecole des Fusiliers Marins de Lorient ont marqué les esprits des Fécampois en soulignant l’importance de cet évènement, et en révélant le parcours d’un illustre de leurs concitoyens, dont la stèle rappellera désormais pour toujours le souvenir sur la Place du Général de Gaulle.

     

    * 2 septembre 2019 : Fécamp a honoré le Compagnon Roland TERRIER (1er RFM) le jour de la commémoration de sa Libération

     

    * 2 septembre 2019 : Fécamp a honoré le Compagnon Roland TERRIER (1er RFM) le jour de la commémoration de sa Libération

    Annick Hudson entourée de deux de ses fils et de sa belle-fille et Sylvie Terrier

    Crédit photo : Fondation de la France Libre Le Havre

    Décédé en 1976, Roland Terrier évoquait rarement la période de la Guerre avec ses filles mais bien volontiers le 1er Régiment de Fusiliers Marins auquel il était très attaché. L'ensemble des médailles et des documents militaires de Roland Terrier a été légué l'an dernier au Musée de l'Ordre de la Libération "pour que le devoir de mémoire perdure en toute sécurité" a indiqué Sylvie Terrier.

    * 2 septembre 2019 : Fécamp a honoré le Compagnon Roland TERRIER (1er RFM) le jour de la commémoration de sa Libération

    Le discours du général Baptiste à l’Hôtel de Ville a également rappelé combien les valeurs de l’Ordre de la Libération demeuraient vivantes et qu’il était nécessaire de continuer à les transmettre aujourd’hui auprès des jeunes générations, dans un monde déstabilisé, devenu souvent illisible.

    Nous avons justement été agréablement surpris par la présence de nombreux enfants et jeunes Fécampois associés à ces cérémonies de la Libération, à travers un comité des écoles de la Ville.

    Roland Terrier est décédé avant la naissance de ses petit-fils, un grand regret pour Annick Hudson sa fille.

    Pour sa sœur Sylvie Terrier, cette journée a marqué l’aboutissement d’un long travail de sensibilisation auprès des élus de Fécamp, et Madame le Maire en a témoigné en regrettant d'avoir tardé à faciliter l’engagement de cette inauguration.

    Venue nous saluer en  demandant si elle n’avait pas fait d’erreur de protocole au cours des cérémonies, si tout était bien « carré », nous lui avons répondu que l’esprit des Français Libres était assez éloigné des conventions et de la stricte observation des règles !

    Entre solennité, fraternité et convivialité, cette journée assurément restera dans toutes les mémoires.

     

    Délégation de la Fondation de la France Libre du Havre

    Roland Terrier sur le site des Français Libres et Compagnons du Havre 

     


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  • De la part  de l'Association AMONT Montagne et Patrimoine,

    en mémoire de Jean-Michel Sivirine 

    Il révéla à tous  la mémoire des combats de  l'Authion au printemps 1945 et son souvenir vivant et lumineux demeure dans nos coeurs.

    "Vous êtes invités à l'inauguration de l'espace "Jean-Michel Sivirine",

    au musée de l'Amont à St Martin Vésubie

    ce samedi 7 septembre à 15h.

    Bienvenue à tous

    Cordialement"

    Eric Gili 


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    Crédit photo : Ordre de la Libération

     

    Le 2 septembre 2019, Roland TERRIER, Compagnon de la Libération, sera honoré à Fécamp, au cours d'une cérémonie à 18 heures,  autour du "Mât de la Liberté", en ce jour anniversaire de la libération de Fécamp par les Anglais.

    Une plaque à sa mémoire sera dévoilée en même temps qu'une plaque en l'honneur d'un résistant fécampois.

    La Délégation FFL du Havre  assistera à cette cérémonie.

    Rappelons que Roland TERRIER connut un parcours époustouflant : engagé dès juillet 1940 au sein du 1er Bataillon de Fusiliers Marins, il est ensuite détaché à la 13 DBLE avec laquelle il combat en Erythrée et en Syrie. 

