• Le 20 août prochain à l'Isle-Jourdain, cinq Compagnons de la Libération du Gers ont été honorés : Raoul BEON, Antoine BISSAGNET, Georges BERGE, Marcel LANGER et Jean-Marie SOUBERBIELLE. Au cours de cette cérémonie  ont été  inaugurés un square des compagnons de la Libération ainsi qu'une stèle.

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Des représentants de l'escadron Lorraine, de La 13 ème Dble et de Sante Navale étaient présents.  Jean-Pierre Neuville, vice-Pdt de l'Association des Familles de Compagnon de la Libération, a lu un texte du Général Baptiste au nom de l'Ordre de la Libération.

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    La Marche de La 1ère DFL a été jouée et des enfants des écoles locales dont les enseignants étaient volontaires, ont évoqué chaque Compagnon.

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Communiqué  par Françoise Basteau (Déléguée de l'AFCL en Gironde, petite-fille de Raoul Béon)

     

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Françoise Basteau et Eric Foinet (Délégué Fondation France Libre du Gers)

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    Raoul BEON

    1er Bataillon d'Infanterie de Marine
    BM 3
    Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
    BM 5
    ACL

    * 12 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Cliché F. Basteau

    Raoul Béon est né le 7 avril 1911 à Montbert, fils d'un gros éleveur du Gers.

    Il fait ses études au lycée d'Auch, prépare l'Ecole de Santé navale de Bordeaux qu'il intègre en décembre 1931.

    Promu médecin sous-lieutenant en décembre 1933 puis médecin lieutenant en décembre 1935, il est affecté dans le service des troupes coloniales l'année suivante.

    En janvier 1937, en stage à l'Ecole d'application du Service de santé des troupes coloniales de Marseille, il en sort dans les premiers six mois plus tard et est affecté au 1er Régiment d'artillerie coloniale.

    Nommé au Dahomey en avril 1938, il médecin chef de l'Hôpital d'Abomey.

    Au moment de la campagne de mai-juin 1940, sentant l'environnement peu sûr, il envoie en France son épouse et ses deux filles . Il refuse immédiatement l'armistice et quitte le Dahomey le 25 août avec quelques compagnons pour passer au Nigeria. Il souhaite ainsi rejoindre l'Angleterre et se mettre à la disposition du général de Gaulle ; mais le ralliement de l'AEF à la France libre le conduit à rester au Tchad.

    Immédiatement engagé dans les Forces françaises libres à Fort-Lamy, Raoul Béon est affecté au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) à Moussoro début novembre 1940.

    Trois semaines plus tard, à sa demande, il est affecté au Bataillon de marche n°3 (BM 3) et franchit avec cette unité, la frontière du Soudan anglo-égyptien le 1er janvier 1941 pour prendre part à la campagne d'Erythrée. Dans les combats de Kub-Kub, du 21 au 23 février, il s'expose sans compter en première ligne. Il renouvelle cette attitude pendant la bataille de Keren, du 12 au 18 mars 1941.

    Avec son bataillon, Raoul Béon participe ensuite à la douloureuse campagne de Syrie. Le 15 juillet 1941, il est promu au grade de médecin-capitaine et, quelques jours plus tard, prend les fonctions de médecin-chef du 1er Bataillon d'infanterie de marine (1er BIM).

    En février 1942 ses qualités morales et professionnelles le désignent pour servir comme médecin traitant au sein de l'Ambulance chirurgicale légère (ACL) de la 1ère Division française libre (1ère DFL).

    Après quelques semaines en Syrie et un court transit à travers la Palestine, vient, en avril 1942, le départ pour la campagne de Libye. Il reçoit les blessés de Bir-Hakeim en juin 1942 et de l'Himeimat (El Alamein) en octobre.

    Après la campagne de Libye, il est nommé médecin-chef au BM 5 et rejoint son nouveau poste le 25 décembre 1942.

    Le 7 mai 1943, la 1ère DFL et le BM 5 montent en ligne pour les derniers combats de la campagne de Tunisie face aux troupes de Rommel. Raoul Béon près de Takrouna dirige avec une activité inlassable le poste de secours.

    Le 11 mai, à 6 heures du matin, les FFL attaquent la position de Takrouna avec succès. Raoul Béon dirige sa section sanitaire et fait relever les blessés au milieu des nuages de fumée et des explosions. A huit heures, un tirailleur est blessé à quelques mètres du poste de secours et Raoul Béon se précipite vers lui. Alors qu'il s'occupe du blessé, un obus explose non loin, le tuant sur le coup.

    Il est inhumé à Bordeaux.

    • Chevalier de la Légion d'honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 10 décembre 1943
    • Croix de Guerre 1939-45
    • Médaille de la résistance avec rosette

    TEMOIGNAGE sur Raoul Béon : LIEN 

    * 12 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

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    Antoine BISSAGNET

    Régiment de Marche du Tchad
    Résistance AOF 

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Cliché Ordre de la Libération

     

    Antoine Bissagnet est né le 6 mai 1905 à Tunis.

    Il entre dans l'administration coloniale en septembre 1931 en qualité de commis stagiaire des services civils.

    Il est l'un des rares français qui s'engage dans les troupes franquistes et participe à la guerre d'Espagne.

    Nommé adjoint des services civils le 1er janvier 1938, il sert en Côte-d'Ivoire puis au Sénégal.