    En Janvier 1942 il rejoint la Marine de Guerre FNFL, quartier-maître radio sur la corvette Alysse qui escorte des convois en atlantique Nord. Le 8 févier 1942 il figure parmi les rescapés du torpillage de l'Alysse au large de Terre-Neuve alors que la moitié de l'équipage a disparu dans cette tragédie.

    Il est ensuite affecté sur le Chasseur 43 Lavandou et prend part en août 1942 au raid sur Dieppe.

    Roland TERRIER rejoint ensuite sur sa demande en Tunisie le 1er RFM et la 1ère Division Française Libre, second maître de 1ère classe sous les ordres de jean Brasseur-Kermadec. En avril 1944, au cours de la Campagne d'Italie, il reçoit une citation pour les combats de Ponte Luccano.

    Il débarque en Provence le 16 aout 1944, de nouveau cité pour sa brillante participation lors des combats de Toulon...

    Roland TERRIER était Chevalier de la Légion d'honneur et Compagnon de la Libération. Il est décédé le 25 juillet 1976 à Fécamp, sa ville natale, où il est inhumé.

     

     

    Lire la biographie de Roland TERRIER sur le site de la Fondation de la France Libre du Havre 

     


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  • Un article de l'Est Républicain, par Jérôme ESTRADA, auteur de  "Les Combattants de l'aube". 

     

    Bernard SAINT HILLIER, un Jurassien chef d’état-major

    Bernard Saint-Hillier, né à Dole en 1911. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Bernard Saint-Hillier, né à Dole en 1911. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Bernard Saint-Hillier est  né à Dole en 1911Narvik, Dakar, Erythrée, Syrie, Libye, Tunisie, Italie, débarquement en Provence, libération de la Franche-Comté : Bernard Saint-Hillier (né en 1911 à Dôle), fut sur tous les fronts. En récompense de sa bravoure, il reçoit ses galons de chef de bataillon avant d’être nommé chef d’Etat-major de la 1ère  Division française libre sous les ordres du général Brosset (septembre 1943). Il débarque en Italie en avril 1944, puis en France, à Cavalaire, le 16 août 1944.

    Après la remontée de la vallée du Rhône, à la tête de ses légionnaires, il libère Ronchamp. Il reçoit sa troisième blessure – encore un éclat d’obus - devant Belfort (4 octobre). Cela ne l’empêche pas d’assurer le commandement de la 1ère DFL entre la mort du général Brosset à Champagney (Haute-Saône) et la désignation du général Garbay. Promu lieutenant-colonel (5 décembre 1944), neuf fois cité et quatre fois blessé, Bernard Saint-Hillier prend, le 25 mars 1945, le commandement de la 13e DBLE et termine la guerre dans le sud des Alpes, au massif de l’Authion.

     

    Un Haut-Saônois à la tête de la 1re DFL : Pierre GARBAY

    Pierre Garbay, né à Gray en 1903. Photo Musée de l'Ordre de la Libération 

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Pierre Garbay est  né à Gray en 1903. D’origine modeste, après ses études secondaires, il est admis à Saint-Cyr et en sort sous-lieutenant en 1924. S’ensuit alors une brillante carrière militaire qui le mène du Maroc en Chine. Refusant l’armistice, il s’engage dans les FFL et joue en août 1940, un rôle actif dans le ralliement du Tchad à la France Libre.

    Placé à la tête de la 2e BFI, il débarque en Italie puis en Provence. Après la mort accidentelle, le 20 novembre 1944 dans les Vosges, du général Brosset commandant la 1re DFL, Pierre Garbay est choisi pour le remplacer ; il est alors rapidement promu au grade de général de brigade.

    La Division, sous ses ordres, se distingue à Giromagny, au Ballon d'Alsace, à Sewen et à Gros-Magny, remportant là une éclatante victoire qui la mène en Alsace. Passée en réserve du 6e Groupe d'Armée, la 1ère DFL est dirigée ensuite sur la Poche de Royan.

    Rappelée en Alsace, où elle parvient le 1er janvier 1945, elle remporte, du 7 au 11 janvier, la difficile victoire défensive sur l'Ill. De même, du 23 janvier au 1er février, elle prend une part décisive à la libération définitive de l'Alsace en procédant à la réduction de la Poche de Colmar.

    En avril 1945, le général Garbay emmène la Division dans les Alpes-Maritimes où elle enlève, du 10 au 12 avril, après trois jours de combats acharnés, le massif fortifié de l'Authion, clef de tout le système défensif ennemi dans les Alpes du sud. Pierre Garbay, à la suite d'une audacieuse manœuvre exécutée en haute montagne, franchit la chaîne des Alpes et débouche dans la plaine du Pô à la veille de la capitulation allemande.

    Après-guerre, il finira sa carrière comme général d'armée et Gouverneur militaire de Paris. Pierre Garbay est décédé le 17 juillet 1980 à Montluçon.

     

    Les Compagnons Lorrains de la 1re brigade

    Parmi toutes les formations de la 1re DFL, la 13e DBLE est la seule à avoir combattu sur tous les champs de bataille de la division.

    Trois Lorrains Compagnons de la Libération ont été affectés à la fameuse 13e demi-brigade de Légion étrangère : René Morel chef de bataillon placée à la tête du 2e BLE puis adjoint du commandant de la 13e DBLE, René Briot et André Dammann (avant de rejoindre le BCRA à Londres)

     

    René MOREL

    René Morel, né en 1908 à Granges-sur-Vologne. Photo Musée de l'Ordre de la Libération 

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    René Morel est  né en 1908 à Granges-sur-Vologne (Vosges) où il viendra mourir en 1974. Son père était directeur commercial dans le textile. Affecté à la 13e demi-brigade légère de montagne, le lieutenant Morel prend part à la campagne de Norvège (Narvik) en mai et juin 1940. Après s’être engagé dans les Forces françaises libres, il se bat en Erythrée, en Syrie et en Afrique du  Nord. À la tête de sa compagnie à Bir-Hakeim (de la 13e DBLE), il inflige de lourdes pertes à la division blindée Ariete lors de la première offensive du 27 mai 1942. Il y est blessé de nouveau à trois reprises par éclats de mortier et par balle les 10 et 11 juin 1942. René Morel est encore une fois blessé par éclats d'obus à l'Himeimat (El Alamein) le 24 octobre 1942.

    En mai 1943, à l'issue des opérations de Tunisie, il est affecté au 2e BLE dont il prend le commandement avec le grade de chef de bataillon, le mois suivant. Il se bat ensuite en Italie où il est encore blessé. Il débarque en Provence le 29 août 1944. Quittant son commandement, René Morel devient adjoint du commandant de la 13e DBLE en octobre 1944 avant d'être détaché, en novembre, au cabinet militaire du ministre de la Guerre. Il termine la guerre avec 6 blessures et autant de citations.

     

    René BRIOT

    René Briot, né en 1913 à Saint-Maurice-sur-Moselle. Photo collection particulière François Parmentier

    Photo collection particulière François Parmentier

    René Briot, est né en 1913 à Saint-Maurice-sur-Moselle dans les Vosges, dans une famille de tisserands. D’abord agriculteur, il décide finalement de s’engager (1935) au 21e régiment de tirailleurs algériens. En 1940, alors qu’il est en Palestine, il rejoint avec d’autres volontaires français les Britanniques (1er  BIM). Affecté à partir de 1941 à la fameuse 13e DBLE, il prend part aux opérations de Syrie puis aux campagnes de Libye, d'Egypte et de Tunisie. Promu au grade d'adjudant en juillet 1943, il combat ensuite en Italie avec le Corps expéditionnaire français. Débarqué en Provence en août 1944, René Briot prend part ensuite à la campagne de France avant d'être nommé adjudant-chef au lendemain de la capitulation de l'Allemagne.