    Il se trouve à Foundiougne où, le 20 septembre 1940, il se met sous les ordres du commandant Hettier de Boislambert, envoyé en mission spéciale par le général de Gaulle sur le territoire de l'AOF afin d'y organiser la Résistance.

    Il se rend avec lui à Dakar et participe aux actions qui, du 23 au 25 septembre, permettent la neutralisation d'une partie des forces aériennes et terrestres. Lors du bombardement de Dakar, il poursuit l'exécution de sa mission avec un sang-froid et un dévouement absolus. Après l'échec allié devant Dakar ils se replient, Boislambert et lui-même, vers la Gambie.

    Mais, tombant dans une embuscade, ils se trouvent séparés. Parvenu à la frontière britannique, Antoine Bissagnet n'hésite pas à revenir en territoire ennemi, dans l'espoir de retrouver le commandant Claude Hettier de Boislambert.

    Arrêté le 30 septembre, blessé, il est emprisonné à Dakar, Bamako, Alger, Marseille, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne et enfin à Gannat où il retrouve le commandant de Boislambert, lui aussi emprisonné.

    Le 11 juin 1941 il est condamné par la Cour Martiale Supérieure à 20 ans de travaux forcés.

    Il s'évade de la prison civile de Gannat, toujours avec Boislambert, le 2 décembre 1942. Il franchit la frontière espagnole, séjourne au Camp de Miranda et regagne Londres en janvier 1943.

    Nommé administrateur adjoint de 3ème classe des Colonies à titre exceptionnel par le général de Gaulle, Antoine Bissagnet est également membre de l'Assemblée Consultative d'Alger où il est le délégué de l'AOF.

    Elu Secrétaire de l'Assemblée, il reprend malgré tout sa place de sous-lieutenant d'Infanterie Coloniale au sein du Régiment de Marche du Tchad (RMT) de la 2ème DB du général Leclerc et participe à la campagne de Normandie.

    Antoine Bissagnet trouve la mort au combat, le 10 août 1944, au cours de l'attaque de l'église de Doucelles (Sarthe), qui se trouvait aux mains des Allemands. Il est inhumé à Saint-Clar, dans le Gers.

    • Chevalier de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 29 avril 1943
    • Croix de Guerre 39/45
    • Médaille de la Résistance avec rosette

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     GEORGES BERGÉ

    BCRA 1ère CIA
    French Squadron 

    * 12 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Cliché Ordre de la Libération

    Georges Bergé est né le 3 janvier 1909 à Belmont dans le Gers où son père était receveur des PTT.

    Il effectue son service militaire en 1929 au titre du 24e RI à Mont-de-Marsan ; admis à suivre les cours d'EOR, il est démobilisé comme sous-lieutenant de réserve en avril 1930.

    Il choisit finalement la carrière militaire et entre à l'école de l'Infanterie et des Chars de Saint-Maixent en 1933.

    Lieutenant en 1934, il est détaché dans l'Armée de l'Air, au groupe d'infanterie de l'Air n° 601, en août 1937 mais des problèmes de santé le rendent inapte à l'emploi de parachutiste et il retrouve son arme d'origine en mars 1938.

    Capitaine au 13e RI en février 1940, il prend part à des combats d'avant-postes en mai 1940. Blessé à deux reprises par balles le 18 mai, près de Bousies dans le Nord, alors qu'il mène une contre-attaque victorieuse, il est transporté à Arras puis hospitalisé à Caen et évacué vers le sud-ouest.

    De passage chez ses parents à Mimizan dans les Landes, il entend le discours radiodiffusé du maréchal Pétain le 17 juin. Refusant l'armistice annoncé, George Bergé s'embarque à Saint-Jean-de-Luz sur un bateau polonais, le Sobieski, pour l'Angleterre le 21 juin 1940.

    Il rallie les Forces françaises libres à Londres où il rencontre le général de Gaulle le 24 juin à Saint Stephen's House et lui propose de créer une unité de parachutiste.Affecté au dépôt des FFL puis à l'Etat-major de l'Air, il est nommé au commandement de la 1ère Compagnie d'Infanterie de l'Air (1ère CIA) le 15 septembre 1940. Après accord avec les services spéciaux britanniques, il mène son unité en stage près de Manchester, à l'école de Ringway, où il est breveté parachutiste le 25 décembre 1940, en même temps les hommes de la 1ère section de la Compagnie. Début 1941, en vue d'agir en France, Georges Bergé et dix de ses parachutistes sont formés au sabotage dans une école spéciale à Brickendonbury près de Londres.

    Il est en opération spéciale en France du 15 mars au 5 avril 1941 pour la première mission parachutée en France occupée (mission “Savannah”). Cette opération, bien que non menée à bien, lui permet cependant de créer un noyau de résistance à Bayonne et de rapporter des renseignements. Son attitude lui vaut de recevoir la Military cross et une des premières croix de guerre (avec palme de vermeil) à l'ordre des Forces françaises libres.

    Revenu en sous-marin en Angleterre, il crée, sous contrôle du Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), une école de formation d'agents - Station 36 - à Inchmery House, New Forest, où seront formés la plupart des radios et agents parachutés en France en 1941 et 1942.