     

    André DAMMANN

    André Dammann, né le 12 décembre 1901 à Nancy. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    André Dammann est né le 12 décembre 1901 à Nancy, il  s'établit au Cameroun dès 1926 et il introduit, en pays Bamoun, la culture du café Arabica. A l'été 1940, il est au premier rang de ceux qui refusent la capitulation. Il sert lui aussi à la 13e DBLE. Affecté à la Compagnie lourde n°3 (CL 3) puis à la CL 2, il se distingue au combat en Erythrée en mars et avril 1941, à Keren et à Massaoua, puis en Syrie en juin 1941. Le 3 juin 1942, au cours d'un bombardement d'aviation à Bir-Hakeim lors de la campagne de Libye, il est blessé au bras et refuse de se faire évacuer. Le 8 juin au cours d'une violente attaque de chars appuyée par de l'artillerie, ayant reçu de nombreux éclats de 155 dans la circulaire de sa pièce le blessant à la main, il continue à servir sa pièce après s'être fait faire un garrot, détruisant deux chars qui menaçaient de pénétrer dans la position. Dans la nuit du 10 au 11 juin, lors de la sortie de la position, cherchant à franchir à pied un barrage d'armes automatiques, il est blessé une troisième fois aux deux jambes.

    Promu caporal, sa conduite particulièrement brillante lui vaut de recevoir la Croix de la Libération des mains mêmes du Général, au centre de convalescence de Sofar en Syrie. Après une convalescence au Cameroun, il rallie Londres où il réclame l'honneur d'être parachuté en France aux premiers jours des opérations de la libération du Territoire. André Dammann est promu adjudant en février 1944 puis sous-lieutenant au mois d'avril suivant. Affecté au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) il reçoit la mission d'assurer la liaison avec les hommes du maquis de Savoie, qui depuis longtemps déjà, interdisent aux Allemands l'accès de leurs montagnes. Parachuté en juillet 1944 le lieutenant Dammann participe à leur action. La libération de la région accomplie, il prend part à la reformation du 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) en octobre 1944.

    A partir de novembre 1944, il est activement engagé dans la campagne des Alpes. Après avoir participé au nettoyage de la Maurienne et de la Tarentaise, l'armistice le trouve au col du Petit Saint-Bernard.

    Rendu à la vie civile, capitaine de réserve, il regagne le Cameroun au début de 1946 pour y entreprendre une exploitation forestière. Il fonde un foyer en novembre 1946 et devient Président de l'U.F.A.C. pour le Cameroun.

    André Dammann est décédé dans un accident d'avion le 3 février 1951 au Mont Cameroun près de Douala.

     

    Un Vosgien commandement du BM 5 : Roger GARDET

    Roger Gardet, né en 1900 à Epinal. Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    Photo Musée de l'Ordre de la Libération

    On trouve deux Lorrains Compagnons de la Libération affectés à la 2e brigade : le Vosgien Henri Karcher (mais affecté en 1944 à la 2e DB, il débarquera en Normandie) et Roger Gardet (né en 1900 à Épinal. Son père, officier, est mort pour la France en 1914).

    Militaire de carrière, il a participé à plusieurs missions de prospection géographique au Tonkin, en Tunisie, au Levant, à Madagascar, en AEF et au Maroc jusqu'en 1937. Spécialiste de la géodésie, il sert ensuite à la mission de délimitation franco-britannique du Cameroun-Nigeria. Il est à Yaoundé lorsqu'il entend l'Appel du général de Gaulle et participe au ralliement de la capitale du Cameroun à la France Libre. En septembre, il est promu chef de bataillon du Régiment de tirailleurs camerounais (RTC), régiment crée par le colonel Leclerc à la place des forces de police.

    Fin 1940, le commandant Gardet propose la création d'un bataillon de marche, le 3e Bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun (3e BRTC), qui voit le jour en mai 1941 et est placé sous son commandement.

    En mars 1942, le 3e BRTC devient le bataillon de marche n° 5. Il rejoint la 2e BFL de la 1re  division française libre en juillet, en Egypte. Au Levant, le BM 5 participe à l'exécution de la ceinture défensive de Beyrouth, puis, en Egypte, à la Bataille d'El Alamein en octobre 1942.

    Le lieutenant-colonel Gardet s'illustre en Tunisie, le 11 mai 1943, dans la région de Takrouna, aux Djebillat, Le 13 mai, il reçoit personnellement la reddition du général italien Orlando et de son corps d'armée. Il est fait Compagnon de la Libération.

    Après la campagne de Tunisie, il quitte le commandement du BM 5 et participe à celle d'Italie en étant adjoint opérationnel du colonel Garbay, commandant la 2e BFL. Il se distingue à plusieurs reprises. Il débarque en Provence en août 1944 et participe à la libération de Toulon, aux durs combats d'Hyères et de la Garde.

    Promu colonel en septembre 1944, il prend le commandement de la 2e brigade française libre.

    Il se distingue devant Belfort en s'emparant de 2 villages fortement défendus et en progressant de plusieurs kilomètres au milieu des lignes adverses, celles-ci étant complètement désorganisées par la rapidité de son action.

    Après l’Alsace, Roger Gardet participe, dans les Alpes, aux combats pour la libération de La Brigue et de La Tende.

    Après-guerre, il poursuit une brillante carrière. Général de corps d'armée en 1958, Roger Gardet termine sa carrière comme commandant supérieur en AOF (1958-1960).

    De 1962 à 1966 il est rappelé à l'activité et est nommé président de la Cour militaire de Justice, en particulier lors du procès des auteurs de l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle. Roger Gardet est décédé le 27 février 1989 à Fréjus. Il est inhumé à Chevigny, dans le Jura.

     

    Jérôme ESTRADA et le service documentation de l'Est Républicain

    Les combattants de l'Aube


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  • Nos vifs remerciements à Eric Minocchi

    * Trésor d'archives : extraits du journal de Maruice MEUNIER (BIMP) durant la Campage d'Italie

    Maurice Meunier à la fin de la guerre (collection Maurice Meunier)

    Monsieur Eric MINOCCHI vous propose de découvrir un extrait du témoignage de Maurice MEUNIER (enregistré puis retranscrit) concernant la partie la plus importante pour lui des combats en Italie, celle qu'il avait bien en mémoire : la bataille du Mont Girofano dans la nuit du 11 au 12 Mai 1944.

    Témoignage de Maurice MEUNIER, infirmier

    à la compagnie de commandement du BIMP

     

    A la suite de notre débarquement à quai au port de Naples, nous nous sommes installés à 40 Kms de Naples, dans un petit village appelé Ducenta qui produisait du vin et faisait de l’élevage. Nous y sommes restés un ou deux mois.

     

    Ce qui m’a marqué, c’est que tous les soirs, nous avions du spectacle. Et c’était du spectacle aérien. Parce que où nous étions logés c’était une grande ferme avec une grande terrasse dessus, et vers 8h00 – 9h00, ou même plus tard dans la nuit, on en entendait les bourdonnements, et c’étaient les bombardiers allemands qui venaient pour bombarder toute la flotte qui était dans la baie de Naples, où il y avait des bateaux civils, des bateaux de guerre, des porte-avions, toute la flotte alliée était là.

     

    Donc tous les soirs, ils venaient, et tous les projecteurs s’allumaient, balayaient le ciel de leurs faisceaux cherchant les avions. Il y avait également les ballons de protection de tous les navires qui étaient éclairés par les projecteurs et brillaient, ainsi que leurs câbles. Avec en plus les obus et balles traçantes, les explosions, les bombardiers qui se faisaient descendre cela devenait un réel spectacle. Et nous entendions aussi tous les bruits de la bataille. Cela durait environ trois quarts d’heure – 1 heure presque tous les soirs.

    Pour moi qui étais un jeune qui n’avait pas connu la guerre, c’était la première fois que j’entendais les bruits de canons.

     

    Nous y avons passé un bon séjour, nous allions à la mer régulièrement, comme des touristes. Puis un jour, il a fallu partir au front.