    Embarqué avec la 1ère CIA le 25 juillet 1941, il est affecté dans un premier temps à Damas (Base aérienne de Mezé) puis, en janvier 1942, à Kabret, sur la rive ouest du Canal de Suez au Combined Training Center, où il forme le de la SAS Brigadebritannique commandée par le Major Stirling.

    En juin 1942, sur les 6 des 8 aérodromes ennemis du bassin oriental de la Méditerranée dont l'attaque est confiée à son unité pour permettre le passage d'un convoi chargé de ravitailler Malte en danger, le commandant Bergé choisit l'attaque de l'aérodrome d'Héraklion en Crète. Il parvient avec son groupe de quatre hommes à détruire 20 avions ennemis mais il est capturé à l'issue de sa mission, le 19 juin 1942.

    Interné à l'Oflag XC à Lübeck, il y organise un groupe d'évasion.

    Transféré sur la forteresse de Colditz (Oflag IVC) en janvier 1943, il y retrouve le Major Stirling et le capitaine Jordan.

    Libéré le 16 avril 1945 par l'avant-garde de l'Armée Patton, le lieutenant-colonel Bergé est successivement affecté à l'Inspection parachutiste, au cabinet militaire du Gouvernement provisoire de la République, à l'Etat-major général de la Défense nationale et enfin à la Représentation militaire à l'Ambassade de France de Rome.

    Georges Bergé commande ensuite le 14e Régiment d'infanterie parachutiste de Choc (RIPC) à Toulouse d'août 1951 à juillet 1953.

    De 1953 à 1957 le colonel Bergé est, avec une interruption de 7 mois en 1954 due à un stage à l'Ecole supérieure de Guerre espagnole, l'adjoint du général commandant les Troupes aéroportées (opération Suez 1956).

    De 1957 à 1959 il est adjoint au général commandant l'ALAT avant de recevoir le commandement du secteur de Corneille dans le Sud-Constantinois l'année suivante.

    Nommé général de brigade en juillet 1961, il est, sur sa demande, placé en 2e section de l'Etat-major en janvier 1962.

    Président d'Honneur de l'Amical SAS, Georges Bergé est décédé le 15 septembre 1997 à Mimisan dans les Landes. Ses obsèques se sont déroulées à Bordeaux.


    • Commandeur de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
    • Grand Officier de l'Ordre National du Mérite
    • Croix de Guerre 1939-45 (4 citations)
    • Croix de la Valeur Militaire avec palme
    • Médaille de l'Aéronautique
    . Officer of the British Empire (GB)
    • Military Cross (GB)
    • Cruz Militar (Espagne)
    • Commandeur de l'Ordre de Georges 1er (Grèce)
    • Commandeur de l'Ordre du Ouissam Alaouite

    PUBLICATIONS :

    • Commandos en Crête - in Historia Magazine - n° 19
    • Mission Savannah - in Historia Magazine - n° 31
    • Le transport aérien d'assaut vertical - in Revue des Forces Aériennes - 1956 n° 114
    • Potentiels - in Revue de la Défense Nationale juillet 1954
    • Une brèche dans le dispositif dissuasif de notre défense - in Revue de la Défense Nouvelle janvier 1982 n° 29.

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    Marcel LANGER 

    Groupe de Bombardement « Lorraine »
    Escadrille TOPIC
    GRB1 

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS

    Cliché Ordre de la Libération

    Marcel Langer est né le 24 septembre 1917 à Saint Aubin en Suisse dans le canton de Neuchâtel. Son père était ingénieur.

    Il entre à Polytechnique en 1938. Au moment de la déclaration de guerre, il est volontaire pour l'armée de l'air et suit, à Versailles, la formation de pilote de chasse.

    Breveté, le sous-lieutenant Langer est muté le 10 juin 1940 à Cazaux et découvre une centaine d'avions neufs d'origine américaine. Dès qu'il entend l'appel du 18 juin 1940 il essaie de convaincre le général commandant la base de faire passer ces avions en Angleterre. En vain !

    Il décide alors de rejoindre l'Angleterre avec son frère Arnaud, également pilote, retrouvé à Argelès-sur-Mer.

    Tous deux embarquent à Port-Vendres et parviennent à Londres, via Oran et Casablanca, à la mi-juillet. Marcel Langer est envoyé au dépôt d'Odiham et affecté à l'escadrille "Topic" de la French Air Force.

    Dès octobre 1940, il part pour l'Afrique, au Nigeria, au Soudan et en Egypte. En juin 1941, il est muté au Groupe réservé de bombardement n° 1 (GRB1) avec lequel il effectue des missions contre les Italiens en Abyssinie.

    Marcel Langer fait mouvement sur Damas en août 1941 avec son unité puis, promu lieutenant, participe, jusqu'en février 1942, à 50 missions contre l'Afrika-korps de Rommel dans la violente et meurtrière campagne de Libye au sein de l'escadrille "Metz" du Groupe de bombardement "Lorraine".

    Détaché en avril 1942 à la mission de convoyage de la Royal Air Force au Caire, et affecté à l'Air Craft Delivery Unit Middle East, il convoie armes et avions en Egypte, au Kenya et aux Indes.

    Le 30 septembre 1942, il est muté à l'Escadrille "Nancy" du Groupe "Lorraine" et embarqué à Suez, à destination de l'Angleterre via le Cap, avec Romain Gary. Après 69 jours de navigation à éviter les sous-marins allemands, il parvient à Glasgow, le 1er janvier 1943.