     

    Au Girofano, nous avons pris la place des Marocains qui avaient été en place tout l’hiver. De chaque côté, il y avait des alliés ; à côté les Canadiens, plus loin les Américains. Les obus passaient au-dessus de nous toute la nuit avec un sifflement qui se concluait par une explosion, le but étant de bombarder à l’aveuglette le fleuve derrière nous et les américains qui s’y trouvaient.

     

    Je m’étais fait un petit abri près d’un gros rocher. A côté, une petite grotte où était installée l’infirmerie qui se composait du docteur (le lieutenant ESCALE), de brancardiers et de trois infirmiers en plus de moi-même, sachant qu’il n’y avait qu’un seul infirmier par compagnie.

     

    Un matin, le docteur m’annonce qu’il est appelé au PC, à 50 mètre au-dessus de nous. A son retour, il me dit « MEUNIER, c’est pour ce soir », je lui demande « quoi ? », il me répond :

    « Oui, ce soir on attaque ! ».

    Alors moi, jeune combattant, je me dis « ça y est, l’heure arrive, c’est à mon tour ! ».

    Ceux qui avaient fait Bir-Hakeim, c’étaient déjà des durs, mais moi, j’étais encore un petit jeune… Le docteur me prévient que mon équipe de brancardier doit être prête, avec tout le nécessaire, des pansements en quantité suffisante. Alors je réunis mes gars, je leur explique. Et tout en parlant, je vois un jeune mec assis au pied d’un arbre en train d’écrire. C’était un brancardier, un jeune métro. Je lui demande ce qu’il fait et il me répond :

    « accordez-moi encore 10 minutes, j’écris une lettre à ma mère ». Je lui dis OK. Puis, il me la tend et me la confie en me demandant de la faire suivre en cas de problème. Je la glisse dans ma musette.

    A la tombée de la nuit, je rejoins le PC avec mon équipe de brancardier. Il y avait aussi le transmetteur qui était un copain, Willy NICHOLLS, qui avait comme indicatif « Joseph 1 ». Nous sommes donc tous réunis à 7 ou 8  dans le petit réduit du PC lorsque le commandant (Henri MAGNY*) regardant sa montre, dit :

     

    « Messieurs, si vous voulez assister à un beau feu d’artifice, je vous invite à mon balcon ». 

     

    * Trésor d'archives : extraits du journal de Maruice MEUNIER (BIMP) durant la Campage d'Italie

    Henri MAGNY, Compagnon de la Libération

     

    Alors nous nous mettons tous sur le bord tu petit talus qui donne vers l’ennemi, et je revois toujours le compte à rebours « 4, 3, 2, 1 »…  j’avais l’impression qu’il avait appuyé sur un bouton ! Tout s’est allumé en même temps, tout le front d’Italie s’est embrasé. Et ça partait de tous les bords et dans la même direction… un vrai feu d’artifice !

    Je pensais qu’il n’y avait plus d’Allemands en face, mais ils se sont mis à riposter…

     

    Le commandant indique qu’il faut partir et descendre en file indienne et ça pétait de toute part autour de nous.

    A un moment donné, nous avons dû être repérés car une pluie de mortiers s’abat sur nous, et nous avons des blessés.

    Je fais signe pour le signaler et demande où était le docteur. Celui-ci n’était pas là. Etant myope, il s’était perdu après avoir perdu ses lunettes, et comme il fallait garder le silence, il n’avait pas pu prévenir les autres.

    J’ai dû donc seul m’occuper de mes tout premiers blessés qui étaient au nombre de 3.

     

    Après avoir fait un point radio avec les autres compagnies, le commandant indique que nous repartons pour effectuer la jonction avec les autres unités. Je lui dis que le docteur a disparu et qu’il faut quelqu’un pour s’occuper des blessés.

    Il me tape sur l’épaule et me dit « Meunier, je ne vous dis pas Adieu, mais Courage », et il disparaît dans la nuit.