    En septembre 1943, promu au grade de capitaine, Marcel Langer prend le commandement de l'escadrille "Nancy" jusqu'en juillet 1944 : 39 missions sur la France (missions rase-mottes, attaque de rampes de lancement de V 1, destruction du poste électrique de Chevilly-Larue le 3 octobre 1943, etc.).

    De septembre 1944 à mars 1945, il est affecté au cabinet militaire du ministre de l'Air, Charles Tillon.

    Ensuite, il est muté à sa demande, jusqu'en septembre 1945, au 357 Squadron, basé au Bengale, où il effectue 16 missions contre les Japonais ; il totalise ainsi 113 missions de guerre et termine la guerre au grade de commandant.

    En 1945-194646, il fait sa deuxième année d'étude à Polytechnique.

    Marcel Langer continue de voler comme pilote de ligne à la TAI, est directeur des vols à l'Ecole Nationale d'Aviation Civile puis contrôleur en vol au SGACC.

    Abandonnant définitivement l'aviation, il entre en 1955 à la Compagnie française des Produits oxygénés, secteur médical de l'Air Liquide.

    Marcel Langer se spécialise dans l'étude des maladies respiratoires et s'applique à infléchir la politique de cette société pour l'amener à remplir son rôle de partenaire du service public. Il en devient le directeur général adjoint.

    En 1978, il prend sa retraite près de Condom dans le Gers.

    Il consacre ses années de retraite à la lecture, la réflexion, la poésie, l'écriture et à sa nombreuse famille.

    Marcel Langer est décédé à Bordeaux, le 4 novembre 1990. Il est inhumé à Herret près de Condom dans le Gers.

     


    • Commandeur de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
    • Croix de Guerre 39/45 (8 citations)
    • Distinguished Flying Cross (GB)
    • Distinguished Flying Cross (USA)

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    Jean-Marie SOUBERBIELLE

    13ème Demi Brigade de Légion Etrangère

    Jean-Marie Souberbielle est né le 15 août 1899 à Nogaro dans le Gers.

    Il suit des études secondaires au lycée de Tarbes avant de s'engager en mars 1917, au 1er Régiment de Cuirassiers.

    Il prend part aux batailles de 1918 et est démobilisé comme maréchal des logis en mars 1920.

    Décidant de ne pas reprendre ses études, il demande au ministre des Colonies son admission dans le cadre des services civils. Nommé commis de 3e classe, il s'embarque en novembre 1920 pour l'AEF.

    Pendant 20 ans, il sert en brousse comme agent spécial, adjoint, puis chef de subdivision, en Oubangui, au Gabon et au Tchad.

    A la veille de la guerre, ses dernières notes civiles lui sont données par le Gouverneur Éboué : "fait preuve d'initiative, d'activité et de dévouement. Réussit parfaitement dans la délicate subdivision du Congo, cote 20/20."

    Jean-Marie Souberbielle rallie sans hésiter la France Libre derrière le Gouverneur Éboué le 26 août 1940.

    Voulant à tout prix combattre, il se rend en Egypte en juillet 1941 avec sa voiture personnelle et s'engage, comme sous-lieutenant, le 13 août suivant. D'abord affecté à Abou-Kamal sur les rives de l'Euphrate, où il est chargé de tâches administratives, il rejoint ensuite le 2e Bataillon de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) en septembre 1942 dans la compagnie du capitaine Messmer.

    Le sous-lieutenant Jean-Marie Souberbielle est tué par une grenade dans la nuit du 23 au 24 octobre 1942 pendant l'assaut de Nag Rala à l'Himeimat (El Alamein) en Egypte. Il a été inhumé à El Alamein.

    • Chevalier de la Légion d'Honneur
    • Compagnon de la Libération - décret du 11 mai 1943
    • Croix de Guerre 39/45
    • Médaille Coloniale 

     

    * 20 août 2017 :  Hommage aux Compagnons de la Libération du GERS


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  • * Solidarité avec les familles endeuillées de Manchester

     

     


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    * Décès de Jean HUITOREL

    Photo Ouest-France

    Jean Huitorel Résistant, Français libre (ancien de la CCI 4 de la 1ère Division Française Libre) et déporté, engagé dans les campagnes de France, d’Italie et de Tunisie, est décédé à Carhaix, après avoir vécu à Poullaouen, dans le centre-Bretagne.  

    Il était Chevalier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Croix de Guerre avec étoile de bronze avec citation à l’ordre de la brigade, de   la Croix du combattant volontaire 39-45,  des Combattants volontaires de la Résistance, de la médaille des évadés, de lamédaille commémorative 39-45 avec barrette de la Libération, de la médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre, et celle de la campagne d’Italie.

    Il a consacré une grande partie de sa vie au sport et à l’athlétisme en particulier. En reconnaissance de sa carrière professionnelle, il est également Officier de l’Ordre National du Mérite et Commandeur des Palmes Académiques. Il a relaté sa vie au service du sport et de l’éducation dans un livre : Itinéraire républicain d’un éducateur engagé, Skol Breitzh éditeur dont est extrait le passage suivant sur la guerre  :

    Récit de Jean Huitorel (Français Libres.net)

    La Fondation BM 24 présente ses condoléances à la famille de Jean Huitorel.

    Nous avions relayé en 2015 un article du Télégramme qui lui était consacré :

    10 MAI 2015, Jean HUITOREL A POULLAOUEN

     

    * Des Anciens de la D.F.L. témoignent : Victor Desmet et Jean Huitorel

    © Le Télégramme

    La conférence de Jean Huitorel sur la période 1944-1945, qui a réuni plus de 70 personnes, vendredi, à la salle des fêtes, correspondait parfaitement au message du secrétaire d'État aux anciens combattants demandant à ces derniers de continuer à témoigner sur leur participation aux combats. Le maire, Didier Goubil, s'est d'ailleurs félicité du nombre important d'auditeurs venus écouter la conférence de Jean Huitorel. Doté d'une mémoire incroyable et conférencier très talentueux, celui-ci captive toujours son auditoire car il rend ses récits très vivants en les ponctuant d'anecdotes. Ce fut encore le cas vendredi, les personnes présentes étant suspendues à ses lèvres. « On n'avait pas peur »
    Jean Huitorel a expliqué comment il avait rejoint la première division française libre, forte de 18.000 hommes, par la filière de passage en Espagne et son incorporation dans la compagnie des canons d'infanterie. Il y a été formé, entre autres, par des Américains et il se souvient de ses frères d'armes, les tirailleurs saras. Il a débarqué à Naples en avril 1944 et c'est en mai qu'il a vraiment connu la guerre. « On nous avait dit demain tenez-vous prêts, on n'avait pas peur, c'était comme cela ». Jean Huitorel avec des détails très précis a expliqué la bataille du Monte Cassino * et ses enjeux, la libération des villes italiennes et la poursuite de la libération et de la délivrance du joug allemand en France.
     
    * NDLR : N'OUBLIONS PAS QUE LA DFL ETAIT AU GARIGLIANO, et non au Monte Cassino...
     

    * Des Anciens de la D.F.L. témoignent : Victor Desmet et Jean Huitorel

    Retrouvez les souvenirs de Jean Huitorel dans notre avant-dernier article étape la DFL sur le versant italien au Printemps 1945  pages 24-25

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    Hommage de la Fédération Française d'Athlétisme

    Lien

    La Fédération Française d'Athlétisme a appris avec une grande tristesse le décès de Jean Huitorel dans sa quatre-vingt-dix-septième année. Figure de l'athlétisme breton, il était encore en 2017 licencié au Stade Rennais Athlétisme, dont il était le président d'honneur. « Après la disparition de Jean Poczobut, c'est une nouvelle grande perte pour la famille de l'athlétisme, déplore André Giraud, président de la FFA. Jean Huitorel a beaucoup œuvré à la formation des entraîneurs et était très apprécié de tous. Il était encore avec nous l'an dernier lors de l'assemblée générale de Vannes, lors de laquelle il avait été honoré par Bernard Amsalem. »

     « La dernière fois que je l'ai vu, c'était aux championnats de Bretagne de cross à Plouay, en janvier, complète Jean-Marc Beraud, président de la ligue de Bretagne. Il venait encore régulièrement et avec grand plaisir aux championnats régionaux et aux AG où nous l'invitions. Il avait gardé une grande vivacité d'esprit et une mémoire incroyable sur tous les aspects de note sport. C'était une grande figure de l'athlétisme, pas seulement breton, mais français. »

    Epris de sport depuis sa jeunesse et sa scolarité à Brest, Jean avait naturellement embrassé une carrière d'éducateur et d'entraîneur sportif, en devenant professeur d'éducation physique à l'Ecole normale de Rennes. De son propre aveu à nos confrères d'Ouest France, il aurait également pu devenir coureur cycliste ou prof d'histoire, tant il aimait ces deux domaines. Mais c'est l'athlétisme qui a conquis son cœur, le portant à un titre de champion de France universitaire du 3000m en 1942.

    Résistant pendant la Seconde guerre mondiale, il s'engage au sein des Forces Françaises Libres, et rejoint l'Afrique du Nord, après un passage par les geôles franquistes en Espagne. Après avoir participé à la bataille de Monte Cassino, comme un certain Alain Mimoun, il sera également de la campagne de Provence avant de retrouver son poste à l'ENS de Rennes á la fin du conflit.

    Auteur d'un livre intitulé « Itinéraire d'un éducateur républicain engagé », dans lequel il racontait sa très longue expérience au service du sport et des sportifs en devenir, il a marqué le milieu local par sa disponibilité et son engagement au service de sa cause. Celle-ci l'a amené à dispenser ses enseignements en Bretagne (Brest, Guingamp, Quimper, Rennes), mais également en Basse-Normandie et Pays de la Loire, où il fut le premier cadre technique inter-régional après avoir été CTR Bretagne.

     

    Entraîneur au sein du Stade Rennais de 1951 à 1989, il a notamment formé Robert Poirier, médaillé de bronze aux championnats d'Europe 1966 et DTN de la FFA de 2001 à 2005, mais aussi de Gilles Bertould et Francis Kerbiriou, médaillés de bronze avec le relais 4x400 m à Munich en 1972. Très attaché aux valeurs humanistes de laïcité et de liberté, celui que ses proches surnommaient « Huito » avait été élevé au rang de Chevalier de la légion d'honneur en mai 2013.