    Une fois m’être occupé de mes blessés, pansements compressifs, morphine, fiche de blessés autour du cou, avec heure des garrots, etc… j’entendais au loin des cris : « au secours », « au secours », « Maman », etc… il y a un pauvre blessé qui appelait sa mère… je confie donc mes blessés au plus vaillant d’entre eux en lui expliquant ce qu’il devait faire régulièrement avec le garrot. 

     

    Et là, j’ai passé toute la nuit à chercher et m’occuper des blessés. J’étais là, tout seul… je me suis trouvé je ne sais où, je ne sais comment, il y avait des cadavres partout, des blessés pour qui je ne pouvais plus rien faire, je faisais ce que je pouvais.

     

    Au matin, une patrouille passe près de moi, et je me manifeste auprès d’eux en criant « Pacifique, Pacifique », tandis qu’au lointain j’entendais encore quelqu’un appeler au secours, mais ça me paraissait bien loin. Mais il fallait faire attention, car j’avais aussi échappé à des patrouilles allemandes, tout le monde circulait dans cette zone.

    Le chef de la patrouille me demande ce que je fais là et je lui explique que j’ai des blessés qu’il faut ramener. Mais il m’indique qu’on a perdu le bénéfice de notre attaque et que nous sommes revenus sur nos positions. La patrouille me ramène sur nos positions vers 8 heures du matin, où je me signale, car j’avais été porté disparu.

     

    J’explique que j’avais des blessés à ramener. Nous redescendons donc avec les brancardiers dans le ravin, en plein jour. Les Allemands n’avaient pas décroché, mais comme nous arborions la Croix rouge sur nos casques, brassards et sur un drapeau, nous avons pu retrouver nos blessés sans problème. 

    Et là j’ai pu retrouver mon docteur qui était blessé, à 2-300 mètres de la position de départ, avec fracture ouverte.

    Heureusement qu’il était médecin, il s’était soigné lui-même. Il était là, assis avec le pantalon baissé, les médicaments éparpillés autour de lui. Nous l’avons ramené sur la position. Nous sommes ensuite retournés chercher les autres blessés".

     

    Cet « épisode » du Girofano va déboucher, pour Maurice MEUNIER, sur une citation à l’ordre du corps d’Armée en date du 16 juin 1944 :

     

    «  Infirmier d’un dévouement absolu et d’un moral élevé a, sans arrêt durant l’attaque du Mont Girofano dans la nuit du 11 au 12 mai, donné des soins aux blessés sous un violent feu de mortier ennemis. Après le combat est retourné en avant de nos lignes et a ramené un sous-officier gravement blessé qui était porté disparu. »  

     

    Il recevra, pour cet acte, la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

     

    En fait, il ne s’agissait pas d’un sous-officier qu’il avait ramené, mais d’un officier, le lieutenant ESCALE (Erreur de retranscription à l’époque sans doute)

     

    * Nota : Quatre jours plus tard, le 16 mai, disparaissait le Commandant Magny, dans les conditions relatées dans son journal par Maurice Mehaut (BIMP).

     

     

     PHOTOGRAPHIES COMMUNIQUEES PAR ERIC MINOCCHI

     

    Jour du départ du 2ème contingent de volontaires calédoniens de Nouméa en mars 1943.

     Une croix au stylo indique Maurice. (Collection Maurice Meunier)

     

    * Trésor d'archives : extraits du journal de Maruice MEUNIER (BIMP) durant la Campage d'Italie

    La photo ci-dessous est prise en mars 1943 à Randwick (Sydney) quelques jours après le départ de Nouvelle-Calédonie. Maurice est au centre. (Collection Yvon DUBOIS) 

     

    * Trésor d'archives : extraits du journal de Maruice MEUNIER (BIMP) durant la Campage d'Italie

     

    Maurice, à la fin de la guerre. (Collection Maurice Meunier)

     

    * Trésor d'archives : extraits du journal de Maruice MEUNIER (BIMP) durant la Campage d'Italie

     

     

    Nos précédents article relatifs à Eric Minocchi et à Maurice Meunier (décédé le 2 mai 2018) 

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