    Ouest-France (7 avril 2017)

    A Rennes, un stade portera son nom

    (...) Nathalie Appéré, la maire de Rennes, annonce qu'un stade de la ville portera le nom de Jean Huitorel. « Il restera une figure rennaise hors norme, déclare-t-elle. Toute sa vie il aura incarné, à Rennes et en Bretagne, des valeurs sportives autant que citoyennes auxquelles nous resterons fidèles. »


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  • Communiqué du Musée de la Résistance en ligne

     

    * Participez avec votre téléphone à la géolocalisation des sites de la Résistance 40-45 !

    Au hasard des rues et des places, des routes et des chemins, quel promeneur n’a pas rencontré des lieux de mémoire liés à l’histoire de la Résistance et de la Libération (1940-1945) ? Ces plaques commémoratives, stèles ou monuments, souvent bien modestes, parfois dédiés à un seul résistant, ont été conçus pour lutter contre l’oubli de ceux qui se sont battus pour nos libertés il y a plus de soixante-dix ans.

    Découvrez près de 1300 lieux déjà recensés et présentés par une équipe d’historiens.

    Aidez-nous à enrichir notre histoire commune en photographiant, au hasard de vos trajets ou de vos promenades, les plaques ou stèles qui manquent encore dans cette base des lieux de Mémoire.

    Cette application « Lieux de mémoire 1940-45 » est connectée au Musée de la Résistance en ligne, où tous les historiques des lieux recensés sont archivés. 

    Grâce à l’application mobile, chacun peut : 

    - Géolocaliser les lieux de mémoire se situant à proximité et découvrir les événements associés, 

    - Rechercher des lieux de mémoire dans d’autres secteurs géographiques, 

    - Photographier et envoyer à l’équipe du Département AERI les lieux manquants, contribuant ainsi à l’enrichissement de l’application. 

    Accessible à tous, cette application permettra par exemple aux collégiens et lycéens qui étudient cette période, d’aller dans les rues de leur ville avec leur professeur à la recherche des lieux de mémoire et de photographier les lieux non répertoriés, contribuant ainsi à l’enrichissement de notre mémoire collective.

    TELECHARGER LE MODE D'EMPLOI                          

    TELECHARGER LE COMMUNIQUE DE PRESSE

    TELECHARGER L'APPLICATION "Lieux de mémoire 1940-1945" :

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    apple store

    http://www.museedelaresistanceenligne.org/page.php?page=34 

     


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  • * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    Monsieur François Bresson, membre du Souvenir Français de Champagney en Haute Saône, a la tristesse de nous faire part du décès de Monsieur Henri PESENTI à Borey (70)

    La Fondation BM 24-Obenheim adresse ses plus sincères condoléances à la famille de Henri Pesenti, ainsi qu'aux membres du comité cantonal du Souvenir français de Champagney  et à son président, Serge Robert.

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    Hommage de Monsieur Serge ROBERT

     

    "Henri Pesenti, Ancien de la 1ère  DFL (Division Française Libre), était Chevalier de la Légion d’Honneur, détenteur de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre. Il s’était engagé lors de la libération de Borey, en septembre 1944. Alors âgé de 19 ans, il faisait partie du Bataillon de Marche 21. C’était l’un des témoins majeurs de cette histoire qu'il ne manquait jamais de conter notamment aux écoliers du village de Champagney, lorsqu'il lui était donné de les rencontrer à la Nécropole de Rougemont, à l'occasion de "voyages-mémoire" organisés par Monsieur Alain Jacquot Boileau en partenariat avec le Souvenir Français présidé par Monsieur Serge Robert.

    Adhérent de longue date au sein du Comité du Souvenir Français, Henri Pesenti avait à coeur la transmission du devoir de mémoire aux jeunes générations et l'engagement tenant à tout mettre en oeuvre pour que plus jamais notre pays ne se retrouve à nouveau en proie à des horreurs, des idéologies telles que celles qu'il aura mis tant de force et de courage à combattre et pour lesquelles nombreux de ses compagnons d'armes devaient y laisser leur vie.

    Nous pleurons aujourd'hui ce héros, un de ceux qui n'a pas manqué de tout risquer pour nous offrir la paix, la sérénité que nous connaissons, et bien que notre pays puisse être ébranlé notamment par des attaques armées et plus fortement ces dernières années, nous nous devons de ne pas oublier, de ne jamais oublier et de sans cesse rappeler et transmettre nos valeurs, celles qui trônent sur le fronton de nos bâtiments publics et sont gravées dans nos esprits;

    Nous souhaitions rendre un dernier hommage à Henri Pesenti en lui garantissant l'effectivité de notre devise: A nous le Souvenir, à eux l'immortalité. "

    M. Serge ROBERT. Président du Comité Cantonal du Souvenir Français.

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    Monsieur Bresson nous adresse, en souvenir de Henri PESENTI, fidèle aux commémorations patriotiques, ces photographies prises entre 2011 et 2014.

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    Avec Alain Jacquot-Boileau

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

     

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    SOUVENIRS D'HENRI PESENTI

    Témoignage recueilli par les élèves de l'école du centre de Champagney le 18 novembre 2002 figurant  dans son intégralité sur le blog de Monsieur Alain Jacquot-Boileau 

    http://jacquotboileaualain.over-blog.com/2016/11/mort-de-henri-pesenti-ancien-de-la-1ere-dfl.html 

     

    Henri PESENTI  ne manque aucune cérémonie patriotique et tout particulièrement celles consacrées à la libération de notre pays. Et pour cause, engagé volontaire dans la 1ère Division Française Libre, il a vécu l’épopée de cette unité jusqu’au 8 mai 1945. A l’instar des héros de la France Libre, ceux de la première heure, les « Marie Louise » comme il les appelle, ces gamins de vingt ans engagés à l’automne 1944, ont droit, eux aussi, à notre respect et à notre admiration.

    A ce moment-là, la France était loin d’être libérée entièrement et, beaucoup mourront, parfois très peu de temps après leur engagement. 

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

    M Pesenti faisait partie du Bataillon de Marche 21 (BM 21). Il y était voltigeur. Un bataillon était composé de trois compagnies de voltigeurs - donc des fantassins - et d’une compagnie de commandement. Il sera blessé en Alsace, le 30 janvier 1945, lors des combats de la poche de Colmar. Il répond à nos questions. 

    Quel âge aviez-vous au moment de votre engagement ? « Je suis né en 1925, j’avais donc 19 ans. Nous étions tous jeunes, 18, 19, 20, 21 ans et plus. Nos officiers et sous officiers étaient plus âgés. » 

    Comment s’est passé votre engagement ?

    « Je dois d’abord préciser que je suis entré dans la résistance en 1942 comme agent de liaison. Je distribuais des journaux. Nous étions membres du Front National (rien à voir avec le parti créé dans les années soixante-dix. Il faut donc rappeler que le Front National est d’abord l’un des principaux mouvements de résistance à l’occupation nazie). 

    En 1943, mon frère reçoit sa convocation pour le STO (service du travail obligatoire en Allemagne). Il refuse de partir, alors, nous quittons la Haute-Saône tous les deux avec pour objectif de quitter la France afin de combattre autrement. Nous nous perdons à Perpignan et sommes séparés. 

    Je remonte et rentre seul chez moi. (Le frère de M Pesenti réussira à passer en Espagne, à rejoindre - après bien des aventures - l’Afrique du Nord et, finalement, à se faire incorporer dans la future 2ème D B du Général Leclerc). 

    Après le 6 juin 1944 nous formons un maquis à Montjustin, nous nous retrouvons à Grange-le-Bourg. Mais le manque d’armes fait que nous rejoignons tous nos foyers. Rentré à Borey, mon village, la libération nous surprend et je m’engage dans cette armée de libération. 

    Cela se passe le 18 septembre 1944. On me demande « Est-ce que tu as une arme ? Du maquis, j’avais gardé une mitraillette allemande qui m’est prise. Le PC du bataillon se trouvait dans un café derrière l’église de Villersexel. Nous étions deux à vouloir nous engager :  « Embarquez ces deux là à la 2ème ! ». On nous a équipés, on m’a donné une autre mitraillette, un talkie-walkie, une radio. J’étais devenu agent de liaison et, huit jours après, nous étions à Palente. A ce moment là, c’était une guerre de mouvement. 

    Quelques jours après, le 24 septembre, j’ai eu la chance de voir le Général de Gaulle au château de Bournel pour une prise d’arme suivie d’une remise de décorations. » 

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

    Où étiez-vous à l’automne 1944 ? « Ma compagnie, la 2ème, était au Plain (entre Ronchamp et Champagney), occupant tout le secteur de l’actuel magasin Champion et de la ligne du chemin de fer des houillères. On était dans les maisons – les civils avaient été évacués – ou dans les bois. Tous les quatre jours, on remontait au repos à Malbouhans. Cela se passait la nuit, jamais on n’a traversé Ronchamp de jour. Lorsqu’on revenait au front, on le sentait, ça sentait la poudre. » 

    Comment s’est passée la libération de Champagney ? « Très simplement. En fait les Allemands s’étaient éloignés du village. Certains s’étaient mis en position sur la butte de Passavant où il y a eu des combats. 

    Arrivé sur la place du village, près d’une grande maison (peut-être l’ancien café Kibler) un petit pompier nous dit :“C’est seulement maintenant que vous arrivez. Il n’y a plus d’Allemands.”. Nous sommes partis de là dans la nuit du lendemain. » 

    Où dormiez-vous ? « Partout. Dans les bois, dans des trous couverts de rondins quand la coupe était en exploitation. On faisait des trous individuels dans les bois, on appelait ce trou, le tombeau. La nuit l’artillerie était silencieuse car les observateurs auraient aperçu la lueur des bouches de canon, ainsi que les piper club – petit avion d’observation – qui évoluait au-dessus des lignes. » 

    Quel était votre équipement ? « Un équipement américain, sauf le casque qui était anglais. Nous avions un blouson de combat, une capote, un imper, des chandails, des guêtres, une tenue de sortie et un sac marin puisque nous étions en fait de l’infanterie de marine, une demi-toile de tente par homme et bien sûr l’armement, grenades et chargeurs. Comme c’était la mauvaise saison nous portions une capote sur le blouson. Lorsqu’on entendait l’ordre : « Tous les sacs marins aux camions ! » cela voulait dire qu’on allait partir. » 

    Que mangiez-vous pendant la guerre ? « Des rations froides américaines. Il y avait des gâteaux, du pâté, du chocolat, des cigarettes. Elles étaient entourées de paraffine qui servait de protection. Puis on a eu des rations U « dix en un », dix rations dans un carton et encore des aliments déshydratés, mais qu’on ne pouvait pas cuisiner. Alors on les donnait aux habitants. On avait toujours à manger dans notre sac. » 

    Où ont eu lieu les combats les plus difficiles ? « En Alsace, et plus précisément au moment de la défense de Strasbourg au début du mois de janvier 1945. C’était l’enfer : des bombardements incessants, les villages en feu. Toute la population avait été évacuée, les vaches seules, abandonnées, hurlaient. Les animaux déambulaient. Cela a duré dix jours, il y a eu beaucoup de tués. Dix jours, cela peut paraître court mais c’est très long. » 

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

     Avez-vous failli être tué ?

    Sûrement que oui. Mais on n’en sait rien. Si un obus était tombé à dix mètres, il aurait pu tomber plus près ou sur nous. On disait : « On l’a échappé belle ! ». Mais on ne pensait pas à ça. Il faut dire que nous étions tous des volontaires. Quand un camarade était tué, on disait qu’il n’avait pas eu de veine, qu’il n’avait pas eu de pot. Une anecdote : nous transportions des camarades sérieusement blessés sur des brancards, arrive une pluie d’obus. Aussitôt nous, les valides, nous nous jetons à l’abri dans le fossé, abandonnant les brancards sur la route. L’alerte passée, nous sortons du fossé pour reprendre les brancards et les blessés et poursuivre notre route jusqu’au premier poste de secours où des ambulances les emmenèrent dans des hôpitaux de campagne après avoir reçu les premiers soins. » 

    Et les Allemands ? « Je peux vous parler des premiers prisonniers allemands que j’ai vus. C’était après les combats de la cote 327, entre Clairegoutte et Andornay. Nos troupes étaient alors composées à 80% de Noirs. Je me rappelle qu’un de ces hommes avait pris son fusil par le canon pour frapper les prisonniers, d’autres leur jetaient dessus des boîtes de conserve. Cela m’avait chagriné, et pourtant, après quatre ans d’occupation, je pouvais avoir des raisons d’être mauvais. Mais, je ne pense pas m’être mal comporté, je n’avais pas l’esprit de vengeance. Soldat mais pas soudard. » 

    Après la terrible bataille d’Alsace, la 1ère DFL n’aura pas l’honneur de franchir le Rhin. Après la réduction de la Poche de Royan, elle remontera en catastrophe pour défendre Strasbourg (décembre-janvier), elle sera ensuite dirigée vers le sud pour combattre dans les Alpes (l’Authion mars-avril 1945). 

    M Pesenti explique encore que, malgré la guerre et ses horreurs, il a été heureux au cours de cette période parce que l’amitié qui le liait à ses camarades était la plus forte. Aujourd’hui il est le Président des Anciens de la 1ère DFL pour la Haute-Saône, maintient le contact avec ses camarades dispersés en France, les représente aux cérémonies avec d’autant plus de ferveur qu’il vit aujourd’hui non loin de Champagney, lieu de la mort de son chef, mais aussi de Rougemont, l’endroit où ce dernier repose en compagnie des combattants qui ne peuvent pas témoigner. C’est aussi pour eux que Henri Pesenti raconte… 

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

     

    SOUVENIRS DU GENERAL BROSSET

    Avez-vous eu l’occasion de parler avec le Général Brosset ? « Non, mais d’autres lui ont parlé. Le Général n’hésitait pas à apostropher les gars pour diverses raisons. »

    Quand avez-vous vu le Général pour la dernière fois ? « Le 19 novembre, l’après-midi, non loin du monument où il houspillait des fusiliers marins. Un obus perdu est tombé non loin de là et l’a éclaboussé.

    Dans la nuit qui a suivi le 19 novembre, nous sommes montés, avons suivi la ligne de chemin de fer jusqu’au tunnel (de la Chaillée). Il fallait faire attention en marchant car il y avait beaucoup de mines. Nous étions une centaine d’hommes. Au Pré Besson, des habitants nous ont offert la goutte. Nous avons libéré Sermamagny. Là, l’institutrice a absolument voulu que nous dormions dans un vrai lit avec des draps. Pourtant nous étions sales et boueux. Nous avons libéré La Chapelle-Sous-Chaux et nous nous sommes retrouvés près d’un lac. Et puis nous avons appris la mort du Général. Ce fut une grande tristesse. Ceux qui le connaissaient mieux encore, pleuraient. Puis nous avons poursuivi jusqu’à Masevaux, pendant que d’autres bataillons ont passé encore plus avant. »

    Pourquoi le Général roulait-il si vite ? « C’était sa passion de rouler ainsi, il était fougueux et toujours en mouvement. »

    Que s’est-il passé après la mort du Général ? « Un autre général a pris sa place, le général Garbey qui était alors colonel. Je n’ai d’ailleurs jamais vu ce général alors qu’on avait souvent l’occasion de voir le général Brosset. »

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI, FFL

    Devant la tombe du général Brosset, photographie Alain Jacquot-Boileau

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

     

    * Un grand Ancien du BM 21 nous quitte. Hommage à Henri PESENTI

    Henri Pesenti, Chevalier de la Légion d'honneur

      

     


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